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Culture en pleine terre


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225 réponses à ce sujet

#141 -Tony-

-Tony-
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Posté 26 septembre 2010 - 18:02

Suite

-LES PROPRIETES CHIMIQUES DU SOL

-Le pouvoir absorbant

-C'est la propriété du sol à retenir certains éléments solubles, et il est lié aux colloïdes du sol qui sont l'argile et l'humus. Ces deux colloïdes sont électronégatifs et attirent les cations, comme K+ (potassium), Nh4+ (azote ammoniacal), Na+ (sodium), Ca++ (calcium), H+ (hydrogène), Mg++ (magnésium)...
Fixation_des_cations.png
Ils se retrouvent concentrés dans la mince couche d'eau autour des particules d'argile et d'humus, comme un essaim d'abeilles, en mouvement constant mais en quantité limité.
Si un cation libre viens dans l'essaim, un autre doit lui laisser sa place. Il y a donc un phénomène d'échange.
En général, dans les sols en bon état c'est le calcium Ca++ qui cède sa place. Mais il y a une relation entre Ca++ et le potassium K+. Il cèderai donc sa place au K+.
Inversement si des cations K+ sortent de l'essaim en étant consommés par la plante, ils seraient remplacés par du Ca++... :cache:

-Tous les cations ne sont pas fixés avec la même force, dans l'ordre décroissant : H+, Ca++, Mg++, NH4+, K+, Na+ (l'azote est mal retenu)....
-Plus il y aura de cations de même nature, moins bien il sera retenu : dans la plupart des sols c'est Ca++ qui est représenté en plus grande quantité (sans compter H+), c'est donc pour ca qu'il sert de cation d'échange.
Ph_nom_nes_d___changes.png R_partition_des_cations.png

-La quantité de cations pouvant être fixée par le sol dépends de sa texture : plus il y a d'argile et d'humus, plus le pouvoir absorbant est élevé.

-Pour les anions, c'est pas pareil, certains ne sont pas fixés comme le Cl- (chlore), SO4-- (les différents sulfates) et NO3- (azote nitrique).
Seul l'anion HPO4-- (phosphore) est retenu, grâce au pont calcique, deux actions Ca++ assurent la liaison entre le complexe argilo-humique et HPO4--, qui sont électronégatifs.

-Le sol retient donc des cations et l'anion HPO4--, indispensables aux plantes. Grâce aux échanges les cations sont mis à disposition de la plante suivant ses besoins.
Donc lors de la préparation du sol à l'avance (travail du sol d'automne ou autre), on peut apporter du phosphore et potassium, ils resteront disponibles, il ne servirai à rien d'apporter de l'azote à ce moment là car il ne serait pas retenu. Ces deux éléments doivent être incorporés par labour, et non pas en surface, car vu qu'ils se fixent très bien, ils resteraient en surface et les racines auraient tendance à rester dans cette zone, donc gare à la sècheresse.
L'azote ne se fixe pas, on ne peut donc pas en faire de réserves, il doit être apporté peu de temps avant plantation, à la plantation ou en fertilisation d'entretien.
Pour que le pouvoir absorbant soit suffisant, il faut maintenir une bonne quantité d'humus dans les sols sableux. Pour que les phénomènes d'échanges aient lieu dans de bonnes conditions
et pour que le phosphore soit retenu, il faut entretenir le taux de calcium par apport de chaux (peu nécessaire en sols calcaires ayants une bonne dose de calcaire actif).


:spb62:

#142 ludoh4

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Posté 26 septembre 2010 - 18:34

C'est dans la 1ere année que tu apprends ça , c'est marrant de revoir ça .

#143 -Tony-

-Tony-
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Posté 26 septembre 2010 - 19:42

oui :rolleyes: , et pour ceux qui ne connaissent pas ca permet de mieux comprendre la pratique :newsm_6:

#144 lanig

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Posté 27 septembre 2010 - 10:55

C'est très bien de reprendre à la base car dans la plupart des cas, à la question « comment améliorer mon sol pour la culture en pleine terre », on a la réponse «incorpore de la pouzzolane dans le sol», ce qui ama est une réponse inadapté.
On améliore le sol comme indiqué plus haut : fort contenu organique, chaulage, protection du battage de la pluie etc.
OT2 Logiciel libre pour la gestion de votre collection de bonsai. La version 1.1 est sortie.

#145 -Tony-

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Posté 27 septembre 2010 - 17:49

ouaip, je vais y venir en détail plus tard, gestion de l'humus et calcium, de la fertilisation, comment améliorer la texture et la structure... ;)

#146 remesd67

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Posté 27 septembre 2010 - 19:59

Houlaaaa! nous ne sommes pas des vers de terre!
non mais!

bon, merci c'est super intéressant tout ça :newsm_1:

#147 -Tony-

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Posté 27 septembre 2010 - 21:10

