Merci pour ta participation h2zo.
Je ne suis pas d’accord sur tout mais je te rejoins sur une chose : la temporalité ou la formation de l’arbre dans le temps.
Pour moi, la gestion du temps est la chose la plus compliquée et la plus essentielle à prendre en compte dans la formation d’un bonsaï.
En effet, il faut combiner un tas de choses de la meilleure façon possible afin d’obtenir le meilleur résultat final possible, à savoir un bonsaï, en respectant une certaine chronologie. Pour cela, il faut :
- construire un beau nebari,
- construire et épaissir un tronc, lui donner de la conicité,
- construire des ramifications primaires, secondaires et tertiaires tout en contrôlant leur diamètre pour que ce soit réaliste et en concordance avec la hauteur de l’arbre et l’épaisseur du tronc,
- éviter trop de cicatrices,
- donner une forme représentative de l’essence.
Depuis le temps que je pratique la culture des arbres, avec son lot de réussites et d’échecs, j’en suis arrivé à suivre la chronologie suivante :
La première étape est la formation du nebari. (J’aime partir d’une graine, c’est un choix personnel et je ne juge pas ceux qui préfèrent acheter un bonsaï préformé ou prélever un yamadori). Pour cela, je fais germer la graine en pleine terre puis je la transfère rapidement dans un substrat drainant afin de travailler le nebari. (dans le cas d’un yamadori, il est toujours possible de marcotter pour former le nebari)
Ensuite je forme le tronc. Et là, pas le choix, il faut laisser grandir l’arbre tout en lui donnant une forme. Cette étape est, pour moi, assez décisive pour la suite de la formation. En effet, je laisse pousser en hauteur tout en limitant, voire supprimant totalement les branches basses (pour les feuillus uniquement) et ce afin de ne pas me retrouver avec des branches trop grosses lorsque que je vais sabrer l’arbre pour en diminuer la hauteur. Cette façon de faire me permet d’éviter les cicatrices sur le tronc (sauf celle du sabrage) et ensuite, il est facile de faire apparaître les futures charpentières (greffe par perçage si besoin) et de contrôler leur vigueur.
J’en suis à cette étape avec ce charme. Avant de sabrer le tronc, je l’avais remis en pleine terre pour le faire épaissir. Par manque de place, je l’ai mis en bordure d’une haie, d’où le déséquilibre dans la répartition des branches que tu soulignes. Ce n’est pas grave car je pourrai toujours ajouter des branches par greffe si besoin.
Pour gérer la dominance apicale, il faut tailler et adapter le nombre de bourgeons en fonction de la vigueur que l’on veut conserver sur les branches. La vigueur se gère également par le volume du pot de culture et par la quantité d’engrais que l’on apporte à l’arbre.
Dans le cas présent, je vais laisser l’arbre débourrer tranquillement avant de rabattre certaines branches. Je pratique comme cela car certaines branches, que je veux garder, sont très fines et je ne veux pas trop affaiblir l’arbre, d’autant plus qu’il a eu quelques soucis avec des acariens l’année dernière. Pour les branches les plus grosses, je vais repartir sur la ramification secondaire la plus proche du tronc. Cette taille devrait se rapprocher de ce que tu as indiqué en bleu.
Une petite photo de dessus pour montrer les ramifications :
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