Bonjour,
Je me permets d’intervenir, même si ce n’est pas chose aisée.
Engrais organique et engrais chimique, ce sont tous deux des engrais. La différence réside principalement dans la rapidité avec laquelle les nutriments sont disponibles pour la plante. L’engrais organique doit subir plusieurs transformations avant que ses nutriments ne soient assimilables, tandis que l’engrais chimique les fournit directement. De plus, en bonsaï, la matière organique n’améliore pas le substrat car elle est généralement fournie dans des sachets qui sont retirés par la suite. Par conséquent, l’idée d’améliorer la CEC, la rétention d’eau ou la structure du substrat avec de l’engrais organique est à oublier.
L’engrais organique n’est pas intrinsèquement meilleur que l’engrais chimique. On pourrait obtenir les mêmes nutriments, en termes d’unités et de qualité, avec de l’engrais chimique, simplement en le dosant moins, ce qui le rendrait plus économique. Dans l’industrie des engrais, qu’ils soient organiques ou minéraux, les grossistes se basent sur le rapport prix/unité de nutriments assimilables (en NPK), quel que soit le nom commercial. Seuls les oligo-éléments ou quelques autres éléments complémentaires augmentent ensuite la valeur commerciale des produits.
En bonsaï, à notre échelle, l’utilisation d’engrais organique ou chimique se résume à une question de dosage. Si, pour apporter la même quantité d’azote (pour ne citer qu’un élément), il faut multiplier la dose d’engrais organique par 10, il est peu probable qu’il y ait une économie réelle.
Personnellement, j’utilise les deux types d’engrais, en fonction des plantes, de la saison (température et humidité) et des nutriments à apporter. Et lorsque je crains de sur-doser et d’accélérer la croissance, je privilégie l’engrais organique, car à moins d’en mettre une dose de dingue, moins de chances de sur doser.
Pour illustrer simplement, prenons l’exemple d’une pincée d’engrais chimique. Mon sac de 10 kg, assez cher, durera 10 ans. Pour un apport équivalent en nutriments, je devrai utiliser une poignée d’engrais organique. Le sac du même poids, certes moins cher, ne durera que 2 ans.
Examinons maintenant les autres options : le thé de compost, le lombricompost et le fumier décomposé. La question cruciale est : quelle est leur capacité d’apport en nutriments pour une dose donnée ? Cette information est primordiale pour déterminer le coût réel de la matière. Sans elle, on se fie à l’intuition. Ces trois engrais organiques sont d’excellentes options, surtout si vous compostez chez vous (mais attention à la qualité du compostage). Le lombricompost est particulièrement efficace, mais son utilisation n’est pas pleinement optimale si l’on ne le mélange pas au substrat ou si l’on ne le laisse pas en surface et contact direct avec le sol, comme tous les amendements.
Merci d’avoir lu jusqu’au bout …