Julien49 ici
" …il [Kobayashi] ne vient pas d’avoir une révélation au bout de 40ans, c’est juste qu’il peut enfin se permettre de faire du bonsaï de manière plus libre"
Sur la base de la traduction des ses propos en anglais on lit :
« I did this for 40 years AND THEN came to realize the true beauty etc… »
« J’ai fait ainsi durant 40 ans et ensuite j’ai été amené à réaliser la véritable beauté etc… »
Ce serait donc plutôt une révélation .
Car enfin , il aurait très bien pu durant ces 40 dernières années cultiver des arbres dans un coin de son jardin, libre des contraintes commerciales et par goût personnel, un coin R&D en somme. Eh bien non. Et je tente une explication possible ici.
EDO par Clem ici
"Enfin, ce qui est marrant, c’est qu’ici, pas mal de monde veut se démarquer du Japon mais au final, ils ne font que… du bonsai lol et « bonsai » c’est japonais quoiqu’ils puissent raconter autour ^^ "
Ceci est aussi intelligent que de dire que l'opéra c'est italien puisque « Opera » est un mot italien.
C'est ignorer ceux qui ont voulu se démarquer de l'Italie dans ce domaine pour faire évoluer le genre. La Zauberflötte (la Flute enchantée) est un opéra mais qui a transgressé les règles du genre en adoptant un livret en langue allemande et en mettant en scène des idéaux franc-maçonniques.
Le bonsaï fait partie de la culture et la culture n’a pas de racines.
Je préfère voir , comme Bettini, la culture comme un fleuve avec des affluents , des influences qui se mêlent sans arrêt. La culture du bonsaï serait donc comme une rivière qui s’enrichirait constamment de nouveaux apports, qui recreuserait son lit sans cesse dans des directions différentes.
On peut aussi adopter la métaphore de Deleuze, celle d’un rhizome qui s’étendrait horizontalement dans toutes les directions.
Mais dans tous les cas l'image de racines rigides et verticales qui iraient puiser à une source unique pour nourrir ad vitam æternam une pratique est une image trompeuse et même dangereuse. La mixité prévaut.
Le changement fait peur parce qu’il nous rappelle le temps qui passe. Alors certains s’affilient par nostalgie ou par romantisme à la culture japonaise du bonsaï. Cette référence omniprésente est sécurisante mais c’est une utopie.
La culture des arbres dans un pot a changé, elle change actuellement et elle changera encore sous l’effet d’influences culturelles ou de pressions écologiques.