Suite

-Le ph du sol

VOIR ARTICLE SUR LE PH DE L'EAU

-Le sol peut être acide, basique ou neutre. Plus il y aura de cations H+, plus le sol sera acide :
*Si un sol contient beaucoup d'ions H+ dans la solution du sol ou fixés sur le complexe argilo-humique, il sera acide.
*Si les quantités de cations H+ et de cations minéraux (comme Ca++, K+...) s'équilibrent, le sol sera neutre.
*Si les cations minéraux sont plus abondants que les ions H+, le sol sera basique.
Un sol peut être plus ou moins basique ou acide, le pH permet d'en apprécier le degrés, en fonction de la quantité de cations H+, sur une échelle allant de 0 à 14.
*De 0 à 7 : acide.
*A 7 : neutre
*De 7 à 14 : basique
Les sols peuvent avoir un pH compris entre 4.5 et 8.5, très rarement en dessus ou en dessous.
:spb76:
-Le pH varie en fonction :
*De la nature de la roche mère locale, par exemple les sols d'origine granitique sont acides et ceux d'origine calcaire sont basiques.
*De la pluviométrie, les eaux de pluie entrainent en profondeur les ions minéraux (surtout Ca++), et donc acidifient le milieu...on peut vérifier que les sols sont plus acides dans les régions à pluviométrie élevée.
*Des saisons : à la belle saison les plantes et la décomposition des matières organique sont très actifs, ils liberent du gaz carbonique et des acides humiques, le pH a alors tendance à baisser légèrement de 0.5 par rapport à l'hiver.
*De l'action du cultivateur, sur une longue durée : si il ne restitue pas du calcium, le pH aura tendance à baisser. Les engrais apportés (les scories sont basiques) sont fixés sur le complexe argilo-humique en liberant des cations Ca++...Ces échanges contribuent à acidifier le sol, et par exemple les engrais ammoniacaux sont acidifiants.
*Des cultures : elles prélèvent des cations minéraux et contribuent à acidifier le sol. En sol dépourvu de calcaire il faut donc de manière périodique apporter du calcium, par chaulage. Par contre en terre calcaire avec roche mère friable peu profonde, il faut éviter de labourer en profondeur pour ne pas fragmenter et remonter de nouveau morceaux de calcaire...

-Le pH varie donc rapidement, mais l'apport d'un amendement acide ou basique ne provoquera pas la même variation dans tous les sols, et il y a une raison : c'est dû au pouvoir tampon du sol.
Le pouvoir tampon c'est la faculté du sol de s'opposer aux variations de pH. Elle est due au complexe argilo-humique qui fixe une partie des ions apportés et donc atténue les variations du pH. Un sol sableux sera moins tamponné qu'un sol argileux ou humifère, la remontée ou la descente de pH sera donc plus forte en terre sableuse.
pouvoir_tampon.png

-Le pH va avoir une influence directe ou indirecte sur les propriétés du sol, les plantes et les micro-organismes.

Dans un sol acide :
*Les ions H+ étants les plus nombreux sur le complexe argilo-humique, celui-ci manque de calcium et les colloïdes ont donc tendance à se disperser : la structure se dégrade facilement, il est plus difficile à travailler, moins bien aéré, moins perméable et se réchauffe plus difficilement.
*Le manque d'ions Ca++ fait que les échanges avec le complexe absorbant se fera mal : les autres cations utiles sont moins bien fixés et le phosphore est moins facilement utilisable par la plante (le pont calcique n'existe pas). Les pertes des éléments utiles par lessivage sont plus importantes et l'alimentation de la plante est perturbée.
*Un pH trop bas provoquera une toxicité par excès en fer (Fe), en manganèse (Mn), en zinc (Zn) et en cuivre (Cu). Mais aussi une déficience en calcium (Ca), en magnésium (Mg) et en potassium (P) et en soufre (S). Le molybdène (Mo) sera bloqué. Des pH faibles peuvent augmenter la sensibilité des plantes aux maladies cryptogamiques.

Dans un sol basique :
*L'excès de Ca++ bloque l'utilisation par la plante des autres éléments : une déficience en fer (Fe), en manganèse (Mn), en zinc (Zn), en cuivre (Cu), en phosphore (P) et en bore (Bo). Prenons exemple de la chlorose ferrique, si le pH est trop haut, le fer ne sera pas disponible, même si il est présent. Ces éléments, présents en trop petite quantité par rapport au calcium et sont donc trop énergiquement retenus.

C'est vers la neutralité que le sol pourra mieux exprimer ses propriétés, il faudra donc chercher de le maintenir au voisinage de cette valeur.
Même si certaines plantes préfèrent l'acidité ou la basicité, si certaines sont plus tolérantes les une que les autres, toutes se développent bien dans un sol voisin de la neutralité ou légèrement acide.

-Les bactéries qui assurent l'essentiel de la transformation de la matière organique travaillent mieux lorsque le sol est neutre ou légèrement basique. En milieu nettement acide, se sont surtout les champignons qui assurent cette transformation, mais ils sont beaucoup moins actifs que les bactéries, la m.o. évoluera moins vite.

:spb42:

#148 -Tony-

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Posté 08 octobre 2010 - 23:27

-Composition chimique du sol et le comportement des éléments chimiques dans le sol.

