Valoriser les défauts d'un petit érable (du pré bonsaï au Bonsaï)

Bonjour je partage avec vous l’histoire de ce petit érable acheté par mon fils lors d’une visite ensemble en pépinière,

C’est un petit érable du Japon de culture (pas un cultivar particulier) de type pré bonsaï

Cet arbre a été rempoté cette année dans un pot plus petit

et je l’ai cultivé sans projet particulier,

J’entreprends aujourd’hui le travail de valorisation :

L’arbre presente de nombreux défauts, le Nebari grossier, peu de branches dont une grosse branche courte très problématique en partie médiane du tronc et de nombreuses plaies et cals de cicatrisation suite à des coupes drastiques

Je m’attaque à cette grosse branche, il faut l’enlever et rétablir la conicité du tronc :

Après taille, reprise au couteau et ponçage au papier de verre, ça va mieux, La conicité du tronc est rétablie !

Maintenant j’analyse comment créer un projet qui valorise les défauts, notamment toutes ces plaies et cals de cicatrisation et je pense que la meilleure réponse est un projet de marcottage en double-tronc (en plus ça donne du sens au projet père et fils, ça colle parfaitement à l’histoire de cet achat !)

Voilà ce que ça donne après un boulot assez minutieux, le projet est tout de suite plus lisible et presque evident, le tronc fils sera la plus petite branche que j’ai ligaturée, je conserve pour l’instant la partie inférieure plus grossière comme tire-sève, il faut que ça travaille pour produire des futures racines !

J’ai exploité les cals de cicatrisation disgracieux pour la coupe supérieure afin de disposer de la partie la plus épaisse du tronc, histoire de travailler un futur Nebari le plus large possible pour mon double-tronc

J’ai également percé un trou de 2 mm et fait passer un fil qui me permettra d’assoir efficacement le pot du marcottage

Voilà j’ai tout ajusté, le pot est correctement assis, prêt à recevoir le substrat

Et voilà le marcottage terminé (le substrat est couvert de mousse pour mieux garder l’humidité)

Le projet donne du sens à l’histoire de cet arbre, les gros défauts ont été supprimés et valorisés, le pré bonsaï de culture a évolué aujourd’hui en Bonsaï dans un projet plus élégant et raffiné

La suite au printemps prochain, j’ai hâte de vous donner des nouvelles de ce projet qui me tient à cœur !

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Tiens, tu fais tes marcottes à cette saison ?

Le traitement de la bosse n’est pas du tout adapté à mon avis. Il faut creuser.

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Je ne creuse jamais sur les érables, le cal doit se développer sur une surface convexe et pas concave, tu sembles bien catégorique dans ta réponse, peux-tu m’envoyer des photos de tes travaux de cicatrisation sur érable japonais ? Histoire de croiser les façons de faire et les résultats !

Oui je préfère très largement faire les marcottages à cette période car les tissus en dormance sont beaucoup plus adhérents et on ne risque pas d’arracher les couches au niveau de la coupe,

En outre les arbres peuvent déjà mobiliser des réserves pour amorcer un cal de cicatrisation à l’endroit de la coupe et l’émission de racines est beaucoup plus rapide au printemps

Interessant!
Tu penses que ça marche sur d’autres espèces à cette période?

Salut Ninja, tous les arbres qui peuvent se marcotter avec une ecorcage annulaire !

Je croyais avoir fait un fil ou je montrais comment j’étais passé de ça

en 2003 à
ça

en 2024 mais je ne le trouve pas.
Mais oui, je confirme, et je suis sûr de moi : sur les érables palmatum il faut creuser et une des raisons pour lesquelles je le sais, c’est que j’ai essayé les coupes convexes et vu le résultat (un exemple ici https://static.parlonsbonsai.com//post-1699-0-18935900-1598212779.jpg), j’ai vite arrêté.

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Très belle construction multi-troncs, BRAVO pour la culture et l’évolution, je vais suivre d’autant plus attentivement la cicatrisation de mon cal convexe et je tiendrai PB au courant !

Merci pour ton retour très franc :folded_hands:

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Tu peux regarder les fils de @clem sur ses érables. Tu verras comment il traite les coupes. Et si je peux me permettre d’insister : ne perds pas ton temps sur des coupes convexes. Ça a déjà été testé, ce n’est valable que dans des cas très spécifiques.

Merci pour l’info et je vais regarder les travaux de Clem !

je suis d’accord avec Lanig, les palma cicatrisent très bien, mais les cals cicatriciels sont très epais et après recouvrement tu te retrouves avec une bosse donc si tu laisses une bosse avant cicatrisation, je pense que ce sera encore plus bossu après cicatrisation.

Maintenant je fais des coupes très concaves pour que le cal cicatriciel se developpe dans une cavité et n’avoir pas de bosse à la fin.

