N’est-il pas temps de bouger?

Tu voulais bien dire une attaque de « mes » idées par certains parce que ça va à l’encontre de leurs idées ? Sans voir trop loin au delà de la posture initiale qui ne sera pas remise en cause ? Oui je suis d’accord, c’est triste.

L’exemple céréale était extrême, et sous nécessité d’azote. C’est pour ça que j’ai parlé ensuite de la vigne, qui consomme 10 fois. Le fruitier en général serait aussi trés bas, et pourtant ça exporte hors du champ de la production, bien plus que du bonsai.

On peut écarter la technique et se porter vers ce qui est moral, et chacun a son point de vue.

On peut imaginer qu’engrais azoté est l’incarnation du « mal » quand il provient de Russie. Il faut dire, ça se produit ou on peut en produire ( donc de l’énergie pas chère, et la capacité à garder une usine ouverte, puisqu’en France tout le monde veut une industrie quelconque pas trop loin, mais surtout pas trop prés non plus ). Et les communes n’aiment pas trop ça non plus.
La Norvege produit de l’azoté ( Yara ), mais de plus en plus sous énergie hydrogène ( donc cher ) et trop peu pour satisfaire la demande UE. Par choix stratégique.

La potasse, il faut des mines ( et donc un sous sol qui en a ). On n’exploite plus en FR depuis la fermeture des potasses d’Alsace.

D’une manière ou d’une autre, un français moyen consomme donc 270 kg par an d’engrais + amendement. On peut ou on doit se poser la question du rapport de volume avec des pratiques ornementales, vite effacées.

Le bilan carbone du Français moyen, avec la production nationale ET ce qui est du aux importations ( pas juste le transport lointain - presque anecdotique - mais la fabrication ailleurs ), c’est 9 tonnes CO2 par an. Ca correspond en gros à 3200 litres de fioul par personne et par an ( en Belgique, c’est plus …12 tonnes ). Je ne crois pas non plus que ces 3200 litres proviennent de démocraties totalement exemplaires, sauf à citer les pétromonarchie du Golfe en exemple…Je cite le CO2 car le sujet est à la mode, mais l’empreinte se définit par un énorme tas de critères différents et pas que celui là.

Oui c’est trés vrai.
A condition de savoir ce que l’on cherche, élément par élément. Et de fournir qq chose qui est restituable.
je vais citer un exemple ( moins facile que l’azote ) c’est le Phosphore.
Les os ( arêtes ) de poisson en contiennent au moins 15 %. On peut commencer « petit bras » avec les « colonnes vertébrales » des sardines en boites, les mettre de coté, faire sécher et passer au broyeur / moulin à café. Ca ira plus vite avec les arrêtes de plus gros poiscailles :slight_smile:
Avec 300 grammes d’arrête, on a la même chose que dans 1 kilo de NPK X/5/Z ( pour le seul P ).

Pour ce qui est composté, de manière générale c’est du gâchis. Car ça finit en lixiviation sous le compost ( dans la terre et les eaux ) , et il ne reste plus grand chose.

Pour l’azote, les déchets organiques d’alimentation ( déchêts au sens non consommé, avarié, etc…) peuvent fournir LARGEMENT de quoi subvenir.
Un autre exemple. Vous pouvez acheter la source protéique végétale la moins chère du marché. Un sachet de 500 gr de pois cassé sec à 1.10 €. Ca contient 220 grammes de protéines au kilo pour 2.20 euros. Soit en équivalent azote environ 35 grammes de N sous forme organique et pour 2 euros et des poussières…Pour avoir 35 grammes d’azote depuis un organique 5 / Y / Z, il en faut 700 grammes. Si on paye l’orga à la tonne par camion complet 25 tonnes, on zappera le pois cassé. Si on l’achète sous blister alors le pois est à regarder.

( et désolé pour le « trop de chiffres » de Bonsaiphil ). Sauf qu’à un moment, un début d’argumentaire passe aussi par le quantitatif.

1 « J'aime »

Pour rebondir sur le blé, faut savoir qu’il y a différents types/variétés de blé avec des taux de protéines, complètements différents.

Suivant leur utilisation, ils n’auront pas les mêmes taux ni les mêmes caractéristiques. Un blé de force, qui sert notamment à l’élaboration des pâtes riches (viennoiserie) peut frôler les 16 % de protéines, ils servent aussi de blé correcteurs dans les formulations et sont nettement plus cher à l’achat. Leur rendement à l’hectare est aussi plus faible.

Des blés pour de la tradition par exemple, tourneront aux alentours de 10 ou 12 % de protéines. Sachant que le taux ne veut finalement rien dire, car c’est surtout la qualité de celles-ci qui compte, je le mets au pluriel car le blé se compose de plusieurs types de protéines, gliadines/glutenines etc. Ces blés ont des rendements à l’hectare plus élevé. Donc le taux d’azote, dixit matière azotée va différer de tout ça, tout comme le rendement meunier au niveau des farines, type de farine (taux de cendre) moins de rendement sur t45 qu’une t150.

