Pin Pentaphylla, oui mais quelle espèce ?

Au fait, Azuma, une dernière question quant à la technique des tranches de gâteaux, j'ai en effet un Penta d'importation dont le substrat est du béton, je dois donc le rempoter absolument ce printemps.

 

Pour être clair, si j'ai bien compris, il s'agit, vue du dessus, de ne démêler par exemple que le 1/3 de la motte, et de ne s'attaquer au deuxième 1/3 dans 2 ou 3 ans ?

Sinon, pour illustrer ce sujet, il serait possible d'avoir des photos des différentes sous espèces?

Les voilà, avec ma maigre expérience sur les Kokonoé et le Suizho que je n'ai en ma possession que depuis cet automne, contrairement à me Pentas types.

 

Dans l'ordre :

 

- Parviflora type issu de semis. Il va bien, mais la densification est lente. Aucun problème de racine ni de substrat (100% Akadama), il jaunit un peu l'hiver et reverdi au printemps. Le bourgeonnement en arrière est rare voir difficile. Je l'arrose comme mes Mugho et mes érables.

 

- Kokonoé 1. Gros arbre issu d'une marcotte acquit cette année chez vous devinez qui... Magnifique sujet ( 90 cm de haut), je ne m'en lasse pas! A mon avis, il a dû subir Mekiri et Metsumi l'année passée car on constate que les aiguilles sont anciennes. Bourgeonnement en arrière à couper le souffle même sur les rameaux dont aucun bourgeons n'a été préservé durant la taille, ce qui explique également leur petite dimension ainsi que l'équilibre parfait entre les branches du bas et la cime

 

- Kokoné 2. Légèrement bleuté, bourgeonnement en arrière plus rare par l'absence de taille, et également différences, de taille, entre les bourgeons des branches basses et la cime. Tout l'équilibre est à revoir dans deux ans (cette année, je penses juste le rempoter car j'ai déjà effectué une mise en forme de base cet automne). La dominances apicale est spectaculaire. 

 

- Suizho : Greffé, aucun recul, je l'ai depuis la fin de l'année mais la puissance de cette variété peut être constaté juste sur la photo. De plus, les jeunes rameaux sont...tout poilus !

 

Mes photos sont moisies, mais si intérêt il y a pour les modos, je peux prochainement shooter correctement ces différentes espèces. Là Il s'agit de photos existantes faites à l'arrache...

 

Et parlez-moi encore de cette technique de rempotage par tranches de gâteau que je n'ai encore jamais utilisée. Vos bonnes (ou mauvaises) expériences m'intéressent !

Gazouille,

 

pour la technique des "parts de gâteaux", il faut faire de plus petites parts que sur ton dessin et plus en périphérie de la motte.

Sans vouloir faire de pub, il y a un très bon article sur ce sujet dans le numéro 104 de France bonsaï (sur un pentaphylla justement), ainsi que dans un autre numéro plus ancien de cette même revue, mais que je ne retrouve pas (sur un superbe densiflora cette fois).

 

Sinon, la variété dont tu parles s'écrit "zuisho" (avec un o long), en japonais 瑞祥.

 

Enfin, les japonais ne font pas de mekiri sur les pins blancs. Celui-ci servant à diminuer la taille des aiguilles des thumbergii et densiflora, cette technique n'a pas vraiment d'objet sur les pentaphylla dont les aiguilles sont en général à la bonne taille surtout chez les cultivars sélectionnés pour cela. Il ne fait qu'affaiblir les arbres.

 

P.S: il est très beau ton kokonoe! Je l'avait repéré chez le professionnel dont on taira le nom mais que tout le monde connaît. Il m'avait tapé dans l'oeil. Complètement hors de portée de mes finances et de la taille de mon jardin, mais je suis content qu'il soit en possession d'un amateur passionné!

 

La technique de base à connaître pour cette espèce et pour un arbre dont les branches sont en place est la suivante:

-Les chandelles uniques qui poussent en bout de branche ne sont pas coupées sauf si elles sont trop longues et ruinent la structure de l'arbre. Auquel cas on coupe juste l'extrémité en prenant garde de laisser plusieurs groupes d'aiguilles.

-Chandelles doubles: on coup une petite partie de la plus grande et on laisse la petite.

-Chandelles triples:on coupe complètement la plus grande (on ne laisse jamais trois chandelles), un peu ou pas la deuxième (suivant sa vigueur) et on laisse tranquille la troisième, la plus petite.

Ce schéma étant modulable suivant la vigueur de l'arbre, le projet, les conditions de culture, l'avancement de l'arbre.

Pas de dogme absolu, à part de ne pas laisser trois chandelles en bout de branche.

Il y a des variantes dans le metsumi, assez complexes et très dépendantes de la vigueur des arbres mais pas forcément très utiles il me semble.

Tu me fais rougir Azuma sur le Kokonoe, il est vrai qu'il m'a effectivement bien tapé dans l'oeil aussi et je n'avais jamais imaginé repartir avec un tel sujet, discutable par rapport à mes finances...Mais bon, pas de nouveaux skis de randonnée cette année !

