Je viens de mesurer la longueur intérieure de ce petit pot ovale : 13 cm
Il devrait donc convenir.
Pour ce qui est de l’engrais, il est vrai que je devrais y penser plus souvent.
Merci pour tes conseils, toujours judicieux
Il est toujours intéressant de voir émerger des interprétations personnelles, surtout lorsqu’elles s’affranchissent avec autant de liberté des cadres habituellement admis.
On pourra néanmoins s’étonner du choix de l’intitulé, qui convoque une terminologie japonaise à laquelle tu sembles, par ailleurs, accorder un intérêt tout relatif. Ce léger décalage ne manque pas de charme.
Quant à l’usage des termes kusamono ou shitakusa, il témoigne d’une approche spontanée, que certains diraient audacieuse, consistant à considérer que la simple mise en pot suffit à en revendiquer la nature. L’idée a le mérite de la simplicité.
Concernant le choix des contenants et, plus largement, les principes du kazari, il est probable que leur découverte progressive t’ouvrira des perspectives insoupçonnées. Ces questions, souvent jugées secondaires, finissent parfois par produire des effets inattendus.
Mais bien sûr, il est tout à fait possible de considérer que ces subtilités relèvent de considérations accessoires, ou, pour reprendre une expression désormais familière, qu’elles sont sensiblement équilatérales.
Dans tous les cas, les axes d’amélioration ne manquent pas.
On pourrait souhaiter que le même soin soit apporté à la forme des échanges. ![]()
KUSATHEQUE est effectivement un néologisme que j’ai imaginé pour traduire ma manière de m’approprier la culture de plantes herbacées.
L’emprunt d’un terme japonais associé à un suffixe d’étymologie grecque (-thèque = dépôt, collection) et donc occidental, concrétise les deux sources dont je m’inspire pour développer une pratique personnelle. Il me semble très naturel de piocher dans les deux domaines linguistiques pour signifier ces deux pôles d’intérêt.
Ce faisant, Je me sens libre d’agir en dehors de l’imposition d’un cadre ou de règles pour arriver à mes fins. Cependant, cette activité est dissociée dans tous les cas de considérations en rapport avec la juxtaposition de ces plantes avec des bonsaïs. Ce ne sont pas des plantes d’accompagnement. J’estime qu’arbre et plante herbacé n’ont pas à se côtoyer pour induire un effet de synergie. Chacun de son côté est susceptible d’être beau en soi.
Mes objectifs sont à la fois esthétiques et scientifiques.
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Esthétiquement : il m’importe peu qu’il y ai des fleurs ou pas, qu’il s’agisse de sedum ou de plantes grasses – interdites en plantes d’accompagnement – ou des espèces de mousses, seul compte les émotions qu’elles éveillent en moi.
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Scientifiquement : la recherche des plantes sauvages m’a permis d’approfondir quelques connaissances botaniques. Les reconnaître, pouvoir les nommer , documenter leur biologie et leur écosystème, c’est là où je prends mon pied.
Autrement dit j’essaye de construire un petit herbier vivant.
Comme tu peux le constater on est loin du kusamono,du shitakusa et autre kazari traditionnel qui ne satisfont pas mon besoin viscéral d’exploration en toute liberté.
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Ta démarche est personnelle et assumée, ce qui la rend d’autant plus difficile à concilier avec l’usage de termes issus d’un cadre dont tu revendiques l’affranchissement.
Il serait sans doute plus cohérent de nommer simplement ce que tu fais pour ce que c’est.
Oui, ou pour le dire plus abruptement, qualifier de scientifique une démarche perso d’amélioration de ses connaissances en botanique paraît pour le moins abusif.
Les potentilles printanières (Potentilla verna), modestes plantes rampantes, fleurissent maintenant. Elles restent prostrées et leurs fleurs jaunes ne sont pas particulièrement spectaculaires. Il n’empêche, cultiver cette espèce sauvage est un plaisir.
En ce moment j’en possède deux plants en pot.
J’ai pris un peu de retard pour photographier mon iris cette année.
Il y a déjà une fleur fanée sur la hampe florale.
Il en reste deux. C’est la première fois que ce plant développe une hampe de 3 fleurs
Tu devrais apprendre le Hachiawase.
