Mycorhizes.....en question

Voila un sujet dont on parle regulièrement…mais dont on sait au final pas grand chose.

Alors qq questions en vrac ?

…Quelles sont les espèces a Ectomycorhize ? a endomycorhize

…comment reconnaitre leur présence ?

…quels sont les réels moyens pour ensemencer nos arbres ?..et les conserver ?..

…et bien d’autres !


Ce sujet àfait l’objet d’une synthèse ici:

http://www.parlonsbonsai.com/Mieux-comprendre-les-mycorhizes-en.html

mais il continue !…

Bonjour, et merci pour ce forum qui est une mine de renseignements. J'ai découvert ces champignons dans des feuilles de saule en décomposition que j'avais laissés dans un coin, est ce que quelqu'un connait leur nom ? Sont ils mycorhiziques ? Je cherche en vain sur le net.

Merci.

Les mycorhizes sont exclusivement dans le sol (anaérobies). L'apparition des champignons aérien (en aérobie) est favorisé par l'existence d'un réseau mycorhizien dense. Je ne suis pas certain qu'un champignon "aérien" favorise le développement de mycorhizes. Il est plutôt le résultat d'un microsystème riche dans le sol qu'à l'origine de ce microsystème.

Je suis très étonné ! Je ne suis pas spécialiste des champignons mais j'ai toujours appris  que l'immense majorité d'entre-eux étaient aérobies (le sol n'est pas un milieu anaérobie, merci pour les petites racines de nos bonsaïs) et que ce que tu appelles « champignon aérien » est un carpophore, c'est à dire juste l'organe produisant les spores et issu du mycélium (souterrain).

 

 

J'ai découvert ces champignons dans des feuilles de saule en décomposition que j'avais laissés dans un coin, est ce que quelqu'un connait leur nom ? Sont ils mycorhiziques ?

 

Je ne connais pas ce champignon. Simplement, vu ses conditions d'apparition (absence de végétal vivant), il a tout l'air d'être un simple champignon saprophyte.

Effectivement, les mycorhizes sont aérobies, comme beaucoup... ;-)

En milieu anaérobie, on a classiquement des bactéries (même s'il doit bien y avoir des champignons anaérobies...)

 

Comme lanig, à mon humble avis, rien de mycorhizien là dedans :-(

Dit comme cela, ça me semble partir un peu dans tous les sens :spb53:  : les mycorhizes sont des associations plantes/hyphes qui permettent aux champignons de se nourrir et ce faisant d'améliorer l'appréhension de nourriture par les plantes. Les classer comme aérobies ou pas me semble d'autant moins pertinent que les endomycorhizes sont constituées d'hyphes internes aux racines.

 

Ci-dessous un tableau des différentes sortes d'associations mycorhiziennes, tiré de Mycorrhizal Symbiosis (Smith  & Read) chez Elsevier 3éme édition, tableau qui montre leur infinie diversité et qui montre selon moi que cette classification (aérobie/anaérobie) est dénuée de sens.

 

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classificationdes mycrorhizes.jpg

même dans les racines, ils restent aérobies... si on trouve dans des racines des champignons anaérobies (j'ai trouvé les levures, mais pas plus... ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas plus), c'est qu'il y a un souci ;-)

 

Le tableau présenté montre au contraire que les mycorhizes sont assez peu diversifiés pour les grands groupes qui les composent : Asco-, basidio- et gloméro- mycètes :-D

Il y a pas contre un très grand nombre d'espèce dans chaque groupe...

Merci Michel pour tes contributions toujours très bien documentées et particulièrement pertinentes.

Dans le tableau que tu viens de publier, je note que les orchidées y ont une place à part.

J'ai prélevé une orchidée ce printemps pour un kusamono en lui laissant une bonne part de sa terre d'origine. Elle n'a pas encore fleurie, mais ses feuilles se redressent actuellement laissant espérer une floraison imminente.

Mais qu'en sera t il l'année prochaine ? Y a t il une chance de conserver la plante ? La floraison ?

