Répercutions des canicules en photos

Perso je n’arrive plus à assumer un hobby qui nécessiterait d’arroser une à deux fois par jour mes arbres en construction. Dans un contexte où il n’est pas tombé un millimètre de précipitation depuis plusieurs semaines.

Depuis 2 ans j’ai tout laissé pousser dans mon petit jardin urbain (0 taille, zéro tonte), à tel point que ça ressemble maintenant plus à un prémice forestier qu’à un jardin anglais.

J’y ai gagné une réduction drastique des températures maximales, une très nette diminution du volume d’eau consacrée aux bonsaï et je ne me soucie plus d’en perdre quelques-uns en cas de canicule/sécheresse.

Trop marre d’arroser/vaporiser ma collection alors que tout autour l’ensemble des milieux naturels et anthropisés sont en train de cramer.

J’écris ça sous l’orage, pendant une averse réellement efficace, la première depuis mi-mai ici :grin:.

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Pour préciser mes conditions de culture, l’ensemble des arbres sont dans un mélange pouzzo/pumice, dans des pots de culture, les apports d’engrais organiques solides des années antérieures ont fini par compacter le substrat et le rendre plus rétenteur.

J’ai aussi espacé les rempotages, à tel point que plusieurs arbres se sont partiellement enracinés à même le sol, sur lequel ils sont tous cultivés.

A tel point que j’arrive à ne faire qu’un arrosage tous les 2 jours maintenant, alors que quand j’ai débuté j’en faisait 3 par jour en cas de chaleur.

Quoiqu’il en soit, ça me gave toute cette eau perdue.

Désolé pour le ton du message qui est loin d’être positif mais j’avais besoin de partager et d’évacuer cette chaleur qui m’habite :footprints:

Le jardin est très sec et l’espace Bonsai est une oasis qui attire limaces escargots qui eux même attirent des oiseaux et hérissons, qui plus est l’eau utilisée est de l’eau de pluie
Alors elle n’est pas perdue d’autant qu’elle repart au sol :wink:

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Quand il n’ a presque pas plu depuis 4 mois, il faut avoir de sacré grosses réserves, ou très peu de bonsaï.

Salut @Pierre_Boyer , je comprends ta réaction très responsable.

Je vis dans le département du Nord et la situation est également très préoccupante. J’en suis même arrivé à devoir arroser certains arbres de la haie diversifiée de mon jardin. J’ai décidé d’arroser uniquement cette année en espérant que l’été prochain sera plus pluvieux. Si ce n’est pas le cas, je laisserai les arbres les plus sensibles à la sécheresse mourir et je les remplacerai par des plus résistants aux nouvelles conditions climatiques. Le gazon de mon terrain est complètement grillé, je ne sais pas s’il va repartir, même les « mauvaises herbes » sont cramées.

Concernant les bonsaï, je me limite volontairement à quelques arbres (une douzaine) qui sont placés à mi-ombre.

Cette année, je me suis doté d’un système d’arrosage automatique qui me permet de les maintenir en bonne condition de culture tout en étant « assez » économe en eau (4 arrosages par jour de 4l chacun pendant les vacances et en période de fortes chaleurs, soit 16 litres par jour).

Hors période caniculaire, mes arbres sont arrosés deux fois par jour, à la main, avec environ 10/12 litres d’eau de pluie (j’ai la main lourde :grinning_face_with_smiling_eyes: ), soit l’équivalent d’une douche. Donc, pour réduire mon impact environnemental, je ne me douche plus…

Non, je rigole :grin: !

Plus sérieusement, tout ça pour dire qu’on peut et qu’il faudra à l’avenir trouver des solutions écologiques si on veut continuer à avoir des bonsaï : augmenter le nombre de récupérateurs d’eau de pluie, positionner ses arbres à l’ombre, réduire son nombre d’arbres, augmenter la rétention des substrats et/ou la profondeur des pots, choisir des essences moins sensibles à la sécheresse…

Plus généralement, il faudra aussi et surtout changer/adapter notre mode de vie mais ça c’est un autre sujet…:face_with_raised_eyebrow:

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Merci Fred !

Je me permets une petite digression sur le gazon. Dès l’enfance j’ai été embauché par les parents pour tondre la pelouse de la résidence secondaire. On y allait tous les week-end (Normandie/Paris) et pendant la saison végétative, on passait l’essentiel du temps à tondre pour avoir un joli gazon. Le reste du temps en bagnole pour réaliser le déplacement. Dès cette époque ça m’a paru complètement absurde comme mode de vie. On ne profitait de rien, du moins pas des vraies choses à mon sens, en dehors des bruits et des odeurs de moteur, de leurs vibrations et du temps passé à les réparer.

Depuis je ne tond plus, adieu gazon et vive la prairie ! La température de surface gagne quelques dizaines de degrés en surface en moins en cas de canicule, la texture du sol s’améliore et gagne en capacité de rétention en eau, des dizaines d’espèces improbables apparaissent et même les voisins commencent à diminuer drastiquement leur rythme de tonte, ce qui fait du bien aux oreilles de tout le quartier.