Regarde sur cette photo, l’epaisseur du cal cicatriciel (c’est un beni chidori).

Mais comme la coupe est très concave, de profil, ça ne fait pas de bosse (fleches rouges) →

Et regarde, quand on fait une coupe qui n’est pas assez mordante, quand on laisse une bosse →

A la fin de la cicatrisation, ça donne une bosse encore plus importante →

Pour corriger ce problème, je vais devoir reprendre la cicatrice en coupant encore plus large et en creusant, peut-être avec dremel :thinking:

Juste une remarque sur ton substrat de marcotte, je te conseille de melanger ton substrat avec de la sphaigne, j’ai remarqué que c’est plus efficace que de poser de la sphaigne en surface. La sphaigne libère des auxines à chaque arrosage

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Si on récapitule l’historique récent de cet arbre :

  • il a été rempoté au printemps,
  • aucun tire sève susceptible de générer des réserves n’a été laissé, vue les pousses courtes sur tout l’arbre,
  • il comporte de nombreuses plaies pas encore cicatrisées,
  • à l’automne sa plus grosse branche a été coupée,
  • ce faisant une cicatrice encore plus grosse que les autres a été créée,
  • des ligatures ont été posées sur la plus vigoureuse des branches restantes,
  • et un marcotage aérien a été fait dans une zone où certaines cicatrices ne sont pas fermées.

Comme on dit : ça fait beaucoup pour un seul homme. :worried: Heureusement, c’est un arbre, alors bonne chance à lui.

Bonjour davy, je te remercie pour cette synthèse des travaux que j’ai réalisés sur cet arbre ! Elle est parfaitement exacte :folded_hands:

Je note une once d’inquiétude pour mon arbre, et je te remercie pour ta sollicitude mais je suis parfaitement confiant et serein pour ce petit érable auquel je tiens beaucoup, tu l’auras bien compris.

Sur la planète Bonsaï, il existe sans doute autant de chemins à explorer qu’il existe de bonsaika, moi j’ai choisi la mienne pour faire avancer mes arbres et ils me le rendent bien.

PB est pour moi un lieu d’échange et d’expression pour que chacun puisse apprendre un peu du parcours des autres, à bientôt de lire tes projets et de te donner des nouvelles des miens

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Merci beaucoup Clem du temps que tu as consacré à ta réponse, je comprends mieux avec les photos !

Mon maître japonais m’a appris à conduire la cicatrisation sur une surface convexe, avec l’application de bande à greffer ou à défaut d’autovulcanisant, même si il n’aimait guère…

Vous (toi et Lanig) laissez la cicatrisation libre.

Quand le cal pousse contraint entre 2 surfaces planes (ou assimilées) à savoir le bois en dessous et le film au dessus, alors il est très fin et recouvre très rapidement la surface,

Quand le cal pousse librement il a effectivement tendance à s’enrouler sur lui-même et à ne pas refermer la plaie, effectivement sur une surface plane ou convexe ça fait un gros pâté, alors que quand il pousse dans un creux, ça marche !

Par contre avec votre technique vous perdez du temps, un cal conduit peut se fermer parfois en seulement une année ! En plus je vois que vous cultivez fort, alors que moi je cultive plutôt faible,

C très intéressant !

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pour ma curiosité personnelle, quel est ce japonais ?

ok, je ne connaissais pas cette technique. c’est vrai que les cals cicatriciels chez Ebihara sont très fins. Tu vas poser ça sur la cicatrice de ton arbre ? Et je suppose qu’il faut utiliser la bande à greffer qui est rigide (et non celle qui s’étire pour recouvrir le feuillage du greffon) ?

C’est keizo Ando à la Scuola d’Arte Bonsaï

Oui C ça, là j’ai mastiqué généreusement pour protéger mais dès que la cicatrisation s’amorce j’enlève le mastic et je pose le film bien serré, en plus ça fait effet de serre et l’humidité et la chaleur favorise encore mieux la pousse du cal de cicatrisation

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C’est très intéressant, pour ma part je trouve que c’est surtout le durcissement du mastic qui fait s’enrouler le cal par dessus. Je suis passé à l’adhésif aluminium pour les grandes plaies. Il faut surveiller et le recoller quand le cal progresse mais j’ai l’impression que ça va plus vite qu’avec le mastic. Contrairement à ta méthode, il faut quand même creuser un peu car il n’y a pas de pression exercée sur la plaie. Malgré tout comme le cal progresse quasi librement sur le bois, je trouve qu’il a moins tendance à s’épaissir.

Un exemple de cette année. Décembre 2024

Juillet 2025

Aout 2025

Septembre 2025

Désolé pas de photo de profil depuis.

J’essaierai la bande à greffer à la prochaine occasion, mais comme il faut pouvoir l’enrouler autour du tronc, j’imagine que ce n’est pas utilisable en toute circonstance.

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