Le jardin Taikan Bonsai Museum de Shinji Suzuki

Je n’ose même pas imaginer à quel montant de chiffre l’ensemble du jardin en valeur marchande. Sûrement quelques dizaines de millions. La plupart ne lui appartiennent pas mais ça fait une sacré concentration de richesses.

C’est la chapelle Sixtine du bonsaï :star_struck:

Je fais un essai, un test, baissez le son et attention, c’est très court… si ça fonctionne

https://youtu.be/9wh4wvK_gaE

2 « J'aime »

J’en sais rien, mais peut-être pour éviter la prolifération d’insectes, champignons etc ?
Dans cette même pépinière, on voit des petites maisons qui pendouillent aux branches d’un shishigashira et qui abritent à l’intérieur un répulsif à insectes. On le voit dans les 2 videos de Nejikan consacrées à cette pépinière, avec l’élève Turpin qui explique tout. Super interessant, une des meilleures video de Nejikan.

1 « J'aime »

Oui, la question était plutôt pourquoi il y a de la végétation au sol dans la serre où l’on voit le tuyau bien enroulé. Vu que c’est tout minéral partout, pourquoi cette exception ?

Il semble bien que ce soit du gazon artificiel.

Là ?

Bah dis donc c’est vachement naturel pour de l’artificiel, plusieurs espèces, les petites Fougères et les feuilles partiellement grillées de manière hétérogène… Moi je me suis fait bluffer, j’aurai juré que c’était du vrai végétal.

1 « J'aime »

Ce qui m’avait frappé à l’époque n’était pas uniquement la qualité exceptionnelle des arbres, mais aussi… le sol.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le sol n’est ni nu, ni recouvert de gravier. Sous les tables, une végétation basse est volontairement conservée. Ce n’est pas un manque d’entretien, mais un véritable choix de culture.

Cette couverture végétale joue plusieurs rôles.

Elle limite tout d’abord l’échauffement du sol. Une surface végétalisée absorbe beaucoup moins de chaleur qu’un sol nu ou minéral et, par évapotranspiration, elle rafraîchit naturellement l’air environnant. Aujourd’hui, on parlerait volontiers de « climatisation végétale ».

Elle contribue également à maintenir une humidité plus stable autour des arbres. Dans une pépinière où les arrosages sont fréquents, cette végétation réduit l’évaporation du sol et participe à la création d’un microclimat plus favorable.

Elle limite aussi les projections de poussière et de terre sur les pots et le feuillage, tout en laissant moins de place aux adventices les plus envahissantes.

Enfin, cette végétation contribue à la stabilité du milieu. Elle protège le sol de l’érosion, améliore son infiltration, limite la formation de boue lors des arrosages et participe à un environnement plus frais et plus agréable pour le travail quotidien.

Ce qui est intéressant, c’est que cette approche reflète une manière différente de penser la culture. On parle souvent des tailles, des ligatures, des rempotages ou des engrais, mais beaucoup plus rarement de l’environnement dans lequel vivent les arbres.

Or, les grands professionnels japonais ne cultivent pas seulement des bonsaïs. Ils cultivent aussi le milieu dans lequel ces bonsaïs évoluent.

Leur objectif n’est pas d’obtenir un espace parfaitement « propre », mais un espace vivant, stable et équilibré.

Nous parlons de Shinji Suzuki, un professionnel reconnu dont la culture est extrêmement soignée. Dans une telle pépinière, installer du gazon artificiel sous les tables représenterait un coût non négligeable, sans apporter les principaux bénéfices recherchés :

  • pas de refroidissement par évapotranspiration ;
  • pas de meilleure infiltration de l’eau ;
  • pas d’amélioration du microclimat.

1. On distingue clairement plusieurs espèces végétales

Sous les tables, on ne voit pas un tapis uniforme. On observe :

  • des touffes d’ophiopogon panaché (ou une plante très proche) ;
  • des graminées plus hautes ;
  • quelques fougères ;
  • diverses plantes spontanées.

Cette diversité serait très difficile à reproduire avec un revêtement synthétique.

2. Les plantes poussent entre les pieds des tables

On voit nettement que certaines herbes ont grandi au pied des montants métalliques. Leur développement est irrégulier, ce qui est typique d’une végétation vivante.

3. Les allées racontent l’histoire

Les allées sont couvertes d’une bâche tissée horticole (weed control fabric), fixée par des rondelles. C’est un système extrêmement courant dans les pépinières japonaises :

  • on empêche les mauvaises herbes dans les zones de circulation ;
  • on laisse volontairement un couvert végétal sous les tables.

Cette organisation est parfaitement logique.

4. Les fougères sont révélatrices

Sur la première photo, on aperçoit plusieurs petites fougères. Elles ne poussent évidemment pas sur un gazon artificiel. Elles se sont installées parce qu’il y a un véritable sol vivant, humide et ombragé.

Un revêtement végétal artificiel dans un tel endroit me surprendrait beaucoup. Une pépinière de ce niveau est avant tout un lieu de culture. Les professionnels japonais sont généralement très pragmatiques : ils investissent dans ce qui améliore les conditions de culture des arbres. Installer un revêtement végétal artificiel sous les tables représenterait un coût important sans apporter les bénéfices d’une végétation vivante, notamment en matière de rafraîchissement par évapotranspiration ou de régulation du microclimat. »

Avec le recul, je me rends compte que cette visite m’avait marqué bien davantage que je ne le pensais. Aujourd’hui, alors que les épisodes de canicule deviennent plus fréquents, je comprends encore mieux cette démarche. Créer un microclimat favorable autour des arbres est l’une des clés d’une culture durable.

3 « J'aime »

Tu as raison.

Je m’étais arrêté sur la DSC 0254 sans y regarder de plus près.

Il se trouve du gazon synthétique (moquette) devant le tuyau.

On le voit bien là aussi (DSC 0255):

1 « J'aime »

Franchement sur les photos que tu présente, on peut pas dire que les espaces vegetalisés sous les étagères soient généralisé. C’est très minéra et ou désherbé. Pourtant ton analyse sur l’intérêt de vegetaliser l’environnement du jardin, bonsai ou pas, est tout a fait pertinente.

2 « J'aime »

oui, je me suis posé la même question, à savoir pourquoi y’a un peu de tapis végétal dans la serre, et quasiment pas dehors ?
Parfois, dans les pépinières, on voit des plantes d’accent, des caisses remplies de mousses sous les etagères, dans les serres ou dehors. Peut-être parcqu’elles poussent mieux à mi-ombre et pour economiser la place. Dans le musée Omiya, on voit de l’herbe et des bassins.

Peut-être qu’on se prend trop la tête à essayer de comprendre et que c’est juste un choix esthétique. :sweat_smile: