Les termes japonais en bonsaï

Pour reprendre mon message précédent y’a une école et un style de ballet russe qu’on ne voit pas ailleurs, ils ont gardé le vocabulaire français et peuvent ainsi rapidement se comprendre avec les danseurs du monde entier qui ont fait de même sans que celà ne freine leur créativité. Les pratiquants de jujitsu brésilien pratiquent un style typiquement brésilien dans sa méthode d’entrainement et sa doctrine. Mais ils ont gardé le vocabulaire japonais et peuvent facilement se comprendre avec tous les pratiquants de jujitsu ou de judo.

Un style “européen”, ou même français, roumain ou autrichien n’a pas besoin de changer tout les termes pour trouver sa voie.

1 « J'aime »

Oui mais elle repose sur un a priori faux, c’est à dire que la traduction est incomplète ou insatisfaisante ce qui est faux dans de nombreux cas. Inversement, il y a des termes utilisés en français qui sont plus précis que le terme d’origine en japonais. Par exemple « kazari ». En japonais, c’est un terme très général et vague que l’on peut utiliser dans plein de situations : un tableau, un accessoire à usage décoratif dans la maison, les décorations de Noël (« kurisumasu no kazari ») etc. En utilisant le terme français, on est en fait beaucoup plus précis. Une présentation est un agencement d’objets qui a pour destination d’être montré.

Il y a des cas où (mais pas toujours) la traduction est moins précise. C’est le prix à payer pour s’adresser à un public cible élargi. Un dilemme bien connu quand on vulgarise.
A l’inverse quand le terme français est plus spécifique et bien adapté, utilisons le sans arrière-pensée
Je trouve que scénographie — terme assez généraliste aussi — convient parfaitement à la place de Kazari. Non ? Mais « présentation » me va bien aussi. Il a l’avantage d’être plus vulgarisant encore.

Quant à Hachiawase, c’est la première fois que je l’entends en plus de 40 ans de bonsaï.

tachiagari : en français je lis la définition de « Fût » : Partie du tronc située entre le sol (ou la souche) et la première ramure visible. Du latin fūtus (« tube, conduit ») et du français ancien fut signifiant « tronc, tige »
Sa forme est généralement cylindrique, mais peut varier selon l’espèce et les conditions de croissance.

Rappel : en bon français écrit on est tenu de mettre en italique les termes d’une autre langue.
Ersatz , Vasistas , Schadenfreude etc

Non,

“Présentation” est peut-être le terme le plus proche, mais il est réducteur. Il décrit un geste, là où le kazari désigne une relation et surtout une manière de guider le regard. Il manque de subtilité.

“Scénographie” me semble encore plus problématique. Ce terme implique une mise en scène, donc une intention visible d’organiser le regard. Or, dans le kazari, l’enjeu est justement inverse : plus c’est juste, moins cela se perçoit comme une mise en scène. L’objectif n’est pas de montrer une construction, mais de la faire disparaître au profit de l’arbre.

À mon sens, on est dans le même cas que des notions comme mochikomi ou wabi-sabi. Ce sont des concepts qui dépassent la simple traduction. On peut s’en approcher avec des mots français, mais aucun ne les remplace vraiment sans en réduire le sens.

Du coup, le plus juste reste probablement de garder le terme kazari… et de prendre le temps de le définir précisément plutôt que de chercher un équivalent direct.

Apprendre les termes justes fait partie de l’apprentissage. Remplacer des notions précises par des mots “approchants” simplifie, mais appauvrit la compréhension.

Je parle bonsaï à des pratiquants sur un forum bonsaï, quoi de plus logique ?

40 ans de bonsaï ???
Que tu ne connaisses pas ce terme après 40 ans de pratique ne remet pas en cause son existence, mais montre plutôt qu’on peut avoir des parcours bien différents en bonsaï.

Certains mots ne circulent pas partout, ou pas dans tous les milieux, mais ils désignent malgré tout des notions précises.

C’est justement pour ça que je dis que le vocabulaire compte, il permet de nommer des choses qu’on perçoit parfois sans les formaliser.

Et puis, reste logique avec toi-même, ne dit plus “bonsaï” mais “arbre dans un pot”

1 « J'aime »

Pour tester la validité de cette idée, il suffit de chercher les images correspondant à kazari (飾り)en japonais. On ne peut pas chercher sans le kanji car sinon, tous les résultats sont phagocytés par une jeune actrice qui porte ce nom de scène (ce qui d’ailleurs est une forme de test à elle toute seule.