La plante croît et se développe à partir d'éléments chimiques qui sont classés en deux catégories :

-Les macro-éléments qui représentent 99% de la matière végétale sèche :
Le carbone (C ), l'oxygène (O2) et l'hydrogène (H) sont puisés dans l'air et l'eau.
L'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K) constituent les éléments fertilisants, la plante en consomme plus que le sol peut lui en fournir, le cultivateur doit donc en faire des apports réguliers.
Le calcium (Ca), le soufre (S) et le magnésium (Mg) sont appelés les éléments secondaires, ils sont utilisés en quantités plus faibles que les éléments fertilisants, bien souvent le sol en contient suffisamment.

-Les micro-éléments (ou oligo-éléments) qui ne représentent que moins de 0.5% de la matière végétale sèche...mais ils sont indispensables à la plante. Les 6 principaux sont le fer (Fe), le manganèse (Mn), le zinc (Zn), le cuivre (Cu), le bore (B ) et le Molybdène (Mo). Ces éléments sont présents dans le sol en plus ou moins grande quantité et sous des formes chimiques plus ou moins utilisables par la plante...il faut donc faire au cas par cas...et c'est loin d'être facile.

-L'azote

L'azote existe sous plusieurs formes dans le sol :

*L'azote gazeux constitue, comme dans l'air ambiant, environ 80% de l'air du sol, mais cet azote gazeux n'est pas utilisable par la plante...seules les légumineuses comme le haricot et la luzerne peuvent l'utiliser grâce aux nodosités sur leurs racines qui fixent cette forme d'azote.
*L'azote organique, qui est la forme de réserve de l'azote dans le sol. L'humus en contient environ 5%. Il n'est pas utilisable directement par les plantes qui ne se nourrissent que d'azote minéral. Il subit donc une minéralisation lente, qui s'effectue au rythme de 1.5 à 2% du stock d'humus chaque année...humhum...
*L'azote minéral, qui peut lui même se trouver en deux formes :
**sous forme ammoniacale (NH4+), il est fixé par le complexe absorbant mais il est instable : les bactéries du sol transforment l'azote ammoniacal en azote nitrique.
Les plantes utilisent mal l'azote ammoniacal sauf en cas particuliers, par exemple en milieu acide, par de jeunes plantes ou certaines cultures comme la pomme de terre... la patate !
**sous forme nitrique (NO3-) non fixée par le sol mais assimilable directement par la plante. C'est la forme (en se qui concerne le végétal) la plus évoluée de l'azote.

Alors vous allez me dire ben y'a qu'a apporter que du nitrique...et ben non, on verra ca plus tard, de même que les diverses transformations... :PB57:

-Le potassium

Il existe :

*Dans la solution du sol en très petites quantités (sur un hectare il n'y en a que quelques kilos alors que la plante en exporte en moyenne entre 130 et 150kg... :newsm_7: , sur un hectare cultivé hein...)
*Sur le complexe argilo-humique, sous forme échangeable : les cations K+. Lorsque la plante puise du potassium dans la solution du sol, une partie des K+ fixés repassent dans cette solution.
*A l'état rétrogradé : l'argile à une structure feuilletée et les ions K+ peuvent pénétrer dans ces feuillets. Le potassium se retrouve immobilisé, on dit qu'il est rétrogradé (comme à l'armée), c'est le passage d'une forme utilisable à une forme inutilisable par la plante. Grâce aux échanges d'eau entre l'intérieur des feuillets et la solution du sol (alternance sec/humide), une partie du potassium rétrogradé devient assimilable, mais ces échanges sont très lents.
En gros la plante s'alimente en potassium dans la solution du sol, elle même approvisionnée par les ions K+ échangeables et pour une petite part par les ions K+ rétrogradés.

-Le phosphore

Comme les autres éléments, il est présent sous plusieurs formes, il y a :

*Le phosphore de la solution du sol, en concentration très faible (moins de 1kg par hectare dans la zone explorée par les racines... :newsm_9: )
Et comme pour le potassium, c'est dans la solution du sol que la plante s'approvisionne en phosphore.
*Le phosphore fixé sur le complexe argilo-humique par l'intermédiaire du pont calcique, ou par des hydroxydes de fer et d'aluminium qui en sol acide, comme on l'a vu se comportent comme des colloïdes électropositifs et retiennent les anions phosphoriques.
C'est la forme de réserve qui alimente la solution du sol lorsque la plante se nourrit dans celle ci.
*Le phosphore insoluble, compliqué :spb50: : l'acide phosphorique est un tri-acide qui donne trois types de sels selon qu'une, deux ou trois fonctions acides sont neutralisées par les cations...par exemple avec le calcium :
**le phosphate monocalcique Ca(H2PO4)2 est soluble.
**le phosphate dicalcique Ca2(HPO4)2 est peu soluble.
**le phosphate tricalcique Ca3(PO4)2 est insoluble. Les phosphates tricalciques sont inutilisables par la plante.
*Le phosphore organique, qui est comme pour l'azote une forme de réserve devenant utilisable qu'après minéralisation.

La plante s'alimente en phosphore dans la solution du sol, elle même alimentée par le phosphore fixé et en partie par le phosphore organique qui se minéralise.

