Les phases biologiques

En fait, ce qui me gêne le plus, c’est l’idée même de phases qui s’appliqueraient à tous les arbres.
Par exemple, les palmatums, à part une petite période après la chute des feuilles, toute taille provoque un écoulement de sève. La plupart des arbres sont au repos l’hiver, mais certains fleurissent à ce moment : bouleau, noisetier, prunier du Japon, cognassier… De même en été, la plupart des arbres sont en pousse continue mais pas tous, chêne, pins etc. Un découpage en phases identiques pour tous est-il un outil qui facilite la culture ? J’en doute.

Pareil
Pour les palmas c’est la période où les feuilles tombent et quelques jours qui suivent .. à ce moment pas d’écoulement de sève
Pour le reste les 4 saisons de nos anciens me suffisent
Même si à travers les saisons il y a des périodes de croissance
Par exemple en septembre octobre si le mois est pluvieux forte croissance racinaire
Dans tous les cas l’observation minutieuse des arbres reste primordiale :wink:

Oui, évidemment, il faut voir ça comme un repère à adapter aux différentes essences. Beaucoup de règles ont leurs exceptions, et là c’est à peine une règle, comme je disais, plutôt un repère.

Les phases des conifères et persistants sont différentes.

Bonjour Clem,

Merci d’avoir pris le temps de lire et surtout de critiquer le modèle. C’est exactement ce qui me permet de vérifier si je me suis bien exprimé.

Je crois que nous sommes d’accord sur beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît.

Tu me demandes si l’on peut dire concrètement qu’un arbre est en écodormance ou en post-dormance.

Ma réponse est la suivante.
Non, pas au sens où l’on pourrait tracer une frontière nette.
C’est justement ce que je cherche à éviter.
Les sept phases ne décrivent pas des compartiments étanches.
Elles décrivent des dominantes physiologiques.

Comme dans beaucoup de phénomènes biologiques, plusieurs processus coexistent en permanence.
Simplement, à certains moments de l’année, l’un d’eux devient progressivement dominant.
Je ne cherche donc pas à identifier le jour où l’on quitte une phase pour entrer dans une autre.

Je cherche à reconnaître quel processus prend progressivement le dessus.
C’est cette dominante qui m’aide ensuite à raisonner.

Tu me demandes également ce que cela change pour le rempotage.
Pour moi, cela change justement la manière de décider.
Le rempotage ne devient pas possible parce que nous sommes au mois de mars.
Il devient pertinent lorsque l’arbre est physiologiquement capable d’y répondre.
Les phases ne remplacent donc pas l’observation.
Elles donnent un cadre de réflexion.

Concernant les saisons, je ne prétends pas qu’elles soient inutiles.
Au contraire, tout le monde comprend ce qu’est le printemps ou l’automne.
Simplement, les saisons décrivent le climat.
Moi, j’essaie de décrire la logique de l’arbre.

Ces deux lectures ne s’opposent pas.
Elles répondent simplement à deux questions différentes.

Enfin, tu cites ton palmatum encore feuillé en novembre.
C’est un excellent exemple, je ne dirais jamais qu’un arbre est obligatoirement en endodormance en novembre.
Les mois indiqués ne sont que des repères.

Une espèce, un climat, une exposition ou même la vigueur d’un arbre peuvent modifier considérablement le calendrier.
L’erreur serait justement de transformer ces repères en dates fixes.
C’est exactement ce que je cherche à éviter.

Bonjour,

Merci beaucoup pour ton commentaire.
Je le trouve particulièrement intéressant parce qu’il ne remet pas en cause la physiologie mais apporte des précisions importantes.
Je suis tout à fait d’accord sur le fait que la reconstitution des réserves commence bien avant l’automne.
C’est d’ailleurs une idée que j’essaie justement d’intégrer dans la phase que j’appelle « maturation estivale ».

À partir du moment où la photosynthèse dépasse les besoins immédiats de la croissance, une partie des assimilats commence effectivement à être orientée vers les réserves.
Je ne situe donc pas le début de cette mise en réserve en automne.

En revanche, l’automne correspond davantage à une réorganisation de ces réserves, à leur redistribution et à la préparation de la dormance.
Je pense donc que nous décrivons finalement le même phénomène avec un découpage légèrement différent.

Concernant l’activité des feuilles, je partage également ton avis.
Une feuille présente n’est pas nécessairement une feuille très active.
L’activité photosynthétique évolue avec l’âge de la feuille, les conditions climatiques, la photopériode et de nombreux autres facteurs.

Je veillerai probablement à nuancer davantage ce point dans le texte.
Merci pour cette remarque.

Bonjour Peuceb,

Merci pour ton intervention.
Ce qui m’a frappé en te lisant, c’est que nous raisonnons finalement de manière très proche.
Tu proposes six phases.et j’en propose sept.
Mais dans les deux cas, nous cherchons à découper le cycle annuel en grandes dominantes physiologiques.

La différence réside surtout dans le niveau de détail.
Par exemple, j’ai choisi de distinguer la maturation estivale de la pré-dormance parce que je considère que les objectifs physiologiques de l’arbre ne sont déjà plus tout à fait les mêmes.

Tu regroupes davantage ces phénomènes.
Je trouve cette discussion très intéressante.

Concernant les arbres à pousse continue comme les ormes, tu soulèves également un point important.
Toutes les espèces ne suivent évidemment pas exactement le même rythme.

Mon objectif n’est pas de faire entrer tous les arbres dans un calendrier identique.
J’essaie simplement de proposer une grille de lecture qui permette de comprendre quelle dominante physiologique est en train de s’installer.

Cette dominante variera ensuite selon l’espèce, le climat, la vigueur et les conditions de culture.

Bonjour Lanig,

Merci pour ton commentaire.
Je pense qu’il touche probablement la question la plus importante.
Tu écris que tous les arbres ne traversent pas les mêmes phases au même moment.
Je suis entièrement d’accord.
Je dirais même que c’est précisément la raison pour laquelle je préfère parler de dominantes physiologiques plutôt que de calendrier.

