Bougeonnement arrière des pins : réalité ou mot de l'esprit ?

Le desaiguillage n’est d’aucune utilité pour l’arbre, cela occupe l’amateur qui a l’impression de faire du bon travail. L’arbre va bourgeonner exactement de la même façon car il s’agit d’un mécanisme physiologique. Les amateurs répètent les mêmes façons de faire, ils sont très obéissants. La voie de la sagesse? Essayez, prenez des risques avec des arbres en pleine terre, vous verrez ce qui marche vraiment et ce qui est du domaine de la blague. Le bourgeonnement en arrière n’existe pas! C’est, au mieux, un problème d’observation. Allez observer les arbres dans la nature et comptez ceux qui bourgeonnent en arrière. En quarante années je n’en ai vu qu’un seul, il avait pris un coup probablement.

heureusement qu'il faut pratiquer cette technique sinon il n'y aurai aucun arbre avec de la densité de feuillage.

et puis les branches s’allongeraient

Encore un truc que j'apprends, les pins ne bourgeonnent pas en arrière :spb52:

 

Le nombre d'amateurs et de pro qui s'amusent bêtement à couper les extrémités des rameaux des pins justement pour obtenir des bourgeons en amont qui permettront de densifier les plateaux et/ou de réduire la longueur des branches. Ils le feraient pour des prunes? Des années de pratique du bourgeonnement arrière pour exposer de beaux pins et ce serait de la poudre aux yeux?

 

Même pas envie de prendre une photo pour montrer un bourgeonnement arrière sur mes sylvestres, tiens ...c'est une perte de temps!

Afin d’éviter l’allongement excessif, on casse les chandelles. Le reste est du folklore, cela me fait penser à une photographie d’un monsieur déguisé en chirurgien, avec les gants, qui procède à cette opération inutile. Pour faire du bonsaï, il faudrait être très précis et mettre les gants pour ne pas se piquer. On rigole, mais si cela vous fait du bien de Desaiguiller vos pins faites le, c’est bientôt Noël, belle période de desaiguillage.

Pour conclure, ce n’est pas parce que tout le monde le fait que c’est bien. Dans le bonsaï, les amateurs forment les amateurs et cela se voit. L’objectif serait il de remplacer régulièrement les débutants?

Je vous souhaite une belle journée.

Bien d'accord pour être précis car j'ai l'impression qu'il y'a maldonne et qu'on mélange les espèces et les techniques. Evitons les généralités du genre "Le bourgeonnement en arrière n'existe pas" parce que c'est faux sur les pins sylvestre, mugo, uncinata et Thunberg

 

Le désaiguillage sur pins pentaphylla et sylvestres ne sert, selon moi et peut-être quelques autres, qu'à un rééquilibrage des vigueurs de certaines zones ou branches par rapport à d'autres, sur un arbre en cours de formation ou déjà formé. Utile également quand il s'agit de former un arbre par la ligature, en évitant de coincer des aiguilles par le fil, mais c'est tout.

le bourgeonnement arrière existe bien, j'ai un pinus pinea qui pousse en bas de chez moi, les branches doivent faire 40 cm et elles sont toutes vertes, des aiguilles de la base à l'extrémité avec plein de bourgeons

 

après le déséguillage ne sert pas forcément à faire apparaître ce fameux bourgeonnement arrière et je dirais plus que c'est la taille de l'apex qui favorise ce bourgeonnement arrière

le déséguillage sert comme l'a dit gwinru a répartir la vigueur de l'arbre, à équilibre les masses avant une exposition

 

dans la nature, le bourgeonnement arrière existe peu je le concède, mais cela s'explique d'une manière simple, les apex inhibe les bourgeons latents en se gardant toute l'auxine, du coup la répartition ne se fait pas du tout équitablement et les bourgeons arrières ne se développent pas

 

et oui celui qui a pris un coup comme dit benoit grandjean, a un bourgeonnement arrière parce que le coup en question a permis de répartir l'auxine aux bourgeons latents

Tous les pins réagissent de la même manière, il est logique que des arbres aussi gourmands en lumière ne produisent pas de bourgeons à l’ombre. Même pour faire plaisir à un jardinier paysagiste.

