QUERCUS robur

Hello,

 

J'ouvre ce sujet pour présenter le prélèvement d'un gros chêne, que j'ai eu l'opportunité et l'autorisation de prélever ce printemps, et son évolution.

Je n'ai pas encore beaucoup écrit concernant mes arbres mais je vais essayer de rattraper le retard dans les prochains mois!

 

En fin d'année dernière j'ai eu vent de la transformation d'une parcelle fortement colonisée par les genêt en prairie. En gros celà signifie passage du bull et broyage de tout ce qui est ligneux.

Par acquis de conscience je suis aller voir si il n'y avait quelques Pins sylvestres qui s'étaient développés, sachant qu'une forêt de sylvestris borde la parcelle en question. 

 

Après une première reconnaissance, pas de trace de pins mais découverte de plusieurs ifs s'étant développés tout seul depuis 15-20 ans et deux chênes bien tordus. Les ifs ont été prélevés ainsi qu'un des deux chênes. Ces arbres reprennent tout doucement et feront l'objet d'autres sujets!

 

Les prélèvement des autres arbres m'ont permis de me rendre compte de l'état du sol et des possibilités de former des mottes intéressantes. La parcelle est situé en contrebas d'une arrête gréseuse (assez rare par chez moi où le granit prédomine) ce qui implique un substrat naturel contenant beaucoup de sable, un peu d'argile et pas mal d'humus sur un sol peu profond (environ 30-40cm avant de tomber sur des blocs rocheux).

- Le sable siliceux issue du grès est assez anguleux donc permet d'avoir des radicelles proches du tronc, donc une bonne capacité de reprise post prélèvement. Tout les arbres prélevés sur cette parcelle ont confirmé ce phénomène.

- L'humus et la litière (feuilles et autres en décomposition) contiennent beaucoup de mycorhizes (indisponible à nos chênes)

- Le peu d'argile permet de maintenir les deux précédents ensembles et de sortir des mottes pas trop dégarnies.

 

Il m'a fallu plusieurs autres sorties sur place pour découvrir l'arbre que je n'aurai jamais imaginé prélevé il y à encore un an. 

Au bout de la troisième sortie je suis passé à côté d'un chêne que je n'avais pas spécialement remarqué auparavant et j'ai découvert ceci :

 

282155

DSC_0036_5.JPG

282156

DSC_0037_5.JPG

 

La parcelle sert entre autre de dortoir à des sangliers et des chevreuils. J'imagine que régulièrement ces derniers venaient régulièrement manger les jeunes pousses ce qui à obligé le chêne à trouver une autre voie. Il faisait environ 3m de haut avant prélèvement et 1m20 après le nettoyage réalisé lors du prélèvement. Le "nettoyage" à consisté à éliminer tout le bois trop éloigné de la base forte de l'arbre. Un dernier rééquilibrage à réaliser après le rempotage pour éliminer les rameaux cassé et les tire-sèves trop bas.

 

282157

DSC_0043_6.JPG

282158

DSC_0045_5.JPG

 

 

Il nous aura fallu 3h à deux gaillards pour sortir le bestiaux en emmenant un maximum de radicelles et en faisant attention au pivot que nous avons dû tout de même scier sur place.

 

Une fois séparé de son support il a fallu le charger, le sangler puis le ramener dans son nouveau chez lui ou l'attendait "un berceau".... Après avoir remis le terrain dans un état convenable.

 

J'utilise des tonneaux de 200L coupés en deux pour la reprise des gros sujets que je prélève. Là ça ne suffisait pas. Il a fallu que j'adapte.

 

282159

DSC_0078.JPG

 

Le rempotage a été effectué dans un mélange de pouzzolane et de terre d'origine riche en sable et en mycorhizes. Afin de garantir un meilleur développement des champignons nous avons également ramené un peu de la litière (feuille en décomposition) prélevé au pied du chêne avant prélèvement que nous avons remis en surface en fin de rempotage.

 

Le prélèvement à eu lieu le 15 février 2017 et il ne s'est pas passé un jour sans que j'aille surveiller l'état de l'arbre et notamment des bourgeons.

 

Fin mars en raison des chaleurs de la période il a commencé à bourgeonner , bonne nouvelle et ouf de soulagement... ce n'était que le début..

 

Semaine post Pâques, gros gel et destruction de plusieurs rameaux et bourgeons apicaux...gros coup de stress.