Je ne prétends absolument pas qu’un pin, un érable, un noisetier ou un prunus évoluent de manière identique.
Ce serait biologiquement faux.

Ce que je propose est différent.
J’essaie de décrire les grandes fonctions que l’on retrouve chez la majorité des arbres :
la préparation, la reprise, le débourrement, la croissance, la consolidation,
la préparation de la dormance puis la dormance elle-même.
Selon les espèces, certaines de ces dominantes seront plus longues, plus courtes, parfois moins marquées ou partiellement superposées.
Le modèle n’a donc pas vocation à remplacer l’observation.
Il sert uniquement de grille de lecture.

Il me semble d’ailleurs que nous faisons déjà cela intuitivement lorsque nous parlons de « débourrement » ou de « dormance », alors que ces phénomènes ne surviennent jamais exactement au même moment chez toutes les espèces.

Je ne cherche donc pas à enfermer tous les arbres dans sept cases.
J’essaie simplement de donner un nom aux grandes dominantes physiologiques qui rythment leur cycle annuel.

Je pense que nous sommes finalement d’accord sur l’essentiel. :slightly_smiling_face:
Je n’ai jamais cherché à remplacer les quatre saisons. Elles restent d’excellents repères climatiques et elles continueront toujours à être utilisées.

Là où j’essaie d’aller un peu plus loin, c’est dans la lecture de ce que vit réellement l’arbre.
Tu cites par exemple la forte croissance racinaire de septembre-octobre lorsque les conditions sont favorables. C’est justement le type de phénomène que j’essaie d’intégrer dans une lecture physiologique du cycle annuel.

Mon idée n’est donc pas de dire : « oublions les saisons », mais plutôt : « essayons de comprendre pourquoi certaines interventions deviennent pertinentes à un moment donné ».

Les saisons décrivent le climat.
Les phases que je propose cherchent à décrire la dominante physiologique de l’arbre.

Ce ne sont pas des compartiments étanches, ni des dates fixes. Ce sont des dominantes qui évoluent progressivement, qui se chevauchent et qui varient selon les espèces, le climat, la vigueur de l’arbre et les conditions de culture.

Et je te rejoins entièrement sur le dernier point : aucune grille de lecture ne remplacera jamais l’observation. Au contraire, si cette approche a un objectif, c’est justement de pousser le bonsaïka à observer davantage son arbre avant de décider d’intervenir.

Si, au final, elle amène simplement quelques personnes à remplacer la question « Que puis-je faire aujourd’hui ? » par « Que vit réellement mon arbre aujourd’hui ? », alors elle aura déjà rempli son rôle.

Maintenant, laissez moi vous explique mon cheminement de pensée

Comprendre avant d’agir

Pourquoi une lecture biologique de l’arbre ?

Le calendrier
Pendant des années, comme beaucoup de bonsaïkas, j’ai appris qu’il fallait rempoter « au mois de mars », tailler « en juin » ou fertiliser « au printemps ».
Ces conseils fonctionnaient souvent, mais pas toujours.

Un jour, je me suis demandé pourquoi. Pourquoi une intervention réussissait-elle parfaitement une année, puis devenait-elle beaucoup moins pertinente l’année suivante ?

Pourquoi un arbre semblait-il prêt à être rempoté alors qu’un autre, de la même espèce, cultivé quelques centaines de kilomètres plus loin, ne l’était manifestement pas ?

Pourquoi certains arbres débourraient-ils alors que d’autres semblaient encore profondément endormis ?

Ces questions m’ont progressivement conduit à m’intéresser moins aux techniques qu’aux raisons qui les justifient.

Je ne cherchais plus seulement à savoir comment cultiver un bonsaï.
Je voulais comprendre pourquoi un arbre réagissait comme il le faisiat.
Cette recherche m’a accompagné pendant de nombreuses années.
Comme beaucoup de passionnés, j’ai d’abord utilisé le calendrier.
Il est simple, pratique et rassurant.
Il offre des repères faciles à mémoriser.
Pourtant, très vite, une évidence s’est imposée.
L’arbre, lui, ne regarde jamais un calendrier.
Le 15 mars est exactement le même jour à Marseille, à Bastogne, à Montréal ou à Tokyo.

Les arbres n’y vivent absolument pas la même chose.
À Marseille, certains érables peuvent avoir déjà plusieurs semaines de végétation.
À Bastogne, d’autres peuvent encore être sous la neige.
Le calendrier est identique.
La réalité biologique est totalement différente.

Les saisons
J’ai alors pensé que les saisons constitueraient peut-être un meilleur repère.
Après tout, elles traduisent déjà davantage la réalité du climat.
Mais cette idée s’est elle aussi révélée incomplète.

Le printemps, par exemple, recouvre des situations physiologiques extrêmement différentes.
Certains arbres sortent à peine de l’écodormance.
D’autres recommencent discrètement leur activité interne.
D’autres débourrent.
Pendant que certains sont déjà en pleine croissance.
Nous parlons toujours du printemps. Pourtant, l’arbre, lui, ne vit déjà plus la même chose.
Il en est de même pour l’été.

Entre un arbre qui investit massivement dans sa croissance au mois de juin et ce même arbre qui, en août, ralentit son développement, lignifie ses nouvelles pousses et prépare déjà la saison suivante, l’état physiologique n’est plus le même.

Le calendrier ne suffisait donc pas et les saisons non plus.
Il me fallait chercher ailleurs.
C’est naturellement que je me suis tourné vers la physiologie végétale et la phénologie.

