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Substrat
Le substrat est avec la luminosité, l’hygrométrie et l’arrosage, un des éléments clés de la réussite du bonsaï.
Qu’est-ce qu’un bon substrat ?
Un bon substrat doit avoir les qualités suivantes :
- un bon niveau de porosité : être drainant, aéré pour permettre aux radicelles de se développer dans les meilleures conditions. Ce qui veut dire que terres de jardin, terreaux fins et autres sables fins sont ’’’à proscrire’’’ comme composant des substrats pour bonsaï.
- une bonne capacité de rétention d’eau : bien que drainant et aéré, un substrat doit aussi être constitué de matériaux qui retiennent l’eau et les nutriments surtout pour les gens habitant une région sèche. ’’’Il faut que le substrat ait une rétention correspondante à la fréquence d’arrosage que peut se permettre l’éleveur, c’est à dire proche de zéro pour ceux qui peuvent arroser matin, midi et soir et "davantage" pour les autres. Attention : par temps chaud, un arbre planté dans 100 % d’akadama et exposé en plein soleil devra être arrosé 2 à 3 fois par jour !’’’
- être adapté à l’espèce et au niveau de maturité de l’arbre : on ne fait pas le même substrat pour un pin, un hêtre ou une azalée. La granulométrie variera également en fonction de l’âge de l’arbre.
- être stable, si l’on veut que les autres qualités précédement mentionnés soient effectives le substrat ne doit pas se déliter, ni se réduire en poudre, comme c’est souvent le cas avec de l’akadama de mauvaise qualité non tamisé.
- être sain et propre : on ne réutilise pas un vieux substrat pour éviter le transfert de microbes. Penser à tamiser et lessiver à grande eau ses substrats avant de les utiliser.
- être adapté au climat local : plus le climat est sec, moins le substrat doit être drainant. Et inversement, en région humide, substrat plus drainant (plus de gravier, moins de pouzzolane ou de pomice ou d’akadama).
- ne pas être nutritif : il est préférable de partir sur un substrat non nutritif (neutre), afin de mieux gérer par la suite l’apport d’engrais en fonction des besoins de l’arbre concerné.
Pour débuter
Lorsqu’on débute dans le bonsaï, on ne souhaite généralement pas acheter des ingrédients onéreux, souvent vendus en grosse quantité et difficiles à trouver.
Pour un début de collection donc, des composants (plus accessibles) d’un bon substrat peuvent être :
- Pour les arbres qui n’exigent pas une terre acide ou neutre (voir à ce sujet les fiches botaniques pour connaître les spécificités de chaque espèce) :
- 1/2 de pouzzolane, granulométrie 2-3 mm, disponible dans la plupart des jardineries au rayon des mélanges pour cactées : la pouzzolane est drainante et non calcaire ;
- 1/2 de sable grossier 2-3 mm également pour aérer le mélange et drainer correctement.
- Pour les arbres de terre acide (azalées, Acer palmatum, Stewartia, Styrax japonica, Murraya, Eugenia, Loropetalum etc.. ...) on ajoutera de la terre de bruyère et on veillera bien à utiliser du sable de rivière et non de carrière qui pourrait être calcaire.
Les mélanges ci-dessus s’adapteront aux résineux en augmentant le pourcentage de sable grossier (ou petit gravier) et en respectant leur caractère calcifuge ou non, selon documentation espèce par espèce.
Des apports légers de corne broyée ou de tourteau de ricin (ou autres) seront un plus dans le mélange... pour les oublis éventuels de fertilisation en cours de saison.
Pour les amateurs avancés
En avançant dans le bonsaï, on cherchera naturellement à faire mieux et à optimiser ses conditions de culture. En particulier, on s’intéressera à des composantes spécifiques qui ont déjà fait leurs preuves, particulièrement au Japon.
Une des meilleures composantes d’un bon substrat pour le bonsaï est l’akadama qui est malheureusement difficile à trouver. On pourra mélanger celui-ci à de la pouzzolane, de la pumice et de l’écorce de pin.
Le tuf zéolithique a les mêmes propriétés que l’akadama avec en plus un gros avantage : il ne se délite pas dans le temps. Utilisé pur, il est idéal pour tous les pins, à condition d’apporter de l’engrais par la suite.
La pumice est aussi un bon élément, drainant, avec une bonne rétention d’eau.
Le Seramis est très similaire à l’akadama, en plus dur et plus coloré.
Le substrat classique et passe-partout pourrait être composé ainsi :
30% d’akadama ;
30% de pumice ;
30% de pouzzolane ;
10% d’écorces de pin compostées ;
- le tout bien tamisé et de granulométrie homogène ;
- on peut y ajouter quelques fragments de charbon de bois qui permettront d’assainir le substrat ;
- on pourra également intégrer un peu d’engrais organique (or brun, sang séché ou corne) pour aider l’arbre à redémarrer après le rempotage.
En guise de traitement préventif, on peut également incorporer une cuillérée a soupe de bouillie bordelaise + une cuillère à café de soufre pour 3 litres de substrat.
Evidemment cette composition moyenne devra être adaptée en fonction de l’espèce, de son âge, de son stade de formation. En résumé :
- les arbres jeunes et les feuillus profiteront d’un substrat plus frais, légèrement plus riche en akadama ;
- les conifères préfèreront un substrat plus drainant, contenant plus de pouzzolane ou de kiryu ;
- pour les azalées, les érables palmés et autres plantes acidophiles, l’akadama sera remplacé ou additionné de kanuma.
Exemple de mélange en fonction de l’espèce
A utiliser pour les yamadori et arbres installés en pot pendant les 10 premières années. Remplacer le gravier concassé par du gravier rond quand l’arbre sera en pot de bonsaï et quasi fini depuis quelques années.
- Pins, ifs, épicea : pouzzolane 30 à 40%, graviers concassés 40 à 60%, écorces de pins compostés 10%.
- Genévriers : pomice 40 à 80%, graviers concassés 20 à 50%, un peu d’écorce.
- Hêtres, érables et les feuillus en général : Pomice 30 à 80%, Pouzzolane 10 à 30%, Terreau grossier tamisé 0 à 20%.
- Azalée : substrat acide genre kanuma ou un mélange pomice - tourbe blonde à fibres longues.
- Prunus : Pomice 60 à 100%, gravier 0 à 40%.
En ce qui concerne la granulométrie, plus l’arbre est jeune, en croissance, ou demande un drainage important, et plus elle sera elevée (>6, voire 8-10 mm).
Le Ph du substrat est lui aussi important pour un développement optimal de l’arbre. Voir le Tableau de Ph des differentes especes.
Quelques chiffres sur le mélange akadama + pouzzolane + pumice
PH eau : 7.3 => Neutre
PH KCI : 6.1
Matières organiques : 0,5 % => Faible
Phosphates assimilables :
- Dyer : 565 mg/Kg => Riche
- Joret Hébert : 54 mg/Kg => Faible
Potasse assimilable : 1164 mg/Kg => Riche
Magnésie assimilable : 364 mg/Kg => Riche
Chaux assimilable : 2076 mg/Kg => Normal
Cuivre assimilable : 5 mg/Kg
Zing assimilable : 4,4 mg/Kg
Manganèse assimilable : 33,5 mg/Kg
CEC Metson : 12.9
Taux de saturation : 90,6 %
A lire aussi l’article sur les substrats
Liens externes
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