Kakejiku kakemono...

Un début de collec. pour accompagner les bonsaï que j’aurai peut-être un jour…

Deux grues peintes par Chikuha Otake (1878-1936)

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Paysage (Sansui) par Kawabata Gyokusho (1842-1913)

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Moineau sur une branche d’abricotier par Koshû (1860-?)

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Sansui par Okamoto Sukehiko (1818-1884)

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Bonjour,

J’ai commencé récemment une petite collection de kakémono/kakejiku et c’est avec joie que j’ai trouvé ce sujet lancé par Gwinru.

J’adore la beauté de ces dessins et de posséder une partie de l’histoire du Japon.

Voici des détails des miens, je fais appel aux experts pour des idées d’identification.

D’avance merci

Cordialement

Le Sabi

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Vous mettriez quoi avec ce rouleau?

Je suis tombé sur ce rouleau qui depeint une scene de voyage, dans l’esprit des X vues du mont fuji ou des promenades à l’est du Japon, et je me suis dit que ca serait rigolo de poser un lettré avec ce rouleau, vu qu’il semblerait qu’une des théories sur cette forme d’arbre serait les arbres de bord de route.

je crois davantage à l’expression hérité de la peinture des songs du sud qu’aux arbres de bord de route, mais bon, comme j’ai le rouleau…

Il fait un peu moins d’1m de hauteur au total ce qui est plutôt court, c’est mon premier rouleau qui passe sous le mètre, et mon deuxième avec un mont fuji.

Je sais bien que la peinture est assez loin de l'idée que je m'en faisais, je cherchais du sumi-e, monochrome donc, en coups de pinceau rapide, et je suis tombé là dessus...je ne sais pas encore si je le garderai.

J’ai trouvé plusieurs interprétations du fuji:

-la minimaliste en général associée à un poème, j’ai cette forme en collection, poème évidemment illisible…

-une forme détaillée en couleur comme sur ce rouleau

-une autre version en couleur presque photographique, généralement 20 eme, j'execre cette forme d'interprétation.

-le dragon et fuji en sumi-e mais allegorique, donc dragon nettement représenté, trop tape à l'oeil, trop allégorique.

-la version que je cherche, c'est à dire une version peinte en sumi-e, monochrome, d'un nuage simplifié en forme de dragon enroulé autour d'un mont relativement stylisé, c'est la variation la plus dure à trouver pour moi, j'ai failli en avoir un il y a quelques mois, l'exemple parfait,peint en seulement quelques secondes,montage discret, petites dimensions, ce que je vois comme l'idéal avec un pot namban, un shiki ita ancien chinois et un pin dénudé de 1m.

En général j’aime les peintures monochrome faites en quelques secondes, d’un trait dynamique et maitrisé, par exemples les chevaux kano, ce rouleau est mon troisième rouleau en couleurs, après mon Sakai Hoitsu, et un poisson d’été anonyme mais qui est une merveille de dynamisme et d’interprétation de la cascade, il mériterait un très bel érable pour le compléter.

Très beau jiku. Une idée de l'artiste?

 

Un pin lettré serait effectivement parfait, à mon avis.

 

Je ne crois pas que l'arbre de bord de route, en lettré, soit seulement une théorie. Je joins la photo d'un jiku  (hélas pas pu l'acheter) peint par Ike no Taiga (1723-1776) qui en représente un au bord d'un chemin parcouru par une foule. Manifestement un pin parce qu'il ne perd pas ses aiguilles et qu'en cas de neige importante, on continue d'apercevoir son sommet. Du moins c'est ainsi que j'interprète son usage

 

Détail du dessin de Ike:

 

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oui, je sais bien que ce genre d'arbre se voit en représentation de bord de route, mais je ne pense pas que ça soit l'origine du lettré, simplement un endoit ou on voyait ou du moins que les pintres représentaient avec des pins typés lettré.

Je penche plus vers une origine chinoise, comme la plupart des choses que les japonais ont piqué.

Ce qui peut se confirmer avec le choix de pots nambans chinois et l’isage de jiita en racine trouvant aussi leur origine dans les objets de lettré epoque ming ou antérieures.

On voit beaucoup de représentations d’hommes de lettres chinois entourés d’objets en racine.

J’ai personnellement raté un jiita époque ming probablement en zelkova laqué, qui aurait été parfaitement en accord avec mon namban réparé de 22cm…

J’ai décroché à environ 500 euros hors frais, enfin, mon contact a décroché, personnellement j’aurais continué, ce genre d’objet, avec cette finition et surtout cette patine est très rare.