J’y ai découvert une idée qui allait profondément modifier ma manière d’observer les arbres.
L’arbre ne connaît ni nos mois, ni nos saisons.
Il ne sait pas que nous sommes en mars ou en septembre.
Il ne perçoit qu’une succession de signaux biologiques.
La durée du jour, la température, l’humidité, l’eau disponible, ses réserves, les hormones qui circulent dans ses tissus, les contraintes imposées par son environnement.

Autrement dit, l’arbre ne répond jamais à une date, il répond toujours à un état biologique.
Cette idée, pourtant simple, a profondément changé ma manière de regarder mes arbres.
J’ai alors compris que le véritable repère n’était probablement ni le calendrier, ni la saison.
Le véritable repère était le fonctionnement de l’arbre lui-même.

Mes lectures m’ont permis de retrouver plusieurs états physiologiques parfaitement établis dans la littérature scientifique, comme l’endodormance, l’écodormance ou le débourrement.
Ces notions sont indispensables, mais elles ne couvrent pas, à elles seules, l’ensemble du cycle annuel.
Il m’a donc fallu poursuivre ma réflexion. Non pas pour inventer une nouvelle physiologie.
Mais pour construire une lecture continue du cycle annuel qui puisse être utile au bonsaïka.

Progressivement, une idée s’est imposée.
L’arbre n’exécute jamais une seule fonction biologique à la fois.
La croissance, la photosynthèse, l’activité racinaire, la mobilisation des réserves, leur stockage ou encore les régulations hormonales coexistent en permanence.
Ce qui évolue au fil de l’année n’est donc pas la présence ou l’absence de ces fonctions.
C’est leur importance relative.

À chaque période, l’une d’elles devient prépondérante.
Elle donne sa tonalité à l’ensemble du fonctionnement de l’arbre.
C’est cette idée qui constitue le fondement de ma réflexion.
Je ne cherche pas à découper arbitrairement l’année en plusieurs cases.
Je cherche à identifier les grandes dominantes physiologiques qui se succèdent au cours du cycle annuel.

Par souci de simplicité, j’utiliserai ensuite le terme « phase biologique » pour désigner chacune de ces dominantes physiologiques.Elles ne sont ni des dates, ni des frontières rigides.
Comme tout phénomène vivant, elles se chevauchent, se superposent parfois et évoluent progressivement.
Le passage de l’une à l’autre n’est jamais brutal.
Il demande toujours d’être interprété.

C’est précisément cette interprétation qui constitue, à mes yeux, le véritable travail du bonsaïka.
Observer.
Comprendre.
Décider.
Agir.
Puis observer de nouveau.

Les sept phases biologiques que je propose ne prétendent donc pas constituer une nouvelle nomenclature scientifique.
Elles représentent une grille de lecture.
Une manière d’organiser l’observation afin de mieux comprendre ce que vit réellement l’arbre avant d’intervenir.

Je ne cherche pas à remplacer les connaissances acquises en physiologie végétale, en agronomie ou en horticulture. Bien au contraire.

Je souhaite les relier entre elles dans une logique directement utilisable par le bonsaïka.
Car une connaissance ne devient véritablement utile que lorsqu’elle permet de prendre une décision plus juste.
C’est d’ailleurs ce qui m’a conduit, par la suite, à construire les cinq piliers de réflexion.

Les phases répondent à une première question :

« Où en est probablement l’arbre dans son cycle biologique ? »

Les cinq piliers répondront à toutes les autres.
Je crois que votre véritable « innovation », ce sont les cinq questions.
Les phases ne sont finalement qu’un contexte.
Les cinq questions sont le raisonnement.
C’est une énorme différence.

En définitive, je n’ai pas cherché à inventer des phases parce que l’idée me plaisait.
Je n’ai pas davantage cherché à révolutionner le bonsaï.
J’ai simplement essayé de répondre à une question qui me poursuit depuis toujours :

Comment comprendre suffisamment bien un arbre pour que chacune de nos interventions accompagne sa logique, plutôt que de lui imposer la nôtre ?

Je voudrais amener le bonsaïka à remplacer, ne serait-ce qu’une seule fois, la question :

« Que puis-je faire aujourd’hui ? »

par celle-ci :

« Que vit réellement mon arbre aujourd’hui ? »

alors j aurais pleinement atteint son objectif

Les sept phases proposées ne décrivent jamais des frontières biologiques. Elles décrivent les dominantes physiologiques qui prennent progressivement le dessus au cours du cycle annuel. Comme toute réalité vivante, ces dominantes se chevauchent, varient selon les espèces, le climat, la vigueur de l’arbre et les conditions de culture.

Comment lire une phase biologique

Avant d’aborder les sept phases biologiques, une précision est indispensable.

Lesmots qui suivent ne proposent ni un nouveau calendrier, ni une nouvelle succession de recettes.
Elles proposent une manière différente de lire l’arbre.
Cette nuance est essentielle.

Tout au long de son existence, un arbre est le siège d’une multitude de processus biologiques.
La respiration se poursuit.
Les réserves se constituent ou sont mobilisées.
Les racines croissent.
Les bourgeons se développent.
Les hormones évoluent.
Les échanges d’eau se modifient.
Les tissus se différencient.
Aucun de ces phénomènes n’apparaît ou ne disparaît brutalement, ils coexistent en permanence.

Ce qui évolue au cours de l’année, ce n’est pas leur présence ou leur absence. C’est leur importance relative.

À certains moments, la constitution des réserves devient prioritaire.
À d’autres, c’est la reprise de la croissance.
Puis la production de nouvelles pousses.
Puis leur maturation.
Chaque période possède ainsi sa propre logique biologique.
C’est cette logique dominante que j’appelle une dominante physiologique.

Les sept phases proposées correspondent aux périodes où l’une de ces dominantes devient progressivement prépondérante.

Le mot « dominante » a été choisi volontairement.
Il ne signifie pas que les autres processus biologiques cessent d’exister.
Il signifie simplement que l’un d’entre eux oriente davantage le fonctionnement général de l’arbre.

