L'orme danseuse d'h2zo

Voici un orme champêtre.

La source est un prélèvement de racine ( la taille d’une allumette en diamètre et peut 20 cm de long de racine ) au fond de la parcelle en propriété. Un ancien pont de chemin de fer pierre calcaire au dessus d’un fossé ( parler de ruisseau serait faux, c’est un fossé Rio Seco 8 mois par an et le reste du temps est une zone « humide » sur un bande 10 mètres de large. Prélèvement de cette allumette vers 2011 / 2012.

La graphiose est une réalité trés visible dans ce fossé, dans le sens ou les « vieux » arbres ( ormes ) dépérissent. Enfin, pas les vieux, surtout les gros en diamètres ( mais ça va avec ) avec l’exposition écorce que ça suppose à la graphiose. Mais par contre il y a un vivier certain en rejets, en racines, etc…et donc la vie qui continue même au sens des ormes en place, les jeunes rejets remplacent les vieux gros qui meurent vite ( pensée potentiellement philosophique s’il en est ). A 10 cm /15 cm de diamètre ( et 5 mètres de haut ) c’est la mort qui arrive vite.

Donc une photo de décembre 2017, aprés l’allumette racine de 2011 / 2012. Jusque à ça va fort et vite. Le « pot » est une auge béton de 40 cm en largeur. En terme de « culture » c’est gratifiant mais on loin d’un objet "bonsai fini ( mais c’est 7 ans depuis « rien » ).

En février 2023, le projet a avancé, il s’est tourné vers un lettré ( pas un mame, hein ). La pince est là pour l’échelle ( une 180 ou sans doute une 210 ). C’est LA face pour la partie aérienne, mais c’est la plus vilaine face en cicatrices ( elles se referment doucement ). Il a été rempoté ( depuis et y’a qq mois ) dans un pot rond de de 32 cm environ intérieur, et 5 cm de haut. Pas de photo, et il n’est pas avec moi. Il faudra attendre un peu pour avoir un peu de « vert ».

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Hé bien c’est pas mal, y’a de la conicité, il “danse” c’est un bon début pour un avenir literati :+1:

Dommage que tu fasse pas plus de photos suivi de tes arbres, pour bien distinguer leurs évolutions.

Tous les 2/3 ans déjà ça peut être pas mal :wink:

Bravo, super forme, très élégant !
Je regrette qu’on ne voit pas plus souvent de lettré de feuillu, celui-ci est très prometteur je trouve. Hâte d’avoir de ses nouvelles !

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Bravo de montrer un de tes arbres :+1:

Sur celui- ci, j’aurais envie, si c’était le mien, de greffer (auto-greffe par perçage) une branche à l’exterieur de la grande courbe de droite :thinking:

En effet, pour montrer des évolutions, il faudrait commencer par prendre des clichés.
Mon reflex reste dans son sac « voyage » et je prends trés peu de cliché, trés peu de tout en général. Je n’ai ps le clic facile, même avec un APN. Peut être une « vielle » génération qui ne gachait pas de la péloche pour prendre 20 photos pour un soufflage de bougies :grinning_face:

Je l’ai déjà signalé et répété. Chacun vit son truc comme il sent ( enfin je l’espère ). Je ne cherche rien ni aucune reco ou autre, donc « montrer » ou démontrer en bonsai ne m’importe clairement pas.
Je « vis » mes arbre comme on vit du vivant, pour MOI. Et pour le partage, je serai plus vers un partage des échecs et des recettes diverses et variées ( adaptées ou pas à chacun ) qu’un focus photo d('un arbre à un instant T.

La conicité présente est largement bien assez présente pour un lettré ( trop ??? ) D’ailleurs vers 2021 ( ou un truc du genre ) j’avais hésité à cause de ça. il y avait 2 options:

  • soit rester en arbre « classique » et commencer à travailler les charpentières,
  • soit passer en lettré. Choix réalisé, donc. Aprés sans doute 12 ou 24 mois à y réfléchir ( en bonsai le trop vite est l’ennemi du bien ).
  • Le lettré demandera du temps qui passe pour la maturité de l’écorce, mais là y’a que le temps…

Pour qq autres remarques:

  • Je ne crois pas qu’il y ait 180° opposé entre la photo 1 et la photo 2. Sans doute un tiers de tour dans un sens ou 2/ 3 dans l’autre, de toute façon en vision depuis en haut il y a du mouvement égal en 3D vers « partout ». Limites de la 2D / photo…

  • le « paillage » dégueulasse" en fev 2023 était un reste de paillage naturel façon tissu de coco ou tissu de chanvre ( je sais plus trop ). Juste aprés je suis passé au « paillage » avec du géotextile « lourd » en coton recyclé avec un double objectif ( triple ).

