Je ne suis pas un habitué des expositions de bonsaïs, mais cet événement méritait amplement mon déplacement avec petitpoissondansleau du vendredi et samedi sous un ciel d'azur et des températures estivales.
J'avais pris mon pass pour les 3 jours, mais je dois avouer qu'au bout de deux jours de visite je ne me sens pas le courage d'y retourner ce dimanche matin. La charge émotionnelle est trop forte. J'ai fait le plein de merveilles et ça déborde même.
J'ai vu des arbres-univers sur lesquels s’attarder une heure individuellement n'aurait pas été de trop.
J'ai vu des arbres-monde qui vous inspire une humilité à vous blottir dans un trou de souris.
Ce dimanche matin je me dis que l'étape suivante serait simplement de se mettre en face d'une de ces œuvres d'art loin de toute foule, de toute rumeur durant un temps indéterminé et dans un cadre naturel et paisible non pas pour la voir, mais pour la regarder, l'observer, la dessiner et la méditer.
(deviendrais-je mystique?).
Cette étape est bien sûr impossible mais je dois dire ici que le cadre d'exposition des arbres de la FFB au zoo de Mulhouse s'en approchait légèrement.
Quel choix vraiment heureux d'avoir présenté cette sélection d'arbres de nos régions dans ce parc magnifique.
Quel contraste avec l'exposition du top 10 dans une obscurité sépulcrale aux éclairages à la led mauves-roses-blanches synchronisées sur une musique indéfinissable. Une musique qui aurait tout aussi bien pu accompagner mes achats au Super-U.
Un indice vraiment fiable de cette différence de posture est la quasi inexistence de cliché que j'ai pris au zoo alors que j'en ai une multitude du Top 10. Dans le premier cas j'étais tellement absorbé par ma contemplation que j'en ai oublié l'appareil photo. Sous la tente du top 10, j'étais tellement détaché, déconcentré que j'ai mitraillé.
J'étais plus aux réglages de l'appareil qu'à la contemplation des arbres.
La manière d'exposer dans le noir avec ces cônes de rubans blancs est innovante. Innover, c'est bien, c'est prendre des risques et cela peut faire avancer notre sujet. Mais, forcément, il y a parfois des ratages.
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Il y a les arbres, et puis il y a les hommes. Avec petitpoissondansleau nous avons eu la chance de passer deux longs moments avec Tony Tickel. Le premier jour d'abord, où il nous a montré dans son van le prunellier légendaire récemment accidenté après un freinage trop brusque. Puis il m'a embarqué comme traducteur allemand-anglais lors d'une transaction commerciale avec un client.
J'ai été sidéré par l'humour, la bonne humeur et le franc parlé de l'homme. On est très loin de la réserve britannique. Quel plaisir d'échanger avec lui.
Le lendemain samedi sur la terrasse du self au zoo. Il est venu spontanément et très simplement à notre table. Je l'ai lancé sur le brexit . Qu'est-ce qu'on a rigolé !
Et puis aussi cet échange :
Ma question : "Do you remember your first Yamadori ?"
La réponse de Tony Tickel : " Oh Yes , I do ! It's like your first fuck"
Je m'auto-censure pour ce qui est de ma réponse, mais là encore on était tordu de rire.
Je pourrais continuer longtemps sur ces deux journées. Demain est un autre jour...