-Les éléments secondaires

*Le calcium existe sous une forme de réserve, le calcaire qui est solubilisé dans l'eau chargée de gaz carboniques ou d'acides humiques. Les cations Ca++ sont fixés comme on l'a vu sur le complexe argilo-humique où ils servent de cations d'échange, il y en a toujours dans la solution du sol. A part dans les sols très acides, la terre contient toujours beaucoup de calcium par rapport aux besoins de la plante.
*Le soufre qui se comporte dans le sol comme l'azote, la forme organique, forme de réserve, se minéralise lentement et sa forme minérale (SO3--, SO4--) n'est pas retenue par le complexe absorbant.
*Le magnésium se comporte comme le calcium, mais il représente une quantité beaucoup plus faible, surtout dans la solution du sol.

-Les oligo-éléments

Ils sont indispensables aux plantes et leur absence provoque des carences. Des sols pauvres chimiquement peuvent manquer parfois d'oligo-éléments, mais c'est rare, par exemple les sols des landes sont très pauvres en zinc.
Le plus souvent ils existent en quantité très importantes, par rapport aux besoins des plantes, mais ils peuvent être rendus inutilisables.
L'excès de calcaire actif (Ca++) est le plus souvent à l'origine des carences en oligo-éléments, ils peuvent tous être bloqués par un excès de calcaire sauf le molybdène.
L'excès de matière organique acide aussi peut provoquer des blocages.
Mais il peut y avoir des carences par excès : trop de zinc bloque le fer par exemple. Un excès d'oligo-éléments peut devenir toxique.

-Pour résumer, les caractères assimilables.

Pour la plupart des éléments, il existe donc :
*des formes insolubles, inutilisables par la plante.
*des formes rétrogradées, une immobilisation temporaire, la rétrogradation étant réversible (comme la clim...pfff, c'est tard quoi...).
*des formes de réserve:
**réserve organique qui est libérée au cours de la minéralisation de la matière organique.
**réserve minérale, facilement assimilable par la plante grâce au pouvoir absorbant.
*des formes assimilables : la plante s'alimente en majorité dans la solution du sol qui ne contient que de petites quantités d'éléments.
Pour qu'un élément soit assimilable, il faut plusieurs conditions :
**être soluble dans la solution du sol.
**être sous une forme qui correspond aux possibilités d'absorption (ex: azote ammoniacal moins bien assimilé que nitrique)
**être en quantité suffisante (car comme on l'a vu, plus un élément est en petiote quantité, plus il est énergiquement retenu)
**être en équilibre avec les autres éléments (un excès d'un élément, comme Ca++ par exemple, gène l'utilisation des autres)

:spb67: :newsm_8:

-BIOLOGIE DU SOL

-Les êtres vivants du sol

Ben dans le sol, il y a une faune et une flore :

-La faune :
*des mammifères : rongeurs et insectivores, comme la taupe.
*des insectes, à différents stades : larves, nymphes et adultes.
*des vers : nématodes et lombrics, ces derniers sont importants pour la structure et l'aération du sol et l'évolution de la matière organique, ils peuvent représenter plusieurs millions par hectare...
*des protozoaires ( :8: ): environ 500 000 par gramme de terre, ils interviennent dans l'évolution de la matière organique.

-La flore :
*Les végétaux (ha bon !)
*Les lichens, mousses et algues.
*Les champignons, très abondants : certains sont parasites et d'autres participent à l'évolution de la matière organique. Ils peuvent aussi intervenir dans la nutrition de la plante (Voir... Mycorhizes, en question....
*Les bactéries, très abondantes également (1 à 50 millions par gramme de terre). Elles jouent un grand rôle dans le sol, on va voir ca.

:spb55:

-Conditions d'activité des micro-organismes

Pour se développer, les micro-organismes demandent certaines conditions :
*Conditions de milieu :température, humidité, aération, pH.
*Conditions de nutrition : matières organiques et minérales.

-Conditions de milieu

Comme pour les plantes, il y a des plages de températures (mini et maxi) entre lesquelles une activité est possible. La température optimale du sol pour les micro-organismes est aux alentours de 25°, mais elle peut être de 60° pour les bactéries du fumier.
Les bactéries ne sont détruites qu'à des températures Beaucoup plus basses ou élevées par rapport à la température optimale.
L'humidité est indispensable mais un excès est nuisible car il diminue l'aération.
L'aération est nécessaire pour les bactéries aérobies (dans les 25-30 premiers cm du sol), ce sont les espèces les plus nombreuses et les plus utiles.
D'autres sont anaérobie et se développent en l'absence d'oxygène (dans le sol au delà de 30cm ou dans le fumier en décomposition...)
Donc on le verra plus tard mais quand vous travaillez votre terre, ne mélangez pas les terres !!! Ne pas ramener la terre >30cm en haut et <30 en bas !!! Quand vous creusez un trou profond faites des tas séparés !
Ces conditions réunies font que l'activité microbienne est plus intense au printemps ou en automne.
Les micro-organismes se développent mieux dans un pH proche de la neutralité.

