Le thème des cicatrices et des bourrelets cicatriciels est largement abordé dans ce forum.
Qu'y lit-on ?
En gros, on cherche à cacher les cicatrices ou on cherche à faire en sorte qu'elles se referment et si possible entièrement.
300562

Photo personnelle (non traitée) issu de ma collection de Tree-tags
En vertu de quel dogme voulez vous refermer absolument les cicatrices sur vos arbres ?
Parce que ce qui est bien lisse, sans aspérités, bien plat serait plus esthétique que ce qui est irrégulier ? La régularité n'est-elle pas monotone ?
Cette obsession à niveler, à aplanir, à montrer un monde sans aspérité irait à l'encontre de tout ce qui a été dit et fait dans l'art occidental. Beethoven, Stravinsky se retournent dans leur tombe, Van Gogh bafoué , Dali et Duchamp humiliés ! (je m'arrête là, mais la liste est longue depuis la renaissance à nos jours). Elle irait aussi à l'encontre de ce qu'on voit dans les forêts, les vergers ou les bosquets de toutes sortes.
S'agit-il ici de la vogue scélérate du "bien propre sur soi" ?
Les fous du papier alu autocollant, les soucieux des greffes en pont ne sont-ils pas plus amoureux de techniques que d'esthétique végétale ?
Tous ceux qui déploient des astuces les unes plus sioux que les autres pour "gérer le bourrelets" sont-ils les mêmes qui s'extasient devant un gazon aussi net qu'une moquette ?
J'ai bien l'impression que tout cela procède une fois de plus d'un désir à ordonnancer la nature selon des présupposés discutables. La nature sauvage fait peur, il faut dompter tout cela.
Je ne le cache pas, j'ai une très nette préférence pour le jardin anglais et le jardin à la française qui menotte le monde végétal m’attriste au plus haut point.
Pour moi un vieux bourrelet cicatriciel avec ses rides radiales et qui laisse encore voir le bois mort est émouvant, là où une écorce complètement refermée ne raconte plus rien.