Bref, tout ça pour dire que ces données sont difficiles à prouver, car tu ne précise pas le type sur lequel tu t’appuie pour ça. Sachant qu’aujourd’hui, suivant le mode du culture, CRC, Bio ou conventionnel, les intrants utilisés ou pas d’ailleurs, changent où sont limités voir interdit, biodiversité compris, ce qui change forcément les rendements et les apports d’engrais. Car les agriculteurs ont des cahiers des charges, sans parler des coopératives, c’est encadré.

Les rendements changent chaque année aussi, climat oblige, grosseur du grain, pluie, blé germé sur pied ou pas, maladie.

Bref ce que tu avances n’est pas recevable, pour le simple fait que ce n’est pas le cas. Je travaille pour un meunier, pour le coup je sais de quoi je parle et c’est d’ailleurs pour ça que parfois, c’est bien la merde et que son prix (du blé) change constamment, il est par ailleurs aussi influencé par les autres céréales.

Bref désolé, mais ça m’a un peu piqué…….

Sur ce, tchao.

1 « J'aime »

Si j’ai bien compris les intentions de @Toche , le thème général de ce fil devrait concerner le boycott des productions des pays voyous. Les engrais n’étaient qu’un exemple.
Refuser les produits et les services des pays qui pratiquent ouvertement ou secrètement une politique non conforme à nos valeurs éthiques individuelles ?
Dans un second temps, on peut se poser la question de l’efficacité d’une telle démarche.

Il me semble important de faire abstraction de toutes considérations quantitatives et de considérer uniquement la mise en conformité de son action avec ses valeurs personnelles. On peut boycotter d’abord pour soi.

Faut-il citer l’exemple de Rosa Parks qui refuse, seule, de céder sa place à un homme blanc lors d’un trajet en bus à Montgomery (Alabama) ? C’est la petite étincelle qui a conduit à une mobilisation de masse, le boycott général des bus et l’apparition d’une figure emblématique de la lutte anti-ségrégation : le pasteur Martin Luther King.

Par quel biais la perfide Albion a-t-elle été chassée hors d’Inde ? Un mouvement de boycott initié par Gandhi : on n’achète plus de produits anglais.

En Afrique du Sud Desmond Tutu fustige dès les années 1960 les velléités d’investissements étasuniens dans le pays de l’apartheid. Cela débouchera 20 ans plus tard sur un boycott généralisé (sportif, économique, académique et culturel), et la libération de Nelson Mandela.

Encore faut il bien choisir les produits à boycotter afin de ne pas passer pour un nationaliste …

Il n’y a pas de petit boycott.
Chacun de son côté peut prendre l’initiative de passer du consommateur au citoyen, à son échelle, selon ses moyens.

J’avais participé à mon niveau au boycott de l’Afrique du Sud
Je participe depuis une douzaine d’années au boycott des produits israéliens, surtout quand ils sont impliqués dans une ségrégation des palestiniens.

Un exemple de produit que j’ai choisi :

Sur vos marchés, au supermarché, vous trouverez deux espèces de dattes (j’adore les dattes) : les dattes Medjoul (Israël) et les Deglet Nour (Algérie Tunisie). Les Deglet Nour sont branchées

Israël est le principal fournisseur de dattes Medjoul pour l’Europe. Les palmeraies sont implantées tout au long de la vallée du Jourdain (Cis-Jordanie).

Dans les entreprises de production de dattes Medjoul implantées en territoire palestinien par les colons israéliens, la main d’œuvre est, pour l’essentiel, composée d’ouvriers palestiniens. Ces ouvriers gagnent entre un tiers et la moitié du salaire minimum. Pas de sécurité sociale, pas de protection contre les produits chimiques, licenciés en cas d’accident du travail.

La culture de dattes Medjoul est l’activité principale de près de 50 % des colonies de la vallée du Jourdain. Cette activité contribue fortement à la viabilité économique des colonies. Les colons détournent 80 % de l’eau au profit des colonies et des palmeraies.

Les principaux importateurs français de dattes Medjoul israéliennes sont : VG Fruit, Brousse Vergez et Arbona à Marseille, A. Fetaya et Sagime à Rungis, Avon (à Avignon).

Les dattes Deglet Nour branchées sont vraiment délicieuses. Elles se présentent ainsi :

2 « J'aime »

Il y a bien plus simple pour le phosphore et potassium.

Pour en revenir au sujet principal, la France est le pays européen le plus restrictif. Sur la Map monde notre pays n’est qu’une crotte de nez. Peut on raisonnablement penser que nos décisions changeront la facette de toute l’humanité de la planète ?

