Bien sûr Clem.
Les femmes japonaises sont souvent moins mises en avant et plus discrètes que les hommes, ce qui fait qu’en Occident nous connaissons surtout quelques grands noms masculins. Mais cela ne signifie absolument pas qu’il y ait peu de femmes compétentes dans le monde du bonsaï.
La première personne qui me vient à l’esprit est Keiko Abe, l’épouse de Me Kenichi Abe et la mère de Daiki Abe, j’en ai déjà parlé.
J’ai eu la chance de passer pas mal de temps en leur compagnie, aussi bien chez eux au Japon qu’en Belgique, je peux donc en parler facilement. Keiko est une personne extrêmement gentille et agréable, mais avec un caractère bien trempé.
Elle est notamment reconnue pour son enseignement des kusamono et des shitakusa, mais son activité ne s’arrête pas là. Elle travaille quotidiennement avec son mari et Daiki, y compris dans les champs de culture et sur les arbres eux-mêmes. Son expérience et son regard sont considérables.
Je vous montrerai d’ailleurs quelques photos de leur jardin et des cultures.
Je me souviens d’un atelier avec un groupe de haut niveau en Belgique. Nous travaillions nos arbres sous la direction de Kenichi, et Keiko lui donnait un coup de main. À un moment, elle a vu l’un d’entre nous croiser ses fils de ligature. Sans un mot, elle a pris une paire de ciseaux par la pointe et lui a tapé sur les doigts avec les anneaux des ciseaux ! Tout le monde a éclaté de rire, mais le message était passé. 
Et bien évidemment, Keiko Abe est loin d’être un cas isolé. Il existe de nombreuses femmes japonaises extrêmement compétentes dans le monde du bonsaï.
Je pense notamment à :
Yuriko Kondo, professionnelle japonaise et juge de bonsaï.
Miyoko Yamada, première femme admise comme professionnelle à la Nippon Bonsai Association et propriétaire de la pépinière Seikou-en. Elle a également formé plusieurs élèves étrangers.
Rumiko Kobayashi, spécialiste reconnue des satsuki et propriétaire de Kobayashi Azalea Nursery.
Kazuko Kato, dont le travail sur les plantes d’accompagnement et les compositions saisonnières est bien connu.
Keiko Yamada, spécialiste des kusamono.
Mieko Ishii, potière japonaise renommée dont les créations accompagnent de nombreuses expositions.
Miyoko Yamada, qui a également formé plusieurs élèves étrangers.
Lors d’une Taikan-ten, j’ai eu l’occasion de discuter avec une dame, j’ai demandé à [Koji Hiramatsu qui c’était, il m’a répondu qu’elle s’appelait Kimura, mais rien à voir avec le magicien…
Elle en aurait remontré à n’importe lequel d’entre nous, elle était incroyable.
C’est pourquoi la formule “l’une des rares femmes expertes en bonsaï au Japon” me paraît très maladroite. Il serait sans doute plus juste de dire : “l’une des rares expertes japonaises connues du public français”. 
Tsubaka,
Et quand à la réflexion de Toche… il peut se le permettre, sans risque de retour de manivelle pour cause d’impertinence envers une sorte d’autorité qui n’a pas de prise sur lui.
Je ne sais pas si ta remarque était à prendre au second degré, mais elle m’interpelle un peu.
Personnellement, je trouve qu’une fédération devrait avant… tout fédérer. 
C’est-à-dire encourager les échanges et permettre la diversité des points de vue. Elle n’a pas vocation à faire naître l’idée qu’une opinion exprimée avec courtoisie puisse entraîner un “retour de manivelle”.
Pour ma part, je ne me sens en opposition avec personne. J’ai simplement trouvé une formulation plus que maladroite et je viens d’apporté quelques exemples pour expliquer pourquoi. Cela me semble faire partie d’une discussion normale entre passionnés.
Je pense d’ailleurs qu’une fédération forte n’est pas celle dont on craint de contrarier les positions, mais celle dans laquelle chacun peut s’exprimer librement, avec respect, sans avoir le sentiment qu’il existe des sujets qu’il vaudrait mieux ne pas aborder.
Si certains ont réellement l’impression qu’il faut mesurer ses paroles par crainte de déplaire à une quelconque autorité, alors ce n’est pas tant ma liberté de parole qui devrait étonner, mais plutôt le fait que cette crainte puisse exister.
Pour ma part, je continuerai simplement à dire ce que je pense clairement, avec respect, et à accepter tout aussi sereinement que d’autres ne soient pas d’accord avec moi. C’est ainsi que j’ai toujours conçu l’esprit associatif.