-Conditions de nutrition

Les bactéries du sol sont hétérotrophes, elles ont besoin de matière organique pour vivre.
Elles ont besoin également d'éléments minéraux. Il faut noter que certaines utilisent l'azote gazeux, et d'autres l'azote minéral.
Le rapport C/N (Carbone (matières organiques)/ Azote) est très important. Si il est trop élevé (trop de mo), les bactéries vont manquer d'azote...et utiliser l'azote que devait utiliser la plante ! Donc quand vous enfouissez de la matière organique fraiche en quantités assez importantes(mauvaises herbes incorporées lors du labour), ne plantez pas tout de suite après ! Attendez que la décomposition se soit bien amorcée ! Sinon vos plantations vont jaunir->manque d'azote. La bonne opération consiste à déchaumer, c'est à dire à sarcler les herbes ou autre, les laisser sécher, les enfouir ensuite (que dans les 25 premiers cm !) et attendre qu'elles ne soient plus jaunes mais grisâtres avant de planter !

#149 -Tony-

-Tony-
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Posté 09 octobre 2010 - 17:35

-Les phénomènes microbiens dans le sol.

-Fixation de l'azote gazeux.

Les plantes ne peuvent pas utiliser l'azote gazeux directement mais certaines bactéries le fixent et le transforme en azote assimilable par la plante, il y a donc une petite quantité qui est assimilée indirectement.
Il y a deux principaux types de bactéries pouvant fixer l'azote gazeux : celles qui sont libres dans le sol et celles vivant en symbiose avec les racines des légumineuses (elles ne nous intéressent pas, on fait pas de la luzerne...donc on ne va pas en parler).
Dans les fixateurs libres, il y a une espèce très active, les azotobacters qui sont aérobies. Ils se développent dans les sols ameublis, neutres ou légèrement basique ( l'activité est très réduite en sol acide et cesse au dessous de pH=6), riches en matières organiques et en sels minéraux (surtout le phosphore). Mais si le sol est riche en azote minéral, les bactéries fixatrices diminuent fortement leur activité, car elles ont de l'azote minéral à disposition et donc elles n'utilisent plus l'azote gazeux).

-Evolution des matières organiques, l'humification.

Les matières organiques évoluent dans le sol, par exemple après quelques mois après l'enfouissement des pailles (exemple agricole, désolé... :newsm_8: , mais ont pourrait dire : engrais vert comme moutarde et trèfle, ou mauvaises herbes), on ne retrouve plus de brins distincts...
Il y a une évolution, que l'on peut confirmer entre la différence de composition des plantes au moment d'enfouir et de l'humus stable :
Plantes avant enfouissement :
Lignine : entre 10 et 30%
Protéines : entre 1 et 15%
Cellulose : entre 20 et 50%
Matières minérales : entre 1 et 8%
Humus stable :
Lignine : entre 40 et 50%
Protéines : entre 30 et 35%
Cellulose : entre 3 et 5%
Matières minérales : 0% :spb143:
Certains constituants comme les matières minérales ont disparues, d'autres ont été presque entièrement décomposées comme la cellulose, d'autres ont peu évoluées comme la lignine et les protéines.
Une tonne de matière organique non décomposée donne en moyenne entre 200 et 300kg d'humus stable.
Dès l'incorporation dans le sol, la matière organique est attaquée par exemple par les insectes, nématodes, champignons, protozoaires et surtout les bactéries.
Il se passe alors de nombreuses transformations :
*Division de la m.o. fraiche en fragments de plus en plus petits.
*Dégradation de la cellulose en matières minérales comme l'eau et le dioxyde de carbone...
*Légère dégradation de la lignine.
*Transformation des matières azotées, donc le rapport C/N diminue et donc la proportion d'azote augmente ou celle de carbone baisse.
*Synthèse de l'humus.

La matière organique fraiche passe donc par une série de stades avant de donner l'humus stable :
*Matière organique : ensemble de débris d'origine biologique, généralité, englobe aussi les stades ci dessous.
*Matière organique fraiche : résidus végétaux incorporés au sol.
*Produits intermédiaires : produits de décomposition pas encore stabilisés.
*Humus : stable, caractérisé par une couleur noirâtre, une odeur de champignon et possibilité de prendre un état colloïdal.

Matière organique totale = m.o. fraiche + Produits intermédiaires + humus

Dans un bon sol, où l'activité microbienne est intense, l'humus représente 80 à 90% de la matière organique totale...et il ne faut pas confondre les deux !
Le rapport C/N est important dans l'évolution : les engrais verts, (peu ligneux) évoluent plus vite que les pailles, le rapport C/N étant plus bas...le même exemple en plus caricatural : entre du trèfle et des écorces ou des branchages par exemple.
Mais dans des conditions défavorables comme un sol trop acide ou trop humide (donc anaérobie), l'humification va mal se faire et les matières organiques peu décomposées vont s'accumuler.

En général, l'humification se fait en 2 à 3 ans.

-Minéralisation de l'azote organique.

L'humus, une fois stabilisé (l'humus stable) évolue et se minéralise très lentement : 1 à 2% du stock d'humus.
La minéralisation s'effectue en deux phases :
*L'ammonisation : qui est la transformation de l'azote organique en azote ammoniacal.
*La nitrification : qui est la transformation de l'azote ammoniacal en azote nitrique.
L'évolution s'effectue grâce à des bactéries qui demandent les mêmes conditions que les précédentes.
L'azote ammoniacal (NH4+) qui est fixé par le complexe argilo-humique se transforme en azote nitrique (NO3-) non retenu.

-Dénitrification et réorganisation de l'azote minéral.