J’adore le hachi parmentier au confit de canard
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Meaning of 鉢合わせ in Japanese
-bumping of heads
-running into; coming across; encountering
Je l’ai déjà dit : le jargon est un moyen pour un groupe d’assoir son pouvoir et/ou exclure.
Si tu veux communiquer, je trouve que tu pourrais t’y prendre plus simplement.
Oui, tu es revenu à plusieurs reprises sur différents sujets avec la même approche.
Alors laisse-moi être clair, chercher à remplacer systématiquement les termes japonais en bonsaï, ce n’est pas rendre les choses plus accessibles c’est les rendre moins exactes.
Ces mots ne sont pas là par tradition ou par effet de style.
Ils existent parce qu’ils désignent des réalités précises, construites au fil de siècles de pratique.
Les traduire mot à mot revient souvent à les simplifier au point de les dénaturer.
En bonsaï, on ne manipule pas seulement des formes, mais des relations entre le tronc, les branches, les vides, le pot et la perception globale de l’arbre.
Le vocabulaire japonais est justement ce qui permet de nommer ces relations avec justesse.
Des notions comme Hachiawase ou Hachiutsuri et tant d’autres ne sont pas interchangeables avec quelques mots français. Elles renvoient à une logique, à une manière de lire et de construire l’arbre.
Le bonsaï n’est pas un art générique qu’on peut adapter en changeant simplement les mots.
Il est né dans une culture précise, avec son langage propre.
Vouloir le reformuler entièrement dans une autre langue, c’est prendre le risque de perdre ce qui en fait la cohérence.
Comprendre ces termes fait partie de la pratique.
Pas pour faire savant, mais pour éviter les contresens et travailler avec justesse.
Remettre en cause le vocabulaire n’a pas beaucoup de sens tant que les bases qu’il décrit ne sont pas encore solides.
Tout ce que tu expliques dans ton précédent message je le sais , je le savais et j’en suis parfaitement conscient . Le « jargon » est nécessaire pour être précis.
Ayant été amené à faire des conférences de vulgarisation, je sais bien la douleur qu’on peut ressentir à employer un terme du langage commun qui ne traduit pas avec rigueur le terme du « jargon »
En mécanique quantique parler de spin d’une particule est incompréhensible pour une personne même éduquée. Dire que c’est comme si la particule tournait sur elle-même est faux.
Pourtant, c’est l’image qu’on prend pour communiquer avec une personne hors du domaine de la physique. Je l’ai souvent fait pour faire en sorte que le public puisse faire un petit bout de chemin avec moi.
Parfois, pour communiquer, il faut mettre de l’eau dans son vin et ranger son égo d’expert au placard.
Pourrais-tu mettre ton ego un peu de côté et nous trouver quelques mots qui cernent le concept ? Car je ne trouve pas avec mon moteur de recherche
« Tout ce que tu expliques dans ton précédent message je le sais , je le savais et j’en suis parfaitement conscient »
Alors pourquoi ne l’appliques-tu pas ?
« Le « jargon » est nécessaire pour être précis. »
Puisque tu reconnais que ce “jargon” est nécessaire pour être précis, il est assez logique de s’en servir plutôt que de chercher à le remplacer, non ?
Si un jour tu as l’occasion d’apprendre auprès d’un maître japonais, tu verras que ces termes ne sont pas considérés comme du “jargon”, mais simplement comme le langage normal de la pratique. Celles et ceux qui ont eu cette chance pourront te le confirmer.
On est d’accord sur le principe : vulgariser, c’est parfois accepter une approximation.
Mais ton exemple en physique montre justement la limite de l’exercice.
Quand tu parles du spin, tu sais que l’image est fausse, et tu le précises.
Tu n’essaies pas de remplacer le concept par une autre notion plus “accessible”, tu l’accompagnes.
En bonsaï, c’est exactement la même chose. On peut expliquer des termes comme Hachiawase ou Hachiutsuri avec des mots simples, mais prétendre les remplacer revient à perdre ce qu’ils décrivent précisément.
Donc oui, on peut “mettre de l’eau dans son vin” pour rendre les choses accessibles, mais pas au point de diluer le sens.
Si tu cherches des formulations :
- Hachiawase : la recherche du bon accord entre l’arbre ou la plante et son pot
- Hachiutsuri : le sentiment d’harmonie qui en découle
Ça donne une idée, mais ça reste volontairement incomplet. Comme pour le spin, l’image aide à approcher… sans jamais se substituer au concept.
