C’était vraiment très intéressant merci… KaZari…
Bonjour bonsaiphil
Tu soulèves un point qui peut effectivement se comprendre du point de vue d’un débutant, et tu as raison : certains termes japonais peuvent mériter d’être précisés.
Dans le cadre du bonsaï, il ne s’agit pas d’un jargon au sens de mise à distance, mais d’un vocabulaire spécifique, issu de la tradition japonaise, qui permet souvent d’être plus précis que sa traduction. Il me semble donc assez naturel d’utiliser ces termes sur un forum consacré au bonsaï, quitte à les accompagner d’une explication lorsque cela peut être utile.
L’objectif ici n’est pas d’exclure, mais au contraire de partager un enseignement et de rendre ces notions accessibles à ceux qui le souhaitent.
Le bonsaï tel que nous le pratiquons aujourd’hui s’inscrit dans une tradition japonaise, avec son vocabulaire, ses codes et sa culture. C’est simplement un fait historique. Cela n’empêche évidemment pas chacun de se l’approprier avec sa sensibilité et d’en proposer une lecture personnelle.
Mais lorsque l’on aborde des notions comme le kazari, il est difficile de faire abstraction de cette origine, car elle en constitue le fondement même.
Revenons si tu le veux bien au sujet du fil, qui est déjà suffisamment riche en lui-même.
Bonjour Pierre,
Oui, c’est plus un kusamono qu’un shitakusa.
Eh oui, la grue est en trop.
Ce n’est vraiment pas une critique, j’espère que tu en es bien conscient. Je la trouve très jolie.
Pour te dire la vérité, j’en ai acheté plusieurs pour décorer un penjing pour mes petits-enfants.
J’espérais ainsi faire naître en eux une passion. ![]()
Quant à la couleur du pot, elle ne choque pas du tout. D’après ce que je peux en voir, elle reste discrète.
Le shitakusa est primordial dans la présentation, mais sa présence doit rester mesurée. Il accompagne, soutient et enrichit la composition, sans jamais prendre le dessus sur le bonsaï.
salut Toche, dans le Kokufu 48 (1974) on voyait encore pas mal d’associations de 2 Bonsai. Je trouve que dans certains cas, comme la photo jointe, ça met super bien l’arbre principal en valeur, ça magnifie sa puissance et quand on regarde le petit groupe, le coté fin et elegant ressort bien egalement. Si tu fais exactement la même présentation lors d’une selection FFB, tu te fais disqualifier ?
Désolé si la question est posé à Toche, mais perso déjà la compo est vraiment trop rapproché l’un de l’autre…presque à touche touche… ça ne respire donc pas assez… ensuite on est sur une redondance arbre arbres… même si deux style bien différent… malgré un super mochikomi sur les deux ça ne passerai pas pour nos juges ffb…
Bonjour,
Il y a une chose que je souhaite préciser.
Lorsque je parle de bonsaï, je le fais en fonction de l’enseignement que j’ai reçu à L’École de l’Art du Bonsaï (La Scuola d’Arte Bonsai). À l’époque, je n’imaginais pas à quel point cette formation allait me marquer.
Maître Ando a été pour moi un véritable maître, au sens où je me l’étais toujours représenté. Quelqu’un de profondément respectueux, capable de s’adapter à chacun de ses élèves, et doté d’un savoir très large, bien au-delà du seul bonsaï.
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est sa manière de transmettre sans retenue, en expliquant toujours le pourquoi des choses.
Les règles de présentation, ou kazari, peuvent paraître complexes. Mais lorsqu’on en comprend les fondements qui sot souvent historiques ou logiques, elles deviennent beaucoup plus naturelles. Comme le disait un ami commun : “C’est tellement plus simple quand on comprend le pourquoi.”
Parmi les enseignements que j’ai reçus, certains points m’ont particulièrement marqué : le kazari, l’analyse esthétique et critique, ainsi que l’histoire, la philosophie et la symbolique du bonsaï. J’ai particulièrement apprécié son regard, son coup d’œil presque infaillible sur les présentations
Il nous disait souvent : “Je vous enseigne le bonsaï traditionnel. À l’école, nous le travaillons ainsi, mais chez vous, vous ferez selon votre sensibilité.” J’ai toujours apprécié cette ouverture.