Les transformations que l'on viens de voir partaient de formes non utilisables directement par la plante pour donner une forme minérale utilisable.
Mais l'inverse peut se produire, c'est la rétrogradation de l'azote, qui est réversible pour la réorganisation mais irréversible pour la dénitrification :
*La dénitrification : c'est le passage de l'azote nitrique à l'azote gazeux, une évolution qui se fait en milieu anaérobie (sols trop humides ou trop tassés), si votre terre est bien cultivée ca ne devrait pas arriver !
*La réorganisation : c'est le retour de la forme nitrique à la forme organique. C'est un passage qui s'effectue tout le long de l'année mais surtout à l'automne. En gros c'est un stockage de l'azote par les bactéries qui après leur mort seront minéralisées au printemps suivant et donner de l'azote assimilable, c'est un cycle dans le cycle, et il évite en partie le lessivage de l'azote par les pluies d'automne et d'hiver.

:spb146:

#150 -Tony-

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Bon...ca va pour l'instant ? Vous avez tout capté ou pas ? Parce que ca ne sert à rien que je continue si il y a des truc que vous ne comprenez pas, car tout est lié du début à la fin. :)

#151 kanjoh

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Posté 10 octobre 2010 - 09:36

pfff...facile !!!!


:blink:


t es un ouf....!!!! :P








;)

#152 -Tony-

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Posté 10 octobre 2010 - 09:47

A ce point ?! :-D

Non, sans déconner ?

#153 -Tony-

-Tony-
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Posté 11 octobre 2010 - 22:02

Bon...alors let's rock'n roll !

-Le cycle de l'azote et son bilan

Les transformations que l'on viens de voir sont réalisées grâce à l'activité microbienne et un élément comme l'azote passe du minéral au vivant (végétal puis animal) et redevient minéral : c'est donc un cycle. (Il existe des cycles pour les autres éléments comme le phosphore, le potassium, etc...mais on étudiera que l'azote, les autres cycles sont similaires)
Ce cycle devrait se satisfaire à lui même...mais il y a des pertes (lessivage, dénitrification, volatilisation de l'ammoniac au niveau des excréments des animaux...) et au niveau culture, il y a des pertes par exportation (récolte par le cultivateur, donc non restitution...); les gains (fixation d'azote gazeux, apport par les pluies,...) ne compensent qu'une petite partie des pertes : le bilan de l'azote est donc déficitaire.
Le cultivateur doit donc avoir recours à la fumure azotée pour l'équilibrer.
Comme dit plus haut il y a les mêmes cycles pour les autres éléments...donc mêmes résultats.

-Le cultivateur et l'activité microbienne du sol.

En raison des effets favorables de l'activité microbienne du sol, le cultivateur doit chercher à l'intensifier.
Il faut créer un milieu favorable aux micro-organismes :
*Par des apports importants et réguliers de matières organiques (y compris engrais orga) et d'engrais minéraux.
*En maintenant le pH au niveau de la neutralité (apport d'amendements calciques ou acides)
*En assainissant le sol pour éviter l'excès d'eau.
*En travaillant le sol correctement, afin d'avoir une bonne structure et une aération suffisante.
Une fois que le milieu à été amélioré, l'apport de micro-organismes donnent de bon résultats : le compost et surtout le fumier sont riches en bactéries !


:spb92:

#154 lanig

lanig
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Posté 12 octobre 2010 - 09:25

Ce cycle devrait se satisfaire à lui même...mais il y a des pertes (lessivage, dénitrification, volatilisation de l'ammoniac au niveau des excréments des animaux...) et au niveau culture, il y a des pertes par exportation (récolte par le cultivateur, donc non restitution...); les gains (fixation d'azote gazeux, apport par les pluies,...) ne compensent qu'une petite partie des pertes : le bilan de l'azote est donc déficitaire.


C'est là qu'il faut à mon avis faire la part des choses entre ce qui est vrai pour un agriculteur et ce qui est vrai pour nous. La principale différence est que nous exportons très très peu et c'est encore possible de réduire cette exportation en faisant du BRF avec le produit des tailles. La conséquence est que nous n'avons pas en général besoin de rajouter beaucoup d'engrais, voire pas du tout, le meilleur exemple étant celui des forêts qui bien qu'exploitées par l'Homme ne sont jamais fertilisées.

Il faut aussi garder à l'esprit qu'une sur-fertilisation du sol (style champs de blé ou de maïs) entraine un appauvrissement important de la vie microbienne du sol. Pour un agriculteur c'est compensé par le fait que les espèces cultivées étant très productives, le surplus d'azote apporté fait plus que compenser la perte de rendement du à l'appauvrissement microbien. Pour nous, les espèces sont beaucoup moins productives donc ont moins besoin d'azote et le rôle de la vie microbienne est plus important. J'ai le souvenir d'un article scientifique étudiant la dose d'azote à apporter dans le cadre d'une pépinière pleine terre professionnelle (donc avec un taux d'exportation plus important que nous) : il était assez faible.

Attention donc à la sur-fertilisation qui dégrade les qualités du sol...
OT2 Logiciel libre pour la gestion de votre collection de bonsai. La version 1.1 est sortie.