Je pense que les résultats se passent de commentaires…

2 « J'aime »

Plus une “composition” du coup ?

1 « J'aime »

Ce que je veux dire, ce n’est pas qu’il n’y a pas quelque chose de très particulier dans la mise en exposition japonaise des bonsaïs, bien au contraire. Ce que je veux dire, c’est que cette intention spécifique n’est pas contenue dans le mot mais dans l’intention et la pratique qui réalise cette intention.
De fait l’appeler composition, présentation ou kazari n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait.

3 « J'aime »

Y a-t-il des mots japonais dont la traduction en français est effectivement incomplète ou insatisfaisante ?

qcq mots qui sont irremplaçables pour moi, en vrac (produits, régions, type de terres etc) :
Bonsai, akadama, kiryu, tokoname, gyozan, yamaaki, etc

qcq mots difficilement remplaçables ou plus pratiques (court) à utiliser :
wabi/sabi, tachiagari, mochikomi, nebari, mekiri, jin, shari, chokkan, moyogi, tokonoma, mokko etc

Parlons du mekiri : Au sens large, c’est une taille, mais le mekiri qu’on pratique au printemps ou au début d’été, à un moment opportun, pour avoir une seconde pousse avec plusieurs nouvelles chandelles et petites aiguilles, c’est vraiment une procédure à part entière, qui implique des préparatifs (fertilisation en amont, arbre fort), une période, des techniques pour le réaliser et même une suite.
On peut le remplacer par « taille » pour les débutants, mais même « coupe des chandelles » est incomplet, vu qu’on laisse les chandelles faibles. Le terme mekiri est pratique car il implique à lui tout seul toute la procédure.

Au final, petite question, remplacer des termes japonais bien connus et compris entre nous, amateurs, par 1 ou plusieurs termes français, ça servirait à quoi ? :thinking:

C’est pas si simple, Pour le mekiri mais aussi pour la culture en général toutes les actions sont toujours liées avec d’autres. Par exemple si tu fais un metsumi tu ne peux le faire que sur un arbre en bonne santé bien cultivé et tu ne pince pas toutes les chandelles non plus. Le mekiri, tailler les chandelles les plus fortes en 1er, c’est suivant le stade ou tu le pratique. Si tu le fais un peu tard tu fais tout d’un coup. Tailler les aiguilles certains le font en même temps, d’autres plus tard. le desaiguillage dépend du stade d’avancement de l’arbre… enfin beaucoup de facteur qui peuvent changer d’un pratiquant (bonsaika) à l’autre. La taille des aiguilles se nomme Mekaki si je me trompe pas. Le Mekiri est il en japonais l’action de taille des chandelles aiguilles ou seulement la taille des chandelles?
Pour répondre a ta question, entre amateur cela peut servir à s’assurer que la personne en face à bien compris. On dit bien un pot, pas Utsuwa pour être jusqueboutiste.

1 « J'aime »

Le souci ( enfin, la question posée ) ne se limite pas à la « seule » traduction si on change de langue.
Celà vaut aussi dans la même langue, en changeant de « milieu », et donc d’interprétation selon celui qui parle et celui qui reçoit l’info.

Un terme ( toujours en franco français sans aller plus loin ), peut être trés vague et mal employé par le rédacteur, et celui qui le reçoit ( si c’est une fine fleur du domaine ) l’interprétera dans un champ d’usage trés précis ( selon la dicussion ) et possiblement de manière trés trés différente.

L’inverse existe aussi: ce qu’exprime un « pro » sera précis dans LE domaine d’application et le cadre de la discussion, et pourra donner l’illusion d’être compris par le récepteur sans qu’il le soit.

Toche à parlé d’oenologie. Bon en vrai l’exemple qui suit relève plus de la sommelerie et de la dégustation ( la science oenologique se traduit trés bien en diverses langues et l’anglais international fait trés bien le job ).
Il existe un blanc sec qui a un bon succès commercial dans sa région, en circuit CHR et en GMS. Il ne coute pas cher, il est accessible et « connu ». 90% des dégustateurs vous le décrieront facilement comme « fruité », alors qu’il l’est trés trés peu ( voir pas ). C’est ultra boisé. Les commentateurs confondent allègrement l’intensité aromatique ( il est intense ) avec le qualificatif de la famille aromatique. Ca n’a absolument RIEN à voir, mais pour 90 % des gens ce sera fruité…un qualificatif factuellement totalement faux.

Alors si en plus on change de langue :rofl: