Edition spéciale Newsletter de la fédération française du bonsaï

Autre chose, quand je suis allé à Kanuma, Hiromi Tsukada, m’a invité à visiter la fameuse pépinière.

À un moment, il est venu me chercher, il avait organisé une rencontre avec le personnel qui entretenait les satsuki.
Encore une surprise, ce personnel est composé uniquement de femmes.

Nous avons pris le thé et puis nous avons discuté bien évidemment de l’entretien des azalées.
Je pensais m’y connaître.

Toutes, sans exception étaient largement plus calées que nous.
Leurs noms ? 1260995142

3 « J'aime »

Très beau jardin en effet. Ce qui me choque et esr récurant c’est les pieds des étages en blocs bruts. Tout est superbe autour sauf ces étagères. J’ai du mal à comprendre cette généralité.

1 « J'aime »

Je me faisais la même remarque.

Y’a pas une feuille au sol ou de mauvaises herbes

Les massifs sont taillés au carré

Et ils utilisent des parpaings pour poser leurs (superbes) arbres!

Au Japon, j’ai vu beaucoup de collections, y compris de très haut niveau, où les étagères reposaient sur des parpaings. J’en ai toujours conclu que les Japonais accordaient plus d’importance aux arbres qu’aux supports. Et compte tenu de l’humidité, des arrosages quotidiens et du prix du bois, cela me paraît finalement assez logique.

Chez le grand Kimura, j’ai même vu des arbres posés sur des casiers à bière. À choisir…

Ce que je voulais surtout vous montrer, c’est ce que nous avons découvert ce jour-là.

Je peux vous assurer que nous étions bien loin des connaissances de cette petite dame. Elle entretenait seule ce jardin et cette collection d’arbres.

Pour être honnête, ce jour-là, son savoir, son regard et sa passion nous ont beaucoup plus impressionnés que son nom ou son prénom.

C’est aussi pour cette raison que je reste prudent lorsque j’entends parler de « rares femmes expertes en bonsaï au Japon ». Au fil de mes voyages, j’en ai rencontré plusieurs. La plupart n’étaient pas connues en Europe, mais elles avaient beaucoup à nous apprendre.

Finalement, leur savoir m’intéressait bien davantage que leur notoriété.

Ce qu’il faut en retenir, je pense, c’est qu’au delà de l’identité, c’est la passion et l’expérience qui sont palpables et vénérables. On s’en fiche de femme ou homme, ce qui compte vraiment c’est ce qu’on veut transmettre et l’amour de nos arbres et de notre passe temps. Le plus beau reste de les voir évoluer, un peu comme des enfants (qui sont quand mêmes moins récalcitrants :sweat_smile:)

Au passage @Toche un grand merci, encore une fois, pour ton partage. C’est très intéressant !

3 « J'aime »

Ça aurait été plus judicieux de ne pas mettre en avant son sexe, mais simplement son parcours, comme on le fait pour les hommes. C’est hélas un problème qui fait perdurer le sexisme, c’est pareil dans plein de domaines, et pourtant je suis sûr que l’intention de base est de combattre le sexisme. On va par exemple présenter un chef d’entreprise par le biais de ce qu’il a accompli dans sa carrière alors qu’une femme, on va mettre l’accent sur le fait que ce soit une femme… Pourquoi ? Comme si c’était déjà un exploit suffisant pour une femme d’être cheffe d’entreprise et que le reste n’avait pas d’importance.

2 « J'aime »

En terme de pourcentage, tu estimes les pratiquantes de Bonsai femmes (Bonsaika femmes) à combien par rapport aux hommes au Japon ? J’imagine que les femmes de professionnels japonais aident leur mari et donc deviennent aussi compétentes que lui.

N’allant jamais en club ni expo, je ne sais même pas évaluer s’il y a autant de femmes bonsaika que d’hommes en France ^^ Sur les reseaux sociaux, je vois plus d’amateurs masculins (FB ou ce forum PB).

2 « J'aime »

Merci pour ces sages paroles Ronez et Peuceb, mais plus le temps passe, plus je me rends compte que nous ne pratiquons pas forcément le bonsaï de la même manière.

J’aime partager ce que j’ai vu, ce que j’ai appris et ce que l’on m’a transmis. Je prends du temps pour montrer des photos, raconter des expériences vécues, expliquer ce que j’ai appris au Japon et répondre aux questions que l’on me pose.