#155 -Tony-

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Posté 12 octobre 2010 - 17:01

C'est là qu'il faut à mon avis faire la part des choses entre ce qui est vrai pour un agriculteur et ce qui est vrai pour nous. La principale différence est que nous exportons très très peu et c'est encore possible de réduire cette exportation en faisant du BRF avec le produit des tailles. La conséquence est que nous n'avons pas en général besoin de rajouter beaucoup d'engrais, voire pas du tout, le meilleur exemple étant celui des forêts qui bien qu'exploitées par l'Homme ne sont jamais fertilisées.
Oui, c'est une culture pérènne, mais encore faut-il pour cela restituer la totalité de la biomasse produite (BRF avec le produit des tailles et de toutes les feuilles)...le secret c'est l'apport régulier de m.o. !
Il faut aussi garder à l'esprit qu'une sur-fertilisation du sol (style champs de blé ou de maïs) entraine un appauvrissement important de la vie microbienne du sol. Pour un agriculteur c'est compensé par le fait que les espèces cultivées étant très productives, le surplus d'azote apporté fait plus que compenser la perte de rendement du à l'appauvrissement microbien. Pour nous, les espèces sont beaucoup moins productives donc ont moins besoin d'azote et le rôle de la vie microbienne est plus important. J'ai le souvenir d'un article scientifique étudiant la dose d'azote à apporter dans le cadre d'une pépinière pleine terre professionnelle (donc avec un taux d'exportation plus important que nous) : il était assez faible.

Attention donc à la sur-fertilisation qui dégrade les qualités du sol...

Petite parenthèse historique :
C'est ce qui c'est passé dans notre agriculture : l'ancienne Politique Agricole Commune avait favorisé l'agriculture intensive, on était après la guerre et il fallait que la France atteigne l'auto-suffisance alimentaire...puis la France est devenue exportatrice. C'était l'avènement des machines, des engrais chimiques...puis le remembrement...Les agriculteurs (en général) se sont mis à fertiliser grave au chimique, sans trop de restitutions et sans apports de m.o et c'est surtout ca le problème.....conséquence la dégradation de la structure, l'appauvrissement de l'activité microbienne, le lessivage des sols, l'augmentation de la salinité et de l'acidité des sols....Depuis des années heureusement la nouvelle PAC est orientée vers une agriculture raisonnée !



#156 -Tony-

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Posté 23 octobre 2010 - 17:29

-CONNAISSANCE DU SOL

-Observations.

L'observation de votre terre va vous permettre d'analyser ces observations, de déterminer la texture et la structure, les améliorations devant être apportées et la manière de travailler votre terre.

IMG_0101__1600x1200_.JPG
Ici il s'agit d'une croute de batance (voir plus haut) en terre limoneuse, gênante pour les échanges gazeux et hydriques. (Ne pas confondre avec les fissures de retrait des sols argileux asséchés.)

IMG_0102__1600x1200_.JPG
Une terre limoneuse, quand on la roule dans ses doigts elle donne une impression de talc, c'est une terre fine et légère, agréable à travailler, plutôt blanchâtre/jaunâtre quand elle est sèche, mais elle se dégrade facilement en surface sous l'action des pluies et du tassement.
Ici elle manque cruellement de m.o., structure particulaire, tous les grains sont libres, beurk.

IMG_0103__1600x1200_.JPG
Quand vous arrivez à ca c'est le top, une belle structure grumeleuse. On peut voir que les racines y pénètrent facilement, et les échanges gazeux et hydrique s'y font facilement.
Pourtant c'est la même terre qu'au dessus à la base, mais celle-ci à été amendée avec 50L de tourbe au m2 au départ (car elle était calcaire) et 70L de compost au m2, ce dernier apport étant renouvelé tout les ans, le travail du sol à été fait convenablement...Le complexe argilo-humique est bien présent, les grains sont joliment réunis en agrégats arrondis. Mais elle est loin d'être parfaite, il manque quelques années d'amendements organiques et de bon travail du sol.






IMG_0108__1600x1200_.JPG
Avec un échantillon de terre humidifiée et pétrie, roulez là dans vos mains pour former un boudin. Si vous y arrivez sans que le boudin casse c'est que votre terre contient au moins 15% d'argile.

IMG_0109__1600x1200_.JPG
Avec ce boudin essayez de réunir les deux extrémités pour former un anneau, si vous y arrivez sans que l'anneau casse, il y a plus de 30% d'argile. Ici en locurrence il doit y en avoir 25% environ, l'anneau à cassé mais c'était pas loin.

Les terres argileuses sont lourdes en général, dans vos doigts (humidifiée), elle est plastique, sensuelle :blink: , très douce...comme....bip !...

IMG_0110__1600x1200_.JPG
Beurk, la vache ! Alors ca c'est le résultat de ce qu'il ne faut surtout pas faire !!! : travailler une terre lorsqu'elle est trop humide ! vous formez des boulettes et des mottes compactes qui auront énormément de mal à se redésagréger...cette terre à été travaillée de cette mauvaise manière il y a 2 ans...et même après l'avoir retravaillée convenablement trois fois depuis, ont retrouve encore ces boulettes ! Ce genre de terre est du coup très mauvaise pour les semis, surtout, et pour toutes les cultures en général, une structure complètement dégradée par la main de l'homme.
Avant de sortir le motoculteur ou les outils manuels il faut malaxer la terre dans ses doigts pour savoir si c'est ok...si elle colle il vaut mieux retourner se coucher et garder ses mains pour faire pipi...En plus une semelle de labour c'est surement formée...




