[b]Cet article, écrit par Walter PALL, à été traduit par Thierry MARTZ (Slowlife sur ParlonsBonsaï) et Béatrice BRITTEN. Un grand merci à eux.
Cette traduction est publiée ici avec l’autorisation de Walter Pall.
Il y aura d’autres surprises de ce genre, très bientôt.
[size=3]Comment obtenir un bonsaï de niveau européen à partir d’un arbre de pépinière[/size][/b]
Tout amateur de bonsaï voudrait posséder un superbe érable. On peut en acheter un. Mais la plupart veulent de préférence le faire eux-même. La matière première pour des érables japonais se trouve dans n’importe quelle bonne pépinière. Mais il n’y en a aucun dont on peut faire un bonsaï de niveau mondial. Il n’y a même pas d’érables dans les pépinières dont un amateur de bonsaï moyennement doué puisse faire un bonsaï de niveau européen en quelques années. Ce qu’on obtient n’est rien en comparaison des arbres importés qui ont été préparés durant des décennies, et qui sont également coûteux.
CE N’EST PAS VRAI !
Mon ami John ROEHL de Fresno en Californie, était totalement enthousiasmé par mon grand érable et voulait absolument en faire un aussi, lui-même. Et ça à son âge !??
Qu’à cela ne tienne !
Allons donc en chercher un.
Au nord de Sacramento, en Californie, se situe une pépinière connue, dans une vallée calme des premiers massifs montagneux. Evergreen Gardenworks est dirigé par Brent WALTSON, le spécialiste des pépinières à bonsaïs. Il a là dans les dix mille arbres. Ils sont tous issus de semences ou de boutures. La plupart des grands arbres ne sont pas prévus pour faire des bonsaï, mais pour l’aménagement de jardins.
John voudrait un bonsaï qui mesurera entre 60 et 80 cm de haut.
Il cherche donc avec son ami Howard dans la partie où se trouvent les arbres qui mesurent environ 50 à 100 cm de haut.
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FAUX !
Celui qui veut un bonsaï qui mesurera entre 50 et 80 cm de haut doit chercher parmi les arbres qui mesurent 100 à 250 cm de haut !
Le profane croit qu’on obtient un grand bonsaï en commençant avec un petit qu’on cultive pendant de nombreuses années jusqu’à ce qu’il soit grand. En réalité, on réalise un grand bonsaï à partir d’un arbre beaucoup plus grand que l’on réduit. Bien plus que vous ne le pensez !
Donc dans la partie où les arbres font plus de deux mètres. Oui, mais comment choisir ?
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On ne regarde QUE la partie inférieure jusqu’à 50 cm au-dessus du sol ! Tout ce qui se trouve au-dessus ne nous intéresse absolument pas !
On examine la conicité et le mouvement du tronc. S’il y a plusieurs troncs, ils doivent s’harmoniser d’une manière ou d’une autre.
L’idéal serait maintenant de regarder aussi le départ des racines. En aucun cas l’arbre ne doit avoir de point de greffe visible ! Ca ne donnera jamais rien. Même pas en cent ans !
Donc on creuse avec les doigts et éventuellement avec un outil à la surface du substrat jusqu’à ce qu’on puisse se faire une idée des racines.
A ce stade on ne peut être assez critique. A ce stade également, il ne faut surtout pas vouloir économiser sur le temps. John a cherché pendant plus de quatre heures jusqu’à ce qu’il trouve son « candidat ». Quatre heures !? Pourquoi investir autant de temps ?
Eh bien, si cet arbre doit devenir au cours des prochaines décennies un bonsaï de haut niveau, John va passer quelques centaines d’heures à l’avenir à s’en occuper. C’est donc extrêmement important qu’il commence avec le meilleur matériau disponible. Même si ça a duré quelques heures jusqu’à ce qu’il l’ait trouvé.
Beaucoup trop d’amateurs de bonsaïs se contentent trop longtemps de matériau moyen qu’ils ont trouvé en un temps relativement court, au lieu de chercher beaucoup plus longtemps et de ne prendre que le meilleur.
Mais c’est quoi le meilleur ? Un débutant a du mal à en juger. Pire, des amateurs avancés et même très avancés ne trouveraient PAS le bon arbre.
Maintenant il ne faut surtout pas vouloir économiser de l’argent. Trois arbres ont été retenus par John. Ils coûtent 150, 300 et 400 dollars. Celui qui prend maintenant le moins cher ne pourra s’en prendre qu’à lui-même. John a pris celui à 400 dollars. A quoi ça rime d’économiser 100 dollars ? Il s’occupera pendant plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’heures de cet arbre à l’avenir. A 30 $ de l’heure, alors tout le travail effectué aura une valeur de 5.000 à 20.000 $ !!! [NDLR : actuellement 1 € = 1,37$]
Bien, c’est donc celui-ci. John pense qu’il devrait revenir avec un petit camion.
Pas du tout ! L’arbre est réduit sans plus tarder sur place.
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A l’aide de grandes cisailles, l’arbre est réduit jusqu’à une hauteur d’environ 60 cm.
Ensuite toutes les branches qui n’apporteront rien à la mise en forme future sont également coupées.
On laisse des bouts de branches coupées qui ne seront PAS alimentées par l’arbre. Donc ne rien appliquer dessus !
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Arrivé à la maison, il y a des décisions à prendre. Est-ce qu’on laisse d’abord l’arbre ainsi pendant une période de croissance végétative ou est-ce qu’on commence tout de suite la mise en forme ?
Le mieux serait de laisser l’arbre tel quel et de continuer le travail dans un an, après un bourgeonnement fort.
Mais John a aussi peu de patience que tous les autres créateurs de bonsaï. C’est une légende que le bonsaï soit fait pour les gens patients.
Donc il réfléchit si la fin de l’automne est la bonne période pour la mise en forme. Chez lui, à Fresno, oui. C’est comme en Sicile. En été, caniculaire, et en hiver, quasiment jamais de gel. Chez nous ce ne serait certainement pas la bonne période de l’année. Chez nous il faudrait dans tous les cas attendre jusque vers fin mars / début avril.
Maintenant il faut travailler le départ du tronc.
Pour ça l’arbre doit être sorti de son pot en plastique. La condition étant que le pain racinaire soit bien compact. La couche superficielle du substrat est soigneusement retirée. Toutes les petites racines qui poussent vers le haut et qui ne sont pas belles sont coupées immédiatement.
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