Taiwan critique la France et le Chine

Taiwan fustige la France et la Chine*

Reuters | 17.03.04 | 10h06

Le président taiwanais Chen Shui-bian a fustigé mercredi la Chine et la

France, dont les manoeuvres militaires communes quelques jours seulement

avant la présidentielle visaient, selon lui, à influencer le choix des

électeurs taiwanais. Les forces navales de la Chine et de la France ont

effectué pour la première fois mardi des manoeuvres militaires conjointes, à

quatre jours de la tenue à Taiwan de l’élection présidentielle. Outre ce

scrutin, un référendum sur les capacités de défense de l’île est organisé

samedi à Taiwan ce qui est perçu à Pékin comme une initiative

indépendantiste. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité

par l’agence Chine nouvelle a démenti tout lien entre ces manoeuvres au

large de Qingdao, à environ 1.250 km de la pointe Nord de Taiwan, et le

scrutin présidentiel taiwanais. Mais les autorités taiwanaises en font une

analyse diamétralement opposée. "En 1996, la Chine avait procédé à un test

de missiles et s’est engagée il y a quatre ans dans une guerre verbale.

Cette fois, la Chine et la France sont allées jusqu’à mener des exercices

militaires communs sans précédent", a dénoncé le président Chen Shui-bian,

faisant allusion aux deux précédents scrutins présidentiels. Pour le

président taiwanais, dont les propos sont cités par le China Times, la

France s’est alignée sur la position chinoise dans l’espoir d’accéder au

marché commercial chinois. "L’intention est de nous menacer militairement et

même d’influer sur le résultat de l’élection et du référendum", avait

protesté mardi le ministère taiwanais des Affaires étrangères. * La candidat

de l’opposition nationaliste taiwanaise a pour sa part demandé à la Chine de

faire preuve de retenue avant le scrutin de samedi de crainte que les

électeurs indécis ne soutiennent Chen face à d’éventuelles pressions

chinoises. * "Nous espérons que la Chine communiste restera en retrait

vis-à-vis de l’élection taiwanaise", a déclaré Lien Chan, interrogé sur les

exercices militaires sino-français. * "Chen Shui-bian essaie de détourner à

son propre profit une situation de confrontation entre les deux rives du

détroit", a ajouté le président du parti nationaliste, au coude-à-coude dans

les sondages avec Chen. "Je pense que la Chine continentale n’est pas assez

bête pour tomber dans ce piège." En janvier dernier, à l’occasion de la

venue en France de son homologue chinois Hu Jintao, le président français

Jacques Chirac avait exprimé son opposition à la tenue du référendum

taiwanais, jugeant cette initiative "irresponsable", "agressive" et

"dangereuse pour tout le monde". "Il m’est difficile de comprendre que le

dirigeant d’un pays comme la France se mêle des affaires intérieures d’un

autre pays", avait alors rétorqué Chen Shui-bian. La France, comme la

majeure partie de la communauté internationale, soutient la politique de

"Chine unique" de Pékin, selon laquelle Taiwan fait partie intégrante de la

Chine et ne peut donc avoir de relations diplomatiques avec d’autres Etats.

Merci à Patrick Bonnassieux pour cette information