  • Les arbres sont contre une haie composite, et l’environnement est riche en oiseaux et autres. Les palombes résidentes à l’année et autres gros oiseaux sont pas intéressés par les arbres en pot ( la mise à disposition d’auge à eau pendant les 6 mois « chauds » suffit à leur baignade bi quotidienne vers midi et vers 19H00 ). Par contre les merles et autres plus petits spécimens, c’est un enfer qui gratte et retourne les substrats, c’est un cauchemard. Donc le paillage annule cette envie. Quand un tiers d’un pot de 10 litres est éparpillé façon puzzle au sol et que les racines fraiches et nues apparaissent en seulement 3 à 6 semaines, ça calme.

  • il y a un effet « herbicide » ou disons herbistatique ou ralentisseur, quoi que les graminées vigoureuses transpercent le paillage, mais c’est beaucoup plus lent.

  • je « suis » ( enfin les arbres ) en arrosage auto. Donc le tissu sert de nappe d’irrigation par le dessus, et un seul goutteur peut arroser un pot de 30 X 40 ( maxi quand même ) avec ce phénomène, sans créer un cône d’irrigation trop fort et trop local sous celui ci. A chacun sa bidouille. J’ai abandonné les micro- asperseurs car 1) trop sensible au bouchage et 2) ça n’arrose rien si on asperge en été au dessus du feuillage. A chacun de trouver « sa » recette, celle qui marche chez un sera différente chez un autre car les paramètres seront différents.

Je n’avais pas à greffer puisque les branches existaient avant le choix lettré.
en terme de proportion sur la hauteur, je « crois » avoir garder du nécessaire et suffisant, cette branche hypothétique supplémentaire aurait abaisser l’ensemble du feuillage. Bon, je dis ça, je suis pas jury, hein. Mais merci pour ta remarque. Cet arbre ( cet exemple ) est un exemple ( impossible ! ) d’une synthèse « impossible » occidentale et japonisante. Je reste assez vieux jeux sur les canons esthétiques d’origine, la « bible », avec ici une « contrainte » voulue dés le départ ( voir plus bas ) soit la contrainte occidentale de l’homme pressé occidental ( et 15 ans c’est rien et pas assez ). On peut ré écouter Noir Des’ ( l’homme pressé ) si on a envie, ou bien se référer à une vieux proverbe marocain ( l’homme pressé est déjà mort ).
L’idée du tire sève pour une forte conicité, les japonais savent TRES bien le faire pour les jeunes pré bonsai à vendre ( et pas seulement nourris au biogold … :rofl:…) mais officiellement ET réellement pour leurs arbres de « concours » ils savent s’en abstenir ( c’est juste qu’un tenancier de pépi pense pour ses petits enfant ou bien sans filiation le jeune apprenti prometteur qui prendra sa suite à équivalent génération N+2 ).

Pour la suite ( qui sera sans doute longue aussi ), je voudrai revenir sur la « génèse » de cet arbre.
Génèse dans la tête, et je crois que ça devrait compter plus que ce que certains débutants peuvent faire ( ou penser ).

Le point de départ était donc un stade zéro depuis une allumette. J’avais lu et m’étais fait à l’idée de 15 ans pour un projet parti de rien, avec un résultat (intermédiaire ) de pseudo « bonsai » et cet arbre a été construit en CE sens. 10 ans à faire du tronc, puis 3 ans les charpentières, puis 2 ans en ramif". Pour faire simple. Et finalement, l’objectif est presque rempli ou pas trop déconnant. Je ferai mieux et plus vite si je devais le refaire ( c’est l’effet expérience ).

10 ans pour « faire » du tronc. Caisse 10 / 12 litres ( mais pas assez de travail du racinaire / nébari , avec la conséquence que le tronc en conduite priorité nébari aurait été moins « fort » ). On peut pas tout avoir, à chacun de déterminer SES priorité selon le timing fixé.