La différence, au fond, ce n’est pas une question d’ego d’expert, mais de savoir jusqu’où on accepte de simplifier sans déformer.
Cette année, j’observe une floraison très abondante sur mes deux plants de Raiponce orbiculaire.
Cela fait 15 ans que je les ai prélevés. Et je m’étonne toujours de l’excellente capacité de cette plante à s’adapter aux pots.
Pour la prélever c’est maintenant !!
C’est quand elle est en fleurs qu’il est possible de l’identifier facilement.
Mon ressenti est le même pour ces deux jolies plantes, tout est en hauteur, mais le problème ne vient pas uniquement de là, il manque surtout de contrepoids et d’ancrage.
Dans ce type de composition, le pot et la plante vont dans la même direction, tout est vertical, tout monte.
Il n’y a aucun élément qui stabilise visuellement l’ensemble, ce qui donne une impression d’instabilité.
Au-delà de l’aspect esthétique, on peut aussi se poser la question de la stabilité réelle en extérieur, avec un centre de gravité élevé et une prise au vent non négligeable.
J’aurais plutôt tendance à rechercher un équilibre entre le contenant et le contenu.
Par exemple, dans un pot très haut, une plante retombante permettrait de créer un contrepoint et de “ramener” visuellement la composition vers le bas.
À l’inverse, un pot bas, voire une ardoise, se prête bien à une plante montante, avec une base plus stable et une élévation plus lisible.
Ce n’est évidemment pas une règle absolue, mais une manière simple d’éviter que tout parte dans le même sens. On peut parfaitement assumer une forte verticalité, mais dans ce cas elle doit être très maîtrisée, plante fine, composition épurée…
Ici, la verticalité est trop appuyée, sans véritable ancrage, ce qui nuit à la lisibilité et à l’équilibre visuel.
Quand on regarde un bonsaï ou une plante d’accompagnement, on doit pouvoir ressentir une certaine forme de sérénité. Or il est difficile de ressentir cet apaisement face à une composition qui paraît instable.
Cher @Toche
Je ne partage d’aucune manière ton point de vue. Il me semble qu’il est pétri de considérations très « confucéenne » sur l’harmonie, l’équilibre ou la symbolique. Tout cela m’est étranger.
J’ai tout au contraire cherché à exacerber la verticalité de cette raiponce orbiculaire en accentuant encore plus son élan montant. De cette manière je mets en scène une plante qui sort de ses gonds.
Je cultive d’ailleurs des campanules qui peuvent devenir très hautes et avec elle, j’ai eu envie de friser l’extravagance. Photos à suivre.
Après la verticalité arrogante, voilà une plante prélevée (Hippocrepis comosa) qui rampe humblement, toute soumise. Son pot est adapté à son caractère et à ses habitudes végétatives. Elle est en pleines fleurs actuellement.
Je comprends ton intention d’aller vers quelque chose de plus expressif en poussant la verticalité, et dans ce cadre, ta démarche est cohérente.
De mon côté, mon intervention ne visait pas à invalider ton approche, mais à apporter un autre point de lecture. Notamment parce que, pour quelqu’un qui débute, ce type de composition peut facilement être perçu comme une base, alors qu’il s’agit en réalité d’un choix esthétique pour le moins… très spécifique.
Sur la question des “considérations confucéennes”, je pense que tu fais encore un amalgame.
Le bonsaï et tout ce qui gravite autour (kusamono, shitakusa, tokonoma…) est surtout influencé par le Zen et par l’esthétique japonaise, notamment le Wabi-sabi et le Ma.
Les notions d’équilibre, de vide et d’ancrage ne relèvent donc pas d’un cadre rigide ou “philosophique” au sens où tu l’entends, mais d’une manière de lire et de construire une composition.
Même dans une approche volontairement plus libre ou en tension, ces bases restent importantes. Sans point d’ancrage, l’œil a du mal à se poser, et la tension recherchée peut basculer vers une impression d’instabilité.
C’est aussi pour cela que l’apprentissage auprès de praticiens expérimentés, notamment dans un cadre influencé par la tradition japonaise, apporte souvent un éclairage précieux.
On y découvre que même les approches les plus libres reposent sur des fondations très solides.
