Ginkgo biloba

Bonjour à toutes et à tous,

Ayant récupéré un gros Ginkgo biloba d’une cinquantaine d’années utilisé en laboratoire de biologie végétale (CNRS) pour des prélèvements cellulaires fort endommagé, j’ai engagé l’an passé un plan de sauvetage. L’arbre présentait des traces importantes de pourritures en raison des coupes sauvages réalisées. Après de très longues séances de nettoyage à la Dremel et de masticage, l’arbre ne donnait pas de signes de reprise végétative satisfaisante.

Par ailleurs, l’arbre donnait certains signes de nécroses tissulaires qui étaient bien visibles au microscope à balayage électronique. Après étude de la majorité des études scientifiques réalisées sur le Ginkgo depuis 30 ans, j’ai entrepris en laboratoire la formulation d’un concentré azoté qui a permis de le sauver. Je vous passe les calculs de masse molaire qui n’intéresseront que les botanistes et les chimistes, retenons pour faire simple que l’indice unitaire était supérieur à N=50, P=6, K=25.

Le résultat obtenu fut supérieur à toutes mes espérances. Cet arbre primitif, réputé pour sa croissance lente et sa propension à mal cicatriser a développé des pousses de plus de 90 cm en 5 mois, (soit environ 2,5 fois plus vite qu’un Sequoia sempervirens qui est l’arbre ayant la plus grande dominance apicale au monde).

Au plan phytosanitaire, l’objectif est aujourd’hui atteint. Reste la question de la restructuration de la partie aérienne et là, ce n’est pas dans un traité de biologie végétale que je trouverais la réponse. N’ayant rien trouvé de très pertinent en matière de taille et de ramification du Ginkgo biloba sur le net ou dans la littérature bonsaï, j’en appelle à vos retours d’expérience respectifs sur des Ginkgos matures (jusqu’à 10 ans, l’arbre réagit différemment).

J’ai deux questions sur lesquelles, je n’ai pas de réponse pertinente :

1 - Le Ginkgo biloba se caractérise (comme de nombreuses plantes dioïques) par la formation de deux type de rameaux :

  • les auxiblastes (rameaux longs) à croissance rapide ;

  • les mésoblastes (rameaux courts latéraux), à croissance très lente.

Si on coupe un mésoblaste, la croissance ne reprendra que 2 voire 3 ans plus tard. Comment les reconnaître (autrement que par analyse microscopique, ça je sais faire ! Mais, il faut couper le rameau pour réaliser le prélèvement) ?

2 - La technique classique applicable à la majorité des feuillus, consistant à laisser pousser deux feuilles, couper, laisser pousser deux feuilles couper etc… ne fonctionne pas sur le Ginkgo compte tenu de sa structure tissulaire. Idem pour les techniques classiques afférentes à la formation des conifères. Comment obtenir une ramification fine sans cette technique, de manière certaine ?

Pour l’heure, sous l’effet de l’azote et de la lumière les branches tendent naturellement à remonter vers le ciel, ce qui m’arrange bien. A défaut de technique de taille spécifique aux différents rameaux, je poursuivrais la restructuration de l’arbre par l’azote pendant une année ou deux et rabattrais les rameaux à la hauteur voulue.

Je vous remercie d’avance de vos réponses.