Il ne faut donc jamais imaginer une succession de compartiments parfaitement délimités.
Le vivant ne fonctionne pas comme un interrupteur.
Il n’existe pas un jour où l’arbre quitterait brutalement une phase pour entrer dans une autre.
Les transitions sont progressives.
Pendant un certain temps, plusieurs dynamiques coexistent.
L’une s’efface progressivement.
Une autre s’impose peu à peu.

Le rôle du bonsaïka n’est donc pas de rechercher la frontière exacte entre deux phases.
Il consiste à reconnaître quelle dynamique physiologique devient progressivement dominante.
Cette approche modifie profondément notre manière d’observer.

Au lieu de demander :

« Dans quelle phase sommes-nous aujourd’hui ? »

La question devient :

« Quelle est aujourd’hui la logique biologique dominante de cet arbre ? »

Cette différence peut paraître subtile.

Elle change pourtant complètement le raisonnement.

Les phases biologiques ne remplacent ni l’observation, ni l’expérience, ni la connaissance des espèces.
Elles constituent simplement une grille de lecture.
Une grille qui permet de replacer chaque décision dans le contexte physiologique qui lui donne son sens.

C’est également la raison pour laquelle les périodes indiquées ne doivent jamais être interprétées comme des dates fixes.

Elles correspondent aux moments où, sous nos climats tempérés, une dominante physiologique devient généralement prépondérante.

Selon les espèces, les cultivars, les conditions climatiques, l’exposition, la vigueur de l’arbre ou son histoire, cette évolution pourra être plus précoce, plus tardive ou plus progressive.

Les phases ne décrivent donc pas un calendrier.
Elles décrivent une logique.
Cette logique ne dit jamais ce qu’il faut faire.
Elle aide à comprendre pourquoi une intervention peut devenir pertinente… ou pourquoi il vaut mieux attendre.

C’est ici que les cinq questions essentielles prennent tout leur sens.

1. Que fait réellement l’arbre, biologiquement ?

Cette première question oblige à quitter les apparences.
Avant toute intervention, il convient de comprendre quels sont les processus physiologiques actuellement dominants.
L’arbre est-il en train de mobiliser ses réserves ?
De construire de nouveaux tissus ?
De renforcer ses rameaux ?
D’accumuler de l’énergie ?
De se préparer à l’hiver ?

Répondre à cette question permet de comprendre les capacités, mais aussi les limites de l’arbre à cet instant précis.

2. Que montre-t-il… et que ne montre-t-il pas ?

L’arbre ne révèle jamais toute son activité.
Certaines transformations sont visibles.
Le débourrement.
La croissance.
La coloration automnale.
D’autres demeurent invisibles.
L’activité racinaire.
La constitution des réserves.
Les modifications hormonales.
La différenciation des bourgeons.

Le bonsaïka apprend progressivement à ne plus se limiter à ce qu’il voit.
Il cherche également à comprendre ce qui se déroule silencieusement à l’intérieur de l’arbre.

3. Que puis-je faire sans le contraindre ?

Cette question change profondément la manière de cultiver.
Elle ne demande pas :
« Que suis-je capable de faire ? »
Elle demande :
« Que l’arbre est-il capable de supporter ? »
La différence est essentielle.

Une intervention peut être techniquement réalisable.
Elle n’est pas forcément physiologiquement opportune.
Le bonsaïka cherche donc toujours à accompagner la logique de l’arbre plutôt qu’à lui imposer la sienne.

4. Que faut-il éviter ?

Toute intervention possède également ses limites.
Certaines actions perturbent inutilement les équilibres physiologiques.
D’autres retardent la phase suivante.
D’autres encore fragilisent l’arbre sans bénéfice réel.

Comprendre ce qu’il vaut mieux ne pas faire constitue souvent une décision aussi importante que savoir intervenir.
La prudence fait pleinement partie de la culture du bonsaï.

5. Quelle est la logique de l’arbre ?

Cette dernière question rassemble toutes les autres.
Depuis plus de trois cents millions d’années, les arbres survivent parce qu’ils suivent une logique remarquablement efficace.
Ils ne cherchent jamais à pousser davantage que leurs ressources ne le permettent.
Ils ne produisent que lorsqu’ils en ont les moyens.
Ils accumulent des réserves lorsqu’ils le peuvent.
Ils ralentissent lorsque les conditions deviennent défavorables.
Ils anticipent les saisons à venir.

Comprendre cette logique permet au bonsaïka de prendre des décisions qui respectent le fonctionnement naturel de l’arbre.

Ces cinq questions ne constituent pas une recette supplémentaire.
Elles représentent une manière de raisonner.
Les réponses évolueront selon l’espèce, le climat, la vigueur de l’arbre, son stade de développement et les objectifs de culture.
Les questions, en revanche, resteront toujours les mêmes.
Elles accompagneront chacune des sept phases biologiques décrites.
Plus encore, elles pourront accompagner toute la vie du bonsaïka.
Car, avec l’expérience, on découvre que la qualité d’une intervention dépend moins de la technique employée que des questions que l’on s’est posées avant de l’entreprendre.

Comprendre avant d’agir.

C’est peut-être là le principe le plus important de toute la culture du bonsaï.

Ces questions accompagneront chacune des sept phases.
Elles ne cherchent pas à fournir des réponses universelles.
Elles invitent le bonsaïka à raisonner avant d’agir.
Car tel est finalement l’objectif de cette démarche.

Ne plus chercher à appliquer un calendrier.
Ne plus chercher une recette.
Mais apprendre à comprendre la logique propre de l’arbre afin que chaque intervention devienne la conséquence d’un raisonnement plutôt que l’application d’une habitude.

Les sept phases biologiques ne proposent pas une nouvelle manière de cultiver les bonsaï.
Elles proposent une nouvelle manière de comprendre les décisions de culture.
Et, peut-être, une nouvelle manière de les comprendre.

