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faut il éviter les variétés naines en bonsaï?


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25 réponses à ce sujet

#1 Julien49

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Posté 26 juillet 2020 - 13:22

voilà je crée le sujet pour éviter de pourrir un autre sujet sur lequel la discussion a été commencée parce que je trouve le débat intéressant.

sujet d'origine:

http://www.parlonsbo...20-epicea-nain/

 

ce qui a été dit d'intéressant pour l'instant:

 

L'une des premières choses que j'ai lues quand j'ai commencé à cultiver des bonsaïs au début des années 1980 c'est de ne pas choisir des variétés naines (genre "pumila" ou "nana").

 

cette affirmation est due au fait que sur certains cultivars nains il n'est pas possible d'obtenir l'aspect du vieil arbre, mais ce n'est pas une généralité, je possède un PICEA Glauca Alberta Globosa qui montre une maturité certaine

 

Et j'ai un Ulmus pumila qui commence à prendre une bonne patine

 

Certes, mais Ulmus pumila n'est ni une variété ni un cultivar, mais bel et bien une espèce à part entière.

Ce n'est pas une plante-artefact mais une espèce sauvage.

Ce dernier point a toujours été pour moi un des critères dans mes choix d'arbres à cultiver, avec cependant une exception : Acer palmatum

perso j'ai un Berberis atropurpurea "Nana" qui a une écorce mature magnifique

http://www.parlonsbo...ardin-berberis/

 

le Chamaecyparis obtusa "Sekka" est la première variété qui me vient à l'esprit parce qu'on peut pas faire beaucoup plus nain et qui semble donner de bons résultats.


 



#2 boots19

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Posté 26 juillet 2020 - 14:18

Pour la première des raisons d'éviter de genre d'espèce est la vigueur.

Ce sont des variétés sélectionnés pour avoir une vigueur très très faible. Et ce avec des conditions de cultures normales. Soit en pleine terre, avec un sol riche et fertile, qui correspond à l'espèce (acide, calcaire, humique ou frai etc etc)

Donc ces variétés ne sont déjà pas bien vigoureuse avec des conditions proches de la perfection. Là ou un érable de buerger pousserait de 8 mètres en trois ans, ces espèces pousseront de 8 cm..

Donc imagines quand tu prends cette espèce et que tu la places dans un petit pot à bonsaï...

 

Pour moi, quand on veut construire, améliorer, ou simplement maintenir un bonsaï, on s'efforce de le cultiver de manière à lui donner le maximum de force et de vigueur. Pour qu'il réagisse comme il faut aux tailles, pour sa santé, pour la qualité de son feuillage etc etc.

Chose qui deviendra aléatoire et périlleux avec une variété naine. Sans compter le nombre d'années très élevé qu'il faudra pour le construire.

 

> CQFD

 

Alors je dis pas que c'est impossible. Je dis pas que ce ne sera pas le "dada" de certains. Et je suis sur que le résultat obtenu serait très très chouette.

Mais passer 25 ans à construire quelque chose pour le voir claquer à la moindre minuscule erreur, très peu pour moi.


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#3 bonsaiphil

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Posté 26 juillet 2020 - 18:04

Les arguments avancés par Noiretna et Boots me semblent tout à fait recevables.

 

Mais en évitant pour ma part les variétés naines, je ne m'appuie ni sur la moindre vigueur de ces arbres ni sur leurs difficultés à maturer.

D'une manière générale j'essaye d'éviter autant que faire se peut toutes variétés et cultivar.

Explications :

Je vis en milieu urbain. Je suis exclusivement entouré d'objets fabriqués. Alors ça me repose de voir dans mon jardin des espèces intrinsèquement sauvages.

C'est un choix qui me satisfait intellectuellement et qui me simplifie la vie. Les espèces que je cultive se nomment avec deux noms : le genre suivi de l'espèce. Pas de troisième nom pour désigner une hypothétique variété.

Suite à des errements de jeunesse je me trimbale deux Acer palmatum dont je ne sais toujours pas si ce sont des "chichimachin" ou des "Sangokaka" . Peu importe.

 

Je me restreins. Pas d'arbres rouges (les albinos végétaux), nains, panachés, tortueux ou autres sélections par l'homme. Ce faisant je me crée un cadre. J'ai toujours pensé qu'en évoluant dans un cadre qu'on se fixe, on est plus créatif.

Par ailleurs je me pose la question du comportement des bonsai-ka quand ils trouveront en jardinerie des arbres modifiés génétiquement. Lire à ce sujet le fil intitulé CRISPR cas9.

"C'est quoi ton arbre ?"

"Je pense que c'est du Acer campestris avec quelques gènes de cochon"

"Ah oui …. d'où la cime en tire-bouchon ?"



#4 Julien49

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Posté 27 juillet 2020 - 13:06

histoire qu'il y ai débat, il faut aussi voir les avantages car il y en a:

 

- entre-nœuds plus courts.

 

-feuillage souvent plus petit.

 

-ramification plus fine.

 

-surement adapté à la création de mame ou shohin.

 

et il y a certaines choses pour lesquelles je ne suis pas tout à fait d'accord:

 

sur ce que dit boots19, je pense qu'il ne faut pas mettre la rapidité de pousse, la vigueur et la santé dans le même panier, un arbre peu avoir une pousse lente mais très bien réagir au tailles et avoir une santé très stable,

en 3ans un burger va peut être pousser de 8m, mais de combien pousse un buis ou un if? sont ils pour autant très délicats à maintenir en vie? je ne crois pas et même si ils prennent plus de temps à construire en bonsaï, ils sont beaucoup utilisés et donnent de très bons résultats, une variété naine qui pousse de 10cm par an d'une espèce qui pousserait de 1m par an est peut être juste comparable à une autre espèce qui pousse de 10cm sans être naine.

 

CQFD ^^

 

 

Je vis en milieu urbain. Je suis exclusivement entouré d'objets fabriqués. Alors ça me repose de voir dans mon jardin des espèces intrinsèquement sauvages.

C'est un choix qui me satisfait intellectuellement et qui me simplifie la vie. Les espèces que je cultive se nomment avec deux noms : le genre suivi de l'espèce. Pas de troisième nom pour désigner une hypothétique variété.

c'est effectivement un choix qui peut être fait.

 

 

Je me restreins. Pas d'arbres rouges (les albinos végétaux), nains, panachés, tortueux ou autres sélections par l'homme. Ce faisant je me crée un cadre. J'ai toujours pensé qu'en évoluant dans un cadre qu'on se fixe, on est plus créatif.

là je ne suis pas tout à fait d'accord, je pense que si on travaille avec plus d'essences on a forcement plus de choix de esthétiques à disposition. je comprend pourtant ce que tu veux dire, qu'en travaillant avec un cadre on peut approfondir le sujet que l'on a choisi, il faut donc à priori multiplier les efforts pour avoir la même profondeur de créations sur plus d'essences. mais c'est faisable et ça multiplie d'autant la créativité. si on réfléchit au cas extrême de quelqu'un qui travaillerait une seule essence, au bout d'un moment il risque d'avoir fait le tour et d'être limité en créativité.
 



#5 boots19

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Posté 27 juillet 2020 - 13:41

Tu interprète mal ce que je dis Julien. Ou je m'explique pas bien, au choix.

Une variété naine l'est en pleine terre, donc dans un pot minuscule il faut s'attendre à avoir des emmerdements. Pour moi une plante qui pousse peu est une plante qui va rester sur le carreau au moindre souci bactério, fongique ou cultural.

 

Tu compares à l'if et au buis. Mais pour moi ce ne sont pas des variétés naines justement! Elle poussent peu certes mais peuvent devenir très fortes et très haute en pleine terre. L'un comme l'autre peuvent faire de sacrets pousses annuelles quand il sont dans de bonnes conditions.

 

Pour le reste, et surtout les avantages qu'ils peuvent avoir, +1.

