Prunus mahaleb le "Stumpe"

Tous mes Prunus mahaleb proviennent du domaine viticole alsacien ou de ses abords.
L’arbre de ce sujet ne fait pas exception à cette provenance. Ce n’est pas surprenant puisque ce sont les seuls endroits calcaires de la région. Avis aux yamadoristes du coin

J’ai l’habitude de l’appeler le « Stumpe » qui est un terme affectif du dialecte pour désigner un petit enfant tout mignon : le bout d’ chou

En dialecte alsacien (1) Stumpe se prononce « chtoumbe ». Le « e » ne se prononce ni « é » ni « eu » mais plutôt comme l’article « a » quand vous dites « a tree ».
Allemand : Stumpen (terme sylvicole) moignon résiduel
Anglais : Stump : moignon
Photo de ce jour
Vue face avant


Vue face arrière

Vue latérale

Je l’ai prélevé en novembre 2014
Il vient d’être rempoté
Je ne l’ai pas taillé depuis mai 2023. J’attends la fin de la floraison pour le faire

La mousse a été récupérée à partir son implantation de l’année dernière
Hauteur du tronc avant le départ des branches sommitales : 13cm
Diamètre du tronc à mi-hauteur : 11cm

(1) Je pense que le lecteur corse ou breton comprendra très bien l’insistance que je mets dans les particularismes linguistiques.
Mais y a-t-il encore des locuteurs bretons, corses ou basques qui cultivent des bonsaïs ? Pas sûr.

Ici on l’aurait appelé le ‹ moutik › après deux gorgées de gwin ru et un bon kig ar farz suivi d’un kouign amann.
Effectivement il n’y a plus beaucoup de locuteurs mais on emploie encore dans le savoir des mots et des expressions de nos grands-parents.

Ici on dirait « lou gouyat » ou gouyatot.
Le pot lui va bien!

En gascon lou gouyat (de l’ancien occitant gojat) désignerait plutôt le gamin, le garçon, le gars et parfois le fils. Mais le terme ne traduit pas vraiment la petite taille assortie d’un côté mignon, mimi, voire attendrissant de la personne désignée par Stumpe

Moutik en breton semble très près de Stumpe en alsacien puisqu’il désigne un enfant mignon, sauf que c’est un adjectif, je crois.

Je comprends bien gwin ru (vin rouge) et kouign amann (pur beurre bien sûr). Mais je viens de découvrir avec enthousiasme le kig ar farz. Ça a l’air délicieux.
Pour tous les non-bretons de ce forum :
Kig-ha-farz

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Ici on mélange le français et le breton donnant naissance au bretonnisme.
Comme le disait mam goz :« viens ici moutik »
L’adjectif utilisé en nom commun.
Kig veut dire cochon et farz pour du far réalisé avec du blé noir et cuit au bouillon.
Le tout arrosé de lipig, sauce beurre fondu et échalotes.

ça a l’air appétissant, mais attention de ne pas trop consommer de viande mon cher Bonsaiphil, c’est pas bon pour la planète :stuck_out_tongue: (je taquine lol)

Phil, dans la pratique gouyat est un enfant mignon, et on rajoute ot pour dire qu’il est petit.
Entre la traduction de l’occitan et le gascon il existe une grande différence que tu ne trouveras pas dans les livres. Et je te parle pas des différence d’un canton à l’autre. Alors dun département à l’autre… personne ne parle l’occitan, à part quelques prof ou écrivains pour faire vivre cette langue presque vivante.
Mes enfants ont appris l’occitan au collège et lycée, mais le gascon c’est en famille qu’il se transmet. J’ai moi-même passé mon bac (qui a pause) en occitan, Mes qu’ei gascon que parli!:wink:

Merci Marc pour ces explications. Elles illustrent bien l’incroyable complexité et variations géographiques qui existaient avant que Louis XIV d’abord , puis la révolution ensuite n’éradiquent cette magnifique richesse.

Oui c’est toujours comme ça qu’une langue dominante rogne petit à petit la langue minoritaire. Je ne parle pas arabe, mais je suis toujours époustouflé quand je l’écoute parler dans le bus, ou le tram, ou chez l’épicier par les locuteurs maghrébins . Les termes techniques, les concepts abstraits, les notions administratives sont des mots français.
Le franglais est une illustration de ce dévoiement mortel. Je pleure quand @LeeOw s’en fait le chantre.

Un tacle :smiley:. Bien vu ! :blush:

Au prélèvement, la structure de cet arbre (rescapé de l’éparseuse) était très simple : un tronc cylindrique coupé à l’horizontale d’où partait une foule de branches.

Après avoir éliminé les départs non pertinents il a fallu casser cette structure. J’ai choisi d’éventrer le tronc. Le cliché suivant montre le début du travail. La branche qui monte à droite posait problème, car son départ correspondait à une boursouflure.

La peur au ventre, j’ai entrepris de rogner ce renflement. Il fallait éliminer la partie sous la branche.
Ce qui revenait à lui couper l’herbe sous le pied. :woozy_face: :face_with_diagonal_mouth:
Son départ allait se trouver en surplomb du bois mort.
La sève réussira-t-elle à contourner le vide pour alimenter ce départ crucial dans le projet ?

La réponse se trouve dans l’aspect de cette zone aujourd’hui

Ci-dessus : les hachures rouges correspondent à la partie rognée.

La capacité de l’espèce à trouver de nouveaux chemins pour irriguer ses branches après une blessure est stupéfiante.

Vue de dessus des départs des branches