Chaque phase pourrait être résumée par un seul verbe.

· Écodormance : Préparer

· Post-dormance : Mettre en route

· Débourrement : Déployer

· Croissance active : Construire

· Maturation estivale : Consolider

· Pré-dormance : Réorganiser

· Endodormance : Protéger

Voili, voilou. :slightly_smiling_face:

Pardon pour ces tartinnes.

En lisant vos remarques, je me rends compte que ce qui peut surprendre n’est pas tant le découpage en sept phases que le changement de manière de raisonner qu’il implique.

Pendant longtemps, moi aussi, je me suis surtout demandé :

« Quel est le bon moment pour rempoter ? »
« Quand faut-il tailler ? »
« Quand fertiliser ? »

Aujourd’hui, j’essaie de me poser une autre question avant toutes les autres :

« Que fait réellement mon arbre en ce moment ? »

Autrement dit, quelle est la dominante physiologique qui guide actuellement son fonctionnement ?

Construit-il encore de nouveaux tissus ?
Commence-t-il à les consolider ?
Accumule-t-il des réserves ?
Prépare-t-il sa dormance ?
Protège-t-il simplement le potentiel qu’il a déjà constitué ?

À partir du moment où je réponds à cette première question, les interventions me paraissent souvent plus faciles à comprendre.
Je ne prétends pas que cette approche remplace les saisons ni qu’elle soit la seule valable.
Elle constitue simplement une autre grille de lecture.

Au début, elle peut donner l’impression de compliquer les choses parce qu’elle nous oblige à changer notre manière de raisonner.
Mais, paradoxalement, plus je l’ai utilisée, plus elle m’a semblé simple.

Parce qu’au fond, je n’essaie plus de savoir quel travail je voudrais faire.
J’essaie d’abord de comprendre quel travail l’arbre est lui-même en train d’accomplir… et ce qu’il est physiologiquement capable de me permettre de faire.

En vrac sur plusieurs écrits au dessus:

  • plus on monte le nb de phases, plus on risque de s’écarter de la généralité généralisable ( lapalissade ). Je suis un garçon simpliste, 4 saisons c’est déjà trop, je dirai pour taquiner un peu que 3 suffisent.
    1 fin automne + hiver ( je parle en période « officielle » avec exemple ici hiver du 21 décembre au 20 mars )
    2 phase de croissance sur réserves majoritaire ( en gros le printemps ), 21 mars au 20 juin.
    3 phase de croissance sur photosynthèse de l’année ET simultanément la construction des réserves ( la remobilisation « géographique » de ces réserves me semble relever du détail ). Soit été + début automne. 21 juin à octobre.

Plus on monte en latitude, plus la « phase » 1 est longue, et donc les autres plus courtes, mais l’idée générale reste la même. Aprés, libre à chacun - ou pas - de se risquer sur des espèces non adaptées à son climat, qui auront cetaines phases trop courtes ou pas adaptées, de toute façon on ne pourra mettre que des emplâtres sur des jambes de bois. Chez moi, il est clair qu’un bougainvillier ne va pas démarrer plein fer parmi les autres précoces, il est en « limite » de culture; A l’inverse, il peut rester des brachtées jusqu’en décembre, ça ne veut pas dire que le plant est encore actif, en réalité il est au repos depuis un moment.

Le fait de tailler ne ramène absolument pas l’arbre à une « phase » antérieure, il s’agit « juste » d’une dé-différenciation puis ré-différenciation de qq celleules à l’échelle locale ( suite un message de peuceb );

Les « pleurs » sont trés liés à l’espèce, dépendant du potentiel hydrique du xylème et de la capacité à « cicatricer », il faut se garder d’en tirer trop de conclusions diverses sur l’état de la plante par ailleurs.

Les 3 phases et seulement 3, ça « suffit » en cadre applicatif bonsai, il en découle un nombre énorme de points potentiels pour les travaux du bonsaika. Je me contente de 3 exemples:

1 Les réserves.
Si on en veut un max, en engraisse en été, à fond, avec de l’'équilibré dont azote. Ca engendrera aussi une pousse été forte. Et un re démarrage printemps suivant fort, possiblement entre noeuds longs.
A l’inverse, si on veut densifier, à entre noeuds ultra court, on passera l’arbre au régime eau sans pain en été n-1; il démarrera « faible » ensuite. Notons l’écart temporel trés important entre la ferti et le résultat…

2 le rempotage.
Imagineons un arbre qui a 100 de réserves en octobre / novembre ( dans le tronc et les racines ), et que 70 sont en racines.
Imagineons qu’on enlève la moitié du pain racinaire, on perd la moitié des réserves;
L’arbre utilise 15 pour passer l’hiver ( et oui…pendant l’hiver ou on croit qu’il ne passe rien, l’arbre tape dans les stocks - comme nous quand on dort ou faisons la sieste ), soit 5 du tronc et 10 des racines.

  • je suis team rempo automne, ça veut dire qu’il reste au printemps 30-5 en tronc ( 25 ) et en racines il reste 70/2 = 35, moins 10 = 25. Total 50.
  • si on est team printemps, on aura donc en tronc un reste de 25, et en racine 70-10 = 60, divisé par 2 = 30, soit total = 55. En fait c’est un peu mieux ( mais ça reste à la marge devant la mise en réserve de l’été d’avant ); je comprends cependant la team printemps, en zone de gros risques de gels tardifs ( voir plus loin );

3 la taille.
J’insiste sur le point bascule vers fin juin.
Trés bien illustré par les gels tardifs en avril ou début mai, typiquement. Plus les pousses sont longues, plus ça a débourré tôt, plus ça gèle tard, plus les réserves restantes sont faméliques. Alors repart sur un restant, et des pousses longue avant gel ( à forte photosynthèse apparente ) n’y feront rien ( en fait c’était pire ). lespousses resteront faible en été, qui fera un petite mise en érserve, et l’éffet gel se constatera donc l’année suivante avec un arbre encore chétif.

