Le substrat est un point clé de la culture du pentaphylla.
Je rejoins tout à fait ce qu'a dit Kashima.
Le célèbre professionnel du bonsaï évoqué plus haut dit aussi en corollaire que l'akadama pur à pour intérêt d'être un substrat qui a fait ses preuves, facile à contrôler et sur lequel il a un recul suffisant pour bien l'utiliser dans les conditions dans lesquelles il cultive ses arbres. C'est évidemment ça le plus important.
Après, à chacun de trouver son mélange, mais son conseil à l'énorme avantage d'être simple et sans gros risques, sous réserve que l'akadama est bien dure et de bonne qualité.
Pour information, les japonais du nord du Japon utilisent un mélange 50% akadama/50% Kiryu. Plus on descend vers le sud, plus la part d'akadama augmente, pour atteindre plus de 60% à Tokyo, et sûrement plus encore dans le Kansaï, même si cette région n'est pas la plus propice à la culture des pins blancs. Sur Shikoku, je ne sais pas dans quoi ils les cultivent.
Ceci dit, j'ai vu des pentaphylla en vente au Japon dans toutes sortes de substrats, parfois assez improbables!
Personnellement, j'ai eu de mauvaises expériences avec la pouzzolane. Je n'ai pas perdu d'arbres à cause de ce substrat mais ils ne poussent pas aussi bien que dans les substrats japonais, et elle me semble dure à gérer au rempotage tant les racines des pentaphylla sont fragiles.
Il y a au Japon un substrat qui ressemble beaucoup à la pouzzolane qui s'appelle le Fujizuna. Il est déconseillé pour les pentaphylla.
Par contre, je coupe le kiryu avec de la pumice pour des raisons financières. Je n'ai rien observé de particulier, ce qui ne prouve donc rien, ni en bien, ni en mal!
Ce qui me semble essentiel pour ces arbres, c'est le drainage et la durabilité.
Drainage car ces arbres poussent dans des terrains volcaniques plutôt raides.
Durabilité car il vaut mieux éviter que le substrat se colmate pour justement conserver le drainage et espacer les rempotages.
La technique des "parts de gâteau" fonctionne. Elle est très pratiquée au Japon sur les arbres faibles ou qui ont conservé de la vieille terre du champ de culture. Je l'ai essayée avec modération. Il me semble que ça marche. Elle a été expliquée à plusieurs reprises dans différents numéros de France bonsaï. C'est un bon moyen pour remplacer progressivement (sur plusieurs années) une motte trop compactée.
Pour l'exposition en plein soleil en été et chez nous, c'est aussi important.
Comme vous l'avez tous constaté, les aiguilles sont assez différentes de celles d'un pin sylvestre, pin noir ou pin à crochets. Elles sont douces, un peu molles, délicates. C'est ce qui en fait son charme inimitable, entre autres choses. Ces caractéristiques signifient que ces aiguilles transpirent beaucoup. Si on veut comparer avec une espèce que l'on connait tous, elles se rapprochent un peu des aiguilles du mélèze. Certes, elles ne transpirent pas autant que celles du mélèze, qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de les perdre en hiver, entre autre pour s'affranchir de la deshydratation due au vent et aux froid de la haute montagne. Mais il transpire pas mal. C'est son caractère montagnard qui en est à l'origine.
Par très fortes chaleurs, les racines contenues dans des pots (souvent de couleur sombre de surcroît pour les pins) deviennent inactives et entrent en phase de repos bien plus vite qu'en pleine terre. Les aiguilles, elles, continuent par contre de transpirer et se déshydratent tranquillement, jusqu'à jaunir puis roussir si on ne fait rien car elles ne sont plus alimentées par les racines qui "dorment". Vaporiser le feuillage peut ne pas suffire puisque c'est surtout au niveau des racines que ça se passe (j'irai presque jusqu'à dire que la compréhension des racines et leur bonne gestion sont l'alpha et l'oméga de la culture du pin blanc, en exagérant à peine!)
Ce problème de déséquilibre aiguilles/racines se produit chez le pin blanc bien avant les pins noirs, rouges, sylvestres et à crochets.
Il y a donc deux solutions:
-Dans un premier temps, contrôler la température des pots en les arrosant pour les refroidir et en les posant près du sol pour qu'il bénéficient de l'humidité résiduelle de ce dernier.
-A partir d'une certaine température, il faut ombrer, contrairement à tout ce qu'on a pu lire pendant longtemps sur les pins. Surtout si en plus on ne peut pas suivre pour l'arrosage. Depuis quelques années, j'ai fait des tests d'expositions estivales sur différents arbres, et c'est suffisament clair pour que je me permette ce conseil: ombrez vos pins par forte chaleur en été. Pas forcément une ombre complète mais le feuillage d'un grand arbre avec du soleil le matin ou le soir, c'est déjà très bien. Sincèrement vous ne le regretterez pas, et vos arbres non plus.
Par contre, automne et printemps, plein soleil sans hésiter.
Autre point important et sur lequel on lit beaucoup d'infos fausses, le froid.
Ne protégez pas les pins blancs en serre hors gel!
Jusqu'à -7/8°c, ils n'ont besoin d'aucune protection.
Au delà il faut les mettre en serre froide. Mais certainement pas tout l'hiver.
Un peu de neige sur les aiguilles et le pot ne leur fait aucun mal bien au contraire, tant que la quantité déposée ne ruine pas votre mise en forme.
Chez les Abe, au pied du mont Azuma, les bonsaï ne sont pas protégés du froid. Il y a beaucoup de vent en hiver qui descend des montagnes et il peut faire jusqu'à -8°c, mais ça ne descend pas plus bas. Par contre ils jaunissent!
Je dirais même que protéger vos pins en serre hors gel est potentiellement néfaste. Si vous les sortez de votre serre aux premiers redoux sans qu'ils aient subi un froid durable auparavant, leur nature montagnarde va les inciter à sortir de dormance assez rapidement. Et les prochaines gelées qui vont immanquablement revenir en avril ou en mai ne vont pas du tout leur faire du bien, surtout au niveau des racines (pour changer...).
Le livre d'abe Kurakichi est à mon avis tout à fait excellent, et pas si lacunaire que ça concernant la culture. Si vous lisez un peu entre les lignes et bien attentivement, il y a un paquet de bonne infos à récupérer!