les apex inhibe les bourgeons latents en se gardant toute l'auxine

 

Les bourgeons terminaux ne gardent pas toute l'auxine, c'est justement parce qu'elle descend dans la branche qu'elle inhibe les bourgeons axillaires... Ils produisent beaucoup d'auxine, qui se dégrade au fur et à mesure de sa descente le long de la branche (donc les bourgeons les plus à la base d'une branche sont les moins inhibés, et ont plus de chances de se développer). Si tu coupes le bout de la branche, tu supprimes l'inhibition par l'auxine, et les bourgeons axillaires se développent.

oui voila c'est pour ça que personnellement j'opte pour la coupe du bourgeon terminal (pas entièrement, en partie) pour favoriser le bourgeonnement arrière plutôt que le déséguillage 

Ah pourtant hin175 te dit l inverse ee ce que tu as ecris auparavant.

Quel est le rôle de l’auxine?..

ce que j'ai compris de l'auxine, c'est que c'est le bourgeon terminal qui en produit beaucoup (parce qu'il est le plus vigoureux, qu'il capte plus la lumière) et que donc les bourgeons latents ne profitent pas de cette auxine. Que juste une infime partie de l'auxine descend vers les racines et donc au fur et à mesure de sa descente, les bourgeons latent en ont juste un petit peu ce qui ne permet pas de se développer autant que l'apex.

Et que donc lorsque l'on coupe une partie du bourgeon terminal, une dose plus importante d'auxine est libérée, ce qui permet de développer plus les bourgeons latents

est ce que je me trompe ?

 

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Auxine.png

 

je ne demande qu'à apprendre :)

Non, tous les bourgeons en produisent. Les bougeons apicaux sont privilégiés parce qu’ils ont les moyens d’en faire plus et d’en recevoir moins.

Belles carottes.

Le bourgeonnement en arrière n'existe pas !

 

 

Vous arriverait-il parfois de vérifier ce que vous affirmez ?

 

http://goo.gl/cTSnRf

Je vous propose l’exercice suivant, faites bourgeonner en arrière, jusqu’aux branches principales, voir le tronc pourquoi pas? Prenez votre temps, en plusieurs années de bourgeonnement arrière tout est possible…

je suis très intéressé par vos résultats car greffer les pins serait alors inutile.

Alors oui, contrairement à pas mal de pratiquants je vérifie souvent, et j’avoue avoir étudié. Les arbres ne me parlent pas, je ne suis qu’un scientifique sans doute.

Depuis quand « bourgeonnement arrière » signifie-t-il « bourgeonner [..., jusqu'aux branches principales, voire le tronc pourquoi pas » ?

 

Parce qu'avec cette définition, on peut exclure aussi un certain nombre de feuillus (tous ceux qui ne rejettent pas de souche) et déclarer avec à peu près le même intérêt que « Le  bourgeonnement en arrière n'existe pas » chez les feuillus. Très constructif n'est-ce pas ?

 

« Bourgeonnement arrière » signifie pour les gens présents ici (sauf vous apparemment)  « obtention de bourgeons en amont des dernières aiguilles ». C'est ce qu'on voit sur un certain nombre de photos répertoriées par le lien que j'ai proposé.

 

Maintenant, si vous voulez troller, libre à vous.

Non, tous les bourgeons en produisent. Les bougeons apicaux sont privilégiés parce qu'ils ont les moyens d'en faire plus et d'en recevoir moins.

Belles carottes.

 

Je me permet de te contredire sur cette affirmation. La synthèse de l'auxine se fait au niveau du bourgeon terminal et non dans tous les bourgeons.

Et après quelque recherche je me rends compte que je raisonnais à l’envers et que hin a raison. L’auxine inhibe les bourgeons latents et ne favorise pas leur développement, chose que je pensais.

Le bourgeon terminal synthétise beaucoup d'auxine, qui descend vers les racines (c'est la gravité, gravitropisme) et lorsqu'elle descend elle se détériore, perd de son pouvoir inhibiteur et donc favorise le bourgeonnement arrière. C'est pour cela que l'on ne trouve pas directement des bourgeons arrières après l'apex sur les arbres à forte tendance apicale.