 

Par la suite surveillance accrue et soulagement définitif lorsque de nouvelles poussent ont commencer à exploser de partout.

 

282161

DSC_0068.JPG

282162

DSC_0076.JPG

282163

DSC_0067.JPG

 

Depuis j'ai éliminé 75% de la végétation au bas du tronc pour favoriser la circulation de la sève le plus loin possible.

 

Actuellement j'hésite à diminuer un peu la forte végétation apicale. J'hésite pour les raisons suivantes, donc si certaines personnes peuvent m'apporter leurs expériences je suis preneur :

- 1 Simple réflexe : c'est sa première saison en pot donc garder un maximum de feuilles pour faire un maximum de réserves et de radicelles

- 2 La "canopée" va protéger les jeunes pousses du rayonnement potentiellement trop fort.

Par contre :

- Trop de feuilles + chaleur + humidité (si été pluvieux) = champignons = oïdium  + d'autres ravageurs potentiels (chenilles, otiorhynques, ...)

- Diminution des pousses apicales = équilibrage de la sève = pousse plus équilibré des rameaux qui serviront potentiellement de base à la construction de la nouvelle ramification.

 

Merci de m'avoir lu jusqu'ici et au plaisir de vous lire.

 

Hunzi

Pas touche!

Tu en as déjà fait beaucoup, laisse le respirer je dirais aussi. Prêle en décoction pour l’oïdium en préventif. À la rigueur, les pousses fortes du haut tu les arques ou ligature un peu , histoire de les garder dans la ramure.

@pj1234 : Ok pour le "pas touche". 

 

@arbophil : J'en ai 4 au total, tous en reprise suite à des prélèvements. Ce n'est pas une espèce que j'imaginais travailler un jour. Ce sont notamment les messages de bonsaiphile et les discussions que j'ai pu avoir IRL qui m'ont décidé à tester ce genre. Après ce sont les opportunités de prélèvement qui ont fait que je puisse obtenir un spécimen de ce type. Donc pour le travail du chêne c'est nouveau pour moi mais les défis de ce type ne me font pas peur et j'ai commencé à me documenter bien avant de prélever. Maintenant je dois patienter, surveiller et pratiquer.

 

Donc je vais le laisser souffler et refaire ces réserves. Pour la prêle je n'y avais pas penser, je vais attendre la soirée pour en pulvériser. Pour ce qui est de replacer sommairement les pousses fortes je vais voir comment faire. j'ai déjà pratiquer une opération de ce type sur un pin que j'ai prélevé et qui avait poussé la tête en bas suite à un déracinement partiel. Les nouvelles aiguilles on changées d'orientation et quand je l'ai remis à l'endroit elles étaient orientées vers le bas. Pour améliorer la photosynthèse j'ai ligaturer les branches principales pour réorienter les aiguilles vers le soleil.

 

 

Merci pour vos réponses.

La suite en photos très prochainement.

L'apparition éventuelle d'oïdium devrait être à ce stade un souci secondaire.

En revanche en début de culture d'un chêne la grosse préoccupation réside normalement dans la réduction de la racine pivot dans les années à venir.

Pour ce faire, il faut que l'arbre tire des racines latérales. Pour qu'il développe des racines latérales en nombre il lui faut le plus de feuilles possible. En conséquence je ne toucherais sous aucun prétexte à la végétation !! Au contraire je croiserais les doigts pour qu'il fasse une bonne deuxième pousse et, pourquoi pas une troisième cette année.

Dommage que tu n'ai pas pris de photo des racines  au moment de l'empotage. Mais je sais bien que dans le feu de l'action on oublie ce point qui peut pourtant s'avérer très utile par suite quand il s'agira de juger du développement racinaire. En comparant ce qui a été avec ce qui sera au printemps prochain on a de bonne informations pour savoir où couper le pivot....

Beau reportage :)

 

tu as cassé la motte? coupé de la racine autre que du pivot?

 

quelle exposition post prélèvement?

Quand on observe les photos prises au moment du prélèvement on se rend compte que le diamètre du fossé de cernage est surdimensionné. C'est une constante et je reconnais là aussi ma façon de faire.

Je me maudis souvent quand je vois les efforts déployés à soulever une telle masse de terre comparé à ce qui reste pour le transport et puis pour la mise en caisse de culture.

