Sacré boulot que d enlever les fleurs… surtout quand il y a autant d arbres à traiter
Bon courage
Sacré boulot que d enlever les fleurs… surtout quand il y a autant d arbres à traiter
Bon courage
Bonjour Patrice, ![]()
Merci.
L’azalée satsuki est probablement l’une des espèces les plus chronophages d’une collection bonsaï.
Ce n’est pas forcément l’arbre le plus difficile à cultiver, mais chaque sujet demande beaucoup d’attention. Entre l’élimination des fleurs fanées, la suppression des pistils, la taille après floraison, les rempotages et les soins culturaux, les heures s’accumulent vite.
Le problème, c’est que lorsqu’on tombe amoureux des satsuki, on n’en a jamais assez. Il y a toujours une variété, une couleur ou une floraison que l’on ne possède pas encore. Alors on en ajoute une… puis une autre… puis encore une autre.
Heureusement, les amateurs expérimentés ont appris à optimiser certaines opérations. Par exemple, ils profitent souvent de l’enlèvement des fleurs fanées pour effectuer en même temps la taille de retour. Une intervention au lieu de deux, ce qui représente un gain de temps considérable lorsque les arbres commencent à se compter par dizaines.
Mais même ainsi, le travail reste important. Et il y a un autre piège : lorsque l’on taille, on est souvent tenté de faire quelques boutures. Puis les boutures reprennent, deviennent des arbres à part entière, et quelques années plus tard, on se retrouve avec davantage de satsuki qu’au départ. Un cercle non pas vicieux… mais presque infernal ! ![]()
Avec quelques arbres, tout cela reste un plaisir. Avec une collection importante, cela devient une véritable organisation.
C’est pourquoi je pense qu’il vaut parfois mieux posséder quelques belles satsuki parfaitement entretenues qu’une multitude d’arbres auxquels on ne peut plus consacrer le temps qu’ils méritent.
Je continue à bouturer, mais je les mets en plein terre, pour faire de petites haies. ![]()
Parmi mes arbres, il y a un qui aurait bien besoin de bourgeonnement arrière, c’est mon Acer palmatum ‹ Seigen ›.
J’ai réalisé quelques photos de l’évolution de son feuillage au cours des dernières semaines.
À première vue, je n’ai pas l’impression d’être face à un Seigen faible, mais plutôt à un arbre qui a progressivement construit une couronne très dense en périphérie.
On observe un débourrement abondant sur pratiquement toutes les extrémités, ainsi qu’une coloration printanière particulièrement homogène. Le feuillage final est dense et vigoureux, et aucune branche ne semble réellement en retrait.
Son système racinaire semble également très actif. La vigueur observée ne laisse pas penser à un arbre affaibli, mais plutôt à un arbre dont l’énergie est aujourd’hui concentrée aux extrémités de la ramification.
En revanche, la masse foliaire extérieure devient de plus en plus compacte. Le centre de l’arbre disparaît progressivement de la vue et les branches primaires comme secondaires commencent à se dégarnir. C’est souvent ce que l’on observe sur des érables entretenus pendant de nombreuses années principalement par pincements et tailles de silhouette. ![]()
Il présente aujourd’hui une forte dominance périphérique. La majeure partie de l’énergie semble captée par les bourgeons terminaux. Les branches restent bien vivantes, mais les bourgeons situés à l’intérieur de la ramure reçoivent beaucoup moins de lumière, moins de sève élaborée et probablement moins de stimulation hormonale.
À mon avis, sur un arbre de ce niveau de maturité, le bourgeonnement arrière ne dépend pas uniquement de la fertilisation ou des techniques de taille. Il résulte surtout d’un équilibre entre la lumière, l’espace disponible et la répartition de la vigueur dans l’ensemble de la ramification.
Voilà donc ce que j’envisage de faire
En un mot, je vais chercher à rééquilibrer la dominance afin de mieux répartir la vigueur dans l’ensemble de la ramure.
L’objectif ne serait pas de réduire la silhouette générale de l’arbre, mais de casser la domination des pointes (des terminaux) et de réintroduire davantage de lumière à l’intérieur de la ramure.
Je pense qu’il gagnerait davantage à être éclairci qu’à être densifié davantage.
Comme me le faisait remarquer GP1 dans une autre discussion, Il faudrait le rempoter dans un pot plus grand.
Il sera donc également installé dans un pot légèrement plus grand. L’objectif n’est pas d’augmenter exagérément sa vigueur, mais de lui donner un peu plus de confort pendant cette phase de reconstruction.