Je « crois » que trop de débutant n’osent pas assez passer par la phase culture intensive, et donc maintiennent un arbre qui n’évoluera que trés trés peu. Cette dernière serait une approche japonaise « classique » sauf q’un jeune apprenti de 20 ans construit un arbre « présentable » pour sa retraite. Certes il sera fortement ramifié et avec une écorce mature…

On peut noter ( surtout au Japon, encore une fois ) qu’ils n’hésitent pas à se fixer un calendrier / un but avec une échéance ( en gros ). Un arbre « grossier » de 25 ans peut se trouver en configuration de maximiser son visuel à 30 ans avec donc un objectif clair 5 ans plus tard ( le présenter, ou le vendre ). Et ensuite, l’arbre présenté à 30 ans sera ( aprés présentation OU vente ) fortement « déconstruit » ou ratiboisé, car l’objectif sera à 40 ans.

J’aurai un peu de mal à retranscrire ce que j’ai perçu en visite en pépi bonsai là bas ( visite seul + traducteur, pas de la visite de foule ni d’intérêt commerciaux ), mais en trés grossier voilà donc ce que j’en aurai retenu ( juste au dessus ). Des avis contraires peuvent exister, évidemment.

Pour la partie « ferti » et substrat, je peux détailler un peu, c’est la partie ou je me suis le plus exprimé sur le forum.

  • le granulaire + fibre est resté a peu prés constant et il le restera sans doute .Ca reste hyper difficile à estimer ( voir à mesurer en usage bricoleur ) en proportion. Les « fibres » sont tassées par le granulaire, ou ou sans eau, etc…Disons 90% pumice et 10 % coco ( coco depuis plus de 15 ans ).
  • Arrosage auto depuis un puit, eau calcaire, goutteur sur nappe de paillage / arrosage. Une fois par jour en inter saison, 2 fois / 24 heures en été, et hors système gel ( donc coupé :grinning_face: ) pendant 5 mois ( donc zéro arrosage sauf l’eau de pluie ) de novembre à mars ( je ferai un peu différent si j’avais du conifère en masse, bien sûr ). Je ne cherche pas un arrosage qui lessive ( au contraire ). Si ça commence à peine goutter à 80 % de la durée arrosage du cycle, c’est parfait. Et puis d’un port à l’autre ça varie alors…
  • engrais « chimique » retard ( type 18 / 9 / 12 environ ) Avant en 9 mois maintenant en 6. Soit 3 gr / litre de substrat une fois par en phase « culture » pour cet orme de sa naissance en 2011 vers 2021 ( je parle en grammage annuel et une fois ). Puis descente ( trés récente ) de la dose progressive, pour 2025 et 2026 c’était et ce sera du 0.5 gr / litre. Ensuite je verrai la réaction ( 2026 ). L’auge béton faisait 10 litres en volume utilisé ( première photo proche fin de croissance forte recherchée ). 2eme photo en pot émaillé vert, c’était 5 / 6 litres environ. 3eme contenant depuis qq mois, que vous ne voyez pas, le pot rond de 32 par 5 de haut, soit 4 litres. Il y restera pendant 5 à 10 ans ( se fixer des objectifs d’évolution…) avant de prendre plus petit. Depuis la fin de phase auge ( vers 2019 ) vers le pot rond ( fin 2025 ) , la dose au litre de « nutritif » a été réduite par 6 au litre et le volume racinaire de 2.5. C’est une division par 15, pour le même plant.

Tout ce qui précède ( pour les courageux lecteurs arrivés au bout ) n’est clairement PAS une recette doctrinale se voulant d’une quelconque primauté. A chacun d’identifier ses éléments limitants, ses contraintes et ses objectifs, et dans quel « temps » l’objectif intermédiaire devrait être atteint. Pour un sujet vivant végétal qui a de quoi nous survivre plusieurs fois ( potentiellement ) la notion du temps me pârait absolument essentielle.

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La danseuse lettrée est de retour.
Les 2 photos ( 2017 et 2023 ), elle n’était pas vraiment à son avantage. A peu prés un selfie un matin au lever aprés une grosse cuite, ou un soir avâchie dans le canap’ en pilou. Bref.
Peut mieux faire, avec un minimum de présentation.

