Un Prunellier inouï mais un défi à relever

et ben il va nous faire de la liqueur de prunelle ! Cet arbre à chaque fois que je le vois en vrai ou en photo je prends une claque.

Pour faire de la gnôle, il en faut énormément

Mais cest très bon :innocent:

Enormément, c'est le mot qui convient.

Et il ne faut pas se faire prendre... ça sent bon mais fort, la distillation.

Pour faire de la gnôle, il en faut énormément

Mais cest très bon

Tu en as gouté ?

J'aimerais bien faire cette expérience, je veux dire celle de la gnôle, pas celle de la liqueur.

Il semblerait qu'il faille cueillir les prunelles après les premières gelées. Cela supprime la propriété très fortement astringente du fruit

 

Oui j’en ai goûté

Mais il faut 120 litres de fruits pour 2 litres de gnôle

Le rendement est bien inférieur à la prune , logique quand on voit le peu de chair qu’il y a autour du noyau

C’est très parfumé :wink:

334574

360_700_1_eau-de-vie-de-prunelle.png
Piqué au vif et sachant que les bouilleurs de cru pullulent ici, j’ai fait une petite recherche. Il s’avère que la bouteille de 75cl d’alccol de Prunelle sauvage coute environ 50 euros (voir ici), ce qui m’a semblé plus que raisonnable. Mais à y regarder de plus près, certains vendent un produit distillé à partir de prunelles qui ont macérés dans de l’eau-de-vie de vin

citation de cet autre site

"Après une macération dans notre eau-de-vie de vin, elles sont distillées une fois dans nos alambics à repasse en cuivre."

 

D'autres ajoute du sucre aux prunelles qui fermentent

 

Les informations que j'ai trouvées sur ce site non commercial me paraissent particulièrement précises. On y lit :

 

"Un double décalitre (ndlr : 20 litres) de fruits donne en moyenne trois quarts de litre d’eau-de-vie."

 

C'est sensiblement moins de fruits  que ce que tu avançais dans le message précédent. Mais ça reste important.

Quoi qu'il en soit, avant d'acheter une bouteille, on a intérêt à bien se renseigner sur le type d'eau-de-vie et la manière dont le bouilleur l'a obtenue.

Alors, eau de vie A LA prunelle ou eau de vie DE prunelle ??

 

Je savais que cela devait advenir, je le redoutais un peu, c'est arrivé dimanche.

Dans l'une de mes séances d'observation des écorces, je me suis surpris en train de tapoter du revers de l'ongle  celle de ce prunellier. Ça sonnait creux. En y regardant de plus près, j'identifie une plaque d'écorce de quelques centimètres carrés qui était entièrement décollée du tronc. Je glisse un couteau dans l'interstice béant et la plaque se décolle sans effort. Elle ne tenait qu'à un fil.

C'est ainsi que je me rends compte que cet arbre est en train de perdre son "habit de truffe" sur une partie importante du tronc. Il s'agit d'une partie qui n'était plus irriguée, le cambium était mort et la perte de l'écorce en est par conséquent la conséquence logique.

J'ai donc détaché tout ce qui pouvait l'être sans forcer.

334808

IMG_6550.JPG
Principaux morceaux d’écorce écartés

Après avoir passé la brosse métallique sur le bois mort,  je contemple. L’arbre est maintenant éventré depuis la surface du substrat jusqu’à mi-hauteur, au moins.

A gauche : Octobre 2021.

A droite : maintenant

334811

IMG_5002a.JPG

Il y a une différence inévitable de couleur entre le bois mort fraichement révélé et celui qui est exposé depuis plusieurs années.

334810

IMG_6548.JPG

Ce passage obligé, ce début de nettoyage, modifie sensiblement l’esprit de l’arbre. Il va falloir que je m’y habitue

Mais je reste dubitatif : un prunellier ce n'est pas un genévrier sabine.