+1, mais sans moi je vous les laisse ;)


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#6 Julien49

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Posté 27 juillet 2020 - 15:53

Tu interprète mal ce que je dis Julien. Ou je m'explique pas bien, au choix.

ni l'un ni l'autre, j'avais bien compris, c'est juste que je ne suis pas d'accord^^ ,avec ça :

 

Une variété naine l'est en pleine terre, donc dans un pot minuscule il faut s'attendre à avoir des emmerdements. Pour moi une plante qui pousse peu est une plante qui va rester sur le carreau au moindre souci bactério, fongique ou cultural.

en fait je ne vois pas pourquoi. on pourrait même penser qu'une plante à plus faible vigueur produit moins de sucres pour nourrir d'éventuels parasites ou champignons. chaque partie de la plante va aussi fonctionner à moins haut régime donc si une partie est défaillante un moment, le reste va pouvoir tenir plus longtemps sur les réserves avant d'être défaillantes à leur tour, ou au moins aussi longtemps si les réserves sont proportionnées.

 

et j'utilisais le buis et l'if non pas pour dire qu'ils sont nains, je sais bien que non, mais pour dire qu'une pousse lente ne veut pas dire que la plante est fragile, alors ok, ces deux là finissent par être grands, mais c'est aussi vrai pour le développement maximal, il y a des genres et/ou espèces à faible développement naturel, qui ont une résistance et une résilience bien supérieure à des genres/espèces à fort développement, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas être vrai pour une variété naine.

 

le faible développement d'origine génétique (naturelle) est même souvent une adaptation aux milieux "hostiles" aux conditions extrêmes pour permettre une plus grande résistance/résilience.

 

les fruitiers les plus résistants à la sècheresse, aux parasites et aux maladies, ce sont les plus poussant et productifs?


PS: je tiens à préciser que je ne suis pas convaincu que l'utilisation de variétés naines pour le bonsaï soit une bonne chose, ni le contraire d'ailleurs. mais c'est juste pour qu'il y ai des arguments qui vont dans ce sens pour le débat.

 

pour les avantages au niveau culture on pourrait aussi penser que la culture en bonsaï d'une variété naine lui offre des conditions de vigueur proches de la normale, et donc (pour des bonsaïs matures) on est moins sur le fil de la vigueur juste nécessaire à la bonne santé, ni trop ni pas assez.

 

en vrai, je pense:

 

-qu'il y en a certaines avec lesquelles c'est possible mais pas toutes.

 

-que techniquement il n'y a pas trop de défi à faire un arbre nanifié avec une variété déjà naine. donc c'est pour ça qu'il faut quand même viser des dimensions finales bien plus petites que les dimensions naturelle de la variété, ne serai-ce que pour avoir une bonne conicité et un diamètre de tronc suffisant.

 

-je suppose aussi que les variétés naines ont aussi sans doute une longévité moins élevée

 

 

et je me demande, d'après ce que j'ai pu observer, si les essences à faible développement n'ont pas (pour la plupart) un rapport :

dimensions du racinaire/dimensions de l'aérien

plus élevé que des essences à fort développement, ce qui rendrait leur culture difficile dans des pots aux normes esthétiques de proportion arbre/pot.

du coup c'est pour ça que je pense qu'il faut sélectionner parmi les variétés naines.

 

 

 

 

 



#7 boots19

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Posté 27 juillet 2020 - 17:26

ok, alors nous sommes d'accord sur notre désaccord ^^


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#8 lanig

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Posté 28 juillet 2020 - 07:24

le faible développement d'origine génétique (naturelle) est même souvent une adaptation aux milieux "hostiles" aux conditions extrêmes pour permettre une plus grande résistance/résilience.

 

Entièrement d'accord sur le fond, sauf pour le « pour » qui signifie une intentionnalité qui est évidemment absente.

Je pense qu'il y a peut être une distinction à faire entre des variétés naturellement naines qui correspondent à ce schéma évolutif (ex : pin mugo, variété naine qui appartient à la même espèce que le pin à crochets qui a un port « normal ») et d'éventuels mutants nains apparus spontanément dans des lignées « normales ».


OT2 Logiciel libre pour la gestion de votre collection de bonsai. La version 1.1 est sortie.