C’est dans cet esprit que j’interviens ici. J’essaie de transmettre ce que j’ai reçu, sans l’imposer, et en restant conscient que chacun peut avoir une approche différente.
Je garde aussi un très bon souvenir de la richesse des échanges sur les forums, avec leurs sensibilités différentes. Pour moi, cette diversité a toujours été une force.
Si certains de mes messages peuvent paraître trop techniques, n’hésitez pas à me le dire. ![]()
Mon intention est simplement de partager, pas de compliquer.
Je reviens à ta photo Clem, ![]()
La composition est très classique dans son esprit japonais.
Mais on s’interroger un peu sur la lecture, on ne sait pas trop si on a une présentation à deux arbres et dans ce cas il manque le shitakusa ou si le groupe de feuillus joue le rôle d’accompagnement et non d’arbre secondaire.
Je pencherai plus sur la seconde possibilité, je crois que le propriétaire à voulu présenter le groupe de feuillus comme accompagnant, c’est une pratique assez classique en exposition japonaise.
La présentation est considérée comme Shin par la présence du conifère. Conifère qui doit toujours se trouver plus haut qu’un feuillu.
On a une répétition avec deux pots rectangulaires. Les deux pots sont Shin avec des angles vifs. Celui du feuillu aurait pu être un ovale.
Une recherche de contrastes plus marqués apporterait sans doute davantage de “respirations”.
Le conifère est bien placé dans sont pot.
Le feuillu à 5 ou peut-être 6 troncs je ne vois pas bien. Un nombre d’arbres impair est préférable.
Le feuillu est présenté sur une natte de bambou sunoco elle est parfois d’une seule pièce, mais donne l’impression qu’elles sont deux. Ici, c’est dommage qu’il n’y ait pas une troisième. La partie que se trouve le plus près du spectateur indique la direction de l’arbre qu’elle supporte, dans ici, c’est OK.
La table du conifère est une table shin elle est robustes, les pieds tournés vers l’intérieur augmentent cet effet de solidité et de stabilité, mais elle est un peu trop compliquée, la sculpture attire l’œil.
Avec cet arbre, une table plus sobre, avec des formes moins arrondies, accompagnerait peut-être mieux cet arbre.
Le placement, le feuillu est trop en arrière par rapport au conifère, mais c’est difficile de parler de placement sans avoir la présentation devant soi. Je ne connais pas l’espace disponible.
historiques ou logiques
Qu’il y ait un aspect historique dans les règles qui gouvernent la présentation du bonsaï au Japon, cela me semble évident.
Mes interrogations se portent plutôt sur ce que tu nommes la « logique » qui les gouverne. Le terme me semble mal choisi parce que trop polysémique. Je parlerais plutôt de cohérence. Il s’agit d’une cohérence interne au courant du bonsaï traditionnel au Japon. C’est un système - ou une école - qui a eu le temps d’ériger une orthodoxie de la présentation.
Ce qui me chagrine c’est qu’elle se veut désirable et la plus aboutie.
Ce point n’est d’ailleurs pas typiquement japonais. Chaque fois qu’une école, une tendance ou un style devient hégémonique alors les tenants de cette école estiment que ce qu’il y a en dehors est négligeable, voire aberrant.
Un domaine progresse quand les règles qui le gouvernaient sont remises en question pour construire une nouvelle manière de voir les choses.
En peinture au 19ᵉ, ce fut le cas de l’école académique qui a été challengée par les impressionnistes. Et avec quel succès.
En sciences en 1915, la mécanique classique de Newton a été remise n question par un simple article d’Albert Einstein : Le poids n’est pas une force qui t’attire vers le bas, mais une déformation de l’espace-temps.
