Un Prunellier inouï mais un défi à relever

tu l'as trouvé, préparer, marcotté sur place, arrosé, engraissé, prélever et fais reprendre. Il te faut quoi pour avoir l'impression de le mériter ?

Évidement que tu n'as pas le background d'un Tony Tickle, mais c'est ton arbre et tu en tireras le meilleur. Surtout que ces Prunelliers sont déjà très avancés amha, je veux dire que tu n'as pas que prélevé un tronc, les branches principales sont déjà là, mouvementés, à toi de choisir les bonnes. A mon sens le plus grand défie technique avec cet arbre c'est la marcotte, et ça à l'air de rouler de ce côté là. Mais il n'y a pas de gros pliages, etc... Juste faire les bons choix ! Et rien ne t'empêche de participer à un atelier, avec quelqu'un dont le travail t'inspire pour avoir une autre vision.

même avis : le montrer à quelqu'un dont tu aimes le style, demander des conseils, et lire autant que possible "les fondamentaux de l'esthétique" de Seya Takeshi : le fait de connaitre ces fondamentaux ne veut pas dire les respecter à chaque fois, mais ça permet au moins de comprendre comment placer les masses vertes pour mettre en valeur une courbe, un tronc, un espace vide etc

...... Et rien ne t'empêche de participer à un atelier, avec quelqu'un dont le travail t'inspire pour avoir une autre vision.

Contrairement à toi, le travail en atelier me paralyse.

Tout ce monde autour de soi, cette agitation me déconcentre. J'aime bien être seul avec mon arbre quand je le travaille.

En revanche, écouter les conseils d'une personne que je respecte pour ses compétences, son expérience de l'espèce et sa "philosophie", ça vaut de l'or.

Plutôt qu'un atelier où on est dans le faire, je préfère les interventions du type de celles que W. Pall fait en Croatie.

On lui présente un arbre et il se lache. Il y a un coté grand' messe, mais ça permet de se nourrir d'idées pour faire des choix ultérieurs et finir par passer à l'action, seul.

 

Ok, alors si les ateliers te paralysent, ce que tu peux faire c'est apprendre "les fondamentaux de l'esthétique" de Seya Takeshi :newsm_13:

Ce matin j'ai commencé un traitement à l'eau de saule pour stimuler la marcotte souterraine.

Ma manière de la préparer et de l’appliquer est décrite ici dans cet autre sujet sur un autre de mes pruneliers qui a subi une marcotte équivalente ce printemps

Avant de sevrer cette marcotte au printemps prochain - si tout va bien - j'ai travaillé les moignons de bois mort.

Ce genre d'intervention étant susceptible de créer des vibrations il vaut mieux les programmer quand l'arbre est bien installé et sécurisé.

En effet, en plus des haubans, cet arbre est vissé à la base de sa racine pivot à la caisse de culture.

 

Avant intervention sur le moignon inférieur

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Après intervention sur le moignon inférieur. La video c'est mieux pour ce genre de chose

https://www.youtube.com/watch?v=lmY61_1ue6c

 

La transformation s'est opérée de manière classique

1/ pré-perçage d'un trou diamètre 5mm dans l'axe du moignon

2/ perçage avec une mèche de 12mm

3/ Déchirure sous le moignon

4/ Rendu des bords à la dremel équipée de la fraise de gauche dans l'image ci-dessous

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5/ Calcination au chalumeau

6/ Passage de la brosse en laiton

 

et un joli résultat final ! Good job phil'

Merci :-)

Tu auras noté que j'ai protégé le trou des ruissellements par un "toit".

 

En revanche il y a au-dessus un autre bois mort provenant d'une ancienne branche, et  celui-là est une véritable gouttière qui amène toute l'eau à l'intérieur. Une gargouille à l'envers en quelque sorte.

Cette seconde branche morte est tout à fait naturelle.Elle est vraiment superbe.

Je l'ai nettoyée-calcinée-brossée hier aussi.