Il ne s’agit pas d’imposer des règles, mais de comprendre ce qui les sous-tend, et ce qui permet ensuite de s’en affranchir avec justesse.
Au final, il ne s’agit pas d’opposer les approches, mais de rappeler qu’il existe des bases solides autres que celles que tu montres, sur lesquelles chacun peut ensuite construire, ou choisir de s’en éloigner en connaissance de cause.
@bonsaiphil présente une vision esthétique très différente, opposée à celle de @Toche :
Bonsaiphil identifie le système de valeurs de Toche à savoir l’harmonie, l’équilibre et la symbolique mais s’en détache volontairement refusant que la composition vise la sérénité , la stabilité ou l’équilibre.
Bonsaiphil s’inscrit donc dans une esthétique de la transgression, de la rupture peut-être teintée de provocation (au bon sens de terme).
Son objectif n’est pas l’équilibre mais l’expression d’un caractère, d’une attitude. La composition est une mise scène, une récit visuel en somme une dramatisation.
A vrai dire deux philosophies esthétiques s’opposent.
Pour Toche une esthétique de l’harmonie, de la stabilité, de la sérénité centrale dans le monde du bonsaï et de l’ikebana;
Pour Bonsaiphil une esthétique de l’expression, de la tension proche d’une démarche artistique contemporaire, plus libre et narrative.
Pour moi, ces deux visions sont cohérentes et légitimes. Sont-elles irréconciliables ?
Pourquoi toujours vouloir rester dans les codes, d’équilibre d’harmonie…Je trouve aussi l’accord pot plante de Bonsaiphil très réussi et cela ne va pas à l’encontre du bien être des plantes qui sont superbe. Je suis en train de préparer une composition pour une prochaine expo et mon shitakusa sera un equisetum planté dans un pot haut et étroit, pour renforcer la verticalité de la compo. J’entends déjà Toche qui va me parler de tradition ![]()
Merci pour cette analyse Toto, je la trouve intéressante, notamment sur la distinction entre une recherche d’harmonie et une démarche plus expressive ou en tension.
Là où je nuancerais, c’est sur l’idée de deux philosophies réellement opposées.
Dans les arts japonais, en bonsaï et dans ce qui l’entoure en particulier, les démarches les plus libres ou les plus “transgressives” ne sont généralement pas construites en opposition aux bases, mais à partir d’elles.
Autrement dit, la tension, la rupture ou la dramatisation ne prennent vraiment sens que si elles s’appuient sur une structure lisible : équilibre, ancrage, gestion des vides, etc.
Sans cela, on n’est plus dans une tension maîtrisée, mais dans quelque chose de plus difficile à lire.
Un maître japonais me répétait souvent :
“Il faut connaître les règles, les apprendre par cœur, pour pouvoir ensuite les oublier… et y revenir en cas de problème.”
Je trouve que cela résume assez bien la question.
Donc pour moi, ces deux visions ne sont pas irréconciliables, mais elles ne sont pas non plus sur le même plan : l’une repose sur des fondations, l’autre en est une variation possible, à condition d’en maîtriser les codes.
Que l’on fasse le choix d’une démarche personnelle ou d’une approche basée sur les fondations de l’enseignement japonais n’a, au fond, pas vraiment d’importance pour moi.
Ce qui me semble essentiel, en revanche, c’est de distinguer clairement dès le départ une démarche personnelle d’une base transmissible.
C’est d’autant plus important pour les débutants, afin qu’ils puissent identifier ce qui relève des fondamentaux et ce qui correspond à des choix esthétiques plus particuliers et personnels.
À te lire @Toche on pourrait croire que la référence au Japon est la seule qui soit transmissible. Les arts japonais n’ont pas le monopole d’une pensée sur l’esthétique.
Dois-je citer Kant par exemple ? Lire et s’inspirer de « Le jugement esthétique » est tout à fait profitable à une personne qui a eu une éducation européenne.
En matière d’esthétique, je vois mal comment on peut utiliser le concept de « maître ». Cette notion est vraiment à bannir : hiérarchiser les rapports va contre la spontanée et la liberté nécessaires aux démarches créatives. Une démarche créative devrait toujours être personnelle.
Et puis disons-le tout bonnement : quand je reviens de balade avec une plante, je choisis souvent parmi les pots qui me restent !
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La très sauvage Anemone sylvestris maintenant






