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Interview de Patrick DUJARDIN
Le dimanche 23 mai 2004 par le bucheron
Patrick Dujardin est l’actuel président de la Fédération Française de Bonsaï. Il est N2 de cette même fédération.
Comment ça va bien ? Que faites-vous de beau en ce moment ?
Je vais très bien, merci. En ce moment, comme depuis plusieurs mois, je fais beaucoup "d’administratif" pour la fédé et pas beaucoup de bonsaï.
Comment êtes-vous tombé dans le bonsaï ? C’était quand la première fois ?
Début des années 80. Un article dans une revue et... le coup de foudre !
Si, si, c’est vraiment ça. L’impression d’être "fait pour ça", de tout connaître. Et puis la réalité : Des petits prélèvements qui meurent, des arbres mal nourris, pas bien taillés et malgré tout une certaine (auto) satisfaction. Mais c’était le début....
Qu’est-ce que cela vous apporte à part "Amour, Gloire et Beauté" ?
Plaisir et parfois... sérénité.
Quelles sont ou qui sont vos influences ?
Elles ont évolué avec le temps, mais de façon générale, ceux qui font du bonsaï en respectant l’arbre.
Pour le reste, je pense que j’ai beaucoup à apprendre de beaucoup de gens, français ou étrangers.
Que préférez-vous dans le bonsaï en général ?
La création, la mise en forme.
Que détestez-vous dans le bonsaï en général ?
Ceux qui en font trop, qui pensent que le bonsaï est au centre du monde et qui oublient le reste.
Avez vous des arbres fétiches que vous aimez particulièrement (personnels ou pièces de maîtres) ?
Oui, mais je n’en suis pas fier... Des arbres de mes débuts que je n’arrive pas à "mettre sur le tas de compost" Côté arbre des autres, le chêne de Harry Tomlinson m’a longtemps fait rêver.
Seriez-vous prêt à acheter un bonsai "créé" par quelqu’un d’autre ?
Oui, bien sur, si c’est dans mes moyens. Et j’aurais plaisir à l’admirer et à en examiner les détails.
Combien d’arbres avez-vous ?
Beaucoup d’arbres... Et quelques bonsaï. En fait je considère avoir de moins en moins de bonsaï. Il faut travailler sans cesse pour évoluer et faire évoluer ses arbres. Certains que je considérais comme "bonsaï" il y a quelques années sont aujourd’hui relégués au rang de "pré-bonsaï" et remis en culture.
Dans cette pratique, quelle a été votre plus grande déception jusqu’à présent et bien sur votre plus grande satisfaction ?
J’en ai un peu parlé à une question précédente. Ma plus grande déception a été de constater que le milieu du bonsaï n’est pas toujours serein. Il n’y a d’ailleurs pas de raison qu’il le soit plus que d’autres... Côté satisfaction, c’est d’avoir, à certaines occasions, vu des pièces magnifiques et rencontré des gens formidables, passionnés, généreux.
Si j’étais le génie de la lampe et vous donnais la possibilité de réaliser un souhait pour le bonsai, quel serait-il ? (comment ça j’ai pas une tête de génie ? ! ?)
Faire pousser des montagnes dans le Nord Ouest de la France pour avoir des zones de prélèvement à proximité de chez moi.
A votre avis l’avenir du Bonsaï en France est-il bien assuré avec par exemple nos jeunes talents qui émergent ?(Vous me direz pour d’autres c’est pas gagné, à passer tout leur temps sur internet ! !)
Oui, et ce n’est pas moi qui dirait le contraire ! Il y a plein de passionnés dans les clubs et certains ont un vrai talent. Il faut qu’ils bougent, qu’ils continuent d’apprendre et qu’ils fassent profiter les autres.
Comment analysez-vous l’évolution du bonsaï en France ces 20 dernières années ?
On a vu dans le passé un peu tout et n’importe quoi. De très belles choses et de très laides aussi.
Mais il fallait apprendre, apprendre à faire du bonsaï et apprendre à rester humble. Ca n’a pas toujours été facile, mais aujourd’hui le niveau augmente sans cesse et c’est très bien.
On a eu la chance d’avoir des "pointures" qui ont beaucoup donné de leur personne (et continuent pour certains) pour faire avancer la technique du bonsaï en France. Il ne faut pas en rester là. Nous n’en sommes qu’au début. Rendez-vous dans un siécle ou deux...
Quand pourra-t-on un verre ensemble pour discuter de tout ça ?
Quand tu veux ! A Royan par exemple pour le congrès des 5 et 6 juin !

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