Beau taf, l'écorce me fascine toujours autant.

.....l'écorce me fascine toujours autant.

Moi aussi :-)

Mis à part les prunelliers de Tony Tickle je n'en ai pas vu d'autres avec cette écorce à surface de truffe. J'en ai discuté avec lui de vive voix et les siens proviennent aussi de pierriers.

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site de T.T.

J'ai retrouvé la vidéo - de Tony Tickle - dont je me suis inspiré jadis pour travailler le moignon ci-dessus.

 

https://www.youtube.com/watch?v=mbirNnwb5gs

Comme je le signalais ici, j'ai travaillé durant la même séance une autre partie intéressante de cet arbre.

Il s’agit d’un moignon au-dessus de celui que j’ai sculpté.

Position du moignon supérieur dans l’arbre

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Contrairement au moignon inférieur , il n’y avait rien à faire sur celui-ci sinon le nettoyer, le calciner et le brosser.

Vue en contre plongée. C'est suggestif, non ? Ce n'est pas pour rien que je parlais de gargouille plus haut.

 

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le bouchon sécurise le col de cygne

 

Outre la quantité de crasse que j'ai sorti à l'écouvillon du trou, j'ai été surpris par sa grande profondeur.

 

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 On remarquera aussi l'inclinaison de cette gouttière : l'eau de pluie rentre directement dans le tronc et favorise donc le développement de champignons et la pourriture.

Je ne sais pas quoi faire

- Boucher le trou me semble inefficace et inesthétique. Votre avis ?

- Transpercer d'un trou sous la gouttière avant l'entrée dans le tronc ?

Il faudrait un trou de plusieurs millimètres et le diamètre ext. du moignon fait 16mm. Cela affaiblirait sans doute le bois mort.

Avez vous une autre solution ?

Que feriez vous ?

 

 

Avez vous une autre solution ?

 

 

 

Que feriez vous ?

je laisserais faire dame Nature. 

Que feriez vous ?

Perso je creuserais comme ça :

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@PPDL

Creuser en divisant la gouttière me plait moyen, pour des raisons esthétiques et mécaniques

@Clem

"Dame Nature" une métaphore qui m'attriste toujours. Ça me rappelle une autre métaphore inventée par Adam Smith : "la main invisible" du libéralisme (en économie). On voit où ça mène....

Traduction de "Laisser faire dame Nature" . Ne rien faire du tout.

C'est aussi ma façon d'envisager l'évolution des bois morts quand ils sont extérieurs, verticaux ou en pente. Mais quand ils sont en forme d'entonnoir, je perce le fond pour permettre l'écoulement de l'eau vers le fond du pot.

Ici on ne peut pas percer le fond. C'est un cas que je n'ai jamais rencontré. Le fond du trou arrive au centre  du tronc.

je me doutais bien qu'aucune reponse ne te satisferait ^^

 

Ton arbre a dejà un trou dans ce jin depuis longtemps non ? si tu t'inquietes pour la santé de ce qui est vivant, sache que l'arbre a dejà, depuis longtemps, compartimenté/séparé le bois mort des tissus encore vivants. Tu risques juste de perdre la zone de bois mort qui s'impregne d'eau

 

si tu veux eviter que l'eau continue de rentrer dans cet orifice, la meilleure soluce, à mon avis, c'est d'arroser uniquement la motte et de mettre l'arbre en serre ouverte, aérée à l'abri de la pluie. C'est ce que je fais pour mon sainte lulu dont je veux conserver le bois mort, et en effet, le bois mort reste sec et ne bouge pas. Il passe donc 100% du temps dans ma serre ouverte, et ça ne l'empêche pas de pousser. Mes palmatums y passent 100% du temps egalement et poussent très bien.

 

Sur les arbres qui ont du bois mort pas très dur et qui prennent la pluie, même avec du liquide à jin pur, des durcisseurs, on ne fait que ralentir l'action de la main invisible de Dame Nature. ça se voit bien quand on suit l'evolution sur plusieurs decennies de certains Bonsai (epicéa, prunus etc

je me doutais bien qu'aucune reponse ne te satisferait ^^

A bien y réfléchir je crois qu'effectivement, il n'y a pas de solution satisfaisante.

