Roches-ciment pour paysages bonsaï

Nous allons voir les différentes étapes de construction d’une "pierre ciment" pour paysage avec roches (= penjing / saikei / ou Hon Non Bo dans différents pays asiatiques, berceaux de ces techniques).

Première étape : réunir tous les ingrédients

- ciment fondu ; eau ; récipient et spatule pour mélanger les deux en une sorte de barbotine assez liquide
- pinceaux plats 30mm pour étaler
- grillage à maille fine
- tissu de coton découpé en morceaux assez petits mais de différents formats pour appliquer le ciment en tenant compte des aspérités du grillage
- une lauze qui servira ensuite de base à la roche et qu’il est important d’avoir dès le départ pour dimensionner le grillage
- une grande table recouverte de plastique
- une bassine d’eau pour se rincer les mains avant qu’elles soient statufiées dans le ciment
- beaucoup de patience.

Tout d’abord nous avons consulté ensemble différents livres sur le sujet afin d’avoir une petite idée de la silhouette de pierre que nous tenterions d’approcher :

les ingrédients de base :

Première étape de réalisation :

un rouleau de grillage calculé en fonction de la surface de la lauze

(là je vous le dis clairement : légère panique dans les regards, on prend conscience du chemin qu’il reste à franchir)

Ensuite on enlève la lauze pour ne pas la tacher de ciment liquide, on la remplace par des journaux et il s’agit de donner forme au rouleau de grillage à mailles fines, en coupant aussi la base par endroit pour lui donner une forme conique et faire - un peu plus tard - comme un entourage de petits rochers à la base

(de gauche à droite : Beilandre, Fab et Sekijoju)
Le grillage commence à prendre forme.

Découpage des morceaux de tissu et préparation du ciment fondu assez liquide (genre Blédine 1er âge pour fixer les idées) et, entre temps découpe des ouvertures dans les mailles du grillage qui permettront (après remplissage de terre au centre) de positionner des plants et plantes d’accompagnement

Application des morceaux de tissus (à faire chevaucher) qui sont enduits de ciment fondu, au pinceau plat :

Deux heures plus tard, ça avance bien :

C’est même bien avancé mais là nous ne pourrons pas aller plus loin je vous explique pourquoi :
Nous avons formé le grillage avec des failles et des surplombs pour que le résultat final soit escarpé mais il est impossible dans ces failles de mettre du tissu + ciment liquide sans coucher la roche sur le côté. Donc il faut attendre que la première couche sèche (deux jours) puis j’aurai à appliquer deux autres couches et à les laisser sécher avant de coucher la "roche" et compléter les applications.

Tout de même le plus difficile est fait : la première couche à faire tenir sur le grillage. Ensuite il ne s’agit plus que de re-badigeonner avec un ciment un peu moins liquide pour la bonne tenue ultérieure aux intempéries + une couche à l’intérieur, en retournant l’ensemble, pour consolider et bien intégrer le grillage dans le ciment.
Puis faire sécher le tout avant de mettre en place les végétaux, ce que nous avons prévu de faire ensemble avant mi-Mars pour pouvoir mettre en place de jeunes plants avant leur démarrage.

Avant plantations :

Sur la dernière couche, nous pensons projeter un mélange sable et pouzzolane très fine (inutilisable en mélange bonsaï de toutes façons) pour une coloration plus naturelle et pour la patine ultérieure par la mousse.

C’est une opération assez longue mais bonsaï n’est-il pas synonyme de patience