Vous me parlez de "point de fuite" et de "point focal"
Pour moi ces deux notions sont contestables en matière de bonsaï.
Point de fuite :
C'est le point vers le quel converge toutes les ligne correspondant à une direction données quand on rabat la réalité tridimensionnelle à un espace à deux dimensions. C'est de la perspective.
Appliquer cette règle géométrique n'est pas le seul moyen à disposition pour créer l'illusion de la profondeur.
Le peintre peut jouer aussi sur les couleurs : ce qui est rapproché est en couleurs franches, ce qui est éloigné en couleurs plus grises ou plus claires. Il peut aussi simplement jouer sur les dimensions des objets. Grand =rapproché, petit = éloigné.
Pour une nature morte on combinerait plutôt les deux principes que je viens de citer.
Il n'y a pas de point de fuite dans un portrait.
Enfin on ne compte plus les artistes qui ont jeté par dessus bord les règles de la perspective et ses points de fuite, pour se libérer ou donner de l'importance à autre chose, plus fondamental à leurs yeux. On peut donc se passer du point de fuite , on peut le dépasser.
Point focal :
C'est une notion qu'on introduit dans l'analyse académique d'une œuvre. Beaucoup d'artistes se sont évertués à créer un tel point dans leurs œuvres pour contraindre le spectateur à viser d'emblée ce qui est important dans le message. "He, ho, regarde, c'est là que ça se passe !". C'est une manière d'imposer un ordre de lecture d'une œuvre, un peu comme si l'auteur voulait garder la main à posteriori. C'est un genre extrêmement délicat parce qu'il peut très vite devenir lourd s'il est trop évident. Cette lourdeur apparaît quand on comprend immédiatement l'intention de l'artiste. Le mystère s'évapore.
Au contraire s'il est très discret ce point focal échappera à l'esprit libre qui évoluera alors dans l’œuvre selon sa propre subjectivité.
Pour moi le "point focal" est un poncif de la composition , c'est une mode qui est singée, c'est une astuce, un truc auquel on se raccroche quand l'imagination vient à faiblir.