C’est pas un junip mais c’est très fréquent sur tous les prunus…

Moi je trouve que ça lui donne un vache de caractère ! Et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est naturel ^^

D’accord avec boots, tu te retrouves avec un super mouvement sur une portion du tronc qui n’en avait pas beaucoup. Y’a pire… :wink:

Et puis, à moins qu’il y ait des raisons sanitaires, rien ne t’obligeait à enlever l’écorce et à brosser le bois mort comme sur un junip. T’aurais aussi bien pu laisser le temps faire son oeuvre…

Mais c’est sûr que ça change la vision de l’arbre, je comprends qu’il faille un peu de temps pour digérer :slight_smile:

.... à moins qu'il y ait des raisons sanitaires, rien ne t'obligeait à enlever l'écorce et à brosser le bois mort

L'écorce décollée offre des abris pour toutes sortes de bestioles susceptibles de nuire. Elle va tomber, il vaut donc mieux la supprimer.

On brosse tous le bois mort comme l'indique François Jeker dans son ouvrage "Les bois morts de nos bonsaïs"

 

. T'aurais aussi bien pu laisser le temps faire son oeuvre...

C'est justement ce que j'ai fait. Mais là c'étais le bout du processus de dégradation de l'écorce.

L'inconnue est l'étendue effective de l'écorce non sous-tendue d'un cambium vivant.

J'ai décidé de ne pas aller chercher systématiquement la frontière mort / vivant  comme le fait Jeker dans le même ouvrage

On distingue bien par endroits le bourrelet qui démarque cette limite

334814

IMG_6545a.JPG

 

Reste à savoir pourquoi l’écorce est morte…il serait bien de chercher la partie vivante pour voir si la cause n’est pas des petites bestioles…et ainsi renforcer le futur bourrelet de recouvrement. A mon avis.

Je suis d'avis que ça va lui donner un caractère encore plus sympa, belle découverte. Par contre, comme les autres, je penses qu'il faut aller chercher la veine vivante. Je rechignes souvent à le faire également, mais il me semble que c'est important, pour être sûre de la qualité / dureté du bois qui se trouve en dessous, et éventuellement traiter si c'est nécessaire. Pourquoi procrastines tu ? La peur de perdre encore plus de cette écorce magnifique ?

La veine est morte sous la branche cassée

Je trouve aussi que ça lui donne un look terrible, du vécu et une jolie patine

Ce bois mort a déjà pas mal dannées et bien que protégé il a de la patine

Reste à savoir pourquoi l'écorce est morte...

Les raisons de l'abandon de l'écorce sont à chercher dans l'histoire de cet arbre en remontant à l'année qui a précédé son prélèvement c'est-à-dire 2018-2019. En effet après 4 à 5 ans de préparation et d'observation dans la nature, la marcotte in situ s'avère réussie cette année-là. Mais le développement des racines n'est pas isotrope. Elles prennent naissance sur une fraction de la circonférence du tronc comme je le montre dans le message #68, (2eme photo)

Cela devient carrément spectaculaire lorsque je procède à la seconde marcotte. Dans le message #89 les photos montrent bien, après l'écorçage, une partie  noire du tronc. Autrement dit, cela fait au moins 4 ans qu'il n'y a plus de cambium vivant au-dessus de cette partie. C'était le secteur délaissé de racines

Cambium mort signifie écorce morte.

En résumé, le bois mort que je viens de mettre au grand jour  est la conséquence directe d'un développement unilatéral des racines après la première marcotte.

Pour l’avoir observé sur d’autres prunelliers, je dirais qu’il s’agit d’une caractéristique du développement des racines pour cette espèce

Voilà, c'est mon analyse personnelle qui rejoint la remarque de Fabizen . Mais il n'y a pas de lien entre la suppression de la branche (branche cassée) et la zone sans cambium

 

Pourquoi procrastines tu ? La peur de perdre encore plus de cette écorce magnifique ?

Je répondrai plus tard - et très sérieusement - à cette remarque perspicace

 

Je suis d'avis que ça va lui donner un caractère encore plus sympa, belle découverte. Par contre, comme les autres, je penses qu'il faut aller chercher la veine vivante. Je rechignes souvent à le faire également, mais il me semble que c'est important, pour être sûre de la qualité / dureté du bois qui se trouve en dessous, et éventuellement traiter si c'est nécessaire. Pourquoi procrastines tu ? La peur de perdre encore plus de cette écorce magnifique ?