Si on cherche la pousse maximale, alors on taille une branche trés tôt ( taille structure sortie hiver ) ou trés tard en automne ( au moins la branche aura eu un contributif au pot commun en mise en réserve et en épaississement de tout ce qui est en dessous ).
Si on cherche l’affaiblissement, la stabilité depuis une forte vigueur, la ramif fine, alors on sabre en juin ( et même avant, en plusieurs fois );

Ouais mais en fait ce que je voulais dire, c’est que lorsque l’on taille, l’arbre ne fonctionnait plus sur ses réserves, il avait commencé à reaccumuler et s’auto-alimantait. Après la taille il remobilise ses réserves, la première partie de la pousse en réaction à la taille se fait sur ses réserves et un peu plus tard la seconde pousse s’auto-alimente et remet en réserve. Donc oui, forcément il y a une réaction interne pour permettre celà mais je trouve qu’on peut considérer que physiologiquement et pour réfléchir à nos travaux, c’est un retour à ce que j’appelais la phase deux. Par contre j’avoue que je ne comprends pas ton histoire de différenciation car les bourgeons dormants sont déjà présents et se réveillent juste avec une réaction hormonale.

oui et non, je radote puisque j’en ai déjà parlé, ça dépend du « stade ».

Dans la « stratification » de haut en bas, il y a la feuille ( et les "branchettes ) puis la branche primaire puis le tronc puis les racines. Ici on sera donc en focus sur le niveau branche primaire / charpentière;

Dans la première phase végétative croissance temporelle ( mars à fin juin par généralisation ), la branche est connectée au tronc et racines dans un sens unique, le sens montant ( je parle de sens pour les réserves et disons l’énergie ou la « batterie » de croissance si on veut, je ne parle pas de l’eau ni ses nutriments simples véhiculés par elle ).
La branche taillée bénéficie de ressources commmmmunes et mutualisées, et une charpentière taillée en mai recevra encore qq subsides en réserves issues de la communauté de biens tronc et racines ). A ce stade de temps, encore précoce, l’auto alimentation pour les pousses fraiches de la dite charpentière est une erreur d’interprétation, car elle n’existe pas ! la croissance a mangé plus d’énergie qu’elle n’en a produit.

Dans la deuxième phase végétative ( juillet à octobre ), la branche fonctionne de manière inverse. La photosynthèse passe en excés, et la branche renvoie vers les réserves communes. Plus la branche est forte, plus elle envoi ( mais elle en garde aussi ) Dans le même temps, il n’y a plus de remobilisation des réserves communnes, ni vers une branche faible ni vers une branche forte. Elles sont toutes « autonomes ».
A partir de fin juin, une branche a sa propre vigueur par elle même, sans recevoir d’autrui. Une charpentière épaisse taillé à mi aout, elle a de quoi repartir par elle même, seule, et pour elle même seulement;

Exemple applicatif:
J’ai un trés jeune ODC, un truc en S de 3 ans acheté à 8 euros ( enfin, age à l’achat + 3
ans ). A ce tarif, c’était un mini micro truc.
Si on laisse tout pousser partourt ce serait vigoureux mais y’aurait une forme de départ ingrate ( c’est l’amusement et le challenge ), donc les tailles sont « vigoureuses » pour reprendre la bête en main;
Ce printemps, tardivement aprés le débourrement général de l’arbre, 3 bourgeons sur le tronc en position assez basses ( sous la première charpentière véritable ) se sont réveillés, je les laisse, pour qq années, pour épaississement de la base.
Y’a eu 10 à 15 feuilles assez vite sur ces départs, depuis qq semaines ça « patine » un peu je déduis que le stade « fin juin » est dépassé. A l’inverse, ce qui est porté par des charpentières plus fortes a plus de croissance actuelle, simplement car la « force » de la charpentière est plus forte;

Et pour répéter encore:
je ne déduis rien de ces observations, c’est l’inverse. Je n’ai pas la vanité de chercher à inventer l’eau tiède quand l’eau chaude existe déjà, arrivée par le « progrés » scientifique, même si tout le monde sur la planète n’en bénéficie pas.
Il existe pas mal d’études qui utilisent des éléments marqués radioactivement, comme exemple typique le C sur une fraction du CO2 dans l’enceinte de culture, ou du N dans le sol. Ca permet un suivi temporel, qualitatif et quantitatif, pour savoir qui va ou, et ce qu’il se passe d’une saison à l’autre. Et c’est obligatoirement hors de portée de l’observation du bonsaika.
Par contre, ce qu’on peut noter, c’est que l’observation visuelle du « touriste », elle suit les modèles scientifiques, qui sont donc prédictifs.

J’incite le lecteurà relire sur cet avant / aprés ( valable aussi en pins,d 'ailleurs, dans les grandes lignes ). ca « expliquera » souvent des phénomènes observés, dans le bon sens voulu ou aussi des échecs dans le mauvais sens;

Dit d’une autre manière, encore, et de multiples propos peuvent illustrer:

  • une branche faible à fin juin sera « encore » plus faible ensuite,
  • une branche forte à fin juin sera encore plus forte ensuite.
    On s’en rend bien compte en pratique à la taille « bonsai »: si on a une branche faible avec 30 feuilles et une branche forte avec 30 feuilles, il faudra sans doute laisser 30 feuilles sur la faible et tomber à 10 feuilles sur la forte ( taille été ) pour qu’elle s’équilibre …l’année suivante ( et encore ). Le « débutant » a sans doute tendance à ne pas tailler assez le « fort » et un peu trop tailler ( trop ! ) le faible, quand il veut ré équilibrer.

Pour re formuler encore:

  • une première pousse se fait sur réserve avant juin, et sur vigueur de la charpentière en juillet et aprés.
  • une seconde ou 3eme pousse en avril ou mai, elle est toujours sur réserves générales du plant ( sans considération de la force de la charpentière ).

