V’là une question qui ne manque de re-fleurir à chaque poussée printanière, dans beaucoup de messages, même non titrés sur le thème ferti.
Préambule.
Je ne parlerai pas ici de la fertirrigation, qui ne concerne pas grand monde ( et ceux qui la font n’auront pas franchement besoin de lire ).
Je zappe aussi les apports foliaires, qui n’ont d’intérêt que de corrections très brèves sur des carences très judicieusement ciblées sur analyse, donc assez hors de propos en bonsaï ( sauf exceptions rarissimes ).
Il reste donc ICI les apports « classiques » en liquide à diluer ( organo-minéraux, plus ou moins organiques, plus ou moins minéraux ), le solide à diluer, les solides organiques ( pellets billes poudre ), les billes de « chimique » à effet immédiat ou retard, soit à priori 99 % des usagers bonsaï.
J’évoque ici des ordres de grandeurs, ne pas se focaliser à +10 % ou -20 % prés, on va épargner le rasage de la pilosité des mollets de fourmi. En usage, entre 2 pratiquants bonsaï, les écarts d’apports vont sans doute de 1 à 10, voir bien bien plus.
La difficulté de liaison entre différents modes de cultures, c’est que les unités de compte sont pas les mêmes. En surface, en litre de pot, par arbre. Donc j’ai pris le parti de tout transférer vers l’unité de compte « surface » au m² pour comparaison ( en apport par année ). Et aprés tout, qu’une plante annuelle se nourrisse sur 30 cm de sol ou un arbre pérenne et vieux sur 5 mètres de profondeur, ou un plant en pot sur 10 cm de profond, l’indicateur de ce qui est consommable reste le même. Un petit frigo plein de 10 kilos de bouffe, ça amène autant qu’une chambre froide remplie de 10 kilos.
Ici je suis focus sur l’azote ( N ) car les autres éléments macro ( NPK ) intermédiaires comme S ou Mg, et tous les oligos suivent cette valeur, dans ces proportions respectives ( et selon les espèces ).
Spoiler Alert pour les gens pressés : vous ne rencontrerez ICI aucune recette miracle facile courte simple et toute faite, c’est pas le but. Et de toute façon, on s’aperçoit que l’apport pratique en bonsai est généralement « très très élevé » en théorie, car simplement une part importante voir énorme finit dans l’eau de ruissellement et pas dans la plante. Donc l’apport ne peut être pensé qu’en le mettant en rapport avec le sol concerné ( substrat ) et SES caractéristiques. On ne peut pas comparer un 100 % pouzzo ( ou pumice ) à un 100 % akadama ( par exemple ). Et aussi l’hyper rinçage ou pas par la pratique d’arrosage, et la dilution que ça engendre sur les éléments en suspension non retenus par liaison faible.
Les usages constatés en cultures diverses.
L’usage élevé sur des cultures très consommatrices s’entend de manière très logique.
Quand 1 m² de blé tendre intensif produit 1 kilo de grain exporté du champ chaque année, que ce grain contient 125 gr de protéines soit 20 gr d’élément azote, il faut bien que ces 20 grammes d’azote viennent de qq part. L’époque moyenâgeuse ou un foyer « paysan » auto-consommait 70 % de sa production et y renvoyait ses déchets humains solides et liquides, en recyclage circuit très court, est un peu révolue……..en plus le foyer agraire récupérait du fumier en retour, ce qui n’existe plus, et avait un taux de recyclage pas à 100 % mais pas bien loin ( hors lixivation des sols ).
Du fruitier, du maraîchage, ça exporte surtout de la flotte, des minéraux, des sucres. Les sucres ça tombe du ciel, enfin de l’air, c’est du carbone qui vient du CO2, la partie azotée en besoin est est très faible( elle est très indirecte mais reste faible ).
Pour faire du bois de charpente à usage militaire ( pour aller guerroyer contre les perfides anglois ou les méchants teutons ) ça ne demande pas grand-chose en « engrais », ce qui devient moins vrai depuis peu quand on veut produire à outrance de la source carbonée pour produire du « bio » carburant / bio chauffage, bio matériaux etc.….avec une notion de croissance ultra rapide ( rentabilité ).
Le coté HORTICULTURE est ultra intéressant sur énormément d’aspect, et surtout le fait que c’est de la culture en pot, avec des limites levées versus le champ, mais c’est le moins éloigné du bonsaï ( à défaut d’être toujours très proche ou similaire ). Mais en apport engrais, il faut considérer l’exercice comme un apport maximal sans cramage de racines par pression osmotique saline trop forte, et en aucun cas comme une limite basse ou même dose « raisonnable ». Ca se comprend très bien par l’objectif, une pousse maximale en qq mois seulement ( souvent ) voir qq semaines parfois, pour des raisons économiques de turn over / rentabilité / temps / main d’œuvre.
Apports pratiques en bonsaïs.
Les fourchettes sont tellement larges…………j’ai cité qq exemples, chacun fera son calcul sur ces bases, il y a des éléments pour extrapoler même pour les pas trop matheux. Les exemples choisis ( à tord ou à raison, ce sont des extrêmes ) suffisent à illustrer des apports de 1 à 100 pour un plant. Déjà, le gouffre de la variation est planté dans le décor.
Utilité de l’apport engrais, qu’est ce que le plant arrive à faire avec cela.
Je trouve que c’est le paragraphe le plus intéressant, c’est pour ça qu’il vient à la fin, et au moins aura été éprouvé par des bases données plus en amont.
Et bien finalement, un seul plant avec seul gramme d’azote, il arrive à faire pas mal de choses ! Je dis pas que 1 gramme de N suffit pour tous les arbres ( ce n’est pas mon propos ) mais ça nourrit sans doute plus que certains pensent. Et avec 10 grammes sur un pot / un arbre par an, y’a de quoi passer au stade bûcheronnage. Pour autant le milieu bonsai sur fertilise à outrance ( le plus souvent ) ??? Par le rinçage, la lixivation des éléments, une CEC faible à quasi nulle… Dit d’une autre manière, en culture bonsaï, la question de l’apport QUANTITATIF est secondaire devant les autres critères ( substrat, arrosage ) qui conduisent à des pertes mesurés ou ultra fortes. La question du juste apport ne peux PAS trouver a réponse seule, sans considération des autres paramètres ( à part sur la dose maxi à la imite du cramage de racine par excés de pression osmotique ).
Pour ouverture / discussion ( et les courageux que cela intéresse ).
Il serait intéressant que qq membres ici détaillent leur conso d’engrais.
Par exemple, dire « j’ai 2 mètres carré de bonsaï en surface en pot, j’utilise un bidon de liquide 5/5/5 par an et un sachet de 750 grammes de biogold » , etc.….
Il ne s’agit pas de « juger » quoi que ce soit, il s’agit d’expliquer et comprendre, en étant accompagnant / collaboratif.