 

... si tu t'inquietes pour la santé de ce qui est vivant, sache que l'arbre a dejà, depuis longtemps, compartimenté/séparé le bois mort des tissus encore vivants.

Je ne m'inquiète pas du tout pour les parties vivantes sachant que, comme tu le mets à juste titre en avant, l'arbre a cloisonné depuis longtemps.

Je ne m'inquiète pas non plus pour la partie apparente de ce jin en forme de gargouille. Elle va se dégrader inéluctablement.

En revanche, mes soucis concernent le duramen, la partie centrale du tronc qui est exposée à l'humidité. Le trou y débouche en plein milieu. L'arbre va donc pourrir de l'intérieur sans qu'on y voit rien dans un premier temps.

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Ajoute à cela le gros virage qu'on voit au niveau du moignon inférieur, la fragilité inhérente à la disparition du bois mort à cet endroit et tu as les ingrédients pour une mort assurée.

Dans combien de temps ? Eh ben, dans un certain nombre d'années... :spb112:

 

On voit bien que le yamadori vous procure des joies autrement plus intenses que celles qu'on vit avec des arbres domestiqués en pépinière.

Là on touche vraiment des questions existentielles ! :newsm_8:

 

Une serre ouverte : c'est la solution, c'est sûr. Mais nous autres retraités avons tout juste de quoi manger et mettre quelques buches à bruler dans nos foyers pour ne pas mourir de froid.

Ben voila, sers t en de buche :spb95:....

 

Pas moyen de mastiquer le fond du trou ? J'imagine que tu y as déjà réfléchi...

De la cire ? Un truc fondu qui épouserait l’intérieur ?

Désolé, je sais que je prends des risques en postant la, mais j'aime bien vivre dangereusement :)

je ne comprend pas pourquoi tu penses que ton arbre va mourir si l'eau s'infiltre dans le bois ? je pense que ça va faire comme les vieux arbres au tronc creux ou alors ton arbre compartimentera ce qui limitera la dégradation du bois mort. Les arbres savent survivre à ça, je pense.

+1 avec Clem ton arbre comme tous les autres fait preuve de résilience, il vit toujours comme nombre de ses semblables yamadori pour de très longues années encore, avec ses stigmates issus de traumatismes bien antérieurs au jour de leur découverte. Tu ne raisonnes pas avec le temps des arbres qui n’est pas à la même échelle que le nôtre, en fait je pense que tu flippes juste de le voir claquer sa pile et le voir quitter tes étagères prématurément. C’est tout naturel de vouloir garder ses plus beaux yamadori le plus longtemps possible, mais de là à le condamner (à plus ou moins long terme) par ce que de l’eau peut s’accumuler dans cette cavité, j’ai l’impression que c’est plus une torture mentale que tu t’infliges.

Le 12 Mars 2021 à 9h30, l'heure pour découvrir la seconde marcotte souterraine de cet arbre avait sonné

 

9h40 : ouverture au pied de biche de la caisse de culture

10h

Recherche des fils qui retiennent la sphaigne du Chili. Retrait de la sphaigne pour localiser les départs des nouvelles racines.

L'arbre n'a raciné que d'un coté mais assez pour être sevré

 

Recherche de l'endroit pour poser la scie

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10h30

la scie fait son œuvre

 

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11h

Pour stabiliser l'arbre sevré dans son nouveau pot - un pot tambour à rivets - j'utilise la même technique que celle déjà employée ici sur un autre de mes prunelliers : la planchette vissée sur la coupe du tronc

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12h 30

Pour la première fois de sa vie, l'arbre se glisse dans son premier pot à bonsai. Un moment émouvant après toutes les péripéties qu'il a traversées.

 

Les photos de l'arbre installé ne vont pas tarder à suivre