Crataegus azarolus - Le rescapé

Il fait parti de mes tentatives avec la technique du sac noir / transparent , il étaient six Azéroliers au départ mais seulement 3 ont survécu . Tous ont bien démarrés mais les fortes chaleurs de l'année passée sont arrivées très tôt et cela n'a pas facilité leur reprise , même le fait de mettre les sacs à l'ombre n'a pas suffi et ceux qui ont survécu ont passés un sale quart d'heure .

 

Cette année , lui et les autres survivants affichent une belle reprise et sont les plus avancés .

 

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Substrat composé de 60/70 % de pumice et de 30/40 % de terres enrichies dont une part de terre d'origine , pas d'apport d'engrais en cour de saison .

 

Il a une superbe écorce et un mouvement sympa mais je suis allé trop vite dans ma réflexion quand j'ai coupé à raz le moignon qui laisse place à une coupe en biseau qui je trouve , ne va pas avec le reste de l'arbre , tel quel en tout cas , il faudra trouver une solution pour incorporer cette blessure .

 

Au même titre que le Cormier et le Cornouiller , l'Azérolier est un fruitier rare , très cultivé il y a quelques années encore il est maintenant délaissé et tous ceux que je croise sont dans des terrains en friche complètement à l'abandon . Pourtant les anciens du village que je croise lors de mes prélèvements se rappellent encore de cette époque où ils venaient manger les cenelles directement sur l'arbre ou récolter pour faire des confitures , j'en ai moi même goûté , c'est vraiment très bon , très sucré et ça rappel effectivement la pomme .

 

http://www.fruitiers-rares.info/articles1a6/article6-variabilite-fruit-azerolier-Crataegus-azarolus.html

 

Azéroliers et Aubépines : 

 

Il y a quelques caractéristiques qui les différencient  , hors-mis le fait que les fruits de l'Azérolier soient comestibles , j'ai pu constater que l'écorce est complètement différente , elle apparaît beaucoup plus tôt que pour l'Aubépine , les jeunes semis spontanés de moins d'un centimètre de diamètre en sont déjà pourvus alors que l'écorce de l'Aubépine reste lisse très longtemps , sauf certains sujets exposés à de très rudes conditions . 

 

Mais surtout la configuration des " craquelures " de l'écorce :

 

Aubépine : - Jeune sujet : écorce lisse 

 

                  - Sujet d'age moyen : écorce qui se fend dans la longueur 

 

                  - Vieux sujet : écorce qui se fend dans la longueur et dans le largeur créant des plaques fines à moyennement fines .

 

Azérolier : - Jeune sujet : écorce qui se fend dans sa longueur et dans sa largeur créant de fines plaques 

 

                 - Sujet d'age moyen : même chose mais les plaques deviennent épaisses 

 

                 - Vieux sujet : là les plaques sont très épaisses et me rappellent celles des vieux Pins 

 

Je trouve que les feuilles ne sont vraiment pas un élément fiable pour une reconnaissance , de plus les deux espèces se côtoient et doivent surement s'hybrider , par contre la ramification est sensiblement différente , les entre nœuds sont plus courts et donc plus nombreux , le bois des jeunes pousses paraît plus rugueux aussi .

 

J'ai la chance d'avoir sur un terrain où je prélève , une Aubépine et un Azérolier  à 1,50 m l'un de l'autre , deux doubles troncs de même diamètre et quand ont les a sous le nez on a envie de dire que ça n'a rien à voir en fait .

 

Se sont mes observations , faites dans ma région et les conditions de vie sont sensiblement les mêmes pour tous les sujets que j'ai pu observer . 

Je pense que tes questionnements sur la structure de l'arbre se résoudront après plusieurs années de forte culture. Tes choix de départ te sembleront très lointains et d'autres difficultés surgiront.

Merci pour les infos sur cette espèce que je ne connaissais jusqu'alors.

Oui je pense aussi , bien que je n'ai pas réellement de problème avec la structure dans laquelle je vois déjà des possibilités se créer , mon souci c'est vraiment la grosse coupe du tronc en biseau à raz , le chicot était plein de galeries et j'ai voulu curer pour assainir , mais bon sang pourquoi je n'ai pas laissé 1 ou 2 cm pour avoir plus de matière pour travailler le bois mort ? Je me suis privé bêtement d'options qui auraient pût êtres intéressantes .

