La forêt européenne est majoritairement publique
La forêt française est majoritairement privée
Jusque-là, ça va ?
La forêt alsacienne-mosellane est majoritairement publique, comme dans le reste de l’Europe. Dans ce grand espace, notre espace, elle n’est pas une région particulière.
En revanche, la forêt française est une exception européenne.
Tu me suis toujours ?
La question de fond est de savoir à quoi on se compare. Mon regard à moi ne s’arrête pas , telle la radioactivité, aux vieilles frontières intra-européennes. Je considère autant que faire se peut la seule entité géographique, politique et culturelle qui vaille au 21ᵉ siècle : l’Europe.
L’Alsace a été quelque 1000 ans dans le giron du Saint Empire Romain Germanique avant d’osciller entre les deux pôles français et germanique. Ça vous entraine à relativiser les choses, de ne plus faire du nombrilisme franco-français et de voir plus loin.
Et surtout, ça a laissé des traces jusque dans la structure de la forêt.
Bon, sur la forme, ca reste dans le style bonsaiphil, c’est certain…
Sur le fond, personnellement , je pense voir ce qu’il veut dire.
Comme lui, je considère que le futur doit s’écrire à la taille de l’Europe. Je me sens personnellement très européen et voterais, sans trembler, positivement, si un jour on nous proposait une Europe fédérale. Quitte à renier certains de nos privilèges de Français…
Pour avoir pas mal vadrouillé personnellement et professionnellement, je pense apprécier aussi l’Europe (au sens large) à sa juste valeur.
Même si le monde est beau, il y a une différence entre faire du tourisme et habiter dans un pays avec sa famille, pour y travailler.
Pour moi les US c’est non, la Chine non plus, l’Inde bof, l’Afrique j’évite, la Russie sûrement pas, tout ça pour des raisons qui ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre.
Quelques pays dans lesquels je pourrais vivre, le Japon (mais on y est analphabète), le Canada ou l’Australie… mais ça se compte sur les doigts de la main.
pareil, mais il parait que les japonais sont très exigents niveau travail, j’ai une amie japonaise, d’origine coréenne, qui m’expliquait qu’elle détestait l’esprit japonais, très dur au travail. Elle vit maintenant en Australie, près de sa fille. Ryan Neil aussi a fait des déclarations tardives sur la rigueur de l’enseignement du Bonsai au Japon, il a même chopé une arthrite au niveau des doigts
Peut être que @lanig pourrait nous en dire plus, mais je pense qu’il est trèeeees difficile pour un européen de s’acclimater aux us et coutumes japonaises.
A son retour aux US, Ryan a appliqué le même enseignement rigoureux et exigeant avec ses etudiants américains, et il a perdu beaucoup d’entre eux, qui n’acceptaient pas une telle intransigeance (“he is an asshole”) . Il a dû changer sa façon d’enseigner, devenir plus cool, plus encourageant, moins cassant, pour la suite de sa carrière.
Par ailleurs, j’aime le concept de « voyageur immobile » tel que l’ont vécu des écrivains comme Jean Giono, Henry David Thoreau ou Claudie Hunziger.
Il suffit d’explorer autour de soi pour découvrir mille lieux de découvertes et d’aventures, mille sources d’émerveillement et d’apprentissage pour combler sa curiosité.
J’approuve entièrement Jean-Marc Jancovici quand il calcule que 4 voyages en avion par personne dans une vie est la limitation qu’il faudrait imposer (entre autres) pour être dans les clous d’une planète vivable.
Imaginez être un sanglier qui se balade avec ses copains pour faire la tournée des bars. Chez nous autres les sangliers, les bars sont perchés dans les arbres et la manne tombe du ciel. Pas tous les jours, certes, et en plus on ne choisit pas. C’est toujours du maïs. On s’y fait, c’est notre dieu des sangliers qui le veut ainsi. On est reconnaissant.
Évidemment, de temps en temps notre dieu se fâche et une détonation retentit alors. Son origine est discutée chez nous autres. Certains prétendent que le grondement provient de cette cabane haut perchée qu’on distingue dans le fond de la photo ci-dessous. Cela semble très logique : la graine vient d’en haut, donc notre dieu habite en haut.
La stupidité en forêt ne s’étale pas seulement du côté des chasseurs ou des monocultures sylvestres. Un autre exemple : cette fourmilière qui a été dérangée volontairement
Durand ma balade de dimanche dernier (voir ci-dessus), j’ai pu méditer un peu sur les épicéas et du port caractéristique de leurs branches. Pour l’instant, je n’ai pas encore vu de bonsaïs d’épicéa qui traduisait ces rideaux tombant de feuillage.
@bonsaiphil je partage aussi ces réflexions sur le port des arbres durant mes balades Ici pas d’épicéas, mais quelques beaux charmes, hêtres et chênes.
L’observation d’arbres sauvages reste à mon sens la meilleure inspiration.
Le problème, c’est que ce port typique de l’épicéa (avec les cônes, c’est ce qui permet le moyen mnémotechnique pour la différence avec le sapin : « l’épicéa, ça pisse, le sapin, ça pine ! » ) ne comnence à se voir que sur les rameaux un peu vieux que nous n’avons pas en bonsaï.
Je partage totalement ce point de vue. Mais nous sommes sans doute une minorité ici à stimuler notre imagination sur le terrain forestier ou champêtre au plus près de la nature.
C’est tellement plus facile de rester le cul dans sa chaise et contempler les arbres du Kokufu, du Taîkan Ten et ce genre de chose. Cela produit des arbres qui ressemblent à des bonsaïs et qui sont très différents des vrais arbres.
J’aime particulièrement tes deux premières photos à l’ambiance … wagnérienne. La brume, le mystère, c’est magique.