Trophy 2026 Genk

Il y a de très belle collection privé en Espagne, et certaines ne sortent jamais des jardins, la grosse différence vient aussi du fait que la majorité des expo sont d’origine Pro. Il y a plusieurs assos nationale et un accompagnement des Pro plus facile (Par exemple Irun Bosai organise des ateliers toutes les semaines pour une somme dérisoire de 15 à 30€/jour).

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C’est sur que les arbres de M. Iglezias sont merveilleux, c’est un peu dommage pour les présentations. 1260995142

C’est marrant sur cette photo du cryptomeria on croirait qu’il n’est pas très grand. J’ai pourtant eu la nette sensation contraire en réel !

Qu’entends tu @Toche par c’est un peu dommage pour les présentations ?

Pour en revenir au débat, il y a beaucoup de pro, pas mal de jeune qui partent au Japon, après j’ai l’impression que la connexion entre pro et amateur se fait bien. Cela dépend aussi du niveau des associations et des animateurs qui fédérent le tout.

Dans celle à laquelle j’appartiens on essaye d’en faire pas mal, si on regarde sur un mois on est à 4 réunions (3 soirs et une après midi voir journée) c’est aussi pas mal également. Cela demande des membres avec pas mal d’arbres car un roulement est nécessaire et une certaine disponibilité.

En tout cas cela fait plaisir de voir de jolis arbres et le temps joue pour nous :slight_smile:

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Bonjour Ronez,

Il existe certaines conventions de présentation lorsque l’on expose un bonsaï. Leur étude est une passion pour moi.
La mise en scène de l’arbre s’appuie sur quelques principes hérités de la tradition japonaise.
Il s’agit de repères esthétiques, une sorte de grammaire de la présentation, qui aide le spectateur à lire l’arbre et à en percevoir toute l’expression.

Les arbres de M. Iglezias sont vraiment très beaux et montrent un travail de culture très réussi. En revanche, dans ce qu’il présente, certains de ces codes de présentation pourraient sans doute être davantage pris en compte, ce qui mettrait encore mieux ses arbres en valeur.

C’est d’autant plus dommage que le plus difficile est déjà accompli. Amener des arbres à ce niveau demande beaucoup de temps et de maîtrise.

Les qualités de ces arbres mériteraient sans doute une présentation qui les mettrait encore davantage en valeur.

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Que veux tu dire précisément? Je pense que vu la qualité des tablettes (même si je n’apprécie pas du tout ce style) jusqu’au canard sur son sweat, qu’il a fait un gros travail. On revient toujours à ce débat… une tradition ne peut être appliqué que quand on la connait. Quand je vois que même les japonais sont pas d’accord dessus, que certains s’en écartent, comment nous occidentaux pouvons juger? C’est comme les traditions tauromachique vues par les 3/4 de la France. Un tout petit pourcentage de la population locale y assiste et approuve, mais cela continue d’avoir lieu…

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En Espagne?

Une activité intense effectivement, qui doit bien motiver les troupes! :wink:

Il semblerait aussi que la moyenne d’âge des bonsaïka soit plus jeune qu’en France, ce qui va de paire avec l’émulation dont on parle.

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C’est bien pour cela qu’il a été primé, à mon avis, pour une présence particulièrement puissante malgré sa taille.

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Bonjour,

Je suis tout à fait d’accord sur un point : les arbres présentés montrent clairement un gros travail de culture, et cela mérite d’être souligné.

Lorsque je parle de conventions de présentation, je ne parle pas d’une tradition figée ni d’un dogme. Il s’agit simplement de repères esthétiques qui se sont développés au Japon pour faciliter la lecture d’un arbre en exposition.

Ces conventions ne sont pas toujours appliquées de manière stricte, même au Japon, et certains s’en écartent volontairement. Mais pour pouvoir s’en écarter de façon pertinente, il faut généralement d’abord les connaître.

Mon propos n’était donc pas de juger, mais simplement de signaler ou rappeler que ces principes existent et qu’ils peuvent aider à mieux mettre en valeur un arbre déjà très réussi.

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Je suis novice et j’ai aucune information à ce sujet. Effectivement certaines présentations me parlent, d’autres pas . Est-ce que tu pourrais parler un peu de ces conventions s’il te plaît, à moi qu’il y ait déjà des posts à ce sujet sur le forum ?

Tes mots titillent ma curiosité…

Bonjour Johann2,

Les codes et conventions concernant la présentation des bonsaïs sont nombreux.
Prenons ceux qui se rapportent à cette présentation.

Une présentation doit être simple

Le sens de l’arbre
La première chose à comprendre est qu’un arbre possède un sens de lecture : il se dirige vers la gauche ou vers la droite.
Dans une présentation, l’arbre doit toujours se diriger vers l’objet ou la plante qui l’accompagne.

La plante d’accompagnement doit elle aussi aller vers l’arbre.
Autrement dit, les deux éléments doivent aller l’un vers l’autre, et non se tourner le dos.