Toutes ces révolutions tellement fructueuses se sont heurtées à des résistances énormes. Le vieux système était tellement cohérent ! (tu dirais « logique »). Il agissait comme les phares sur le lapin médusé.
Autrement dit la cohérence d’un système est d’autant plus un obstacle au progrès qu’elle est forte.
Encore un bavardage inutile…
Pierre,
J’ajouterai que pour les shitakusa dans le Kazari traditionnel, on ne met pas de plante panachée et pas de plante à fleurs.
Mais tu le sais, quand on regarde les photos des grandes expositions au Japon on s’aperçoit tout de suite que les choses évoluent. Et que le kazari traditionnel n’est plus respecté.
Toutefois, je pense que pour enfreindre les règles, il faut d’abord les connaître
merci Toche pour ton analyse, de mon oeil de beotien, je trouve qu’il y a redondance de formes de pots et que les 2 arbres ne sont pas assez espacés, mais peut-être, comme tu le dis, que la place manquait ? Au delà des regles, je trouve que ces 2 arbres (arbre principal + arbre d’accompagnement) vont super bien ensemble : le pin en haut de la montagne qui est immense et qui domine tout, et les feuillus en bas, la foret? ça me parle beaucoup plus qu’une plante d’accompagnement que je trouve souvent surdimentionnée par rapport à l’arbre, qui ne renforce pas les qualités de l’arbre et qui ne m’evoque pas grand chose au final.
Est-ce que cette compo, présentée telle quelle serait refusée de nos jours en France ou ailleurs ? Perso je suis d’accord pour apprendre les regles mais aussi pour savoir les dépasser, pour faire passer devant l’émotion plutot que de cocher des cases, comme un bon élève. Pour rendre la présentation plus accessible aux visiteurs lambda.
Par exemple, la présentation qui m’a le plus plu c’est celle-ci, un epicea qui semble immense au dessus de tous les autres, l’exception, l’arbre qu’on vénère et qui surpasse tous les autres →
Je pense qu’une présentation comme celle-là parle à tout le monde, du moins est compréhensible par tout le monde, débutant ou amateur confirmé.
Oui, cela correspond bien à l’esprit d’une présentation Shin.
On retrouve cette idée de hiérarchie naturelle entre les éléments. Le conifère, dominant et plus élevé, évoque une présence forte, presque intemporelle, tandis que le groupe de feuillus, plus bas, apporte une lecture complémentaire, plus douce et plus proche du sol.
Cette relation fonctionne bien ici, car elle reste cohérente sans être forcée.
je trouve qu’il y a redondance de formes de pots
Je suis d’accord avec toi, c’est pour cette raison que je disais que l’on a une répétition avec deux pots rectangulaires.
Personnellement, je serais très heureux de pouvoir admirer de telles présentations en exposition, mais n’étant pas juge au sein de la fédération, je ne peux me prononcer pour elle.
Je sais que les choses ne sont pas toujours simples.
Pour essayer d’éclairer certains points, il me semble utile de replacer les choses dans leur contexte. Je le fais de l’extérieur, ce n’est donc que mon ressenti et en aucun cas une critique.
Les premiers niveaux ont été structurés à partir d’un enseignement reçu à une époque donnée, avec ses repères, sa cohérence et ses exigences. Ces bases ont ensuite servi à établir des supports de formation et des critères d’évaluation, transmis pendant plusieurs années.
Par la suite, d’autres pratiquants ont suivi un enseignement parfois différent sur certains points, notamment en matière de présentation (kazari), ce qui a naturellement fait évoluer certaines lectures.
Aujourd’hui, ces différentes influences coexistent, ce qui peut expliquer certains écarts d’interprétation.
Cela ne signifie pas nécessairement que ce qui était enseigné auparavant était “faux”, mais plutôt que les approches ont évolué, se sont précisées ou nuancées avec le temps.
Ce type de situation n’est pas propre au bonsaï : dès lors qu’un enseignement se structure et se transmet, il est amené à évoluer.
L’enjeu me semble donc moins de juger ces évolutions que de les comprendre, afin de mieux situer les pratiques actuelles.