Les orchidées sont à part, car elles ont un besoin vital du champignon pour germer, car elles n'ont pas de réserve, et restent sans chlorophylles pendant un moment...

Un bon article : http://www.snhf.org/images/stories/Roy-colloque%20alliance.pdf

Alors, ça a encore moins de sens de les classer comme telles. (j'étais parti comme certainement Michel sur aérobie = qui a besoin d'air, et non qui a besoin d'oxygène)

 

(Ascomycétes, quelques  milliers d'espèces, basidiomycétes d°..., glomeromycétes - ceux qui nous intéressent le plus, et auxquels nous pensons spontanément-, au moins 150 espèces ). Je poursuivrai à l'occasion la lecture de l'ouvrage que j'ai cité - que je n'avais que survolé jusqu'à présent-, mais j'ai cru y comprendre que, à l'exception notable des glomeromycétes, on a approximativement autant de variétés d'associations différentes que de plantes.

Les orchidées sont à part, car elles ont un besoin vital du champignon pour germer, car elles n'ont pas de réserve, et restent sans chlorophylles pendant un moment...

Merci beaucoup pour cet article.

Très intéressant !

J'ai comme l'impression d'être en mission impossible vu la complexité de la chose du point de vue mycorhizes.

Ceci dit, quand on prélève, la plante a déjà germée. Il faut donc être particulièrement attentif à la conservation du substrat d'origine.

 

Citation

 

J'ai découvert ces champignons dans des feuilles de saule en décomposition que j'avais laissés dans un coin, est ce que quelqu'un connait leur nom ? Sont ils mycorhiziques ?

 

Je ne connais pas ce champignon. Simplement, vu ses conditions d'apparition (absence de végétal vivant), il a tout l'air d'être un simple champignon saprophyte.

 

Il pourrait être saprophyte micorhizien ... étant donné sont apparition dans des feuilles de saule, je pense tester sur mes saule en culture (et peut être sur mes autres pre-bonsais)... je tacherai de tenir le forum au courant si jamais la magie opère ! ;)

Bonjour, et merci pour ce forum qui est une mine de renseignements. J'ai découvert ces champignons dans des feuilles de saule en décomposition que j'avais laissés dans un coin, est ce que quelqu'un connait leur nom ? Sont ils mycorhiziques ? Je cherche en vain sur le net.

Merci.

 

Ben revenons à la question : les champignons découverts par Gajumaru dont-ils dûment pourvus de mycorhizes. Perso je pense que non, du moins en tant que tels. Par contre leur support, à savoir des feuilles de saule, p’têtre bien que oui

Sur cette page de la Société Mycologique des Hautes Vosges,(référence en rouge sur la photo), il est indiqué que 80% des champignons supérieurs sont susceptibles de former une symbiose mycorhizienne.

Le champignon montré a un carpophore nettement visible. C'est donc un champignon dit supérieur (par opposition aux champignons inférieurs qui pour l'essentiel sont les moisissures.

Sans connaitre le champignon, je suis donc prêt à parier à 80% qu'il est mycorhizien. (c'est mon coté joueur... :spb95: ). En revanche, il ne semble pas possible de déterminer avec les racines de quelle espèce d'arbre il est susceptible de former des mycorhizes, dans les 4 cas sur 5 où il en fait.

 

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Smhv.jpg

J'aime pas trop le terme de champignon "supérieurs" et "inférieurs"... ils ont tous la même durée d'évolution derrière eux, et sont tout aussi complexe, mais différemment... ;-)

Je pense que "supérieur" renvoie aux basidiomycètes, ceux qui font un chapeau (l'organe reproducteur.... avis aux consommateurs), même si finalement, faire un carpophore (le chapeau) est une stratégie de reproduction assez "banale" et simple parmi les organismes vivants :-D

Je connais pas très bien les subtilités des champignons, mais il semble que cela soit une classification "communèment" admise, au moins dans le monde universitaire; voir page 5 de document

 

Alors si des universitaires l'utilisent, on n'a pas à aimer ou pas (aime t'on le classement entre vertébrés et invertébrés ?), on utilise; la distinction (sur ce document au moins) me parait en tout cas être claire,  mode de transport des spores (flagellées ou non), et à leur regroupement.