 

Donc dernier schéma/post à ne pas prendre en compte.

 

Piste de réflexion : Pourquoi le bourgeon terminal, dans un arbre à tendance apicale, est plus vigoureux que les autres alors que c'est le lieux de synthèse de l'auxine en question, qui inhibe le développement des bourgeons latents ?

 

Benoit, je prendrais une photo de mon pin que j'ai depuis un mois, qui était près d'un trottoir, aucune intervention humaine et qui était couvert d'aiguilles du départ des ramifications jusqu'au bout. malheureusement j'ai enlevé une partie de ces aiguilles mais on constate encore leur présence.

Merci pour mes belles carottes  :newsm_8:

 

merci hin de m'avoir appris quelque chose, j'adore apprendre 

baboulet tu as partiellement raison. Le rôle de l'auxine n'est pas à proprement "synthétisée". Elle est concentrée en gradients dans les méristèmes apicaux (bourgeon apical et axillaire), les gènes à l'échelle cellulaire agissent pour déclencher des processus de développement ou de spécialisation des cellules, respectant l'architecture végétale propre à chaque espèce. Il semble que la communication entre cellules au sein du MAC (méristème apical caulinaire) les fasse interagir de manière différente selon la répartition d'auxine dans les cellules pour générer une phyllotaxie et un comportement régulier et organisé.

Je ne suis pas certain qu'on puisse à proprement parler d'inhibition sur les bourgeons latents. Simplement leur concentration en auxine ou leur capacité à la concentrer est-elle plus faible. Mais je suis pas scientifique et mes lectures se bornent aux bouquins dirigés par Francis Hallé (Aux origines des plantes) et un autre de biologie végétale. Et ces bouquins commencent à être un peu anciens. Depuis la recherche a peut-être permis d'avancer plus loin dans la découverte des mécanismes à l'échelle cellulaire ou moléculaire.

ça à l'air d'être un bon bouquin aux origines des plantes, c'est pas la première fois que j'en entends parler

 

de ce que j'ai pu lire sur le net, c'est que l'auxine était synthétisée dans les méristèmes apicaux, et qu'elle était plus responsable de l'élongation des entre nœuds et de la courbure des plantes plutôt que du bourgeonnement des latents (même si, dans un sens, elle y contribue un peu). C'est par son rôle qui consiste à diviser plus ou moins les cellules que les entre nœuds s'allongent plus ou moins et que le bois se courbe plus ou moins.

 

après à côté de l'auxine (qui comporte déjà pas mal de composantes chimiques diverses) on trouve la cytokinine (qui en gros favorise l'apparition et le développement des jeunes pousses) ou les gibbérellines (responsable de la pollinisation et de la croissance des fruits).

 

En fait c'est un tout d'hormones végétales qui permet d'expliquer différents phénomènes

 

Finalement l'auxine se révèle être facteur de la courbure, de l'élongation des entre nœuds et de l'inhibition des bourgeons latents lorsqu'une trop forte dose est présente. C'est par cette diminution de la concentration d'auxine (pincement) que le développement des bourgeons latents se produit. C'est pour cela que j'ai dis plus haut, que l'auxine est dans un sens responsable de ce que l'on peut appeler le bourgeonnement arrière

 

En fait l'auxine c'est ce que l'on trouve dans l'hormone de bouturage pour favoriser la division racinaire (mais faut pas en mettre trop parce que sinon on a un gros cal à la place).

 

Mais personnellement je trouve qu'il y a encore des zones d'ombre dans l'explication de ces hormones végétales. Par exemple, pourquoi l'auxine migre de la lumière vers les zones d'ombres ? (Oui elle descend de l'apex "foliaire" qui est exposé à la lumière, vers l'apex "racinaire" non exposé à la lumière; et elle migre vers les zones d'ombres d'une branche -> augmentation de l'auxine dans ces zones d'ombres -> division cellulaire plus importante -> courbure du tronc)

 

passionnant ! 

Passionnant et très complexe. Je n'ai pas encore tout digéré et c'est pas faute de lire et relire. Et je crains que les scientifiques aient encore de nombreuses années devant eux avant de comprendre tous ces mécanismes