#9 Clem

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Posté 28 juillet 2020 - 07:29

J'avais parlé avec Alain Arnaud y'a 10 ans et on parlait des buis. Il m'avait dit qu'au Japon les arbres "buissonnants" (ramif++, toutes petites feuilles) etaient moins "cotés" que les Bonsai issus d'arbres naturellement grands car considéré comme "trop facile", pas de mérite, pas de challenge etc.  Ce qui n'empeche pas de voir dans les grandes expo des buis microphylla, des pins blancs japonais "zuisho", des palma "hime" etc bref des arbres à petits entre-noeuds et petites feuilles..

Y'a même des reportages photo très détaillés sur les Bonsai Today de la culture des zuisho, qui deviennent au Japon très ramifiés, avec gros troncs et très appréciés/célèbres.. donc bref je ne sais pas si ce que m'avait dit Alain Arnaud etait vrai.

Il me semble, (à confirmer par des connaisseurs) qu'il y a même des arbres qui reçoivent des prix pour leur qualité de ramif, de santé sachant la difficulté de les cultiver donc le fait de cultiver des espèces plus délicates et de "réussir" à en faire quelque chose de bien, malgré les difficultés, est récompensé.

 

Peut-être qu'Alain Arnaud voulait dire : port buissonnant + culture facile = moins de valeur qu'un arbre à port d'arbre normal et/ou culture délicate


Entièrement d'accord sur le fond, sauf pour le « pour » qui signifie une intentionnalité qui est évidemment absente.

 

C'est clair, c'est le "finalisme" qu'on évite absolument en biologie. Quand j'etais étudiant, c'etait le truc à eviter absolument sinon mauvaise note assurée :PB297:

 

"les escargots ont une coquille pour se proteger du milieu exterieur" -> zero pointé

"Les escargots ont une coquille qui les protège des agressions du milieu exterieur" = correct



#10 Julien49

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Posté 28 juillet 2020 - 09:24

j'admet l'abus de language avec le "pour", mais bon, vous avez compris l'idée. colonisation de milieu aux conditions difficiles => création d'individus avec des variations génétiques dûes à la reproduction sexuée => sélection des individus ayant une génétique qui leur confère une plus grande résistance pour survivre dans le milieu difficile, dont certains grâce à leur taille plus réduite.

 

sinon oui je suis d'accord que les variétés naines sélectionnées par l'homme risquent d'avoir des faiblesses génétiques. perso je ne tenterais pas de bonsaï avec par exemple un Acer palmatum "Little Princess". mais avec un Pinus mugo "Pumilo" pourquoi pas, faudra juste être patient.



#11 meushi

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Posté 29 juillet 2020 - 08:24

Le "Little Princess" peut faire un balai mame ou shohin en une dizaine d'années... c'est son port 'naturel'. Comme la majorité des cultivars "-hime", il vaut mieux en faire un arbre élégant qu'un sumo. Par contre il faudra adapter les techniques de culture aux particularités de la variété: les branches cassent très façilement au printemps, il réagit à l'extrème aux pincements de bourgeons, il épaissit très lentement et la formation de l'écorce mature est un peu aléatoire.

 

Si on joue sur le long terme, il y a moyen de faire un arbre plus grand qui sera alors d'une très grande qualité et nécessitera moins d'interventions que l'espèce type pour garder sa forme... le problème est qu'on veut un arbre parfait dans un très court délai.

 

J'ai quelques boutures de "Little Princess" qui vont passer en culture au printemps. On verra dans 10 ans ce que ça donne :)


麻の中の蓬 - asa no naka no yomogi - proverbe Japonais - Même la personne la plus tortueuse, si elle est entourée de personnes virtueuses, se redressera "comme l'artémise poussant dans les champs de chanvre".

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小倉山 峰のもみぢ葉 心あらば 今ひとたびの 行幸またなむ - Ogurayama mine no momijiba kokoro araba ima hitotabi no miyuki matanan - Feuilles d'automne des cimes du Mont Ogura, si vous avez du coeur puissiez vous attendre encore la venue de sa Majesté

 

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#12 Clem

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Posté 29 juillet 2020 - 08:44

 

 

J'ai quelques boutures de "Little Princess" qui vont passer en culture au printemps. On verra dans 10 ans ce que ça donne :)

Tu vas les mettre en culture dans un pot/caisse ou dans la pleine terre ?