Heureusement que les arbres ne sont pas trop mal programmés et ont en réalité commencé à remettre en réserve bien avant fin juin.

Pour ton exemple, forcément si on épargne une branche faible de la taille de fin printemps, on va rééquilibrer la vigueur car celle-ci n’aura pas a recommencer les phases 2 et 3 et poursuivra directement en phase 4. Mon propos n’a jamais été contre cette idée.

Lors de la phase 2 les réserves ne sont absolument pas complètement mutualisées, les branches sont plus ou moins liées à des racines selon les espèces.

Pour reprendre ta formulation, j’invite le lecteur à se poser la question " si la pousse ne s’auto-alimente pas avant fin juin, et que l’arbre ne met pas en réserve avant fin juin, où va le produit de la photosynthèse de mars à fin juin? " :thinking: Moi j’en déduis qu’il n’y a pas de logique derrière ta démonstration.

Tu vas sans doute encore répondre de manière bien peu courtoise et agréable alors ma discussion avec toi s’arrêtera ici.

Lors de cette « phase 2 », personne n’a mis en évidence une communication inter charpentière qui dépasserait qq chose comme 1 ou 2 ou 3 % ( un truc dans le genre; qui reste infime ). Comme je l’ai dit, un part de réserve reste sur la charpentière qui la produit ( donc à partir de juillet ) et l’autre part en partie commune. Tu es bien libre de mener une expérience qui produira un résultat fort différent, si tu as les moyens ( matos, etc…) moi je l’ai pas. Aucun bonsaika ne l’a sur sa pratique, aucun. Et même en imagineant des moyens supérieurs, force est de constater qu’il n’existe aucune publi par le monde, un truc sérieux, qui n’a franchi ce cap depuis du sujet végétal bonsai, sur un thème de circulation des réserves ni un autre sujet d’ailleurs.
Et c’est l’énorme souci de notre « art », qui doit se contenter d’extrapoler depuis des champs connexes ( les plus proches possibles ), sans avoir rien à se mettre sous la dent de précis en plein champ applicatif direct.

Pour la courtoisie, tu peux te relire à mon encontre, merci bien. Le souci majeur, c’est que bcp de gens confondent la confrontation des idées avec la confrontations des personnes derrières les écrits.

Hélas et 3 fois hélas, il résulte que le milieu bonsai européen ( pour se concentrer sur ce qui nous concerne et c’est déjà bien assez ) se laisse porté par pas mal de « croyances », qui vont à l’encontre totale de ce qui est mesuré par ailleurs, et que personne en bonsai ( à part la pure posture de croyance ) n’a su infirmer. Pour rester sur le sous point de la mise en réserve, je me contenterai de 2 cas illustratifs:

1) attention à 30°c, on arrête la ferti.
Pas de chance, c’est à cette tempé ( 28 à 35 ° ) que les racines sont les plus actives ( un peu chaud ça ralentit ) et pour la partie aérienne le pic optimal n’est pas encore, car il est au dessus.
Le pot bonsai est un cas trés particulier, car trés facilement le substrat sera à la même tempé que la partie aérienne, alors que le végétal n’est pas « conçu » pour celà, avec un sol naturel bien plus frais et tamponné en variation que l’aérien en été.
Si un pot est « dans » du gazon, à tempé ambiante air ( voir qq degrés de moins ) c’est en été que le plant bouffera le plus d’engrais ( si on lui donne ), et fera le plus de réserves ( si c’est l’objectif ).
Un pot à l’ombre à 42° ( sujet d’actu, petite digression associée au thème ) , à l’équilibre avec l’air, les racines fatiguent ( pas conçues pour des sols aussi chauds ), le point optimal est dépassé. Alors forcément, si le pot est sur du carrelage, une terrasse, pas loin d’un mur, alors ça tabasse.
Une fin d’aprés midi à 42°, j’ai fait qq mesures avec un thermo « pistolet » de surface à mesure IR:

  • 75°C sur un bardage gris de construction ITE ( iso extérieure sous bardage et donc murporteurt à l’intérieur ). On arrive aux limites du bonsai en conditions de « balcon » en milieu urbain ou péri urbain ( c’est favorable en hiver, ça peut devenir rédhibitoire en été sauf expo plein nord ).
  • un pot plein nord, zéro apport solaire de réchauffement. le pot est à tempé air ( 42° ), sans surprise, et sans surprise non plus le substrat est un peu plus frais de qq degrés ( l’évaporation de l’eau est un refroidisseur ). Un litre d’eau qui évapore ( vapeur ) depuis 37°, c’est du froid pour 2500 KJ pour un litre d’eau partie en vapeur ( soit 0.7 kilo watt heure ) et ce n’est pas rien. Quand un grand arbre ( pas en pot ) évapore 500 litres en 24 heures, c’est 350 kwh froid équivalent, c’est énorme. Soit une « moyenne » de quasi 15 KWh de l’heure, ou 15 KW constant continu moyen. c’est l’équivalent de plusieurs clim’ domestiques à ciel ouvert ( et en split, je ne parle même pas des bidules sur roues quo sont des jouets );
  • l’INRAE et d’autres organiosmes ont effectué des mesures de tempé cellulaire en périphérie de d’arbres / plants ( mais c’est là que circule sève élab et sève brute ), et par 40° on peut avoir à 10 ou 20 cm du sol, sur sol défavorable ( sol nu puis graviers ou sables dans le pire de cas ) on peut avoir 55° ou plus. A ce niveau, la partie aérienne ( la plus thermo tolérante en chaleur ) a des dégradations irréversibles sur certaines protéines, dénaturées de manière irréversible. C’ est « pire » en racine à cette tempé ( qui ne concerne que l’arbre en pot, pas la pleine terre ), mois thermo tolérante. La vie du sol est complètement cramée, et tout semblant de chaine complète de dégradation qui pouvait exister en minéralisation complète est détruite jusqu’à l’hiver prochain ( autant dire qu’il ne faudra compter que sur assimilable imédiat ).
  • quand on les plants sur étagère ( comme @Toche et bien d’autres, avec une expo soleil 360 ou pas loin ) le minimum est un ombrage à 100% ( il reste bien assez de lux en lumière indirecte ) ou bien de mettre les pots au sol dans le gazon. Un filet à 50%, c’est déjà bien trop qui passe. 1 mètre carré avec le soleil au zénith, c’est 1300 W en conditions maximales. Sous le 45eme parallèle le 21 juin, il reste 1000 watts, c’est quasi un mini four et c’est pas rien.