Il est possible que l'origine du lettré soit chinoise, mais les Japonais se le sont bien approprié. Ike no Taiga cité plus haut a fait parti de ce courant artistique Bunjin-ga ou Nanga, en même temps que Yosa Bunon, Tani Buncho et Yanomura Chikuden. Ce courant s'est référé à la peinture chinoise tout en élaborant son propre langage, en mettant de côté la codification en usage dans les écoles Kanô ou Tosa. Les peintres Nanga traduisent tantôt d'une manière foisonnante, tantôt d'une façon très dépouillée les thèmes abordés, à l'encre ou avec des pigments de couleurs mais généralement avec un grand souci de stylisation.

Les arbres représentés sont souvent très stylisés, réduits au strict minimum, au trait, par des taches ou des aplats.

 

Quant à la filiation avec le lettré en bonsaï, je pense que c'est une invention moderne de quelques pépiniéristes japonais. Tout comme les autres styles d'ailleurs.

 

Une bricole de Tanomura Chikuden

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que veux tu dire par "la filiation avec le lettré en bonsai"?

Veux tu dire que les codes de formes de bonsai sont récents?

Je le pense aussi, car la plupart des publications, et arts présentant des bonsai qu’ils soient japonais ou chinois datant de debut du XX et avant ne se plient pas à ces formes codifiées, ça s’approche plus des arbres chinois actuels.

Je suis en train de chercher des informations et objets représentant des arbres ou bonsai, si possible avec une datation « relativement » précise.

J’ai par exemple une boite en porcelaine XVIII chinoise avec un arbre qu’on pourrait qualifier de « lettré », ça fait longtemps que j’ai cette boite, on voit des 7 et des 5, 7 branches, 7 trous dans les rochers, et 5 singes.

Ici quelques images de peintures japonaise deuxième moitié du XIX, on remarque un style très particulier dans la peinture du troisième rouleau.

 

 

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Le représentation des arbres sur le 3ème est très curieuse, preuve que les artistes japonais s'essayaient à différentes techniques de représentation, où le réalisme n'est pas leur principal souci

 

J'essaie aussi de collecter des infos, via les peintures sur les représentations de bonsaï et de petites plantes en pot.

Pas de style particulier. Cependant je pense que le bonsaï représenté, en style lettré notamment (tel que nous pouvons le concevoir de nos jours) devait convenir, tant dans la cérémonie du thé que comme support à la méditation bouddhiste ou zen. Ces représentations ne sont pas, à mon avis, peintes d'après des bonsaï existants, mais plutôt des images mentales, la représentation d'une idée où l'esthétique prime, contrairement à la peinture occidentale qui s'est principalement attachée à représenter le sujet avec le plus de réalisme possible, jusqu'à l'académisme. Mais les artistes japonais devaient être imprégnés des arts de leur époque, les bonsaï représentés étaient donc vraisemblablement assez cohérents avec ceux qui pouvaient exister.

 

Des ch'tits exemples des XVIIIème et XIXème siècle:

 

Ogata Kôrin (1658-1716)

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Kano "Isen'in" Naganobu (1775-1828)

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Kano Eigaku (1790-1867)

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Murata Kokoku (1830-1912)

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Okuhara Seiko (1837-1913)

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D'autres milieu/fin XIXème, auteurs inconnus

 

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voici ma contribution

 

tous les deux faits au XXI eme siècle  :spb145:

le 1er est fait par un français et monté au japon ( celui ci est une commande de ma part )

et le 2eme fait entièrement par un américain

 

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On voit une inspiration pour la fameuse estampe au troncs croisés sur le dernier

J'ai remarqué ça aussi sur un rouleau dont j'ai publié la photo.

Je parle du post de Gwinru.

Pas du tout fan des deux derniers, mais chacun ses goûts.

Cependant je pense que le bonsaï représenté, en style lettré notamment (tel que nous pouvons le concevoir de nos jours) devait convenir, tant dans la cérémonie du thé que comme support à la méditation bouddhiste ou zen.

 

Il n'y a pas de support à la visuel à la méditation.

Les gens se mettent face au mur (Soto), ou en rangées (Rinzai). De même, pour des raisons démographiques simples, je doute que le bonsai puisse avoir une influence mesurable sur la cérémonie du thé.

Pas d'accord. La méditation peut se faire les yeux fermés ou ouverts, certains utilisent alors un objet ou une image comme support. La simplicité de l'image ou du rouleau, l'austérité de l'environnement et des rares objets présents sont aussi des moyens de se préparer à la méditation ou au recueillement, c'est selon. Les rouleaux ne comportant qu'un poème ou une maxime sont aussi les points de départ préparatoires à la focalisation de l'esprit ou les supports de concentration.

Tu fais ce que tu veux pour méditer, mais au Japon, les seuls qui méditent sont les moines  et la manière dont ils pratiquent, c'est celle que je t'ai indiquée.  Donc, un kakejiku  peut  servir à la méditation new-age  tant que  tu veux, mais pas à la méditation zen.

