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Interview Oscar RONCARI
INTERVIEW REALISE PAR LE BUCHERON LE 16 SEPTEMBRE 2004
Oscar Roncari, amateur passionné et N3 de la FFB, préside le Bonsaï Club de Suisse romande.

Comment ça va bien ? Qu’est ce que vous faites de beau en ce moment ?
Tout va bien pour moi, pour ma famille et mes arbres. C’est l’harmonie. Ces jours c’est un peu le repos végétatif. Un peu de travail sur mes arbres mais dans l’ensemble très tranquille.
Je travaille sur la finalisation des fiches de l’Ecole Française de Bonsaï que nous allons faire passer aux clubs cet automne. C’est un gros travail de groupe et je pense que ce sera bénéfique pour tous les adhérents FFB. A part ça, j’attends les vacances en septembre.
Comment êtes vous tombé dans le bonsaï ? C’était quand la première fois ?
Un peu par hasard lors d’une expo en face de chez moi.
Avec mon épouse, on est tombé amoureux d’une petite Myrte à double tronc (tout un symbole) que nous avons acheté.
C’était en 1989 et bien sûr, moi qui ne savais pas garder une plante verte en vie, j’ai fait toutes les erreurs des débutants. Je me suis si bien appliqué qu’elle a crevé en très peu de temps. Alors là ça m’a énervé. Je suis donc retourné chez le professionnel pour m’inscrire à un cours d’introduction au Bonsaï.
Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que l’arbre était quelque chose de vivant et que j’ai ressenti du respect envers le monde végétal.
La suite de ces premiers pas est assez logique avec mon inscription au Bonsaï Club de Suisse Romande, la participation régulière aux cours et le travail personnel.
En 1996, le club adhère à la FFB et c’est l’ouverture et la découverte d’un autre niveau, d’un autre Bonsaï grâce à nos quatre mousquetaires, pas ceux d’aujourd’hui, je veux parler de Pierre Hérault, Alain Arnaud, Thierry Font et mon Ami aujourd’hui François Jeker. Lors du congrès FFB de St.-Galmier, j’étais complètement retourné.Ils ont confirmé foule de choses qu’au fond de moi je ressentais et d’une certaine manière m’ont libéré des certitudes et règles que l’on m’avait fait suivre durant les premières années. Ils ont mis un point final à la première étape.
Qu’est cela vous apporte à part Amour, Gloire et beauté ?
L’Amour et la beauté sont là à mes côtés, la gloire, je m’en fous et la beauté pour moi c’est pas gagné.
Plus sérieusement, je crois que le Bonsaï est le contre-pieds de la société actuelle.
Aujourd’hui, la société vit au rythme informatique, le temps se compte en millisecondes et nous perdons nos racines. Ce n’est plus un rythme humain, calqué sur la nature, le temps, les saisons. Cela entraîne beaucoup de gens dans de fausses valeurs, la reconnaissance de l’être passant par la richesse matérielle au détriment des valeurs fondamentales, simples et en harmonie avec la nature.
Le Bonsaï, pour autant qu’on le pratique avec respect et humilité, nous apporte profondeur et équilibre. Il nous permet de retrouver ces valeurs fondamentales.
Quelles sont ou qui sont vos influences ?
Dans la deuxième étape, la découverte des arbres de Pius Notter a été une révélation. La force, le caractère et l’expression des arbres de Pius m’ont profondément touché. Je le considère vraiment comme le pionnier du Bonsaï européen car il a su très vite retranscrire notre nature dans ses Bonsaï.
En fait, sa démarche est la même que celle des Chinois ou des Japonais qui eux ont retranscrit leur nature, avec leur sensibilité. J’ai la chance d’habiter très près des Alpes et lors de mes ballades, je m’arrête souvent (au grand désespoir de ma petite Femme).
J’observe, j’essaye de comprendre pourquoi cet arbre à telle forme, et ces racines, ce bois mort...J’essaye de comprendre son environnement, les influences de celui-ci sur la plante et comment elle a su s’adapter aux pires conditions ou au contraire a poussé tranquillement et retranscrit paix et douceur.
Qu’est ce que vous préférez le plus dans le bonsai en général ?
L’échange lors de rencontres avec d’autres pratiquants qui ont l’esprit, lors d’ateliers, ou de sorties nature.
Qu’est ce que vous détestez le plus dans le bonsai en général ?
Le vedettariat et ceux qui « Savent ». Le non-respect de la sensibilité de l’autre et bien sûr des arbres.
Avez vous des arbres fétiches que vous aimez particulièrement ? (personnel ou « master piece » de maitres)
Dans mes arbres, émotionnellement parlant mon Chamaecyparis double tronc.
Dans ceux que je connais : beaucoup chez François Jeker, Pius Notter, Alain Arnaud, et pas mal de Kokufu bien sûr.
Seriez vous prêt à acheter un bonsai « créé » par quelqu’un d’autre ?
Oui bien sûr s’il me juge capable de continuer son œuvre dans un même esprit.
Combien d’arbres avez-vous ?
Il m’en reste une quarantaine, mais j’ai fait un grand tri. J’en ai eu jusqu’à une bonne centaine et n’ai gardé que ceux qui pour moi avaient un certain potentiel.
Dans cette pratique, quelle a été votre plus grande déception jusqu’à présent et bien sûr votre plus grande satisfaction ?
En parlant d’arbres, ma plus grande déception à été la perte d’un mélèze magnifique à cause de mon empressement. Ma plus grande satisfaction est sans aucun doute les super progrès de certains membres de mon club.
Si j’étais le génie de la lampe et vous donnais la possibilité de réaliser un souhait pour le bonsai , ce serait ? (comment ça j’ai pas une tête de génie ?)
De donner la connaissance à tout pratiquant afin de lui permettre de réaliser pleinement et dans le respect de l’arbre ce qu’il entrevoit dans sa tête. Là je ne parle pas seulement technique mais aussi analyse, botanique etc.
A votre avis l’Avenir du Bonsai en France est-il bien assuré avec par exemple nos jeunes talents qui émergent ?
Je pense qu’il y a eu beaucoup de progrès réalisés ces dernières années et que le travail réalisé par le collège de formation N2-N3 FFB commence à porter ses fruits.
C’est de très bonne augure et je crois en l’avenir du Bonsaï en France et en Occident d’une manière générale. Comme le disent déjà certains Maîtres Japonais, le renouveau du Bonsaï viendra d’ici.
Liens
- démonstration de François JEKER et Oscar RONCARI lors de l’anniversaire du club "l’arbre en pot" à ROUEN le 18.09.2005

faux cyprès (chef-d’œuvre qu’il a mis huit ans à créer)
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