Ce rempotage n’interviendra bien évidemment que l’année prochaine, soit en Phase II (fin février–début mars), soit en Phase III (débourrement).
J’ai pris l’habitude de raisonner en termes de phases physiologiques plutôt qu’en mois calendaires. Les dates, et plus encore le climat, varient d’une année à l’autre, alors que l’état physiologique de l’arbre demeure le véritable indicateur du moment opportun pour intervenir.
Ce n’est pas le calendrier qui dicte les travaux, mais l’arbre lui-même. ![]()
Cet arbre est magnifique et la suite de photos des étapes du bourgeonnement le montre bien
C’est vrai qu’il arrive maintenant à une étape de son développement ou il faut envisager de régénérer le feuillage par une taille plus ou moins sévère et c’est un vrai crève cœur mais il faut en passer par là, sinon il va devenir un vrai buisson.
Cela dit, je connais assez peu d’amateurs qui possèdent un arbre avec une telle maturité
Cet arbre et le travail que tu projetes illustre assez bien une question que je me pose de plus en plus quand à la conduite d un arbre à long terme. J ai appris en prenant des cours à orienter les branches plutôt horizontalement et faire en sorte de conserver la ramification au plus proche du tronc et éviter d avoir trop de branche mais quand j échange sur le forum ou avec d autres pratiquants le premier reproche que je reçois sur mes arbres c est que les feuillus ne sont pas des pins. Mais quand j observe les arbres aboutis y compris chez des pros de mon avis je trouve que beaucoup de branches n ont pas un intérêt si évident mis à part d étoffer la canopee et beaucoup finissent par donner une boule de feuillage sans forcément mettre en valeur la structure.
Je me questionne et je manque de recul et de connaissance pour trouver les réponses. Ce qui m inquiète ( pour mes arbres ) c est que je ne veux pas regretter dans 20 ans la conduite que j en fais aujourd hui …
C’est une tendance assez répandue au sein des amateurs ou des pros européens de privilégier des mises en formes « rapides » avec beaucoup de branches pour créer la structure au détriment d’une approche plus lente avec juste ce qu’il faut comme branches.
Merci Philippe. ![]()
C’est gentil.
Bonjour Suber, ![]()
Je me pose exactement la même question depuis plusieurs années.
Je pense qu’il existe deux excès.
Le premier consiste à vouloir conserver toute la ramification au plus près du tronc, avec des branches très horizontales et des plateaux parfaitement définis. On obtient alors parfois des feuillus qui ressemblent davantage à des pins feuillus qu’à des arbres observés dans la nature.
Le second consiste à laisser l’arbre s’étoffer sans véritable sélection. Avec le temps, la canopée devient de plus en plus dense, les branches se multiplient, la lumière ne pénètre plus et l’on finit par obtenir une masse de feuillage où la structure devient difficile à lire.
À mes yeux, le but n’est pas forcément d’avoir le maximum de branches ni le minimum. L’important est surtout que chaque branche conserve une fonction visuelle et participe à l’image de l’arbre.
Quand j’observe de vieux arbres dans la nature, je constate qu’ils portent souvent beaucoup plus de branches que ce que l’on voit sur un bonsaï classique. Mais je constate également que la lumière circule partout et que l’on continue à lire clairement leur structure générale.
C’est probablement ce qui me fait réfléchir aujourd’hui sur mon Seigen. Je ne cherche pas à le densifier davantage, mais plutôt à retrouver de la profondeur, de la transparence et une meilleure lecture de sa structure.
Quant à la crainte de regretter dans vingt ans les choix faits aujourd’hui, je pense qu’elle est partagée par beaucoup d’entre nous. Heureusement, un arbre n’est jamais totalement figé. On peut toujours corriger une direction, reconstruire une branche ou faire évoluer un projet. Ce qui compte surtout, c’est d’observer, de se remettre en question et d’essayer de comprendre comment l’arbre réagit au fil des années.
J’ajouterais même que le mouvement actuel du bonsaï naturalistique est en partie né de cette interrogation. Beaucoup de pratiquants ont commencé à se demander si certaines règles de construction, très utiles pour apprendre, ne finissaient pas parfois par produire des arbres trop stéréotypés.
Je vais peut-être t’étonner, le défi n’est pas de rejeter ces règles, mais de savoir à quel moment il faut s’en affranchir pour mieux servir l’image de l’arbre.
Je reviens sur les « poupées » Hakata en terre cuite
Elles sont réalisées en argile non émaillée et après cuisson, elles sont entièrement peintes à la main.
Un rouge très profond… wahou ![]()