En tous les cas, je te remercie infiniment pour tes conseils concernant cette variété que j'ai le luxe de découvrir au travers de ce magnifique arbre. 

Tu as choisi la bonne année pour ne pas changer de ski de rando on dirait!

Petite précision

J'ai remarqué sur mes penta la présence de mychorizes, c'est très bon signe apparemment.

Par contre la colonisation est telle que le substrat perd rapidement (1 an) ses qualités drainantes (80%akadama 20 %zeolite).

Avez vous constater cela aussi ? Que faire dans ce cas ?

 

Azuma donne une idée précise de la culture des penta, j'ai fait les mêmes constat que lui...

 

235514

MYCO PENTA.jpg

Salut Peyot,

 

On peut voir le reste de l'arbre? le détail du tronc donne envie d'en savoir plus !

De quelle sous-espèce exacte s'agit-il (c'est un peu le thème de ce poste)? D'où vient-il ?

 

Les mycorhises ne me posent pas de problèmes de drainage avec le temps, en tous cas pour les pentas types que je possède depuis quelques années. Ceci fera sans doute hurler les puristes, mais dans les pots profonds, je dépose l'akadama sur un lit de billes d'argile afin d'éviter tous risques de pourriture. Ca marche plutôt bien jusqu'à aujourd'hui.

 

Méfie-toi par contre du trèfle noir que l'on aperçoit sur les bords, c'est envahissant au possible est impossible à éradiquer...   

 

Il est vrai qu'Azuma nous a donné à tous une bonne leçon concernant la culture de ces espères. Merci encore !

Moi c'est plutôt akadama gros grain, les billes doivent faire le même effet

les mychorizes colmatent bien mon substrat, quant à l'oxalis faut vivre avec....

 

Pour l'arbre : kokonoe, 100 cm, maillot

je l'ai depuis 2011,  un peu déprimé je l'ai rempoté en 2012, il a repris des forces en 2014 et va bientôt être liguaturer .

 

Les penta restent les arbres les plus difficiles à bien cultiver mais sont peut être aussi les plus fins....

 

235547

DSC_6411 - copie.jpg

Très bel arbre Peyot !!!

 

Il n'y a rien à dire, ces Kokonoé permettent une densification qu'il est difficile à obtenir avec l'espèce type, et du même coup semblent pardonner passablement certaines erreurs de taille.

De plus, il est possible d'obtenir de gros sujets à très bon prix, espèce à recommander donc !

 

Qui d'autre en possède ?

Moi un pentaphylla de semis  :spb115:

 

235784

Sans titre.jpg

Magnifique Hokaido, superbe densité !

En parallèle des sous-espèces obtenues par mutation génétique des pins pentaphylla (Kokonoe et Zuisho), je ne m'étais jamais intéressé à ce que pouvait donner les variétés européennes à deux aiguilles issues de ce concept.

Lors d'un petit tour dans une pépinière spécialisée dans le conifères greffés (la personne en charge de cette tâche est une chirurgienne : la greffe est invisible dans 50% des cas), je tombe sur un Pinus Mugho "Swiss Dwarf".

 

Apparemment, il s'agit d'un balai de sorcière de Mugho greffé sur du Pinus Nigra : Densité incroyable d'épines minuscules, bourgeons en abondances même sur le vieux bois, à comparer donc avec le Zuisho, mais ceci semble bien prometteur, vu le prix !  

 je ne m'étais jamais intéressé à ce que pouvait donner les variétés européennes à deux aiguilles issues de ce concept.

Il n'y a pas de "concept".

Il me semble que tu confonds gaillardement "variété" et "espèce"

Pinus pentaphylla possède toujours 5 aiguilles comme son nom d'espèce l'indique et quel que soit sa variété ou sous-espèce

Pinus mugho est une espèce. Pinus mugho "Swiss Dwarf" est une variété de Pinus mugho. Le nom de la variété est entre guillemets et peut contenir des majuscules.

Pinus est le nom de genre (toujours en majuscule et italique)

mugho est le nom de l'espèce dans un genre donné (toujours en minuscule et italique)

"Swiss Dwarf" est le nom de la variété dans l'espèce

 

Etre bonsai-ka implique de s’intéresser a minima à la botanique

Merci bonsaïphil pour ce commentaire botanique, même si il n’est le propos direct de ce post dont le sujet semble plutôt être les varietés génétiquement dégénérées des Pins Parviflora - illustrées ici avec un exemple de Mugho

Il n'y a pas de "concept".

Il me semble que tu confonds gaillardement "variété" et "espèce"

Pinus pentaphylla possède toujours 5 aiguilles comme son nom d'espèce l'indique et quel que soit sa variété ou sous-espèce

Pinus mugho est une espèce. Pinus mugho "Swiss Dwarf" est une variété de Pinus mugho. Le nom de la variété est entre guillemets et peut contenir des majuscules.

