De l'esthétique du naturel...

A l’heure ou l’on mange du bonsaï naturel à la même allure qu’on avale des tomates bios dont on ne pourra jamais vérifier la véritable origine car nous ne serons jamais dans les champs pour contempler d’un regard aiguisé nos bons paysans les cultiver hors sol, sous serre dans de la fibre de verre… je m’interroge.

Ainsi lorsque j’entends le mot " naturel " en ce qui concerne le bonsaï je ne peux m’empécher de faire des bons. Hop Hop, tel un cabri sous extasy, nu dans un champ d’orties, un soir de pleine lune. Combien de fois n’ai je entendu cette fameuse phrase : " il faut que votre bonsaï ressemble à un arbre et non pas que votre arbre ressemble à un bonsaï " . Adage que l’on attribu courament à un certain Mr Naka. Admettons.

J’avoue avoir de plus en plus de mal à m’y retrouver là dedans. Comment ne pas y perdre son latin. Définir le naturel d’une chose totalement créée, codifiée et compartimentée par l’esprit humain me semble, un tant soit peu , antinomique.

Mais puisque on ne peut avancer dans une critique constructive sans argumentation je vais donc essayer de coimprendre, avec mes maigres moyens intellectuels. Pour ce faire j’ai pris un arbre au hasard, que j’avoue aimer beaucoup; que je qualifierais de bunjïn/Shakan, et qui est censé représenter le naturel.

Bonsaï à travers lequel je vois de nombreuses codifications empruntées aux arbres que l’on voit à la kokufu, des branches si parfaites qu’aucune aiguille n’en dépasse et une cime si ronde qu’elle ne ferait palir une coccinelle. Hors, même si j’apprécie cet arbre, je ne vois en lui, rien de ce qui pousse en montagne et dont l’anarchie des structures des branches, des aiguilles et du tronc n’égaleront jamais la perfection de ce bonsaï.

Alors je me dis que peut être , nous faisons tous, des bonsaï qui ressemblent à des bonsaï

A suivre