Enfin, dernière constatation, complètement empirique, le nombre de chats qui squattaient habituellement le jardin s’est effondré, visiblement ces chats urbains sont très mal à l’aise dans les herbes hautes.

Mon jardin reste vert alors que partout autour l’ensemble des paysages sont grillés depuis plusieurs semaines.

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bonjour ; après 2 mois de canicule sans une goutte d’eau (5 mm!) je n’ai perdu que mon vieux hêtre prélevé en 1990 alors qu’il devait déjà avoir une trentaine d’années, brouté par les vaches dans un pré-bois du Haut Jura (à 11OO m d’altitude) et donc pas tellement adapté génétiquement à la chaleur.
Malgré une place à l’ombre et un arrosage régulier il a fini par sécher comme d’ailleurs la plupart des vieux hêtres des forêts de ma région (Dijon).


Déjà lors de la canicule de 2022 j’avais perdu un beau thuya âgé d’une trentaine d’année malgré arrosages réguliers ; pas étonné vu la mort de tous les thuyas de la région. Du coup je bichonne mes épicéas qui eux aussi sont en train de disparaître du paysage local.

Ps : pendant pas mal d’années j’ai été locataire dans différents coins en France et dans deux endroits, c’est les propriétaires eux-mêmes qui venaient faire la tonte. Par une espèce de conformisme et de peur du qu’en dira-ton je présume. Pour que le jardin fasse « propre » et soigné, reflétant l’image du propriétaire. Ça m’a toujours fait flipper ce type de comportement très largement répandu dans les zones résidentielles et les lotissements.

Dommage car au niveau foncier ce type de jardins artificiels représente plus de surfaces que les réserves naturelles en France et qu’il serait si simple et économique d’y laisser un peu de sauvagitude s’y exprimer tout naturellement, gratos.

Pierre,

Je te rejoins aussi sur ce point.

J’ai dédié une partie de mon jardin, urbain, à la biodiversité : création d’un petit bassin, d’un potager bio avec mélange de fleurs mellifères/légumes, quelques fruitiers/arbustes à fruits type framboisiers dont on consomme une partie et le reste est pour la faune, une haie diversifiée avec des essences mellifères locales (non taillée du 15 mars au 15 août), des coins de jardin laissés volontairement à l’abandon avec des bouquets d’ortie pour les papillons et comme toi, des coins de gazon laissés en pousse libre.

Je tonds le reste du gazon avec une tondeuse manuelle hélicoïdale en position haute, ce qui permet de préserver pas mal d’insectes. Je crois que je suis le seul de mon quartier qui aie encore des sauterelles.

J’ai compté jusqu’à 30 espèces d’oiseaux différentes dans mon jardin qui est en centre-ville (bon, je triche un peu :wink: car j’ai la chance d’avoir un parc de trois hectares juste à côté avec des grands arbres).

Concernant les chats, c’est ce que j’ai pu constater également. Ils ne font pas leurs besoins dans les herbes hautes. Par contre, ils s’en donnent à coeur joie dans le reste de mon jardin (potager, gazon tondu, etc…) :enraged_face: , j’ai une dizaine de chats dans mon quartier qui divaguent en permanence et surtout en ce moment car mes voisins s’en vont en vacances el les laissant sur place. En dehors des déjections, ils ont également un impact non négligeable sur la biodiversité (grenouilles, oiseaux, insectes, micromammifères, etc…).

J’ai créé deux mares, le jardin fait un peu mois de 400m2. En quasi libre évolution depuis deux ans avec un fonds ancien de comestibles (pommiers, pêchers, framboisiers, mûriers, figuiers, arbousier, vigne, sureaux, etc).

Plus de 250 espéces animales observées depuis ce jardin : 111 d’oiseaux, 15 de chauve-souris, 52 de papillons, 11 d’araignées, 8 de punaises, 10 d’hyménoptères, 18 de libellules, 8 de mollusques.

Ça peut paraître beaucoup, mais en fait ça reflète juste que je suis une quiche pour déterminer les invertébrés :frog:. On pourrait normalement inventorier plusieurs centaines d’espèces dans ce type d’espace.

Les deux dernières arrivées cette semaine : la Couleuvre verte et jaune et la Mante religieuse. J’étais trop content !!

Moi aussi je triche un peu : le Gave de Pau est à quelques centaines de mètres et un petit cours d’eau torrentiel à quelques dizaines de mètres. Ça apporte énormément au niveau nature, dans le sens de trame (bleue) de biodiversité.

Par contre la proximité de la rocade, son immense traffic et l’artificialisation générale de la zone limitent considérablement les possibilités de recolonisation pour plein d’espèces.

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:+1: :+1: :+1: :+1: Le paradis !!! :slightly_smiling_face:

Tu n’y vas plus du coup ? ça doit être difficile de se déplacer dans les herbes hautes, non ?