 

Bien que ce ne soit pas très urgent , je récolte volontiers toutes les solutions qui pourraient faire en sorte d'harmoniser la vilaine coupe avec le reste ( laisser cicatriser , tronc creux , juste un shari etc ... )

 

Maintenant pousse libre pour fabriquer un max de bois et de racines qui doivent êtres peu nombreuses car c'est une bouture qui en plus avait souffert pour sa reprise .

Les différences Azéroliers / Aubépines sont intéressantes.

Merci pour ces infos précieuses

Mais si l'Azerolier cicatrise comme l'aubépine il faut partir du principe que la coupe restera en l'état.

Pour rendre l'ensemble un peu plus plausible , je ne vois que la solution consistant à éventrer jusqu'au nebari et faire un arbre au tronc semi-creux.

 

Tu peux aussi lui faire subir un choc électrique ou le mettre dans une pyramide ... :newsm_8:

Je vois de belles lèvres de cicatrisation d'énormes plaies mais sur de vieux sujets et pleine terre évidement , va savoir combien de temps ils ont mis pour cicatriser ...

 

Si laisser refermer est la meilleure solution , esthétiquement parlant , pourquoi pas , en pot il faudra un moment ou alors session pleine terre .

Il y a aussi comme tu proposes la solution d'éventrer légèrement jusqu'au nébari , ça rejoindrait une partie morte sur le bas de l'arbre il me semble , il faut que je vérifie .

 

Tu peux aussi lui faire subir un choc électrique ou le mettre dans une pyramide ...  :newsm_8:  "

Il a osé .... appelez la modération immédiatement ou je dis des trucs pas catholiques sur ses arbres !   :newsm_8:

Azéroliers et Aubépines ( Suite ) : Cette comparaison est faite entre C.monogyna et C.azarolus qui sont deux espèces indigènes de ma région .

 

Le port : 

 

Il est semblable chez les deux espèces , plutôt érigé et rond , la ramification présente des changements d'angles brutaux ( rupture ) accentués visuellement par les nombreuses épines .

Les branches des vieux sujets ont tendance à arquer sous le poids de la fructification , comme la plupart des fruitiers .

 

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   C.monogyna

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   C.azarolus 

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    Un vieil Azérolier . Hauteur 7/8 m

 

L'écorce

 

C'est pour moi LA clef de reconnaissance quand on est face à un sujet sans feuille / fruit . En plus des éléments donnés  ici  j'ajouterais la couleur de leur écorce respective qui reste très variable , surtout sur les vieux sujets , mais qui dans les 3/4 des cas présente ces couleurs :

 

C.monogyna :

 

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   Jeunes sujets : grise-verdâtre et lisse

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   Sujets adultes : grise claire

 

C.Azarolus : 

 

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   Jeunes sujets : grise terne et rugueuse

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   Sujets adultes : grise sombre

 

Je parlais de la différence légère sur la longueur des entres nœud , je suis donc retourné observer sur place si c'était une réelle clef de reconnaissance mais je me suis aperçu que c'était variable et que cette différence ( si différence il y a vraiment ) n'est pas flagrante , les conditions de vie peuvent tellement influer ( année pluvieuse ou non par exemple ) que je préfère ne pas en tenir compte .

 

Observons de plus près deux pousses d'environ 2 ans , côte à côte cela devient évident , notez aussi la forme et longueur des épines qui pourrait être une clef ( il faut que je retourne vérifier si c'est systématique ) . 

 

Sur chaque photo , gauche C.azarolus / droite C.monogyna :

 

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Plus difficile sur des pousses non aoûtées : 

 

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L'écorce d'un vieux bougre au tronc de 50/60 cm de diamètre : 291834

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L'écorce d'un jeune freluquet de moins de 1 cm de diamètre :  291835

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Cette écorce qui arrive tôt est une bénédiction pour nous , effet vieillissement garanti .