Mais je me rends compte que je passe parfois plus de temps à me justifier qu’à m’occuper de mes arbres.

Il m’arrive même d’avoir l’impression que certaines questions sont posées alors que les contre-exemples sont déjà prêts, ou que des photos ont déjà été sélectionnées pour démontrer que ce que je déconseillais se fait malgré tout.

Lorsque je conseille ou déconseille quelque chose, ce n’est ni une vérité absolue ni une injonction. C’est simplement le fruit d’un vécu, d’une expérience et de l’enseignement que j’ai reçu. Chacun est libre d’en faire ce qu’il veut.

Je constate aussi que certaines remarques s’arrêtent parfois sur des détails qui me semblent secondaires, et qu’il m’arrive de devoir sans cesse expliquer ou justifier ce que je montre.

Je me demande donc parfois à quoi bon consacrer autant de temps à cela, alors que ce temps pourrait être passé auprès de mes arbres ou avec les quelques personnes qui viennent chez moi partager cette passion.

Je n’ai pas la prétention de détenir la vérité. Je partage simplement ce que j’ai vu, ce que j’ai appris et ce que l’on m’a transmis. Libre à chacun d’en faire ce qu’il veut.

Après tout, le bonsaï n’est pas un concours d’arguments. C’est avant tout une pratique.

1 « J'aime »

Les arbres valant une fortune posés sur de vulgaires caisse à bière retournées… Je trouve ça quelque part artistique, c’est fou.
Ça prouve dans un sens qu’ils se délestent du superflu et qu’ils vont droit au but. Le principal c’est la santé de l’arbre et pour ça ils sont plus que bons !

Pour ce qui est du reste Toche, ne t’en fais pas, tes conseils, partages et expériences ne tombent pas dans l’oreilles de sourds et seront utilisés à bon escient. Du négatif et des gens pour contredire tu en trouvera éternellement, c’est propre à l’humain. Essaie de passer au dessus, sans vouloir te donner de conseils :wink:

1 « J'aime »

Bien exposé.

Cette différence qu’on fait et refait, qu’on suggère ou qu’on évoque directement, entre les femmes et les hommes est encore aussi exaspérante que régulière à lire.

C’est profondément enraciné dans notre manière de réagir, de même qu’il n’y a pas si longtemps (et encore maintenant pour un nombre certain), on le faisait entre européens et personnes de couleur.

Il y a du boulot.

Une chose à noter, c’est que les femmes semblent moins encombrées, et c’est tant mieux, par cet égo bien spécifique qui porte de nombreux hommes à montrer leurs réalisations à la manière de trophées. Cela pourrait expliquer aussi la faible représentation féminine sur les réseaux sociaux parlant de bonsaï, mais de toute façon, concernant le Japon, les algorithmes de recherche ne nous donneront que peu de résultats en caractères latins.

A noter en passant, dans ce même registre, le langage très machiste assez couramment entendu des hommes parlant de leurs arbres, quand ils évoquent les tailles notamment, en termes de boxeurs plus que de jardiniers.

1 « J'aime »

Il picole sec le père Kimura! :rofl:

2 « J'aime »

CQFD. Salut

Pierre Marie D.
Il fut mon ophtalmo il y a quelques années :wink:

Non, Jean-Marie D.
Un ami, une personne des plus agréable, très calme et toujours prête à faire plaisir.

Ha oui pardon
Quand j’etais ado j’avais tout de suite captè le bonsai dans son bureau
Il y a a peine 30 ans :wink:

CQFD quoi ? Qu’il y a des Japonaises compétentes en bonsaï ? Mais la lettre que tu critiques n’a pas dit le contraire. Elle parle d’« experts ». Et la différence entre quelqu’un de compétent et un expert, c’est que le second, on vient le chercher exprès et pas le premier.
Tant que les femmes compétentes en bonsaï au Japon seront pratiquement que des employées de pépinières ou des « femmes de » au lieu d’être reconnues pour elles-mêmes, ça sera la confirmation de l’affirmation de la lettre.
Ce qui est rigolo, ce que tu ne comprennes pas que ta longue accumulation de photo-dropping montre justement le contraire de ce que tu veux montrer.

Ça, j’ai pu poser la question à M. Abe lors de ses stages. Ça reste quasiment exclusivement masculin.

1 « J'aime »

Bon, Lanig, il faut bien dire quand même que les experts sont ceux qu’on va chercher, comme tu le dis toi-même, donc parce qu’ils ont fait parler d’eux, mais pas forcément pour leur degré de savoir absolu…

Un exemple des effets pervers des RS : en cherchant un doc sur Yt montrant les élèves féminines d’une école de bonsaï, que j’avais vu il y a un certain temps, que je n’ai pas retrouvé, je suis passé en scrollant sur la vue d’une séquence concernant la pépinière de bonsaï tenu par une femme, qqpart au Japon. Comme ce n’était pas ce que je cherchais, j’ai poursuivi, avant de revenir en arrière pour ouvrir le doc sur cette pépinière… et bien je ne l’ai jamais retrouvé! Par contre, à la place, j’avais une remontée de quantités de docs sur Kimura, Kobayashi et même Ryan, pas japonais pour un sou. Preuve que les algorithmes nous trompent en forçant le passage sur quelques personnalités, masculines pour le coup.

Au départ, la phrase discutée était :

« L’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon. »

J’ai pris soin de la rappeler à maintes reprises.

J’ai répondu que les femmes japonaises étaient souvent moins mises en avant et plus discrètes, ce qui ne signifiait absolument pas qu’il y avait peu de femmes compétentes.

Depuis, tu modifié constamment le sens.
« experte » est devenu "professionnelle du bonsaï sensu stricto ".
Puis il a fallu être connue du grand public.
Puis être recherchée expressément.
Puis ne plus être une employée de pépinière.
Puis ne plus être “la femme de”.
Enfin, les témoignages, les rencontres et les photos sont devenus du « photo-dropping ».

Pendant ce temps, la phrase d’origine n’a pas changé.
Je te la redonne une fois de plus pour que tu puisses la mémoriser une bonne fois pour toutes.

« L’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon. »

Je n’ai jamais prétendu dresser une liste exhaustive ni faire une étude sociologique. Je me suis contenté de partager ce que j’ai vu et les personnes que j’ai rencontrées au Japon.

Je laisse chacun apprécier.

Une petite réflexion me vient tout de même à l’esprit : à force de voir le sens de cette phrase évoluer au fil des réponses, je finis par me demander si la formulation d’origine n’est pas plus proche de certains qu’il n’y paraît.

Clem,

Pour être honnête, je trouve cette question concernant les pourcentages assez secondaire.

Je n’ai aucune idée du pourcentage de bonsaika femmes au Japon, et je doute que beaucoup de monde soit capable d’y répondre sérieusement.

Il faut aussi comprendre que le bonsaï au Japon n’est pas tout à fait ce que nous connaissons en Occident. Là-bas, il fait partie de la culture et se vit souvent dans le cadre familial. Dans de nombreuses pépinières, plusieurs générations travaillent ensemble. Les épouses, les enfants et parfois toute la famille participent à la culture, au travail des arbres et à leur entretien.

Certaines femmes acquièrent ainsi une expérience considérable. D’autres ont leur propre activité ou leurs propres spécialités.

Je me garderais bien, cependant, d’en tirer des statistiques ou des généralités.

Mon propos depuis le début est beaucoup plus simple : le fait que nous connaissions peu de noms en Occident ne signifie pas qu’il existe peu de femmes compétentes au Japon.

Je pense que nous parlons davantage de visibilité que de compétence.

Pour ma part, je ne suis pas revenu du Japon avec des statistiques. Je suis revenu avec des souvenirs, des rencontres, des enseignements et quelques photos. Et cela me suffit largement.

C’est intéressant de voir comment une petite maladresse de langage de celui qui m’a remplacé pour tenir à jour la page Facebook de la Fédé a entraîné une longue conversation très intéressante sur les femmes dans le bonsaï au Japon.

Hormis bien sûr le sempiternel couplet anti FFB servi par ceux qui n’en font même pas partie et ne savent rien de ce qui s’y passe…

Au cours de mes 5 voyages au Japon, je dois reconnaître que je n’ai rencontré quasiment que des hommes dans le milieu du bonsaï (mais aussi une apprentie japonaise passionnée chez Kimura). C’est peut-être car ils aiment montrer leurs oeuvres alors que les femmes sont plus discrètes…

Philippe Massard, ancien président de la FFB.

1 « J'aime »