L’absence de répétition
Une autre règle importante est qu’il ne peut pas y avoir de répétition dans la présentation.
Chaque élément doit avoir un rôle précis et contribuer à l’ensemble sans créer de redondance.

Le sens de l’arbre dans le style Chokan
Dans le style Chokan (droit formel), c’est la première branche la plus haute qui définit l’espace vide principal et donc le sens de l’arbre.

Dans cette présentation, le premier point qui pose problème est la position de l’arbre dans son pot : il est placé du mauvais côté.

Tel qu’il est positionné, l’arbre part vers la gauche.
Il tourne donc le dos à l’accompagnant et donne l’impression de sortir de la présentation au lieu d’y entrer.

La tablette
La tablette ou le support doit toujours rester le plus simple possible afin de ne pas attirer l’attention au détriment de l’arbre.
Ici, l’auteur a utilisé une jiita, ce qui n’est pas une faute.

L’accompagnant
Une présentation doit rester simple et épurée afin de permettre au spectateur d’imaginer un paysage, un tableau ou une histoire.
C’est pour cette raison qu’il ne faut pas la surcharger.
Dans ce cas précis, le deuxième canard n’est pas nécessaire.

L’accompagnant doit toujours être placé sur un présentoir, mais pas sur une tablette.
On peut utiliser différents types de supports :

  1. Jiita (ou Ikadajoku) : planche décorative en bois.
    Le terme jiita est souvent utilisé à tort pour désigner l’ensemble des supports des shitakusa.
  2. Sunoko : petit présentoir en bambou.
    On ne l’utilise jamais en hiver, uniquement en été.
  3. Yatsuhashi : petites planchettes de bois disposées généralement par 3 ou par 5 (toujours un nombre impair).
  4. Mizuita : plaque de forme géométrique (ronde, carrée, rectangulaire, octogonale, etc.).

Ici, M. Iglezias a utilisé une mizuita,

Shitakusa et Kusamono
Dans le bonsaï traditionnel, le seul accompagnant d’un bonsaï est une plante d’accent appelée shitakusa.
Le kusamono, quant à lui, est une composition végétale qui se suffit à elle-même et n’a pas vocation à accompagner un bonsaï.

Traditionnellement, un shitakusa est composé d’une seule plante.
Mais cela ne s’arrête pas là : on ne choisit pas n’importe quelle plante pour réaliser un shitakusa.
On évite :

  • les plantes grasses (sedums, joubarbes),
  • les plantes à bulbe,
  • les plantes à fleurs,
  • les plantes à fruits,
  • les plantes à feuillage panaché (jaune, blanc ou rouge).
    Le shitakusa doit avant tout marquer la saison.
    La discrétion est essentielle : le maître mot est sobriété et simplicité
    .
    Voilà, c’est très résumé et j’oublie volontairement certains points pour d’une part ne pas être trop long et d’autre part pour éviter des conflits. Mes remarques susciteront sans doute des réactions.

Pour illustrer mes propos, j’ai réalisé rapidement un petit virtuel vite fait et pas très chouette
1260995142 afin d’illustrer ce que je viens d’expliquer.

Comme tu peux le voir, j’ai replacé l’arbre dans la position qui me semble correcte.
Mais il faut garder à l’esprit qu’en virtuel cela reste très facile.
Dans la réalité, c’est souvent plus compliqué : le nebari ou la disposition des racines peut rendre impossible tout changement de position.

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Merci pour toutes ces précisions Toche. Ça m’a permis d’en apprendre plus sur les présentations :folded_hands:

Je vais sûrement mettre un cheveu dans la soupe mais, Mr Iglezias n’aurait pas été récompensé car il connaît étroitement les membres du jury ? Son arbre était vraiment sublime. Mais effectivement mal placé dans le pot et la présentation ne respectant pas les codes. :thinking:

Ce n’est qu’une question, pas une affirmation !

Merci sincèrement Toche d’avoir pris le temps d’apporter toutes ces précisions .

J’y vois beaucoup plus clair et je regarderai les présentations d’un autre oeil .

J’aime beaucoup aussi les calligraphies , aquarelles ou estampes qui sont souvent présentées en même temps que les bonsaïs . Je m’y suis déjà essayé mais le temps me manque pour le moment. Si je peux me permettre de faire à nouveau appel à tes connaissances et à ton temps j’aimerais poser une nouvelle question :

Quelles sont les codes qui sont traditionnellement respectés pour ces peintures dans une présentation ?

A terme j’aimerais beaucoup avoir un tokonoma chez moi et j’imagine que les conventions sont plus ou moins similaires.

salut Toche, moi aussi, j’aurais mis l’arbre de l’autre coté du pot. Après, vu le niveau de qualité des arbres de son propriétaire, je me dis qu’il a certainement ses raisons de laisser l’arbre de ce coté du pot. Et vu qu’il a reçu un prix, ça veut soit dire que sa présentation était correcte (pour le jury) soit que le jury n’est pas aussi pointilleux qu’en France, où j’ai cru comprendre que des arbres peuvent être refusés à cause d’une mauvaise présentation (cf la chaine de Hervé Revelard : bonsai art paysage où il en parle).

