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Kusamono et shitakusa

Les plantes d’accent

Introduction

Kusamono et shitakusa sont deux termes japonais, qui se traduisent littéralement par herbe-objet et herbe en dessous (kusa = herbe, mono = objet ou chose et shita = en dessous).

Autrefois au Japon, il était courant de créer des compositions florales à partir de plantes sauvages trouvées en montagne.

Aujourd’hui, on appelle aussi ce type de plante "bonsaï d’herbes", "kusabonsaï" ou plus couramment "plantes d’accent" ou "plantes d’accompagnement". En effet, elles sont souvent associées aux bonsaï lorsque ceux-ci sont exposés. Elles sont alors un indicateur de saison.

Le terme de kusamono est réservé à un bonsaï d’herbes ou de fleurs exposé en solitaire. On parle de shitakusa lorsque le kusamono est placé en accompagnement et qu’il n’est pas l’objet principal de l’exposition [1].

Poteries et présentation

Les plantes d’accents peuvent être plantées sur une très grande variété de supports. Les pots utilisés sont souvent très originaux, de forme irrégulière ou ronde et d’aspects très variés (mats, émaillés, rustiques, ...) et il n’est pas rare que ce soit des pièces uniques. On peut également utiliser des pierres plates ou creuses, des morceaux de bois ou d’écorce, etc., voire aucun support. Ce dernier type de présentation, dans laquelle la plante est simplement plantée sur un dôme de substrat couvert de mousse, est appelé nearai.

Ces plantes sont souvent présentées sur des plateaux plats et irréguliers en bois ou des nattes de bambous, qui les mettent en valeur.

Pour l’accompagnement d’un bonsaï (shitakusa), les règles sont un peu plus strictes que lorsque les plantes sont présentées seules (kusamono).

Notamment, il est important que la plante ou les plantes choisies s’intègrent à la scène évoquée par l’arbre, tant au niveau du milieu (par exemple des plantes alpines avec un vieux Pin planté sur une roche suggérant les difficiles conditions de la montagne ou des graminées et un Orme en balai évoquant la campagne paisible) que de la saison. Par contre, elles devront compléter la caractère de leur compagnon sans l’imiter, notamment au niveau du feuillage, des fleurs ou des fruits : un bonsaï fleuri s’accompagnera d’une plante verte, tandis qu’un feuillu sera mis en valeur par une plante portant fleur ou fruits.

En outre, il y a lieu de respecter certaines règles de proportions entre la taille du shitakusa et celle de l’arbre afin de ne pas briser la perspective. On utilise donc pour l’accompagnement des bonsaï des plantes basses et des récipients plats. Idéalement, la masse principale du feuillage ne devrait pas dépasser le bord supérieur de la tablette de représentation de l’arbre.

Enfin, les lignes de force suggérées par les mouvements du bonsaï et des plantes d’accent (inclinaison des tiges, répartition des hauteurs, etc.) doivent converger et non s’opposer.

Culture, quelques généralités

Etant donné la taille très réduite des pots, le substrat utilisé est souvent plus rétentif en eau que celui des bonsaï. Un mélange d’akadama de fine granulométrie (2mm) et de terreau est une bonne base de départ, qui pourra être affinée en fonction des besoins de la plante. Comme pour leurs grands frères ligneux, la présence de trous de drainage permettra toutefois d’éviter la stagnation d’eau et la pourriture.

L’arrosage doit être très régulier et la fertilisation réduite pour éviter une croissance désordonnée. Pour réduire les risques de dessèchement, on peut partiellement enfouir les pots dans une couche de tourbe ou de vermiculite maintenue humide, ou disposer les pots sur des supports (pierres plates par exemple) surnageant au dessus d’un plateau rempli d’eau. Comme pour les bonsaï, il est impératif que les pots ne trempent pas en permanence dans l’eau sous peine de pourriture.

Une exception cependant pour les compositions en nearai, qui reposent souvent sur un suiban (plateau sans trou) rempli de quelques millimètres d’eau. Cette eau alimente ainsi la motte par capillarité. C’est pourquoi les nearai, composés de plantes appréciant les milieux frais à humides (Hostas, prêles, Carex, etc.) , sont indiqués en été pour la sensation de fraîcheur qu’ils dégagent.

