Ne déplaçons pas le débat. 
Je ne pense pas que quelqu’un ici ait dit que le Japon aurait le monopole de la réflexion esthétique, ni qu’il faudrait s’y limiter.
En revanche, dans le cadre précis du bonsaï et de ce qui l’entoure, il existe une tradition, des bases et, ne t’en déplaise, un vocabulaire qui se sont construits dans un contexte culturel donné, et qui constituent aujourd’hui un socle de transmission.
C’est précisément sur ce socle que s’appuient la plupart des structures d’apprentissage, telles que la Fédé, les clubs où encore les associations, qui permettent de diffuser ces connaissances et d’accompagner les pratiquants dans leur progression.
Cela n’empêche en rien une démarche personnelle, ni des influences extérieures, ni même des approches plus contemporaines. Mais encore une fois, il me semble important de distinguer ce qui relève d’une base transmissible de ce qui relève d’un choix individuel.
Quant à la notion de “maître”, je pense qu’il y a là aussi une interprétation un peu restrictive. Il ne s’agit pas de hiérarchie au sens rigide, mais de transmission d’un savoir et d’une expérience. Dans de nombreux domaines, qu’ils soient artistiques ou non, c’est précisément ce qui permet ensuite de développer une pratique plus libre et plus personnelle.
Une démarche créative peut bien sûr être personnelle, mais elle ne se construit pas hors de tout cadre. Elle s’appuie toujours, d’une manière ou d’une autre, sur des références, des apprentissages et une compréhension préalable de ce que l’on fait.
C’est simplement ce point que je cherche à rappeler.
Pour ceux qui débutent, l’important est surtout de pouvoir identifier clairement ce qui relève de bases largement reconnues dans la pratique, et ce qui correspond à des démarches plus personnelles ou expérimentales.