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Entretien avec Saikei



L’avatar de Saikei sur Parlons Bonsaï depuis 2003 :

L’image qui lui ressemble :

Entretien de juin 2007


Sur Parlons Bonsaï depuis plusieurs années, je fais partie des vétéran(e)s du Forum. J’ai appris la patience envers les bonsai depuis plusieurs décennies au cours desquelles j’ai -par grande curiosité pour de nombreux genres/espèces d’arbres et arbustes- collecté beaucoup d’informations, d’observations personnelles sur leurs besoins et réactions. Comme je n’ai pas de raisons pour les garder dans un cahier au fond d’un tiroir, j’en fait profiter les membres de PB à chaque fois que cela est utile.

- Q : Le bonsaï, tu es tombée dedans comment ?

En 1978 après avoir lu un petit article à ce sujet dans une simple revue de jardinage dont j’ai oublié le nom ; je ne crois pas qu’à cette époque reculée il y avait un ou des magazines bonsai en France. Cette idée d’arbres miniatures élevés en pots m’a immédiatement fascinée.

- Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? c’était quand ? c’était quoi ? tu l’as encore ?

Cette année là, 1978, j’ai démarré trois « futurs bonsai » en prélevant des plantules (semis spontanés) dans mon jardin ou alentours. Un Cotoneaster horizontalis que j’ai toujours, un pin sylvestre, un merisier : ces deux derniers n’ont pas supporté une période ultérieure où j’ai dû les installer sur un balcon très venté et plein sud au 7e étage d’un immeuble.

Le Cotoneaster lui est vraiment le sujet idéal pour débuter. Le mien a d’ailleurs changé plusieurs fois de silhouette au début de sa vie parce qu’il me soufflait les formes possibles qui n’étaient pas encore bien codifiées.

- Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvés où ?

A cette époque là, pas de conseils ; il y avait tout un mystère autour des bonsai et il fallait tâtonner pour trouver soi-même les bonnes voies. Ensuite j’ai acheté des revues vers les années 90 puis j’ai rencontré Monsieur Montagne à Saint-Sorlin (Drôme) qui m’a beaucoup impressionnée et intéressée par son approche scientifique des arbres.

- Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?

Impossible de répondre à cela. Tout beau bonsai m’interpelle, dans une expo ou ailleurs, qu’il soit feuillu (persistant ou non) ou résineux, de petite ou grande taille, de forme traditionnelle ou pas du tout, pourvu qu’il soit vraiment un arbre en miniature, de caractère.

- Q : y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?

Oui plus d’un, mais là aussi comment répondre (pour autant que mon avis soit important) sans blesser d’autres tout aussi intéressants dans leurs travaux. Les gens qui m’inspirent sont ceux qui forment les arbres avec respect et naturel.

- Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?

Elle comporte bien sûr des arbres que j’ai formés moi-même mais aussi d’autres que j’ai achetés au coup de coeur chez des professionnels qui aiment leur métier.

- Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ?

Oui, mais ça fait des années que j’envoie des photos d’eux sur PB pour un post ou un autre.. vous devez commencer à les connaître tous, dont mon coto de première heure ;-))

Vitis vinifera :

Junipérus oxycedrus :

Acer palmatum :

- Q : Des photos sur plusieurs années de certains d’entre eux ?

Une forêt de Picea abies sur lauze par exemple, à plusieurs années d’écart :

Ces épicéas ont tous été élevés séparément pendant plusieurs années avant d’être regroupés.

La photo plus récente remonte à deux ans - je ne peux pas envoyer un cliché d’aujourd’hui : la forêt est sur un support dans mon jardin mais avec un fond végétal dense qui ne la fait pas bien ressortir... et je ne peux absolument pas la déplacer, de même que quelques gros pères placés devant un mur de pierres irrégulières qui parasite totalement les photos des arbres ;-((

C’est vraiment très important de photographier ses bonsai régulièrement parce qu’en les ayant sous les yeux tous les jours on ne les voit pas « grandir », sauf changements de silhouette / d’orientation / de pot, vraiment marquants à différents stades de leur culture

- Q : Ca t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?

de la beauté vivante tout autour de mon jardin, le plaisir de m’occuper d’eux, la responsabilité de les faire vivre bien et longtemps contre vents et frimas (+ insectes et maladies)

- Q : Que préfères-tu et que détestes tu dans le bonsaï ?

J’aime les gens patients et motivés qui prennent la peine et le temps de bien se documenter pour choisir des arbres à qui ils pourront offrir le bon environnement, les meilleures conditions de vie.

Je déteste ceux qui disent du « matériel » en parlant d’un sujet à « travailler » ; pour moi ce sont des termes très révélateurs du non respect du vivant.

- Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?

Je m’intéresse beaucoup à ce qui permet de présenter les bonsai au mieux : tablettes, kusamono, suiseki... En art associé, l’ikebana me plait, j’aime les présentations florales très dépouillées.

- Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?

Je n’ai plus tellement la place d’agrandir ma collection (même si je ne peux m’empêcher vraiment de faire des semis, boutures, de ramasser des plants en mauvaise posture au coin d’un chemin ou d’un jardin..) mon but est donc simplement de continuer à apporter à chaque arbre ce qui lui convient le mieux pour croître et embellir. Améliorer leur environnement aussi parce qu’après un déménagement récent, j’ai encore beaucoup à faire dans l’aménagement du jardin pour que les arbres soient mis en valeur.

- Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? pourquoi ?

Non - ah si un club d’aquagym et un club de randonnée pédestre. Ce n’est pas la question ? bon tant pis.

- Q : Combien de temps par semaine consacres-tu à ta passion ?

Variable selon les saisons bien sûr. Beaucoup de temps mais s’il est un domaine dans lequel on ne regarde pas l’horloge c’est bien celui-là.

- Q : Combien de temps par semaine passes-tu sur le net au sujet des bonsaï ?

Là non plus je ne compte pas ; je sais simplement qu’à l’époque où j’avais un forfait 60 heures / mois je l’explosais régulièrement. Maintenant je suis en illimité alors c’est plutôt tant que mes yeux ne crient pas au scandale.

- Q : As-tu déjà acheté par correspondance ?

Oui et je n’ai pas été déçue. Les professionnels sérieux qui vendent par correspondance sont maintenant bien répertoriés et ont fait leurs preuves tant en qualité qu’en emballage et choix des circuits de livraison.

- Q : que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?

Quelques voyages au long cours - sous des climats complètement différents, essences très diverses - pour voir toujours plus de très beaux bonsai. Plus on en voit et plus on comprend comment les former.

- Q : Que serais-tu prête à faire pour ta passion ?

Je lui ai déjà donné à plein temps des années de ma vie (professionnelle) ; c’est une période dont je garde des souvenirs très forts. Elever des bonsai demande énormément d’énergie pour tous les aspects de cette activité mais les former est passionnant et exige de se documenter sans cesse. Tout bonsaika doit avant tout être curieux et créatif non ?

- Q : Quelque chose à ajouter ? Commentaire ? Remarque ?

Internet est un outil phénoménal pour avancer dans la connaissance des arbres sans se limiter comme aux décennies précédentes à quelques genres/espèces ; il faut en profiter à fond pour adopter des sujets, en toute connaissance de leurs besoins, que l’on a toutes chances de garder longtemps. Oublions les arbres qui ne parviennent pas à s’acclimater chez nous à moins de construire une serre tropicale autour d’eux, il y a tellement plus simple à faire !!







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