De ce que j'ai pu observer sur mes junip', il vaut mieux aller jusqu'à la veine vivante pour assainir... J'ai eu quelques arbres pour lesquels je ne l'avais pas fait, et clairement la veine à continuer à reculer jusqu'à ce que je le fasse :-(

(on pourra toujours discuter sur le fait que la veine s'était stabiliser juste avant que je la nettoie ou qu'elle bougeait encore, çà je n'en sais rien, et on en saura jamais rien :-))

 Pourquoi procrastines tu ? La peur de perdre encore plus de cette écorce magnifique ?

Je mentirais si je prétendais que la disparition, même partielle, de cette écorce spectaculaire me laissait indifférent. Elle est ce qui fait l'attractivité de l'arbre. On ne la trouve que rarement sur les prunelliers.

À l’opposé, les bois morts, c’est assez courant.

 

L'arbre échange donc un trait exceptionnel contre un attribut presque ordinaire. Je ne vois pas comment j'aurais pu m'opposer à ce choix.

 

J'ai souvent procédé à la recherche de la veine vivante sur différentes espèces. On avance prudemment et quand on tombe sur du vert clair on marque une pause. C'est plus facile avec certaines essences. Mais avec ces Prunus spinosa à l'écorce très subéreuse, la transition n'est pas évidente : sous l'écorce apparente noire, il y a une couche de liège très épaisse qui est brun clair et difficile à distinguer du vert clair des veines vivantes.

En procédant aux marcottes je me souviens déjà avoir eu des difficultés à me repérer .

Alors pour l'instant je préfère attendre que l'arbre me parle comme dimanche dernier plutôt que de prendre des initiatives. Comme on l'a vu précédemment, les risques d'une dégradation silencieuse du bois qui se trouve sous des tissus morts sont minimes.

Cela demande d'être vigilent et d'accompagner activement le largage de l'écorce par l'arbre.

 

@hin175

Si j'ai bien compris, tu émets l'hypothèse selon laquelle le cloisonnement est activé quand la frontière vivant/mort est au grand jour .... sur le genévrier. C'est ça ?

 

Sur la fragilité du bois de cet arbre, voir ici

Les fruits murissent, l'automne n'est pas loin, un petit bilan

J'ai procédé à une première taille en vert le 7 Mai

335090

IMG_5929.JPG

Le 4 juillet j'ai procédé à une taille structurelle : j'ai réduit l'envergure du feuillage et j'ai commencé à atténuer la raideur de la première charpentière en tablant sur une pousse relais

335089

IMG_6365.JPG

A chaque taille, j'ai cherché à définir un peu mieux la face avant de l'arbre. C'est important et le résultat de cette réflexion estivale est une fourchette dont je donne l'étendue par 4 clichés .

Ce faisant, j'inaugure mon nouveau dispositif photographique qui me permet enfin de prendre de la distance sur ma terrasse en étant à l'abri des pluies. Cela permet des focales plus naturelles

 

Rotation horaire de l'arbre (dans l'ordre de haut en bas)

335085

IMG_6651.JPG
photo 1

Le choix correspondant au premier cliché est osé : il place la branche à la fois morte et creuse, en face du spectateur

 

335086

IMG_6652.JPG
photo 2

Le deuxième cliché, l'arbre part d'abord à l'arrière comme précédemment et revient violemment en épingle à cheveu vers le spectateur. Cet angle met en valeur l'architecture de l'arbre dans les trois dimensions. C'est appréciable

 

335087

IMG_6647.JPG
photo 3

Le troisième angle laisse bien voir les bois morts tout comme l'épingle à cheveu à l'arrière droit. La manière dont la végétation vient sur le spectateur est puissante. Pour l'instant j'ai une petite préférence pour cette face-là.

 

335088

IMG_6648.JPG
photo 4

La quatrième photo correspond à l'angle que j'avais choisi d'emblée au prélèvement. Mais cet angle ne fait pas justice à la profondeur de l'arbre. Le départ du tronc, le premier coude à droite, puis celui à gauche sont presque dans le  même plan. C'est plat. C'est sans doute trop simpliste, trop primitif

 

335091

IMG_6660.JPG

Je ne suis pas mécontent de la nouvelle orientation de mon dispositif de prise de vue (hivernal)

 

 

J’aime bien la deux. Spectaculaire mais sans faire sur-naturel… en vrai ça doit même être mieux qu’en 2d.

moi aussi j'aime bien la 2, le bois mort et l'épingle à cheveux sont présents tout en restant subtils.