La référence constante aux pros (et aux maîtres es bonsaïs) me gène un peu. J’ai l’impression qu’on est toujours l’âne de quelqu’un, sur ce forum.
La littérature sur le greffage du pin est assez abondante, et sa faisabilité bien meilleure que ce que j’en pensais, n’ayant pas beaucoup prêté attention au sujet auparavant.
Le problème qui peut se poser est que le pin mutant n’a pas de ramifs fines, les aiguilles poussent en couronne directement sur du gros bois lignifié, qui n’est pas le plus indiqué pour fournir des greffons.
Il faut que je retourne voir l’arbre pour examiner le problème de près, et aussi trouver un plan porte greffe vigoureux pour une tentative.
Oui, j’en sais un peu qqchose. J’ai collecté des pins sylvestres de l’espèce que Breysse cultivait, le “suc de Garde” comme il l’avait appelée. Bon, après son passage, il n’en est plus beaucoup resté, des pins de ce cultivar, dans la nature…
Voilà un exemplaire, le tronc est fin et ne grossira pas, l’arbre étant déjà très âgé:
Je ne sais pas si ça vaut vraiment le coup, comme tu dis le type de feuillage ne semble pas très adapté au bonsaï, et ça peut être le résultat d’une maladie fongique ou d’un virus alors il y a une part de risques pour les autres pins chez toi.
Si on regarde bien aucun bonsai ne ressemble a un arbre qui a poussé dans la nature sans intervention de l’homme. Vous avez déjà vu un acer palmatum qui ne part que d’un tronc? Une sabine dressée? Un orme parfait en balais? Un lettré peut être…On s’inspire de la nature,mais on reproduit pas. Et les codes japonais sont ils une reproduction de la nature ou des arbres dans leur jardin. Des arbres j’en vois tous les jours. Pour le travail ou en balade. Et aucun ne m’a inspiré un bonsai.
Là, je crois que tu oublies tous les yamadoris qui ont constitués la collection presque complète des plus beaux conifères bonsaï. Au point même qu’il est permis de se demander ce qu’auraient pu faire les bonsaïka sans cette ressource naturelle qu’ils cultivent simplement sans guère de transformations,en fait, une fois les spécimens collectés.
Il me semble que tu es dans le sud ouest, moi dans le massif central, mon terrain de jeu avec les alpes du sud où je vais collecter des pins… on ne voit pas les mêmes arbres.
Je n’oublie pas les yamadoris et j’en ai pas mal. Mais une fois mis en forme ils ont tout de même perdu leur forme d’origine. On les compacte, les taille… a part la base du tronc la ramure ne reprend pas une forme naturelle. Concernant le terrain de jeux il peut etre très vaste. Mes pin sylvestre viennent des aloes aussi. J’étais a la station botanique de Besse pour une formation en septembre. J’ai passé ces 4 dernières années pas mal de temps a vadrouiller autour des puits. C’est certain que vers chez moi, il n’y a pas beaucoup d’arbres a prélever a part les uncinata ou les chênes liège, quelques ormes… le reste est plutôt rare.
C’est vrai que le port est plus souvent arbustif que pour un érable plane ou champêtre, mais des palmatum à un seul tronc, on en trouve dans les forêts au Japon (pas très souvent car la plupart des « forêts » sont des plantations industrielles de cryptomères ou de chamaecyparis).
Sur le fond, je suis d’accord : faire des arbres qui ressemblent trait pour trait à des arbres naturels, ce n’est pas du bonsaï, c’est du maquettisme. Le bonsaï, c’est faire naître une émotion liée aux arbres avec un petit végétal. Pour y réussir, il faut tricher, et c’est ça qui est le point clé.
Le tronc des yamadoris est quand même l’essentiel qui valorise ces conifères.
Question naturel de la ramure, j’ai rencontré au moins une fois un pin avec des ramifs en plateau parfait, sans un poil qui dépasse, qu’on aurait même eu du mal à faire avec nos petits doigts et notre fil.
J’ai pas gardé la photo, malheureusement, mais je sais où l’arbre se trouve.
Même les feuillus au naturel peuvent directement inspirer des bonsaï présentables, avec juste un peu de taille (que je ferai au printemps sur cet orme):
Tu as raison sur le côté maquettisme que certains cherche à reproduire sur certains arbres, quand c’est bien fait ça passe très bien. Quand c’est une pale copie ça accroche très vite l’œil.
Tu soulignes bien le fait que quand on travaille un arbre prélevé on se doit à minima le respecter, j’ai toujours du mal à voir des arbres très fortement pliés ou contraints, généralement ça se voit dans la mise en forme exécutée, accentuer un mouvement qui va dans le sens de la mise en forme oui, je le conçois. Mais contraindre les mouvements naturels de l’arbre d’une manière excessive non, du moins il faut que cela soit très bien fait, enfin ce n’est que ma vision des choses. Il y en a qui sont très doués pour le faire et d’autres moins mais ça se voit très vite, l’impression d’entourloupe dans la mise en forme se voit vite. Ou du moins l’oeil ”accroche” a un moment où un autre. J’ai acquis récemment un yamadori de pin sylvestre il est grand, la végétation assez éloignée, des pliages en perspective, mais je veux prendre mon temps pour le respecter au minimun.
La nature est bien faite Par contre c’est dans sa nature aussi d’avoir le coté gauche de la base sans veine vivante, alors il n’aura jamais un beau nébari.
Le mien est un vieux rogaton d’ulmus minor tout noueux, 60 cm de haut et d’un cinquantaine d’années je pense.
L’écorce est très épaisse, dont des plaques sont parties pour laisser le bois mort du tronc à nu, ce qui lui a valu un traitement vigoureux au xylophène. Il est aussi criblé de gros trous de ver anciens, qu’on ne voit pas sur la photo.
On pourra me dire de plus le ligaturer, mais l’expérience m’a montré que les branches tordues comme cela produisent une grande quantité de liège qui leur donne une apparence boudinée pas en harmonie avec les proportions de l’arbre.
Intéressant ton retour sur les branches ligaturées, moi j’ai l’impression que les branches ligaturées sont plus faibles voire moins poussantes une fois celles ci posées. Quand la ligature est posée sur la branche non aoûtée cette dernière a l’air de mieux encaisser la manipulation.
Ce que je t’explique est valable seulement sur cet orme.
J’en ai d’autres, des subéreux aussi, qui réagissent moins. Par contre je ligature juste avant le débourrement et j’enlève les fils en juillet. Cela suffit à maintenir en forme les branches sans trop les fatiguer ni les marquer.
Je ne sais pas comment réagit l’orme de chine, mais sur mes ormes sauvages les branches non ligaturées poussent plus énergiquement aussi, je vois ça avec les tire-sèves sans contraintes, qui forcissent bien plus vite.
On voit en arrière plan l’aspect d’une branche ligaturée qui a développé une écorce très épaisse suite à la torsion: