Edition spéciale Newsletter de la fédération française du bonsaï

« L’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon, »

Ben ça, il fallait oser. :face_with_raised_eyebrow:

C’est au mieux maladroit, et au pire révélateur d’une méconnaissance totale du milieu bonsaï japonais.

Parce qu’en réalité, il existe aujourd’hui de nombreuses femmes très compétentes dans le monde du bonsaï au Japon.

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:rofl: Ah bon?! Ça existe des femmes compétentes ? ( Second degré évidemment )

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Non, mais quand même, ça ne se dit pas.

(Troisième degré bien sûr)

Peux-tu citer quelques noms de bonsaika japonaises, Toche ? Avec leur YT ou FB si possible ? :smiling_face_with_sunglasses:

ça m’arrive de voir des articles ou video YT mettant en lumière une experte japonaise en Bonsai, mais c’est rare.

On peut penser sans trop de risques de se tromper que toutes les japonaises adroites en bonsaï ne font pas forcément les marioles sur les réseaux sociaux (sans compter les pages en japonais qui ne nous sont pas accessibles).

On voit aussi des documentaires sur les nombreuses écoles privées de bonsaï au Japon, qui recrutent pas mal d’élèves féminines, donc l’intérêt pour le bonsaï y semble assez bien partagé.

Et quand à la réflexion de Toche… il peut se le permettre, sans risque de retour de manivelle pour cause d’impertinence envers une sorte d’autorité qui n’a pas de prise sur lui.:wink:

Bien sûr Clem.

Les femmes japonaises sont souvent moins mises en avant et plus discrètes que les hommes, ce qui fait qu’en Occident nous connaissons surtout quelques grands noms masculins. Mais cela ne signifie absolument pas qu’il y ait peu de femmes compétentes dans le monde du bonsaï.

La première personne qui me vient à l’esprit est Keiko Abe, l’épouse de Me Kenichi Abe et la mère de Daiki Abe, j’en ai déjà parlé.

J’ai eu la chance de passer pas mal de temps en leur compagnie, aussi bien chez eux au Japon qu’en Belgique, je peux donc en parler facilement. Keiko est une personne extrêmement gentille et agréable, mais avec un caractère bien trempé.

Elle est notamment reconnue pour son enseignement des kusamono et des shitakusa, mais son activité ne s’arrête pas là. Elle travaille quotidiennement avec son mari et Daiki, y compris dans les champs de culture et sur les arbres eux-mêmes. Son expérience et son regard sont considérables.

Je vous montrerai d’ailleurs quelques photos de leur jardin et des cultures.

Je me souviens d’un atelier avec un groupe de haut niveau en Belgique. Nous travaillions nos arbres sous la direction de Kenichi, et Keiko lui donnait un coup de main. À un moment, elle a vu l’un d’entre nous croiser ses fils de ligature. Sans un mot, elle a pris une paire de ciseaux par la pointe et lui a tapé sur les doigts avec les anneaux des ciseaux ! Tout le monde a éclaté de rire, mais le message était passé. :slightly_smiling_face:

Et bien évidemment, Keiko Abe est loin d’être un cas isolé. Il existe de nombreuses femmes japonaises extrêmement compétentes dans le monde du bonsaï.

Je pense notamment à :

Yuriko Kondo, professionnelle japonaise et juge de bonsaï.

Miyoko Yamada, première femme admise comme professionnelle à la Nippon Bonsai Association et propriétaire de la pépinière Seikou-en. Elle a également formé plusieurs élèves étrangers.

Rumiko Kobayashi, spécialiste reconnue des satsuki et propriétaire de Kobayashi Azalea Nursery.

Kazuko Kato, dont le travail sur les plantes d’accompagnement et les compositions saisonnières est bien connu.

Keiko Yamada, spécialiste des kusamono.

Mieko Ishii, potière japonaise renommée dont les créations accompagnent de nombreuses expositions.

Miyoko Yamada, qui a également formé plusieurs élèves étrangers.

Lors d’une Taikan-ten, j’ai eu l’occasion de discuter avec une dame, j’ai demandé à [Koji Hiramatsu qui c’était, il m’a répondu qu’elle s’appelait Kimura, mais rien à voir avec le magicien…
Elle en aurait remontré à n’importe lequel d’entre nous, elle était incroyable.

C’est pourquoi la formule “l’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon” me paraît très maladroite. Il serait sans doute plus juste de dire : “l’une des rares expertes japonaises connues du public français”. :slightly_smiling_face:

Tsubaka,

Et quand à la réflexion de Toche… il peut se le permettre, sans risque de retour de manivelle pour cause d’impertinence envers une sorte d’autorité qui n’a pas de prise sur lui.:wink:

Je ne sais pas si ta remarque était à prendre au second degré, mais elle m’interpelle un peu.

Personnellement, je trouve qu’une fédération devrait avant… tout fédérer. :slightly_smiling_face:
C’est-à-dire encourager les échanges et permettre la diversité des points de vue. Elle n’a pas vocation à faire naître l’idée qu’une opinion exprimée avec courtoisie puisse entraîner un “retour de manivelle”.

Pour ma part, je ne me sens en opposition avec personne. J’ai simplement trouvé une formulation plus que maladroite et je viens d’apporté quelques exemples pour expliquer pourquoi. Cela me semble faire partie d’une discussion normale entre passionnés.

Je pense d’ailleurs qu’une fédération forte n’est pas celle dont on craint de contrarier les positions, mais celle dans laquelle chacun peut s’exprimer librement, avec respect, sans avoir le sentiment qu’il existe des sujets qu’il vaudrait mieux ne pas aborder.

Si certains ont réellement l’impression qu’il faut mesurer ses paroles par crainte de déplaire à une quelconque autorité, alors ce n’est pas tant ma liberté de parole qui devrait étonner, mais plutôt le fait que cette crainte puisse exister.

Pour ma part, je continuerai simplement à dire ce que je pense clairement, avec respect, et à accepter tout aussi sereinement que d’autres ne soient pas d’accord avec moi. C’est ainsi que j’ai toujours conçu l’esprit associatif.

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Ce n’était pas mon idée d’avancer une opposition à quiconque de ta part.

Simplement je suis persuadé qu’on ne dit pas forcément ce qu’on veux dans notre petit milieu, assez mal ventilé.

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Si c’est réellement le cas, alors je trouve cela plus regrettable qu’inquiétant.

Parce qu’à mes yeux, une fédération, un club ou une communauté devraient être des lieux où l’on peut exprimer sereinement des points de vue différents, dès lors qu’ils sont formulés avec respect.

Je n’ai jamais considéré qu’une opinion argumentée ou une simple nuance constituaient une opposition ou une forme d’impertinence.

Et si certains ressentent le besoin de ne pas dire ce qu’ils pensent dans notre petit milieu, alors ce n’est peut-être pas tant la liberté de parole de quelques-uns qui devrait surprendre, mais le fait que cette retenue puisse exister.

Après tout, nous partageons tous la même passion. Nous devrions pouvoir débattre, être parfois en désaccord et continuer à nous apprécier malgré cela. C’est ainsi que je conçois l’esprit associatif.

Dès lors, je m’interroge. Si certains ont réellement le sentiment qu’il vaut mieux parfois se taire ou mesurer leurs propos, d’où vient cette retenue ? D’une simple perception ? D’habitudes prises au fil du temps ? D’un excès de prudence ? Ou d’autre chose ?

Je n’ai pas la réponse, mais je trouve que la question mérite d’être posée.

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Je ne sais pas en Belgique, mais en France toutes les fédérations ont les inconvénients d’un fonctionnement en entonnoir, dirigé vers le haut, faisant leur possible pour aspirer tout ce qui se promène à leurs bases, mais ne faisant ensuite pas beaucoup d’espace pour laisser passer les grumeaux à l’autre extrémité.

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Je comprends mieux ce que tu veux dire, et je trouve ton analyse intéressante.

Si certains ressentent effectivement qu’il n’est pas toujours possible de dire ce qu’ils pensent, alors cela me semble plus regrettable qu’autre chose.

Parce que pour moi une fédération, un club ou une association devraient être précisément des lieux où les idées circulent dans les deux sens. Un lieu de partages.

Les instances dirigeantes ont évidemment leur rôle, mais elles ne devraient pas être une fin en soi. Elles sont au service des membres, et non l’inverse.

Au fond, je crois qu’une fédération ne devrait pas avoir peur des « grumeaux ». Ils font partie de la vie associative. Une communauté où tout le monde pense pareil et se tait par prudence me semblerait bien plus inquiétante qu’une communauté où l’on peut exprimer des avis différents avec respect.

Après tout, nous partageons tous la même passion. Cela devrait suffire à nous permettre d’être parfois en désaccord sans que cela devienne un problème.

Plutôt que de citer deux fois Mme Yamada dont, d’ailleurs, le prénom n’est pas Miyoko, mais Kaori (c’est important car le premier caractère de son prénom reprend celui du nom de la pépinière), on pourrait rajouter Mme Takamura, de Bonsai-myo.
Au total, cela ne fait donc que quatre personnes citées comme professionnelles du bonsai sensus stricto, ce qui, au contraire, me semble valider l’affirmation « rares femmes expertes ».
Dans ce domaine, comme dans d’autres, le Japon n’évolue que très lentement vers l’égalité homme-femme.

Toujours aussi aimable,

Merci pour la correction, je prends note.

En revanche, je pense que nous ne parlons pas de la même chose.