Tu en penses quoi de la "théorie" reprise plus haut en message #10, selon laquelle les cultivars poussant sur leurs propres racines sont plus faibles ou genetiquement "tarés" ?

 

 

J'ai un beni tsukasa issu de bouture, acheté en 2005,  en pleine terre depuis 10 ans, qui tient bien le coup, referme ses cicatrices et pousse. Il pousse moins bien que ceux que j'ai en caisse de culture car je ne m'en occupe pas assez mais il a développé au cours du temps des racines bien epaisses et solides (trop grosses même pour faire un beau nebari) en pleine terre ce qui me laisse penser qu'un cultivar sur ses propres racines n'est pas "génétiquement faible" ou destiné à mourir sans raison.

Mon pépiniériste breton spécialisé dans la multiplication des cultivars de palma par bouture est convaincu que cette théorie est fausse, et ses cultivars en pleine terre, certains de plusieurs metres de haut, valident sa conviction.



#13 meushi

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Posté 29 juillet 2020 - 11:44

Ca dépend du cultivar et de ce qui a causé la variation...

 

Certains cultivars produisent peu ou pas de raçines, ou ont des raçines "plus sensibles" (arakawa, kiyohime, ...)

Certains produisent majoritairement de la raçine depuis de la jeune écorce mais plus rien dès que l'écorce est mature (arakawa) ce qui complique la ramification. Ils ont beaucoup de vigueur tant qu'ils ont des raçines de moins de 4 ans pour faire des nouvelles radicelles.

Il y a des cultivars de palmatum qui ne se reproduisent pas par bouture mais où la marcotte fonctionne (seigen, shishigashira, ...)

Il y en a où même la marcotte échoue (la plupart des dissectum) et qui doivent donc être greffés.

 

Comme toujours, il y a les exceptions... j'ai quelques seiryu de bouture (dissectum vert à port érigé) et ils poussent très bien sur leurs propres raçines.


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#14 hin175

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Posté 29 juillet 2020 - 11:55

Quand je lis "Mon pépiniériste [...] est convaincu que cette théorie est fausse", mon premier reflex est d'aller voir sur google scholar ce qui a été fait sur cette question (soit en français, mais surtout en anglais) :spb102:

 

Et donc, je lis :

"Although total root length was altered by dwarf lines, root architecture (average root diameter, lateral root:total root ratio) was not affected by reduced height alleles. A direct effect of dwarfing alleles on root growth during seedling establishment, rather than a secondary partitioning effect, was suggested by the present experiments" (https://academic.oup...0/9/2565/509333, sur le blé)

 

ou alors :

"Dwarf trees were distinct with few leaves (134/tree) and less than half the roots of the othergrowth habits" (https://journals.ash...rticle-p785.xml, sur le pécher)

 

de ce que je comprends de ces études, les variétés naines ont moins de racines... mais ce n'est pas exactement la question (mais on aura pas la réponse à la question exacte, vu que les pépiniéristes s'en moquent carrément - la preuve avec le breton de Clem ;-) )

 

 

 

 

PS : je précise pour éviter tout probleme que ma remarque sur google scholar était générale, pas particulièrement pour le cas présent :newsm_13:


"Toute chose a une fin. Sauf la saucisse, qui en a deux.", Monroe.

Lao Tseu a dit :
En premier, on enlève la soucoupe sous le pot, suivant la saison on rempote dans un substrat drainant, c'est à dire SANS terreau (même du terreau "spécial bonsaï") ni terre végétale, on met son arbre à l'extérieur, on l'arrose quand le substrat est sec en surface (pas tous les X jours), et SURTOUT, on lit cet article, et les autres accessibles depuis la page d'accueil ...

Culture et ligature sont les deux mamelles du bonsaï... mais culture est la plus grosse.


#15 Clem

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Posté 29 juillet 2020 - 15:37

ok merci


 

Comme toujours, il y a les exceptions... j'ai quelques seiryu de bouture (dissectum vert à port érigé) et ils poussent très bien sur leurs propres raçines.

oui y'a des exceptions, par exemple "mon" pépinieriste breton arrive à multiplier le dissectum et le shishigashira par boutures. je n'ai pas de tof des boutures du shishi mais seulement du dissectum. Son taux de réussite sur dissectum est plus faible que sur les autres

IMG_0406.JPG



#16 bonsaiphil

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Posté 29 juillet 2020 - 17:04

Retour au sujet :

La très grande majorité des arguments avancés dans ce fil sont d'ordre technique, comme d'habitude.