IMG_0111__1600x1200_.JPG
Ca c'est une terre "creuse" : excès de macroporosité, on peut le savoir en remarquant que sur les débris organiques peu décomposés il y a présence de filaments mycéliens...(tiens c'est marrant il parait que dans les substrats drainant les mycorhizes se développent à profusion.... :spb90: :rolleyes: )...mais dans un sol cultivé c'est un défaut, car se sont surtout les bactéries et non pas les champignons qui doivent décomposer le matière organique, dans ce type de terre creuse les bactéries essentielles (se reporter plus haut) sont peu présentes, pas bien. Les matières organiques doivent avoir une belle couleur noirâtre. Mais surtout pas verdâtre, car alors ca voudrait dire que la terre est asphyxique.

IMG_0112__1600x1200_.JPG
Une structure compacte : nul...les feuillets d'argile forment des prismes juxtaposés...les échanges gazeux et hydriques sont quasi nuls...donc éviter le piétinement et le passage d'engins lourds, surtout en sol humide !

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Ca c'est une terre sableuse, mais ce n'est pas une tare, par contre elle a une structure particulaire : tous les agrégats sont libres entres eux...

IMG_0117__1600x1200_.JPG IMG_0118__1600x1200_.JPG
Du compost maison : top pour l'amendement ! Riche en bactéries, en humus, en éléments minéraux.

IMG_0119__1600x1200_.JPG IMG_0120__1600x1200_.JPG
Des morceaux de calcaire...forcément si votre terre en contient elle n'est pas acide ! Mais se sont les plus petits fragments qui sont les plus actifs (voir plus haut).

#157 lanig

lanig
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Posté 23 octobre 2010 - 18:56

Très intéressant. Merci pour ces efforts méritoires.
On peut poster des photos de notre terre pour un diagnostic à distance ? ;)
OT2 Logiciel libre pour la gestion de votre collection de bonsai. La version 1.1 est sortie.

#158 -Tony-

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Posté 23 octobre 2010 - 21:23

Oui justement, avec plaisir ! Le top serait de donner un coup de pelle dans la terre et de la photographier sans l'avoir touchée avec les mains, puis en l'ayant roulée un peu dans les mains (pas trop pour qu'elle ne soit pas en poussière), donc deux photos.

Pour les plus courageux vous pouvez réaliser en plus un profil cultural : creuser un trou carré de 50 cm de profondeur environ, et photographier une paroi. Mais il ne faut pas piétiner la terre en surface de la paroi, éviter de lisser avec les outils la surface de la paroi...comme ca on verra les profondeurs d'enracinement, les différentes strates, si il y a une semelle de labour (zone imperméable), etc...

Ou aussi réaliser le test du bocal, voir mon premier message plus haut.

:)

Et le test du boudin et de l'anneau aussi bien sûr !

En fait plus vous aurez de photos différentes (et pas floues :rolleyes: ) mieux se sera !

Par contre il est imporatant que la terre soit humide mais sans trop (a part pour les tests spécifiques comme bocal, anneau et boudin)

Observez aussi les insectes du sol : présence d'auxiliaires comme les vers de terre, les cloportes, mille pates, etc...photo !

Cailloux de calcaires tendres...photo !

Matières organiques dans le sol...photo !

ET CHOSE IMPORTANTE POUR DETERMINER LE PH (en gros) : photo des différentes adventices (mauvaises herbes), pas besoin d'une photo de chaque, regroupez quelques échantillons sur une plaque blanche. Et versez quelques gouttes de vinaigre (le blanc étant le top) sur la terre, si une effervescence se produit, dites le moi.

#159 stéphane28

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Posté 24 octobre 2010 - 16:57

quel boulot!!!
super tony !! :newsm_12:

#160 KINGJU

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    couteau suisse ou fée clochette c'est selon

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Posté 24 octobre 2010 - 17:40

Pour illuster encore et avoir un avis.

Après un gros après-midi pluvieux hier puis sec et ensoleillé aujourd'hui, le sol de ma parcelle de pleine terre est humide mais pas détrempée.

Voici donc la terre après un coup de pelle :

pleine_terre1.jpg

Le détail d'une paroi non lissée par la bèche (30 à 40 cms) :

pleine_terre_trou.jpg

et le boudin. Il est difficile de le faire plus fin sans que cela se délite et impossible d'en former un anneau donc certainement - de 15% d'argile.

terre_boudin.jpg

Cette parcelle est retourné manuellement en moyenne tous les 3 ans en automne hiver avec apport de compost maison (déchets végétaux ménagers), de terreau et ou tourbe.
La dernière fois c'était en automne-hiver 2007.

Les arbres qui s'y trouvent y restent donc 3-à 4 ans (le laps de temps qui existe entre chaque "labour") dans une profondeur de 30 à 50 cms, racines travaillées avant et posées sur de vieux morceaux de carrelage plat.
A la Saint Gaston, surveilles tes bourgeons
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