Les travaux depuis 2023.
Rempotage automne 2025.
Si le pot émaillé de 2023 était un poil plus étroit que la caisse pastoc de 2017, y’a qq mois la réduction du pain racinaire fut autrement plus drastique. En largeur mais surtout profondeur.
Photo prise hier, qq minutes aprés passage chez le coiffeur ( 70% ou 80 % d’élimination de la masse foliaire )
Je ne sais pas pour vous: je ne crois pas qu’à fin mars « on » n’était spécialement en avance végétative ( pas en retard non plus clairement ) versus la norme / moyenne, mais depuis en gros le 1er avril, c’est pas un poisson, ça pousse trés trés trés fort. Et avec la météo des 10 prochains jours, ça devait continuer ainsi.

Donc mi avril 2026:
La danseuse d’Orme champêtre, un peu plus « soignée ».
( notons sa frilosité, elle a gardé ses chaussettes, c’est le « paillage » en fibre géotextile.).
J’ai assemblé 3 photos, qui couvrent un arc de 90° / un quart de tour. En fait, ça se présente pas mal aussi sous d’autres angles non visibles ici…

Vu de dessus:
Pour illustrer la « tortuosité ». Et la répartition du feuillage.
( pas de vue de dessous, on ne regarde sous les jupes de la danseuses ).

Une danseuse tournoyante, de toute façon…
Y’a pas vraiment d’angle, ça se regarde sous 360°.
Une dervish tourneuse en qq sorte.

Paranthèse « photographie ».
L’arbre a été pris avec un smartphone de 250 euros valeur neuf il y a 5 ans ( donc du basique, même pas du « médium » ). On n’est pas un foudre de guerre en matos !! Cliché pris en jpeg, même pas en Raw. Redimensionnement, recadrage, avec des outils intégrés à Windows. Zéro retouche et zéro traitement de quoi que ce soit ( exposition, colorimétrie, contraste, etc…).
Je ne veux pas dissuader des gens d’investisseur dans du matos photo dédié, mais je radote sur ce que j’ai écrit à ce sujet. Il faut savoir avant ce qu’on recherche et dans quel cadre on a des limites.
Commencer par se pencher sur la lumière, le cadrage, la compo; c’est 90% du job.

A l’inverse, pour la dervish tourneuse, il fallait un peu de matos ( pas un smartphone ). Milieu intérieur, du mouvement donc besoin de vitesse, etc…la dervish est un crop de 10% de la superficie totale de la phot, le flou de la robe est volontaire pour suggérer le mouvement. Toutefois il y a du grain. Il fallait un minimum de fermeture ( ici F/4 et pas 2.8 ) pour un minimum de profondeur de champ, et garder un minimum de vitesse ( ici 1/50eme ) donc monter un peu en iso ( ici 1600 ). En smartphone, ça deviendrait TRES compliqué. MAIS sur les abres on a de la chance, ils ne bougent pas beaucoup, donc ça rend la photographie à peu prés 100 fois plus facile.

Fevrier 2023 / avril 2026, on peut dire que le timing 3 ans est dépassé, mais pas de beaucoup :innocent:

Pour rappel :

La “face avant” d’un bonsaï : un artifice tordu?

Même si je n’apprécie que très moyennement les courbures de cette danseuse, j’approuve pleinement le point de vue de @h2zo .

Hello,

Je partage pleinement l’idée de construire ses arbres à 360°, cependant (:grinning_face_with_smiling_eyes:) je trouve que la photo de janvier raconte une histoire plus intéressante. J’aime beaucoup l’angle que prend le tronc au niveau de la première branche. Il rompt avec les courbes plus douces du dessous, et apporte un côté sinueux et sauvage.
On en profite beaucoup moins sur la dernière photo. Mais peut être que c’est une histoire de masse foliaire, plus que de “face” ? :thinking:

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[quote=« Factor3, post:12, topic:127019 »]
On en profite beaucoup moins sur la dernière photo. Mais peut être que c’est une histoire de masse foliaire, plus que de “face” ? :thinking:
[/quote] Merci pour ton retour. Ca illustre bien les diversités de pensée sur la notion un peu molle d’esthétique.

Disons que la réalité est possiblement…ailleurs. :grinning_face:
Je n’ai pas de plateau tournant motorisé et il faudrait poster de la vidéo et pas de l’image.
J’ai posé 3 photos, ça fait un quart de tour, sinon c’était 8 photos avec 45° à chaque fois. Le foliaire 1ere branche en arrière se regarde aussi ( donc la photo fevrier 2023 ), ou le même à droite aussi…

Ce sujet rejoint le post ouvert par @bonsaiphil sur la notion de face.