Combien de mm ? Je t’envie, car en Normandie, il n’a pas plu depuis des lustres ou juste qcq millimetres donc pas de quoi remplir la cuve à eau de pluie.

111 ca me parait énorme!

600 espèces en France métropolitaine. Dont j’imagine au moins 150 qui sont des espèces « occasionnelles ».

Si t’enlèves tous les limicoles, les oiseaux de mers, pas mal de rapaces, toutes les espèces qui sont dans des niches écologiques (de falaise, de montagne, purement forestières…).

T’as fais une liste?

Les hautes herbes ne sont pas un problème pour moi, au contraire j’aime bien.

111 espèces c’est pas énorme. Je note systématiquement tout ce qui est nouveau. Il y a beaucoup d’espèces qui ne font que passer en survol vautour fauve, cigognes noire et blanche, bihoreau, gardeboeufs, etc, il y a celles qui font une halte de quelques heures ou jours en migration gobemouches, pitchou, rossignol, rousserolle effarvate et parfois quelques gags comme cette glaréole.

La nuit, presque n’importe quelle espèce peut passer en migration.

Effectivement, belle observation!

T’es sur quelle commune Pierre?

Je repensais à cette phrase et je me disais qu’au final presque n’importe quel loisir peut être considéré comme un gâchis de ressources, puisqu’un loisir est non essentiel (enfin ça c’est pas sûr) et rien ne se fait sans rien.

La question est de savoir si l’impact de nos loisirs est acceptable ou pas car personnellement, je trouve que le ski nautique, le parachute, le jet ski et bien d’autres sont des aberrations. Alors ce n’est pas parce qu’il y a pire qu’on peut dire que le bonsaï est bien. Mais globalement je trouve que ça va, ça se pratique à domicile avec relativement peu d’impact carbone ( ça peut varier en fonction des pratiquants) . Pour ma part, ça me retient même à domicile pendant mes vacances donc c’est plutôt pas mal.

Je pense qu’il faut être très attentif à notre mode de vie pour respecter l’environnement. Il faut faire l’effort de se priver de pas mal de choses, mais il ne faut pas non plus se priver de TOUT, sinon notre vie n’a plus aucun sens.

Je pense aussi qu’il faut être militant de la low tech, de la décroissance économique et démographique. On ne pourra pas continuer de croître indéfiniment. 99% des économistes sont de gros abrutis cupides qui mènent le monde à sa perte pour servir l’idée qu’il faut à tout prix chercher la croissance.

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Je suis à côté de Pau Fred.

Ok. Donc Gave coté « plaine ».

De nombreux loisirs sont bien plus destructeurs que le bonsai
Il suffit de se rendre sur des pistes de ski en été pour se rendre compte que les pistes ont été tracées à coup de bulldozer dans les forêts et à coup de tronçonneuse sous les télésièges
Sans compter les canons à neige
Si le ski en lui même semble propre, les infrastructures construites autour sont un désastre , que dire des tire fesse qui tournent au fioul

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Mille excuses Fab’ mais là je n’arrive pas à te suivre. Pour moi la question n’est pas de savoir ce qui est le plus destructeur, mais juste de s’interroger sur ses pratiques et conceptions du monde.

Mon père, ce grand connard, était un adepte du ski de randonnée, à tel point que selon l’'historioagraphie familiale j’ai appris a skier en même temps que j’ai marché.

Il nous a traîné en famille, parfois avec des oncles et tantes en montagne, jusqu’à monter à ski des pistes pourtant desservies par des télésiège. Tout le monde le maudissait. Pourquoi faire 5/6 heures de montée pour descendre en 1 heure grand max ?

Vers 15 ans j’ai pris conscience pour la première fois avec des traces dans la neige qu’on traversait des territoires de tétras, espèce super sensible en hiver. Suite à ça, j’ai dit à la famille que jamais plus je ne participerais à leur loisir destructeur. Ça a provoqué un petit psychodrame familial mais pas plus.

Pour remettre dans le contexte, fin des années 80, cette pratique est totalement marginale, jugée au mieux écolo et les stations de ski sont au début de leur boom de développement qui ne verra qu’un léger ralentissement que 20 à 30 ans plus tard

Quand je dis connard à propos de mon père c’est affectueux et avec un chouïa d’amertume. Je pense qu’il avait une sensibilité énorme à la nature, que n’importe qui aurait ressentie mais par contre, sa vie au quotidien, fonctionnaire, banlieue parisienne, m’a toujours semblé en contradiction avec sa nature profonde.

Suis absolument pas là pour donner une leçon de morale à quiconque. Cultiver du maïs avec aides de la Pac pour en faire du "biocarburant ", se faire chier comme un rat mort pour une énième battue au sanglier quand on est chasseur ?

Je sais pas comment le dire, ça dépasse de base mon entendement malgré les nombreuses discussions avec des gens aux intérêts variés, souvent divergents.

Désolé encore une fois de me répandre, mais je crois qu’il est plus que temps pour chacun d’analyser notre rapport au vivant et surtout d’en parler en toute franchise.

La bise

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