Dans le cas de ce chêne j'imagine le combat pour sortir un tel volume de motte.

Mais ce travers est sans doute nécessaire : il faut jouer la prudence.

Personnellement je "casse" toujours la motte. Pour le chêne je conserve un peu de terre d'origine. Mais mettre à nu les racines dés le départ me semble important pour pouvoir juger de la structure des racines.

Quant à  couper les racines latérales (celles qui partent du pivot) c'est se priver de ce qui qui va permettre la reprise d'un chêne. A éviter autant que faire se peut.

Quand on prélève le 15 Février - c'est une bonne fenêtre pour Q. robur - il n'y a pas le choix pour l'exposition : hors gel. Et cela quel que soit l'espèce. Pour moi c'est direction cave jusqu'au gonflement des bourgeons.

j'aurais peur de casser la motte dans certain sol, peur de casser de la racine, mais bon tout à fait d'accord avec toi il faut visualiser le racinaire pour la suite des travaux.

 

je suis surpris pour la mise en cave, mais c'est vrai qu'a un moment ça fait tirer les bourgeons. Et puis en février à Strasbourg les gels doivent être très fréquents!

 

Sur la région toulousaine les gens ont l'air de sortir du chêne plus mi mars fin mars, quand les bourgeons pointent, limite en feuille...du coup dans ce cas je me demandais comment ils exposent leurs chênes?

De ce que j'avais lu c'était en serre et pulvérisation fréquentes, mais pour les gens qui n'ont pas de serre, c'est quoi? feuillage à l'ombre caisse au soleil et pulvé fréquente aussi?

j'avais hésité à en tenter quelques uns en février/mars, et on me l'avait déconseillé. Il parait que l'automne serai mieux par chez nous dans le sud.

j'imagine qu'il faut les mettre au moins mi ombre en prélevant au printemps.

j'avais hésité à en tenter quelques uns en février/mars, et on me l'avait déconseillé. Il parait que l'automne serai mieux par chez nous dans le sud.

j'imagine qu'il faut les mettre au moins mi ombre en prélevant au printemps.

 

hey peut-être, j'ai jamais entendu parler de gens prélever du chêne en automne, je sais pas si ça racine à cette période le chêne.

Chez moi de très bons résultats pour les chênes prélevé au printemps.

A l’inverse les prélèvements de chênes effectués à l’automne sont peut satisfesant.

merci Karpoff pour le retour, tu sais pourquoi tes yama ont périclité?

Juste un constat. Je pense qu’après prélèvement, le chêne a vraiment besoin d’une grande activité racinaire pour bien redemarrer et ne pas s’épuiser sur ces réserves.

Bonsoir à tous et merci pour ces réponses et commentaires.

 

Il y à effectivement un peu d'oïdium qui à commencé à se développer, surtout sur les jeunes feuilles qui sont sorties tardivement mais uniquement celles qui sont exposé plein soleil.

 

Concernant les racines, effectivement dans le feu de l'action et après 3h de travaux je n'ai pas pensé à prendre de photo. Cependant j'ai chercher à conserver un maximum de racines latérales et je pense que sur ce point je ne me suis pas trop loupé. Par contre le pivot à été coupé assez court à mon gout. Pour juger il faudra attendre le rempotage dans 10 mois.... Et là je prendrais le temps de photographier la motte avant et après réduction du pivot.

 

Concernant le fossé de cernage je préfère en général me faire suer mais augmenter les capacités de reprise quitte à ramener "trop" de racines (on en prend jamais assez de toute façon). Ce sera autant de stress en moins pour l'arbre et celui qui cultive! Pour le coup nous étions et nous avons posé la motte sur une couverture que nous avons "trainé" jusqu'à la camionnette puis chargé à l'aide de madriers puis sanglage du bestiau et fermeture de la couverture afin de limiter les chocs sur la motte.

 

Concernant le "cassage" de la motte, vue que le chêne à pousser dans un substrat argile + humus + sable grossier la motte était très ramifiée et le substrat naturel était retenu par les racines et radicelles. Donc durant le rempotage j'ai dégagé les plus grosses mottes argileuses mais j'ai conservé une partie du substrat naturel mycorrhizé et tout en apportant un maximum de pouzzolane, j'ai remis en surface des feuilles de chêne en décompositions et fortement mycorrhizées.