 

Je regrette qu'on ne discute pas plus autour de valeurs qui peuvent entourer la culture du bonsaï. Le manque de mérite à cultiver des variétés naines a été effleuré plus haut. J'ai apprécié cette tentative d'une approche morale.

 

Mettons de côté tous ceux qui possèdent par hasard un bonsaï d'une variété naine : on leur a offert le spécimen ou ils l'ont acquis sans le savoir. Intéressons-nous à ceux qui en ont fait le choix.

Il me semble qu'il y a un problème déontologique à choisir des arbres dont le génotype a été sélectionné par la main de l'homme pour en faire "à l'avance" un individu destiné à rester petit.

La culture du bonsaï ne consiste-t-elle pas, au contraire, à l'adaptation d'un individu "normal" (*) à un environnement (le pot, le substrat ...) et à ses réponses à des tailles, des engraissages ou des expositions ?

Choisir des variétés en quelque sorte pré-déterminées à devenir des bonsaïs c'est un peu facile, ça ressemble à une voie du moindre effort : Posséder un bonsaï le plus vite possible avec une coopération maximale d'un arbre programmé. Est ce vertueux ?

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

 

J'ai le sentiment que cette même facilité se retrouve en n'argumentant que sur des détails techniques. Ils sont importants mais non fondamentaux.

 

(*) J'aurais pu dire "sauvage", "naturel" ou "espèce type"



#17 meushi

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Posté 29 juillet 2020 - 17:53

Phil, manges-tu des pommes, des céréales, des nectarines, des carottes, de la viande de boeuf, du maïs ou des bananes?

 

Ce sont toutes des mutations qui ont été sélectionnées et reproduites, ou manipulées par la main de l'homme depuis les débuts de l'agriculture qui n'ont plus grand chose à voir avec leurs variétés "sauvage" respectives.

 

Je trouve ton questionnement sur la moralité de la variété naine assez marrant sur le coup... le bonsai est une occupation où la main de l'homme s'oppose à la fonction primaire de l'arbre (atteinte de sa hauteur adulte et maximisation de la surface de photosynthèse) pour lui donner une forme spécifique. La réduction des entre-noeuds et feuilles sur l'arbre en pot est basé sur la limitation des resources de l'arbre - principalement en eau mais aussi en sève élaborée (défoliation totale ou partielle en saison de pousse). Trouves-tu celà moral ou virtueux?

 

Au passage, partir d'une variété naine ne fait pas gagner de temps... sinon le marché au Japon (et en Europe par extension) serait innondé de kiyohime, de kokonoe, ...,  de qualité à bas prix. La mode est majoritairement aux troncs trappus... qu'est-ce qui aura un tronc trappu le plus rapidement?  Un arbre qui fait des pousses de 2 mètres sur l'année ou l'arbre qui pousse de 5 centimètres sur l'année?


麻の中の蓬 - asa no naka no yomogi - proverbe Japonais - Même la personne la plus tortueuse, si elle est entourée de personnes virtueuses, se redressera "comme l'artémise poussant dans les champs de chanvre".

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#18 bonsaiphil

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Posté 29 juillet 2020 - 18:09

Tu ne vas pas me faire l'affront de penser que j'ignore l'histoire de l'agriculture depuis le néolithique.....

Il me semble tomber sous le sens qu' un bonsai c'est un artefact dans sa forme, son style ses techniques.

Mais mon propos concerne ce dont on part, le matériau de départ, que j'aimerais être des espèces intrinsèquement sauvages comme je l'expliquais déjà dans ce message #3.

Une origine sauvage , indemne de tripatouillages, ça fait sens, non ?

Mais peut être ne partageons-nous pas les mêmes critères du "beau" ....