 

Tiens, je te laisse un lien à méditer ;)

http://global.sotozen-net.or.jp/fre/practice/zazen/howto/

Bon...on doit pas avoir les mêmes référents, mais c'est vrai que chez moi ça date un peu. Pour avoir été initié y'a une trentaine d'années à un tas de trucs allant du zen à la méditation transcendantale avec ce bon Maharishi Mahesh Yogi, en passant par le bouddhisme tibétain, les méditations, les postures et les "systèmes" de méditation sont nombreux.

 

Mais bon on va pas se quereller pour si peu, c'est pas ma philosophie

Je me pose plusieurs questions concernant un détail que j'ai remarqué.

Je pars sur une étude comparative de signatures et sceaux du même peintre, Kano Tsunenobu.

J’ai remarqué plusieurs tampons, jusque là rien de derangeant.

Par contre j’ai remarqué aussi plusieurs styles d’écriture dans la signature, on voit clairement une facon d’écrire differente dans le tracé des traits, ça n’est pas du au style, plus rapide ou cursif, mais je pense plutôt à la personne qui écrit, donc, j’en conclus plusieurs auteurs pour le même nom.

Je sais que les potiers ont des ateliers, et que sous le même tampon on peut retrouver plusieurs artisans, je suppose qu’un pot signé à la main l’est par son auteur, donc un koyo signé le sera par l’auteur et non un autre ouvrier, pareil pour les pots de Akitsugu Kataoka, signés yamaaki en atelier et signé à la main pour les creations plus « personnelles »

Je me demande si les peintres avaient aussi des ateliers, je pense que oui, ne serait-ce que pour enseigner, mais les elèves signaient ils avec le nom du maître?

Ou alors ne s’agirait il pas plutôt de pièces postérieures, signées soit en reconnaissance du maitre, ou simpement dans une volonté de fraude?!

En aucun cas un apprenti ou autre n'aurait eu le droit de signer une oeuvre à la place du maître, surtout dans le Japon féodal. Et je ne crois pas qu'il y'ait eu fraude, les jikus sans signature mais avec sceau seul sont très nombreux. Leur valeur marchande est moindre.

 

S'agissant de Kanô Tsunenobu (1636-1713), celui-ci, à 15 ans, à la mort de son père Naonobu, devient pupille de son oncle Kanô Tan'yû, autre fameux peintre du clan Kanô, avant de prendre la direction de l'école Kanô (ou de l'atelier au sens européen). Il prend son service au Sentô Palace, puis reçoit les rangs de hôgen en 1704 puis hôin. En 1709, sur ordre de l'Empereur, il peint les Kensho Shôji (portraits de Confucius, Mencius, etc...) dans le Shishinden du Palais impérial à Kyoto. (source: A Dictionnary of Japanese Artists by Laurance P. Roberts ed. 1976)

 

Ce qui complique les choses avec les peintres japonais, c'est qu'il peut y avoir une filiation directe entre deux peintres ou pas. Certains maîtres renommés distinguent un disciple en l'adoptant et lui donnant son nom. De plus au cours de sa "carrière", un peintre peut prendre plusieurs surnoms et l'accoler à son prénom ou à son nom, ou encore signer de son seul surnom. Dans le cas de Tsunenobu, il en existe plusieurs: Bokusai, Kan'unshi, Kôshô Sanjin, Kôkansai, Kosen, etc...

 

De plus, Tsunenobu commence sa carrière de peintre officiel à 15 ans et la termine 62 ans plus tard ou un peu avant. La signature peut évoluer d'une année sur l'autre sans être rigoureusement identique. Tout comme les sceaux.

 

S'il existe un 2ème sceau avec signature, un second peintre ou un poète ami a pu intervenir sur la même oeuvre. S'il s'agit d'un sceau seul (en plus de celui du maître et de sa signature) il peut s'agir de celui d'un propriétaire de l'oeuvre. Les peintures ou calligraphies à thème religieux ou spirituel peuvent comporter ainsi plusieurs sceaux ayant appartenu à des prieurs ou prêtres successifs.

un seul sceau et une seule signature, toujours la même.

Je ne sais pas si dans ce cas il s’agit d’un disciple.

Voici la signature d’un kakémono que j’ai acheté récemment au Japon et qui est attribué à Kano Tsunenobu

Oui c'est l'une des signatures qu'il a utilisé. J'ai des exemples identiques mais à chaque fois avec un sceau différent

j'ai trouvé trois variantes de ce sceau précis, carré à coins arrondis, et la façon dont c'est gravé.

Ca montre clairement que les sceaux ne sont pas faits avec le même tampon.

J’ai remarqué aussi un sceau en forme de vase, et deux autres sceaux carrés, l’un d’entre eux gravé en negatif (symboles apparaissant en blac et fond en rouge)

Cette photo ajoute encore une variante.

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