 

Au niveau des racines latérales j'ai réduit uniquement lorsque "ça ne passait pas" dans le berceau... En privilégiant les racines présentant peu de radicelles dans ce cas ci.

 

Pour l'exposition c'est plein sud avec un poirier qui fait de l'ombre de 10h à 13h en été et dans l'état actuelle des choses la ramure fait de l'ombre à la caisse donc feuilles au soleil et caisse à l'ombre . Pour le hors gel c'est plus compliqué (Herr Gott em Himmel est avec moi pour l'instant...) A part un jeune cryptomeria japonica et quelques erreurs de débutants je n'ai pas eu de casse hivernale... La cave pas possible le bestiau ne passe pas....Par contre il y à peu de vent donc ça limite le dessèchement hivernal. J'habite dans une vallée haut-rhinoise donc le gel peu être très fort mais il y a plus de neige qu'en plaine et elle tient ce qui protège beaucoup les végétaux du gel.... C'est plus le gel des mois de mars et avril (autour de Pâques) qui sont à craindre surtout si nos Petits ont déjà commencé à débourrer.

 

Pour la période de prélèvement j'ai lu beaucoup de chose notamment sur ce forum, mais pour l'instant, et ce quelques soit l'espèce j'ai toujours eut de bien meilleurs résultats en prélèvement lorsque ceux-ci effectuer entre la fin de l'hiver et le début du printemps. Les pins sylvestres étant des exceptions, je les prélève fin août début septembre. Par ailleurs je me suis fait la même réflexion que Josaï-Ka31 et karpoff et ce pour tous les végétaux fortement mycorrhizé.  Ces végétaux (chêne, hêtre, tous les conifères, ...) réalisent une symbiose qui leur est vitale avec des champignons qui eux aussi vivent et se développent au rythme de l'arbre et des saisons. En automne l'activité dans le sol diminue et les chênes en particulier n'ont plus grand chose à échanger avec les champignons ; tous deux vont ralentir leur activité et donc la reprise racinaire qui est liées en parties aux échanges champignons-chênes ne pourra pas avoir lieu correctement. Alors qu'au printemps l'activité racinaire reprend et la symbiose va repartir de plus belle (d'où l'importance de ramener du substrat naturelle lors du premier rempotage)

 

Je prend quelques photos ce week-end.

Petit up???

Bonsoir à tous,

 

Effectivement un petit up est prévu. J'ai eu une année 2018 complexe....

 

Ce grand gaillard se porte très bien. Il a vécu son 1er rempotage depuis le prélèvement. 

Le rempotage a eu lieu le lundi de Pâques alors qu'il commençait à débourrer.

Nous l'avons passé du berceau vers un pot d'environ 120L et nous avons modifié son inclinaison dans le pot afin de supprimer sa verticalité monotone.

Fin 2018 j'ai également supprimé quelque gros tuyau droit et sans intérêt.

 

Des photos à venir prochainement ainsi que de nouveaux projets.

Merci pour le suivi :+1:

Hâte de voir les photos…

Pour info j en ai prélevé un ( bien plus petit que le tien ) en novembre et mis les racines à nue direct pour le mettre dans pouzzo pumice et terre d origine.

Je ne l ai quasi pas protégé cet hiver et là il me fait des pousses de partout…:heart_eyes:

Bref le prélèvement en automne fonctionne également…:hugs:

Voici quelques photos prisent ce soir avec mon téléphone portable.
 
Comme il a d'autres copains à côté de lui je n'ai pas toujours la possibilité l'angle que je souhaite.
 
Depuis j'ai prélevé 3 autres chênes, dont 2 ont survécu, toujours à la même période (1502-15/03). Comme je le disait plus haut, les hivers en Alsace peuvent être très rigoureux et très long avec de premières gelées fin septembre pouvant se poursuivre exceptionnellement jusqu'à mi-mai.
 
Mais tant mieux si cela a fonctionné pour toi en automne. L'essentiel c'est de ne pas produire (trop) de cadavre à barbecue.... :spb52:

Beau spécimen. Je pense qu'il faudrait freiner ou contrôler la pousse du sommet, pendant toute la période de végétation, parce qu'il y'a peu de pousses sur le tronc qui puissent donner de futures branches et aussi supprimer celles de la base qui agissent comme des gourmands.

 

Pis commencer à réfléchir à un projet