#19 hin175

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Posté 29 juillet 2020 - 19:01

Pour être honnête, ce que tu aimerais pour le bonsai, ou moi, ou d'autres, n'a que peu d’intérêt... "Les goûts et les couleurs blablabla"

 

C'est aussi pour ca que les réponses sont techniques, parce que les goûts et les couleurs, il y en a autant que de bonsaillistes, et penser que les siens sont meilleurs ou plus justifiés que ceux des autres est... bref ;-)

 

Si c'est pour orienter le sujet sur "qu'est-ce qu'un bonsai ?", il y en a déjà plein sur le forum, qui finissent tous -invariablement- en eau de boudin... par contre, des discussions sur les raisons techniques ou de culture pour éviter les variétés naines, il y en a moins :newsm_13:


"Toute chose a une fin. Sauf la saucisse, qui en a deux.", Monroe.

Lao Tseu a dit :
En premier, on enlève la soucoupe sous le pot, suivant la saison on rempote dans un substrat drainant, c'est à dire SANS terreau (même du terreau "spécial bonsaï") ni terre végétale, on met son arbre à l'extérieur, on l'arrose quand le substrat est sec en surface (pas tous les X jours), et SURTOUT, on lit cet article, et les autres accessibles depuis la page d'accueil ...

Culture et ligature sont les deux mamelles du bonsaï... mais culture est la plus grosse.


#20 meushi

meushi
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Posté 29 juillet 2020 - 20:27

Je vis en milieu urbain. Je suis exclusivement entouré d'objets fabriqués. Alors ça me repose de voir dans mon jardin des espèces intrinsèquement sauvages.

 

C'est une des grosses différences entre nous... j'ai renoncé à la vie en milieu urbain (y aller pour le travail est déjà assez pénible) et il me suffit de regarder par n'importe quelle fenêtre de la maison pour avoir des espèces "intrinsèquement sauvages". Mon jardin est plein d'arbres centenaires ou multi-centenaires, et je fais tout ce que je peux pour laisser libre cours à la nature sur la périphérie du jardin. C'est rempli de semis spontanés (érables, charmes, tilleuls, prunus, malus, lilas, noisettiers, ormes, aubépines, fusains, buis, ...), donc je me sers au passage pour le bonsai. Vu que c'est bien sauvage, avoir des espèces domestiquées sur mes étagères ne me pose aucun souçi personellement... ça ajoute de la variété ;)

 

Pour les souçis des variétés naines:

 

Un des souçis courants sur les érables nains c'est qu'ils répondent de manière exagérée au pincement des bourgeons... d'expérience de première main sur le "little princess", si on pince les bourgeons à l'ouverture on se retrouve avec des entre-noeuds en millimètres (et les feuilles aussi). Après 2 ou 3 années de pincements, on a les bourgeons qui se touchent et la ramification devient trop dense. Donc il vaut mieux espacer les pincements...

 

Cette année, j'ai reçu deux jeunes plants de Pinus thunbergii 'senjumaru' et j'ai commencé à me documenter sur la variété. Il s'agit d'une mutation causée par un "balai de sorcière" qui donne un bourgeonnement très fort (contrairement au kotobuki) et des petites aiguilles. Vu qu'il rebourgeonne bien, on peut le former avec une ligne de tronc de sacrifice sans trop de risque. C'est un peu le même souçi qu'avec l'érable: on se tire une balle dans le pied si on applique les techniques de densification/réduction du pin noir type tous les ans... une des recommendations est de le faire une année sur quatre. 


麻の中の蓬 - asa no naka no yomogi - proverbe Japonais - Même la personne la plus tortueuse, si elle est entourée de personnes virtueuses, se redressera "comme l'artémise poussant dans les champs de chanvre".

人、生まれて学ばざれば、生まれざると同じ - 二宮尊徳 - hito, umarete gaku ba zare ba, umarezaru to onnaji - Ne pas apprendre revient à ne pas être né - Sontoku Ninomiya

 

小倉山 峰のもみぢ葉 心あらば 今ひとたびの 行幸またなむ - Ogurayama mine no momijiba kokoro araba ima hitotabi no miyuki matanan - Feuilles d'automne des cimes du Mont Ogura, si vous avez du coeur puissiez vous attendre encore la venue de sa Majesté

 

Le Bonsai Vivarois

 

 


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