Ne nous cachons pas, la « face avant », c’est juste le meilleur profil. Les autres sont moins « parfaits » ou plus imparfaits. Le chêne multi centenaire au bout de la parcelle, il prends la lumière du lever au coucher de soleil, il est beau et égal sous toutes les faces, donc il n’a pas de face ( mais il ne rentre pas dans un pot :laughing: )

Comme tout le monde ( enfin je suppose ) la plupart de mes arbres en pot ont quand même un angle meilleur que les autres ( ou moins mauvais ); donc la face est assez pragmatique. Je dirai volontier que la danseuse fait exception, et qu’elle trés regardable à 360° ou presque. Et faut avouer aussi, certaines formes auront nécessairement une face ( une cascade ou semie cascade derrière le pot vue depuisl’observateur, ça serait pas terrible - je conviens aussi que cet exemple est assez « extrême » ).

Si bonsaiphil n’aime pas les courbes trop torturées ( possiblement pas fan du Burton ?? ) je dois lui signaler que le voisin de la danseuse s’appelle « raide comme un piquet ». Je ne sais pas si la danseuse trouve charmant son charme voisin et raide, mais j’ai pas demandé non plus…J’ai peu d’arbres, mais j’essaie de mixer des espèces, ET des formes différentes. Comme j’ai tout démarré du stade zéro, on fait ce qu’on veut, on ne subit pas un truc déjà formé qui dicte 80% du chemin.

Est ce que cela veut dire pour toi que tu trouves moins d’intérêt à travailler un arbre prélevé ou ayant une base établie ? À priori tu as prélevé ce sujet j’ai du mal à comprendre ton “double discours “ sans animosité ni critique.

Totalement et absolument.
Je n’ai aucune prétention pour autant à affirmer que ce serait le seul chemin, chacun trace sa route avec sa sensibilité.
Mes arbres, c’est 100% de parternité. Les réussites, les échecs, la zone molle entre 2, c’est moi, ma responsabilité, mon travail ( ou non travail ).

Aprés, y’a le pragmatisme.
J’ai un exemple précis en tête, c’est l’azalée.
J’ai envie de m’y remettre. Je vais m’y remettre, de toute façon, maintenant que j’ai un peu plus de poil aux pattes en culture.
Ca pousse vraiment pas vite depuis une bouture de 10 centimètres de haut, donc je réfléchis…pourquoi pas un plant déjà bien agé ?
Ce paragraphe vaut donc pour l’aspect « partir d’un plant formé ».
Aprés, si une connaissance m’offrait des arbres formés parce que disposition avant décès ou dans le genre, j’en prendrai le plus grand soin évidemment et j’y veillerai avec l’affect lié. Sans considérations pécunières de ne chercher que du « gratuit », ce n’est pas le sujet. Du coup, c’est certain que c’est pas moi qui vais courir les annonces du coincoin pour des arbres.

Le yamadori.
Chacun verra midi à sa porte, et je condamne rien.
Mais je n’adhère pas, c’est pas ma came.
Les bûches prélevées pour avoir un gros tronc à la base, sur lesquelles il faudra 20 ans de boulot pour avoir une allure / conicité / progressivité pas trop dégueulasse, je ne suis pas fan, du tout. Je préfère un tronc plus fin / nébari plus faible, mais plus harmonieux. Pourtant, sur le terrain familial, sur 9 000 m², y’aurait de quoi faire. Prunus, orme champêtre, acacia, chênes divers, pyrancathe, arbre de judée, y’a 10 ou + entre 1 et 3 mètres et de chaque espèce. Mais non, c’est pas mon approche.

La danseuse, c’était y’a 15 ans un bout de racine / radicelle traçante de 20 cm de long, 5 cm de « tronc » ( hauteur ) et 3 bourgeons aériens. Pourtant, y’a qq dizaines d’ormes champ. au fond de parcelle, entre 1 et 3 mètres ( sujets Yama type ). Mais de toute façon, en pleine terre, à 15 ans / 20 ans, ils font 15 cm de diamètre, 4 ou 6 mètres de haut, et le scolyte les attrape ( enfin, avec le champipi associé donc la graphiose ). Les conditions bonsai( écorce trés fine et pas de stress hydrique ) permet de s’en affranchir, sinon la faucheuse guette.

