Il y a de par le monde des bonsaï-ka – une majorité – qui s’efforcent de préserver une « bonne » version de la pratique du bonsaï et de sa présentation.
Cette posture peut rappeler ce qui est décrit dans le polar médiéval écrit par Umberto Eco : « Le Nom de la Rose ».
L’auteur utilise une abbaye bénédictine du XIVᵉ siècle comme cadre pour interroger les tensions entre conservatisme et progrès. U. Eco y dépeint un monde dominé par la peur du changement et la défense des traditions. L’abbé dirige le monastère, veille au respect des dogmes, les moines copient fidèlement les livres anciens.
Image générée par IAN.B. Merci de ne pas regarder mon doigt quand je montre la lune
Loin de moi l’idée de minimiser le rôle essentiel qu’ont joué les copistes, qu’ils soient moines ou érudits, pour nous permettre aujourd’hui la lecture de nombreux ouvrages antiques (Aristote, Galien, Ptolémée, Virgile, Ovide etc.)
Les gardiens du temple Bonsaï s’activent à de multiples niveaux :
-
Usage intensif du vocabulaire japonais.
-
Résistance à l’innovation dans la présentation des arbres.
-
Valorisation d’une approche qui perpétue des conventions plutôt qu’une démarche artistique visant à innover et à communiquer de l’émotion.
Lors de la transition du Penjing chinois au bonsaï nippon, les Japonais ont imposé chez eux leur propre vocabulaire, leur propre esthétique, adaptant ainsi cet « art de l’arbre » à leur civilisation.
Pourquoi un saut équivalent ne se produit-il pas aujourd’hui, alors que l’art de l’arbre se mondialise ?
Les raisons en sont sans doute multiples. J’en propose une parmi bien d’autres :
Les Japonais ont su créer un univers auto-cohérent qui peut contribuer ainsi à une fascination exercée à l’échelle planétaire. Le syndrome du lapin dans les phares de la voiture, en somme.