Pinus est le nom de genre (toujours en majuscule et italique)

mugho est le nom de l'espèce dans un genre donné (toujours en minuscule et italique)

"Swiss Dwarf" est le nom de la variété dans l'espèce

 

Etre bonsai-ka implique de s’intéresser a minima à la botanique

 

 

Bon, je veux pas faire mon relou, mais Pinus pentaphylla, çà n'existe pas comme espèce. Le pin blanc japonais, c'est Pinus parviflora. Eventuellement Pinus parviflora var. pentaphylla (je vous fais grace des noms d'auteurs)

 

Et ceci dit, le pin mugo (Pinus mugo), c'est pas du parviflora, puisque c'est du mugo, CQFD.

(vous noterez au passage, que c'est "mugo", et pas "mugHo")

 

(source : http://www.theplantlist.org/tpl1.1/search?q=pinus)

 

Maintenant, on peut revenir au bonsaï ? ;-)

Merci hin175.

Au passage, dans le domaine du penta, je vais également tenter un Pinus Cembra, sans italique car difficile sur un écran tactile… J’ai déjà quelques plans prélevés tout minus, mais cette même pépinière propose des Arolles de taille déjà conséquente.

Merci également sincèrement pour l’orthographe du Mugo, que j’écris faux depuis toujours!

 

 

Bon, je veux pas faire mon relou, mais Pinus pentaphylla, çà n'existe pas comme espèce. Le pin blanc japonais, c'est Pinus parviflora. Eventuellement Pinus parviflora var. pentaphylla (je vous fais grace des noms d'auteurs)

 

 

C'est pas tout à fait vrai.

Pour ceux qui lisent l'anglais, les choses sont expliquées là (attention c'est long!):

http://www.fs.fed.us/rm/pubs_other/rmrs_1972_bingham_r001/rmrs_1972_bingham_r001_179_199.pdf

En fin de compte, il y a eu des tentatives pour faire de pentaphylla et de parviflora deux espèces distinctes mais les taxinomistes sont arrivés à la conclusion que les différences entre l'espèce et la variété, ou entre les deux espèces étaient aussi minimes que celles au sein de la même espèce.

Sans même parler des hybridations entre espèces proches, genre parviflora x pumila.

La nature ne rentre pas toujours aussi facilement dans les cases dans lesquelles les hommes veulent la ranger.

Toujours sans vouloir faire mon relou, l'article que tu joins n'infirme pas ma citation... 

il parle de "PINUS PENTAPHYLLA MAYR (NORTHERN JAPANESE TAXON OF P. PARVIFLORA SIEB. & ZUCCo ", ce qui signifie que P. pentaphylla est "en dessous" de P. parviflora. Or une sous-espèce serait nommée P. parviflora ssp. pentaphylla.

Donc soit il fait juste un raccourci, soit ca veut rien dire... :spb32:

Par ailleurs, tu confirmes toi aussi un peu plus bas qu'il s'agit d'une seule espèce... ;-)

 

Attention, je ne dis pas qu'elles sont une seule ou deux espèces séparées. Premio je ne suis pas spécialiste des pins, donc je n'ai pas vraiment opinion "personnelle" sur la question, deuxio la nomenclature n'est jamais fixée, et la nomenclature d'aujourd'hui ne presage en rien de la nomenclature de demain (enfin si un peu quand meme :-)). Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'actuellement, P. pentaphylla est un synonyme de P. parviflora.

 

Apres, il y a des gens (meme des gens très bien) qui continuent a utiliser les noms "invalidés", soit parce qu'ils ont décrit le dit-nom, soit parce que parfois, on est pas au courant de tous les papiers et des changements intervenus récemment ou non. Et aussi parce que parfois, il ne "croient" pas au changement fait par d'autres (et que plutôt que de le justifier dans un article de réponse, il préfère ignorer volontairement le travail d'autres chercheurs). Les différentes options se sont deja vues :-/

Moi j'adore les relous de ton espèce, HIN175. Et j'aime bien aussi les farfouilleurs éclairés comme AZUMA.

Ce sont des interventions comme les vôtres qui me permettent d’apprendre, de remettre en question le peu que je sais dans un domaine qui n’est pas le mien et enfin, de corriger mes apriori.

On sait bien que le diable se trouve dans les détails

J'ai fait une lecture "sélective" de l'article donné en référence par AZUMA.

Au risque de paraitre super-relou, j’aimerais bien savoir pourquoi HIN explique que, je cite :

P. pentaphylla est « en dessous » de P. parviflora.’

Les deux écritures suivent la séquence « genre-non_de_l’éspèce ». Pour moi cette écriture correspond donc en toute logique à deux espèces différentes. Non ?

Quelque chose doit m'échapper.

J’ai néanmoins compris qu’à la vue des arguments avancés l’écrirure P. parviflora ssp. pentaphylla serait plus correcte.

 

Ce qui est interessant c’est qu’on touche les limites du système de notation du père Linné. Ce système, bien que bafoué systématiquement dans ce forum et donnant donc lieu à plein de quiproquos, a l’avantage d’être simplissime.

Le problème c’est que l’évolution des espèces n’est pas aussi simple que ça. Et comme le dit fort justement AZUMA :

« La nature ne rentre pas toujours aussi facilement dans les cases dans lesquelles les hommes veulent la ranger. »