La question est peut être philosophique. On cherche ce que l’on a pas ???

J’entends bien tes propos, mais tu entendras bien qu’etablir un feuillu ou un conifère en partant de zéro c’est minimum 30 ou 40 ans de culture pour avoir quelque chose qui tienne la route. Le prélèvement c’est beaucoup moins pour obtenir quelque chose de “cohérent”. Comme tu dis il y a plusieurs voies possible et chacun voit midi à sa porte.

En effet, ce sera notre point de divergence, et chacun son midi.

Plus que conifère / feuillu, je dirai que c’est une affaire d’espèce ( j’ai évoqué plus haut le cas azalée pour laquelle le temps est long ).
D’un autre coté, on ne manque pas de feuillus autochtones pour lesquels on peut trouver de la resources en bien moins de 40 ans depuis zéro. En conifère, aussi.

Et puis y’a aussi la définition personnelle du « cohérent » ou du résultat. Ce dernier n’arrive jamais quand on parle du vivant, qui est mutation / évolution permanente.

J’en ai déjà parlé ici, c’est sans doute une différence d’approche entre l’occident trés pressé et les racines japonaises ou on construit sur un temps multi générationnel sans limites sauf le futur qui nous échappera. En Afrique, on dit que l’homme pressé est déjà mort.

Tu aura compris que les bûches de 20 cm de diamètre au dessus du nébari avec des charpentières de 1 cm, et du faux vrai pseudo vieux travaillé la dremel avec des troncs creux, c’est pas mon truc. D’ailleurs, on ne peut pas dire non plus que celà soit garant d’un prix quelconque en concours, même en occident. Je préfère un équilibre plus « naturel ».

Quand j’évoque 30 ou 40 années de culture c’est surtout pour l’aspect de la patine ou du mochi komi, en effet en partant d’une bouture en une bonne dizaine d’années on peut obtenir quelque chose “d’établit” au niveau de la structure de l’arbre en lui même, mais le temps qui passe et qui s’imprime dans l’arbre ne ment pas. Et tu en conviendras que 10 ans de travail n’ont pas la même valeur que 40, on n’enlève rien à rien, que ce soit sur un feuillu ou un conifère le travail à mener pour arriver un bon résultat reste à peu près le même.

chacun ses preferénces, du moment qu’on prend du plaisir dans ce qu’on fait.

Là où je ne suis pas d’accord, @h2zo c’est quand tu dis qu’avec un arbre formé, 80% du travail est fait.

Y’a des yamadori de pin tout raides qui sont pliés au cours de leur formation et qui sont méconnaissables à la fin. D’autres arbres qui sont marcottés (juniperus/erables etc) et qui changent alors du tout au tout après sevrage. D’autres qui passent de la semi-cascade au moyogi en les redressant. etc. etc. D’autres qui sont gréffés pour être compactés, pour changer de feuillage etc etc

80% de travail fait… il faut jamais avoir travaillé un yamadori de pin pour écrire ça. Sans les yamadori les techniques de gros pliages n’auraient jamais vu le jour. Pourquoi toujours vouloir opposer deux techniques? Tu aimes pas les gros tronc… mais toi tu as fais quoi de plus que de te laisser dicter par l’arbre. Tu avais un bout de racines fine, tu en fais un pseudo lettré, soit 20% du travail de fait!

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Dans le ton de ton message ( la forme ) tu opposes bien plus que moi. Je ne force personne à apprécier ce « lettré »

@clem,
J’ai dit 80%, prends le pourcentage que tu veux.
Quand je parle du point de départ qui dicte énormément de choses ( quand arbre déjà formé ) ça suppose des charpentières qui sont formées, et avant un tronc. Et une liberté limitée, sur une base disons « rigide ».

Ce n’est pas la question d’aimer ou pas ton lettré,c’est ton analyse sur le yamadori qui est clivante. Pourquoi dire qu’avec un yamadori 80% du chemin est fait ? La plus part du temps il faut repartir de 0. Seul le diamètre du tronc est déjà constitué. J’ai des arbres partis de boutures d’autres de prélèvement, le travail est différent mais je sais qu’avec une bouture je n’aurais pas un arbre mature si vite.