Je crois que c’est le membre “meushi” (@meushi qui a suivi des cours de présentation très poussés sur la présentation et il m’expliquait qu’il y a 2 écoles de présentation au Japon : une école ancienne, très stricte, en perte de vitesse, et une autre école plus “souple” qui accepte, par ex., qu’on pose un accent d’un coté ou de l’autre de l’arbre, pourvu que l’exposant ait de bonnes raisons de le faire.

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Cette remarque sur l’honnêteté du jury est facile… c’est tout de même pas croyable de lire de telles absurdités! Le gars obtient un prix à l’une des plus belles expos européenne et certains batailles sur sa légitimité.

C’est ce que je disais plus haut. La tradition stricte ou s’inspirer de la tradition. Personnellement je préfère la deuxième solution qui permet l’évolution de toute culture. Si tous les architectes étaient traditionnels on ne ferait que des maisons inspirées du xviii eme siècle.
Le problème c’est qu’une autre personne disant respecter la tradition va contredire @Toche… un débat sans fin. Respecter les codes traditionels demande un savoir que peu de personne ont ici en Europe. Toche maîtrise cela parfaitement et les applique.

Bonjour Ronez, bonjour à tous,

c’est moi qui vous remercie

M. Iglezias a reçu un prix, et il est bien loin de moi l’idée de dire s’il est justifié ou non.
Le monde du bonsaï est petit. Avec le temps, les expositions, les ateliers et les marchés, on finit tous par se connaître un peu. Et puis, lors des jugements, plusieurs juges donnent en principe leur avis.
La seule chose que je me permettrais de dire, c’est qu’il est peut-être dommage que le sens de la présentation ne soit pas toujours davantage pris en compte lors des jugements.

Je parle ici des grandes lignes de la présentation. Comme le dit mon ami Clément, il existe plusieurs écoles.
L’une d’elles est ancienne et très exigeante dans son approche des conventions de présentation, une autre est plus souple dans son interprétation.

Si la première est aujourd’hui moins présente, c’est peut-être aussi parce qu’elle demande une grande rigueur et qu’elle tient compte de nombreuses subtilités liées à ces conventions ou principes de présentation qui en font sa beauté. (je n’aime pas beaucoup le mot « règles »).

Pour ma part, j’ai eu l’immense chance d’avoir un maître issu de l’école Hamano, dont il en était même l’un des piliers. Maître Hamano était connu au Japon pour sa très grande rigueur et fut le premier à ouvrir une école de bonsaï.

Au cours de toutes ces années, j’ai suivi ou participé à de nombreuses formations. J’ai toujours été passionné par ces conventions. Mais lorsque je demandais pourquoi telle ou telle règle existait, la réponse était presque toujours la même : « parce que c’est la règle » ou « parce que c’est comme ça ». Cela me laissait souvent sur ma faim.

Quand j’ai commencé à suivre l’enseignement de cette vieille école, j’ai été véritablement émerveillé. Le maître n’enseignait pas seulement les règles : il en expliquait aussi les raisons, souvent logiques ou historiques. C’était exactement l’enseignement que je cherchais depuis des années.

Maître Idéo Suzuki, qui y avait été formé, nous disait souvent :
« Vous devez connaître les règles, les connaître par cœur, pour pouvoir ensuite les oublier… et y revenir en cas de problème. »

J’ai choisi de suivre cet enseignement parce que cette approche me parle profondément.

J’ai souvent cette image en tête : je savais déjà conduire, mais mon école m’a appris le code de la route.

Dans ce que j’ai écrit plus haut, je n’ai pas parlé du placement. C’est pourtant un des points les plus importants de la présentation, mais il faudrait sans doute plusieurs pages pour l’aborder correctement.

Par expérience, je sais que ce sujet peut vite devenir passionné voire explosif. Comprenez moi bien, je ne dis pas que j’ai raison et encore moins c’est comme ça ou que c’est la seule manière de faire.
Je partage simplement ce que l’on m’a enseigné et ce qui, avec le temps, a nourri ma réflexion sur la présentation des bonsaï.

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Tu t’emballe un peu vite Marc… Où as tu lu une remarque sur l’honnêteté du jury ?? Je me demandais si ça n’avait pas influencé leur décision et tu remarqueras que j’ai noté que l’arbre était sublime (pour moi, l’un des plus beau de l’expo), je ne bataille pas sur sa légitimité. Qui suis-je pour en douter ? Maintenant si la question était trop absurde pour toi, tu m’en voit navré. Mais je m’en doutais que certains aurait pu sauter sur leur grand chevaux. J’aurais dû m’abstenir…

Une bonne journée à toi.

Je pense surtout que c’est un très bel arbre, qui a été jugé comme étant le meilleur de l’expo dans cette catégorie.
La présentation entre peu en compte dans les jugements sur les arbres (comme un cadre entre peu en compte pour établir le prix ou la qualité d’un tableau), au moins à l’étranger.

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