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Interview de Michel SACAL

Le jeudi 17 juin 2004 par noirdez

Michel Sacal est vétérinaire dans la grande banlieue de Bordeaux. Installé depuis 30 ans, il a créé sa propre clinique. Il vit à la campagne, a un très grand jardin, car le jardinage a été sa première passion. C’est d’ailleurs un homme de passions : la cosmologie, l’histoire et tout particulièrement l’égyptologie qu’il travaille quotidiennement, l’informatique qui l’intrigue, la PAO puisqu’il est dans la conception de revues depuis près de 10 ans maintenant...

Il est très investi dans l’associatif : Après avoir créé un club de Bonsaï en Gironde (dont il est toujours président), il a été président de la FFB pendant 5 ans.

Comment es-tu arrivé dans le bonsaï ? Y-a-t-il eu un déclic particulier ?

J’ai découvert le bonsaï physiquement en Chine lors d’un voyage en 1982. Mais je le connaissais par quelques livres de précurseurs comme Rémy Samson. La Chine m’a éveillé au bonsaï ! Et le comble c’est que j’ai rencontré à Shanghai un jardinier qui s’occupait de la collection de la ville et parlait français ! De retour à la maison, j’ai immédiatement commencé des cultures expérimentales.

Quelles sont tes influences, passées ou présentes ?

C’est un congrès de la FFB en 1992 ou 1993 qui m’a stimulé.

J’y ai vu Noelanders, et un débutant appelé Alain Arnaud. Pierre Hérault était président. Jacques Marty s’émerveillait de tout, comme moi.

Salvatore Liporace m’a beaucoup apporté. Mais aussi Michele Andolfo, Marc Noelanders et Pius Notter. Et plus aussi José Maria Miquel, qui est très bon dans le domaine de la culture des bonsaï.

Maintenant, je suis un peu privilégié. Je pense connaître à peu près tout le monde en bonsaï en France et aussi dans les pays limitrophes, surtout l’Italie. Mon passage à la tête de la FFB m’a limité dans ma progression personnelle car c’était très prenant, mais d’un autre côté m’a permis d’accéder à des connaissances théoriques exceptionnelles.

Combien d’arbres as-tu ? Est-ce que tu continues à en acquérir ?

J’ai une petite centaine d’arbres, dont certains sont des challenges car je les ai démarrés il y a 20 ans avec ma technique et mes connaissances de l’époque. Mais ils évoluent...

Je ne cherche pas à en acquérir mais il en arrive tout le temps un par ci par là.

Qu’aimes-tu dans le bonsaï ?

Dans le bonsaï, ce que j’aime c’est être parmi mes arbres, et cela m’arrive souvent, tous les jours. Plusieurs heures très régulièrement. Je ne vois pas passer le temps.

Le monde du bonsaï c’est autre chose. C’est le miroir de notre société. Il y a du bon, du moins bon, mais comme tout le monde a la même passion on s’y fait de nombreux amis et d’autres qui le sont moins....

Mais pour revenir au bonsaï ce que j’aime c’est les cultiver, les densifier lentement, les améliorer saisons après saisons. Je peux le faire sérieusement depuis 3 ans car j’ai plus de temps libre.

J’aime aussi bien entendu diffuser les informations. Je m’investis énormément dans la revue Bonsai Europe édition française, mais aussi dans son site et son Forum associé.

Que détestes-tu dans le bonsaï ?

Je ne déteste rien dans le bonsaï. Peut-être ceux qui vont un peu trop vite, mais après tout, c’est leur problème, non ? En fait oui, je n’aime pas trop les gens qui ont de toute évidence peu de culture bonsaï, mais se posent en professeurs.

Que t’apporte le bonsaï ?

J’aime la nature, la biologie, la recherche. Le bonsaï m’amène tout cela.

As-tu des arbres fétiches ?

Des tas. Les Acer palmatum, les oliviers, oui je crois les oliviers. Ce sont plus que des arbres... Un olivier nous récompense toujours quand on le travaille bien, mais pardonne beaucoup. Tout est beau en lui.

Quelle a été ta plus grande joie dans le bonsaï ?

Ma plus grande joie ça a été l’amélioration globale de notre niveau en France dans les années 90. Voir de beaux arbres de mes amis c’est cela la plus grande satisfaction. Et voir leur réussite aussi.

Quelle a été ta plus grande déception dans le bonsaï ?

On peut toujours être déçu par les évènements, par les gens, mais qui peut jurer qu’il n’a lui même déçu quelqu’un ? Mes grosses déceptions ce sont les erreurs sur les gens, mais je suis seul responsable des erreurs de casting, alors ce n’est pas si grave.

Comment pourrais-tu décrire ce qu’il s’est passé dans le bonsaï depuis que tu en fais ?

Ce qui est certain c’est que personnellement, et contre l’avis de quelques ex-manitous qui se reconnaîtront, j’ai ouvert notre petite FFB vers l’extérieur. L’Italie en particulier. Nous avions travaillé dur avec Jacques Marty pour monter cette histoire de niveaux. C’était totalement pur et désintéressé.

Ce qui a changé ce sont les médias : Internet, les publications diverses, les bouquins. On peut réellement progresser !

Y-a-t-il quelque chose que tu aimerais changer dans le bonsaï ?

J’aimerais que les amateurs prennent conscience qu’il faut travailler, s’instruire. Malheureusement les gens préfèrent l’auto-satisfaction plutôt que la critique objective.

Le travail pour mettre globalement les amateurs français à niveau est gigantesque.

Alors, comme je ne crois pas qu’on puisse changer quoi que ce soit, je suis ma route et j’essaie d’apporter quelque chose. Je crois aux vertus du travail. Tiens ! Tant qu’on y est, j’aimerais que PB et son petit frère le Forum EDG puissent collaborer. En particulier pour nous protéger mutuellement d’éléments nocifs ou carrément dangereux (qui ne sont pas des amateurs de bonsaï d’ailleurs, mais des individus qui ont d’autres intentions).

Que voudrais-tu dire aux débutants qui se lancent dans le monde merveilleux du bonsaï ?

Surtout qu’ils écoutent ceux qui en savent un peu. Il y a des clubs, des revues, des forums, etc. Il ne faut pas faire du bonsaï seul dans son coin. Il faut participer aux manifestations, aux ateliers, sortir, voir, comparer... Je suis contre les chapelles. Au contraire c’est dans la diversité qu’on progresse.

Je remercie PB de m’avoir accueilli ici et lui souhaite bonne route (mais c’est superflu je pense, tant son succès est évident).

Pour terminer, voici quelques photos prises dans mon jardin, pas en studio. Excusez donc la qualité actuelle de mes arbres en pleine croissance et non taillés pour des expositions.

Vue partielle de la bonsaillerie.

Acer palmatum Kashima travaillé en bonsaï depuis 1994.

Ginkgo biloba importé du Japon et travaillé personnellement depuis 1998. Pot de Tokoname.

Olivier sauvage construit depuis 1999 à partir d’un tronc sectionné.

Groupe de pins sylvestres issus de semis (en 1980 environ) et travaillés en pot depuis 1986.

Olivier (Olea europeae) issu de semis (1950).







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