On est d'accord, mais on met ou la limite ? On peut avoir de la culture générale en botanique et en avoir rien à faire du monde des arts ?
Mon propos c'est surtout que de demander un certain "niveau" de culture générale, voir plus, d'avoir des "bases" dans les arts, en allant jusqu'à dire "renaissance, classicisme, impressionisme, cubisme, fauvisme, surréalisme serait un minimum" ca me semble très (beaucoup trop) excluant. Surtout que ca a dévié, et que ce n'est même plus pour faire du bonsai, c'est maintenant pour donner son avis sur des arbres.
* L'accessibilité à la culture générale pour tous, c'est discutable. Tout est histoire de contexte, et de moyen (malheureusement), mais aussi d'éducation (mais la on va loin).
La culture générale en botanique et pourquoi pas? Le problo c'est qu'il n'y a plus de culture générale, si tant est qu'il y'en ait eu une, peut-être à une époque déjà lointaine, où grec et latin étaient obligatoires et qu'on faisait ses humanités en visitant Rome et Athènes. Un gamin peut faire toute sa scolarité sans savoir faire la différence entre un Picasso et un Rembrandt, entre un chêne et un platane, entre Bach et Saint-Saëns, entre une église romane et une autre gothique, entre un paysage méditerranéen et un bocage normand.
Personnellement je trouve ça dommage, et c'est vrai que c'est excluant d'une certaine manière. Une bonne culture générale, ce n'est pas l'école qui la fournit, mais soi-même. Se faire sa propre culture, s'ouvrir à d'autres arts c'est aussi s'ouvrir à d'autres dimensions, à d'autres mondes, mais surtout à d'autres humains, permettant un plus grand partage, une plus grande tolérance, une meilleure bienveillance vis à vis d'autrui. La curiosité, la volonté de ne pas s'arrêter qu'aux frontières d'un "vernis" social c'est aussi combattre, ne pas se laisser enfermer dans des stéréotypes, dans les conventions, dans l'immobilité.
On peut envisager la culture comme une somme de connaissances ou au contraire comme un moyen de se forger sa propre personnalité, sa conduite de vie, en s'affranchissant de dogmes, de règles, d'identités inutiles dans lesquelles tout nous enferme: mode de consommation, relations sociales, boulot, métro, dodo. L'art a toujours été une lutte pour la liberté, la liberté d'explorer d'autres champs esthétiques, mais d'abord la liberté de penser, d'exister. Et c'est à mon avis en ce sens qu'il faut l'entendre et pas uniquement en connaissances livresques. Bref, la culture c'est à la fois ce qui nous différencie et ce devrait être ce qui nous rassemble.