Accessoirement, la France étant la plus restrictive et fiscalisée en Europe, peut on réellement penser à mener des projets, non financés, de recherche et développement ? Au cas où ce serait le cas, le poids administratif et fiscal tuerait dans l’oeuf toute initiative.

Dans le cas de développement de substituts organiques et locaux la problématique est que l’organique est par nature instable, et variable en composition chimique. Ça rend complexe l’obtention d’une AMM autorisation de mise sur le marché, et impose des analyses laboratoires agréés très régulièrement, voire à chaque fournée.

Les mésaventures de Eric Petiot est un bel exemple. D’où son déménagement pro en Suisse pour poursuivre ses recherches.

Bah c’est un peu le principe des effets de masse, est ce qu’aller voter va changer le résultat des élections ? Est-ce que réduire ses émissions de CO2 va ralentir le réchauffement planétaire ? Etc etc… en fait ça marche si énormément de gens le font, et pour que ça soit un mouvement à grande échelle, il faut forcément que des gens décident de le faire à leur échelle.

Quand je lis le mot « forcement » je me dis toujours qu’il y a là une pirouette pour faire l’économie d’une argumentation.

Si on veut voir le boycott sous l’angle de son efficacité, le meilleur moyen, à mon avis - et en accord avec Jancovici - c’est de viser des groupes sociaux situés entre l’individu et l’État : les comités d’entreprise, les mairies, les salles de classes, les associations, les ONG etc.
Les intéressés à ce niveau-là peuvent agir s’ils sont convaincus de pouvoir tirer un avantage d’une action qu’elle soit un boycott, une réduction des émissions de gaz à effet de serre, ou des mesures en faveur de la biodiversité.

On n’ira pas frapper à la porte de TOTAL, bien sûr ! Efficacité zéro garantie.

L’approche individuelle, quant à elle, est pertinente pour se mettre en accord avec ses convictions éthiques et s’endormir dans son petit lit blanc un peu moins tourmenté. Mais pas pour un effet de masse.

Comme je le signalais dans ce message précédent, les exemples d’initiatives individuelles qui ont fait boule de neige existent, mais pas de la part du premier venu comme vous et moi.

Bon, tu n’as juste pas compris ce que je voulais dire, mais c’est pas grave, tu as forcément :winking_face_with_tongue:davantage raison que quiconque

1 « J'aime »

Je ne comprends même pas comment tu peux contester ce “forcément” enfin j’ai l’impression que mon propos était très accessible.

Admettons que pour avoir un impact positif il faut qu’un milliard de personnes aient un certain comportement, qui à l’échelle individuelle n’aurait aucun impact. Bah pour y arriver il faut FORCÉMENT qu’il y ait des gens qui se disent “ même si ça sert à rien si je suis seul à le faire, je le fais quand même”

Tu comprends là où toujours pas ?

Les petites rivières font les grands fleuves

Je n’ai rien contre les précisions.
J’ai cité le blé en 3 lignes, dans une grande moyenne. On peut préciser, ça demande 30 lignes pour rajouter des questions ( sans forcément des réponses d’ailleurs ). Moi ça me convient, mais ça ne convient pas à tout le monde. Avec des pistes en réponses ( donc des réponses à la hache à tu aurai été à 300 lignes et pas 30.

Factuellement, rentrer dans les détails de chaque point demande des textes de trés grande longueur. On s’aperçoit vite ( dans tous les milieu ou presque - je ne parle pas spécifiquement du « bonsai » ) que ça laisse vite sur le carreau beaucoup de monde.

Factuellement, le « public » d’un forum « passion » comme ici ( ça peut être l’apprentissage des échecs, ou la couture, ou n’importe quoi ) se divise en beaucoup de catégories trés différentes.
Ce qui est satisfaisant pour 1 personne sera « pas assez » ou « trop » pour d’autres.

J’ aurai plutôt dit : L’inaction individuelle, sous prétexte que l’action individuelle serait inutile, est un bon moyen pour conserver son petit confort, ignorer l’ethique pour continuer de s’endormir dans son petit lit blanc un peu moins tourmenté.

1 « J'aime »

Disons que l’action individuelle ne peut pas grand chose mais disons que quelqu’un qui n’est pas près à la faire, souvent il ne souhaite pas non plus l’action collective ni la décision politique

pourquoi faudrait-il absolument que nos actions aient un effet concret ? J’agis principalement parce que mes « valeurs » m’obligent, même quand je sais que cela ne « sert » à rien. C’est comme accompagner une personne aimée en fin de vie sans espoir de rémission. J’ai passé 50 ans de ma vie à éduquer les jeunes au respect de la vie, à faire des recherches en écologie pour conserver la biodiversité… Heureusement sans attendre de résultat ! mais j’y ai pris un plaisir immense et ne regrette rien.

4 « J'aime »