Espèces

Les espèces pouvant servir de plantes d’accent sont innombrables. Le choix est infini et peut se porter sur des espèces vivaces ou annuelles, des graminées, des plantes à fleurs, des mousses ou des fougères, etc. Deux éléments importants à considérer : la taille de la plante, qui doit être réduite, tout spécialement pour une utilisation en accompagnement d’un bonsaï, et leur faculté de croître en pots.

En ce qui concerne leur obtention, les jardins, prés, bords de routes et bois des régions qui vous entourent vous en fourniront déjà une panoplie très étendue de prétendues "mauvaises herbes" qui une fois mises en valeur forment de superbes compositions (attention, veillez à vous renseigner au préalable sur la législation concernant les prélèvements et les espèces protégées), mais également les jardineries, qu’elles soient spécialisées bonsaï ou non et leur multitude de petites plantes en pot. La plupart de ces plantes étant aisées à reproduire, on peut également s’en procurer facilement via des échanges entre bonsaïka (club, expositions, etc.).

- Asplenium trichomanes.
Petite fougère aux feuilles délicatement découpées, qui pousse souvent dans les vieux murs abrités. Apprécie l’ombre et la fraîcheur.

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Asplenium trichomnaes (Photo : goyo-matsu)

- Hostas.
Très nombreuses variétés (panachées, naines, etc.). Plante des milieux frais, appréciant un endroit abrité à mi-ombre. Protéger le pain racinaire du gel.

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Hostas panachés (Propr : BCC)

- Imperata cylindrica "Red Baron".
En anglais, Japanese bloodgrass. Herbe dont la pointe se teinte de rouge sang, pouvant atteindre 35 cm. Substrat humifère, garder modérément humide à mi-ombre ou au soleil.

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Imperata cylindrica ’Red Baron’

- Juncus decipiens "Spiralis" (jonc spiralé).
Espèce de jonc dont les feuilles croissent en spirales irrégulières. Plante de marécage, son substrat doit être maintenu constamment humide et elle s’accommode d’un pot sans trou de drainage.

- Ophiopogon sp.
Plante rustique, supporte le gel et la sécheresse. Variétés vertes ou noires (O. planiscarpus "Nigrescens").

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Ophiopogon japonicus (Photo : kanojo)

- Oxalis sp.

- Sedum sp.
Nombreuses espèces. Plante grasse vivace. Fleuri en été sur de longues hampes, fleurs jaunes ou blanches le plus souvent.

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Sedum acre (Photo : Penjing)

- Sempervivum sp. (joubarbe).
Les joubarbes sont des plantes grasses extrêmement rustiques au gel et à la sécheresse, mais d’une croissance relativement lente. Elles forment une rosette basse et se parent de fleurs qui peuvent être blanches, jaunes, roses, etc. au bout d’une tige grêle à la belle saison. Elles apprécie le plein soleil. La multiplication est très aisée en séparant les stolons qui se développent naturellement au pied de la plante mère.

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Sempervivum sp. (Photo : Penjing)

- Sisyrinchium bellum et S. californica
En anglais, respectivement Blue-eyed et Golden-eyed grass. Plantes rhizomateuse de la famille des Iridaceae à fleurs bleues ou jaunes, leur forme rappelle d’ailleurs des Iris miniatures. Apprécient des substrats humifères, modérément humide pour S. bellum, très humide pour S. californica.

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Sisyrinchium californica (Propr : jean-luc)

- Syngonantus chrysansus ’Mikado’.
Plante formée d’une rosette dense de feuilles incurvées, surmontée d’une floraison en boules supportée par de longs pédoncules. Apprécie un substrat humide et acide et le soleil. Ne pas arroser avec une eau calcaire.

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Syngonanthus (Photo : Penjing)

Exemples de réalisation

- exposition Kusamono du Bonsaï Club Carolorégien
- Kusamono à Maulévrier en 2005
- Kusamono aux portes ouvertes Guy Maillot en 2004
- Echanges d’idées sur un sujet du forum

voir le portfolio ci-dessous

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