C'est justement parce que je connais pas trop mal les subtilités de la classification que je dis que je n'aime pas ce terme, qui en plus d'être faux (supérieurs en quoi ?), renvoie à l'idée d'échelle des êtres, qui n'est plus du tout (mais alors plus du tout) la vision de l'évolution qu'ont les universitaires. L'évolution n'a pas de sommet, et il n'y a pas d'êtres supérieurs ou inférieurs (voir ici).

Dans le document proposé, il est bien dit que ce sont les champignons « dits » supérieurs… Or, on sait bien qu’on « dit » beaucoup de bêtise :smiley:

Je ne connais pas la personne qui utilise ce support de cours, mais je suppose (du moins j’espère), qu’elle précise que la classification admise est celle présentée en bleu (Chytridiomycota, Zygomycota, Ascomycota, Basidiomycota), et que les indications en rose sont pour les recherches dans les vieux livres de la bibliothèque :newsm_13:

 

Pour les invertébrés, c'est pareil, j'aime pas, parce que c'est un groupe qui n'existe pas (version courte), mais ne t'inquiètes pas, c'est pareil pour les poissons :-D

 

Quand on parle de classification, on donne des noms à des groupes monophylétiques (un seul ancêtre, qui est l'ancêtre de tout le groupe), en fonction de leur caractéristiques (synapomorphies du groupe), et sans donner plus d'importance à un caractère qu'à un autre (pas de supériorité ou d'infériorité, on a tous la même quantité d'évolution derrière nous)... 

Tu dois avoir raison pour l'inexistence des champignons supérieurs, (je ne suis pas du tout convaincu que l'interview que tu cites soit totalement dénuée de volontés idéologiques et d'orientations politiques -pas nécessairement du fait de l'interviewé d'ailleurs-, mais c'est une autre histoire. Ah, la vision scientifique de l'ex URSS, que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre... :spb53: . A tellement vouloir défendre l'idée d'une absence de hiécharchie, il y a en réalité dans cet interview une telle volonté de démontrer que l'homme, lui, est au sommet de l'évolution que s'en est risible).

 

En revanche, en ce qui concerne les champignons "inférieurs" (et accessoirement les champignons supérieurs, qui sont apparemment définis comme les champignons "qui ne sont pas classés dans les supérieurs"), il va falloir aller expliquer cela à ces ignares de l'ESMISAB, qui s'évertuent à colporter ces idées qu'ils affirment tenir du Cours de Microbiologie Eucaryote de Paris VII...

Gaffe avec les bretons. Je plaisante hein là,.

 

Pour ma part j'aurais au moins appris de cette discussion que l'on classe les champignons entre supérieurs et inférieurs, classification que je me garderais bien d'aimer ou non, mais que je continuerai d'utiliser, sans y voir aucun classement hiéarchique, mais seulement un apect pratique. Dés qu'une autre sera disponible, simple, et généralement admise, je la ferai mienne. Mais je ne serai alors qu'un vieux livre dans une très vieille bibliothéque. Et on ne réécrit pas les vieux livres.

 

Pour revenir au champignon de notre ami auteur de la question, il s'agit donc d'un champignon supérieur (selon le classement de Paris VII), capable de mycorhizer (avec une probabilité de 80 % ) certaines espèces d'arbres (mais on ne sait pas lesquelles).

merci pour vos réponses, apres une autre recherche j’ai l’impression que j’ai à faire à la « plutée du saule », juste saprotrophique apparement .

Une question toute bête... je n'ai pas trouvé la réponse dans les 12 pages du post (ou alors je l'ai pas vu)..

Est-ce possible d'adjoindre des mychorizes sur des arbres déjà rempotés ou cela est vain et il faut que cela soit vraiment bien mélangé au substrat lors du rempotage ?

merci !