Il me semble aussi important de souligner que les différents enseignements ont chacun apporté des éléments riches et complémentaires.
Les premiers ont permis de structurer une base, de transmettre des repères clairs et de donner une cohérence à la formation. Les enseignements plus récents ont, quant à eux, apporté d’autres éclairages, parfois plus approfondis ou différents sur certains points.
Ces approches ne sont pas nécessairement opposées, mais peuvent être vues comme des étapes dans une même démarche d’apprentissage et d’évolution.
Ces évolutions demandent sans doute du temps pour être pleinement intégrées et comprises. Comme souvent, les ajustements se font progressivement.
Merci, Michel encore pour toutes ces précieuses informations et aux intervenants venus enrichir le sujet…
Puis soumettre une nouvelle question??
Celle du pot rond, dans quel cas? Pour quel style d’arbre? Et de la tablette qui pourrait l’accompagner, tablette carrée possible avec un pot rond, ou interdit??
Une photo d’un de mes arbres, récemment passé en pot rond, pour moi cet arbre n’est ni un lettré de par sa construction, ni un strict chokkan de par sa forme… à mon avis on est dans une forme de Moyogi plutôt léger… Perso l’association avec ce pot rond me plait bien, mais dans la phylosophie du Kazari est-ce que ça passe???
Voici le picea en question:
Bonjour Pierre,
Il a beaucoup à dire, mais avant d’en parler, il faut savoir que bien souvent deux styles peuvent s’associer.
Un lettré Bunjin peut être un Moyogi, un Chokkan, ou encore un Shakan…
Personnellement, je le vois comme un pur lettré, mais il demande quelques transformations.
La première le pot.
La seconde, il est un peu trop « lourd » pour un bunjin, il a trop de branches.
Selon ce que j’ai appris, un lettré c’est 3 branches et une cime
Toujours selon ce que j’ai appris, pas de bois mort sur un bunjing, oui, je sais, on ne voit que des Bunjing avec une volée de bois morts. Mais c’est à toi de voir.
Je crois quand même que je garderai celui de droite, il est assez discret et contribue à l’historique de ton arbre.
Après, je reverrai la mise en forme de celui de gauche, avant d’éventuellement le supprimer
Voilà comme je le verrai, j’ai gardé volontairement les bois morts.
Après, c’est de la mise en forme. ![]()
Pour un arbre de style lettré (bunjin), le choix d’un pot rond s’impose presque naturellement, tant cette forme favorise l’effacement du contenant au profit de la ligne de l’arbre.
Il me semble toutefois possible d’aller plus loin, en envisageant l’utilisation d’un pot nanban (pot assiette).
À l’origine c’était des couvercles de jarres
Il se caractérise par sa forme ronde, plate et dépourvue de rebord marqué. Son apparente simplicité presque primitive dissimule en réalité un savoir-faire exigeant.
Par sa discrétion et son absence d’artifice, il constitue un choix particulièrement pertinent pour les bunjin, dont il prolonge le dépouillement et la liberté d’expression. À condition toutefois que son expressivité reste contenue, afin de ne pas entrer en concurrence avec la force du tronc.
Une table carrée convient parfaitement à un pot rond, mais une Jiita mettra le lettré d’avantage en valeur.
Merci encore Michel, pour préciser ma vision de cet arbre, je ne vois pas comme un lettré, car pour ce style j’essaie de m’en tenir aux même critères que toi et d’autres. Ici l’arbre présente un grand shari qui monte jusqu’à mi-hauteur… Pour la branche en Jin, elle est tjs là pour le moment mais ça risque d’évoluer… Dans un premier temps je l’ai écorcée et gardée mais pour le moment je n’ai pas pris de décision sur son avenir
C’est ton arbre, c’est toi qui vois. ![]()
Et ben je cherchais un post qui précise quel type de pot va avec quel type d’arbre , j’ai déjà quelques infos. Merci Michel pour tes explications éclairées.
Merci aussi à tous ceux qui nourrissent la réflexion sur les présentations dans ce post .