2 la ferti PK automnale.
Je suppose que ça vient de l’usage agro d’amendement du sol à ces périodes, mais ça n’a plus de sens en bonsai pour de multiples raisons, alors que c’est présenté ( trés souvent ) comme un truc qui va « préparer » la plante à l’hiver au sens « fertilisation et donc engrais pour le plant ».
Dans un pot de qq centimètre, ça sera complètement lessivé durant l’hiver, il n’en restera rien au printemps pour la plante, qui n’en aura pas profité dans cette phase. Et de toute façon, l’absorption de P et K est toujours corrélée à la présence d’azote ( plus ou moins, mais avec toujours un peu d’azote ou beaucoup ). La prépa à l’hiver, elle se fait avec de la « vigueur » en juillet aout voir encore septembre, aprés c’est plié.

Je n’ ai jamais parlé de transfert inter-charpentières mais bon… C’est sur que c’est plus facile de prouver que quelqu’un a tord quand on lui fait dire ce qu’il n’a pas dit.

Pour la ferti ce n’est pas le sujet, c’est un peu petit de lister les choses sur lesquelles on n’est pas d’accord pour essayer de dévaloriser mes propos sur un sujet en particulier, je ne vais pas me rabaisser à faire la même chose.

Tout à fait d’accord avec la dernière phrase. Tu aurais des refs de publi pour ce qui précède ?

Ce que je t’accorde, @Toche c’est que tu es bon pour ecrire, dans le sens que tu es un bon compteur.

N’etant toujours pas convaincu par ta grille de lecture, tes 7 phases et questions, pourrais-tu, dans l’année qui vient, nous montrer concretement les applications/l’interet de ta « methode » ?

Par ex. sur un acer palmatum, sur un pin et sur un juniperus de ton choix ?

Perso je prend des photos de mes arbres avant et après travaux (rempotage, ligature, taille etc), tu pourrais prendre des photos de ces arbres (à priori 7 car 7 phases), et nous dire dans quelle phase biologique il est (et comment tu le vois) et répondre à tes questions pour nous montrer l’interet pratique de ta méthode ?

J’ai pris des cours sur Mirai de Ryan Neil, et j’ai appris plein de choses dont l’interet pratique est évident : équilibre eau-oxygène (arrosage au bon moment, pas de sur ou sous-arrosage), besoin de lumière et o² pour la survie des branches (taille défoliation), placement des branchettes après ligature, style de branches en fonction du type de l’arbre (tronc fin, tronc puissant) etc etc.

Non, désolé, j’ai gratté le sujet à une époque ( y’a qq années, pas si vieux ), ensuite je conserve pas sinon ça fait des piles de pdf dont il faudrait faire un archivage rigoureux par mots clefs, sinon c’est un immense merdier. J’ai pas le courage de l’archivage quand il y a peu de proba de revenir dessus.

Mes propos ont été « simplistes » sur les 3 phases, mais déjà certains ne seraient pas ok…alors…avant les détails…

Il faudrait différencier les réserves azotées et les réserves carbonées (d’ailleurs les pins ont des réserves pas mal lipidiques, qui sont plus couteuses en énergie pour les mobiliser, donc c’est une stratégie trés long terme, c’est pas pour de l’ajustement court terme. Pins = réserves surtout lipidiques, et feuillus = « sucres » . Les pins « taxent » moins que les feuillus, mais redistribuent moins aussi, semble t’il.

Du point de vue historique et évolution des connaissances, il existait autrefois une idée de compartimentation assez forte ( comme l’exemple encore présent en bonsai de la racine forte reliée à la branche forte ), ET aussi d’un puit « passif » en réserve. C’était années 80, 90 et début 2000’s, puis les travaux de marquage long terme ( plus d’un an ) et large périmètre dans l’espace ( des feuilles au sol ) ont apporté des nuances majeures.

Le « puit » de réserve est actif, dans le sens ou il est en compétition avec la croissance ( et dépendant des conditions de culture ), et aussi peut être mobilisable selon d’autres choses ( par exemple des maladies ou pathègènes ).

La compartimentation a été mise à mal, en existant quand même un peu: la « communication » d’une charpentière à l’autre passe essentiellement par le « régulateur » cental, tronc et racines, et avec un intervalle de temps ( inter année ou inter saison ).

Je rajouterai qu’il faut aussi extrapoler / penser au cadre spécifique bonsai. ce qui se passe dans la nature pleine forêt est sans extrapolable à un jeune plant pas trop taillé. Un « sumo » avec 3 radicelles, qui n’a pas d’équivalent dans la nature, ce sera différent = les réserves ce sera le tronc trés loin devant, et l’impact racine ultra limité.
Inversement, un bonsai jeune et frêle, dont on « tape » une énorme ponction racinaire en rempotage sévère, il lui vide le sec de réserve ! Alors il vaut il mieux que le peu qui reste, ça soit bien bien chargé en réserves.

PS: un exemple de publi ( parmi d’autres ) dans le thème, une thèse de doctorat:
Rana El Zein, univ. de Nancy, soumission 2018
Dynamiques saisonnières des réserves carbonées et azotées chez le chêne sessile et le
hêtre adultes