La phrase qui a fait réagir n’était pas « l’une des rares femmes professionnelles du bonsaï au Japon », mais « l’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon ».

Réduire l’expertise aux seuls professionnels « sensu stricto » me paraît particulièrement restrictif.

J’ai eu l’occasion de rencontrer ou d’observer plusieurs femmes japonaises extrêmement compétentes, parfois peu connues du public occidental, qui auraient largement de quoi nous en remontrer.

Le fait que nous ne puissions citer que quelques noms connus ne signifie pas qu’elles soient rares. Cela signifie surtout que nous en connaissons peu.

Je trouve d’ailleurs assez amusant que tu ajoutes toi-même Mme Takamura à la liste. En voulant démontrer la rareté, tu apportes toi-même un nom supplémentaire. Cela montre surtout que la liste n’était pas exhaustive.

Et puis, si l’on élargit un peu le regard aux satsuki, aux kusamono, aux shitakusa, à la céramique, aux collections ou simplement aux familles de pépiniéristes, le paysage devient déjà beaucoup plus riche.

Je persiste donc à penser que la formule « l’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon » est maladroite.

« L’une des rares expertes japonaises connues du public français » me semblerait beaucoup plus juste.

Et au passage, je note que personne ne semble contester le fond de ce que je dis. On discute des noms, de leur nombre ou de leur statut professionnel, mais pas de la formulation initiale qui est pourtant le sujet depuis le début.

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Je constate que quelle que soit la définition que tu en donnes, tu ne cites que quatre personnes. Effectivement, comparé aux dizaines d’hommes connus dans le domaine du bonsai sensu stricto, je trouve que ça fait peu. Mais peut-être as tu une autre définition de « rare » ?

Il est intéressant de voir que les femmes sont plus fréquentes et reconnues dans les arts connexes du bonsaï : c’est un bon exemple d’expression de la domination masculine où les femmes sont repoussées aux marges.

Je n’ai jamais affirmé qu’il y avait autant de femmes que d’hommes connus dans le monde du bonsaï professionnel japonais, ni nié leur moindre visibilité.

Mon propos était beaucoup plus simple : la formule « l’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon » me paraît maladroite.

Dès le départ, j’écrivais pourtant :

Ça me semble plus que clair, non ?

Je crois donc que tu combats une idée que je n’ai jamais défendue.

Le fait que nous puissions citer plusieurs noms, et que tu en ajoutes toi-même, montre justement que la liste n’était pas exhaustive.

Je me garderai bien, en revanche, de réduire l’expertise aux seuls professionnels « sensu stricto », ni d’ouvrir ici le débat beaucoup plus vaste des rapports hommes-femmes au Japon. Ce n’était pas mon propos.

Je pense que nous continuons à parler de visibilité, et non de compétence.

Pour ma part, j’ai eu la chance de me rendre plusieurs fois au Japon. Et à chaque voyage, j’ai rencontré des dames qui s’occupaient de bonsaï, dans les pépinières, les collections ou les familles de professionnels.
Leur savoir, leur expérience et ce qu’elles avaient à m’apprendre m’intéressaient beaucoup plus que leurs noms et leurs prénoms, dont je n’ai d’ailleurs pas toujours gardé le souvenir.

Le fait que je sois incapable de dresser une liste exhaustive ne signifie donc pas qu’elles soient rares. Cela signifie simplement que je me suis davantage intéressé à ce qu’elles savaient qu’à leur notoriété.

Je persiste donc à penser que la formule « l’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon » est maladroite.

« L’une des rares expertes japonaises connues du public français » me semblerait beaucoup plus juste.

Au fond, plus la discussion avance, plus j’en viens à me demander si nous parlons bien de la même phrase.

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Encore moi. :slightly_smiling_face:

Lors d’un de mes voyages au Japon avec trois amis, nous avons eu l’occasion de visiter une pépinière. Une fois la visite terminée, nous avons fait un petit tour dans le village, qui était d’ailleurs fort joli.

Au cours de notre promenade, nous sommes tombés sur l’entrée d’un petit jardin qui ne pouvait qu’attirer notre attention.

Un peu hésitants, nous avons essayé d’en apercevoir davantage, mais notre manœuvre n’a pas échappé à la propriétaire qui est sortie et, à notre grande surprise, nous a invités à entrer.

Une toute petite dame, jolie, souriante et pleine de gentillesse. Voyant sans doute en nous d’autres passionnés, elle a eu envie de partager avec nous ce qui était manifestement sa passion.

Elle nous a expliqué qu’elle entretenait seule son jardin et ses arbres.

Nous sommes donc entrés dans sa propriété et là… le rêve.
Je vous laisse découvrir ce que nous avons eu la chance de voir.

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Voilà, je peux vous dire que nous étions bien loin des connaissances en bonsaï de cette petite dame.

Son Nom ? Je ne sais pas.

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