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Entretien avec Patag13
L’homme :

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Patrick Aguero, alias Patag13 sur le forum (ou "mon petit canard" pour les intimes), N2 et créateur du Bonsaï Club Méditerranéen a accepté de nous accorder une interview...
- Q : Le bonsaï t’es tombé dedans comment ?
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attiré par la culture des arbres. A l’age de 9 10 ans j’ai même planté dans le jardin de mes parents un jeune plant de cyprès (5 cm de haut) que j’avais prélevé dans la cambrousse. Mon père l’a coupé 20 ans après alors qu’il faisait plus de 5 mètres de haut.
Pour en revenir à la question, ma première rencontre avec un bonsaï fut avec un Sageretia que j’ai offert à mon ex compagne pour son premier anniversaire qu’elle passait en ma compagnie. Je cherchais un cadeau original et comme elle aimait les plantes, j’ai trouvé cette idée sympathique.
Cet arbre n’ayant pas survécu longtemps j’ai cherché rapidement à comprendre pourquoi.
Et c’est à ce moment là que j’ai rencontré mon premier guide en la personne de Monsieur Alain BENARD qui tenait « Le Monde du Bonsaï », une boutique spécialisée sur Marseille.
- Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? C’était quand ? C’était quoi ? Tu l’as encore ?
Mon ou plutôt notre premier bonsaï, j’en ai fait référence plus haut. Par contre, c’est vrai que rapidement il a été remplacé par d’autres.
Mes arbres les plus vieux dans ma collection sont, je pense, deux ormes achetés en 1992.
- Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvés où ?
Les deux hors séries spécial bonsaï de « l’ami des jardins et de la maison » et le peu de livre qui existait à l’époque en français et rédigés essentiellement par Monsieur et Madame SAMSON ainsi que Monsieur GENOTTI.
Et bien sûr auprès d’Alain mais, à l’époque, même lui qui brassait pas mal d’arbres, faisait beaucoup d’erreurs de culture.
- Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?
Comme beaucoup d’amateurs mon essence préférée est celle où tu as le plus de résultat.
En ce qui me concerne c’est le pin sylvestre.
Maintenant j’adore cultiver l’ODC et les Ficus pour les fréquences de taille en vert.
- Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?
Bien sûr que pour moi la personne qui a le plus compté dans mon évolution a été Thierry FONT. J’ai suivi des ateliers avec lui de 98 à 2006 à une fréquence de 5 à 6 par an.
Au passage un petit remerciement à Monsieur Claude GROSSANT sans lequel ces rendez vous n’auraient jamais eu lieu et qui les a maintenus malgré une opposition farouche des membres de son association.
Maintenant, dire qu’il y a un quelqu’un qui m’inspire serait mentir.
- Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?
Après avoir énormément grossie, je l’ai pas mal restreinte faute de place en faisant plaisir aux personnes qui m’étaient chères.
Après avoir pas mal écumé ma région aussi bien en achat qu’en yamadori, maintenant c’est plus des acquisitions réfléchies soit parce qu’il me manque une espèce soit parce que j’ai un projet de création.
Dans l’avenir, si j’ai à nouveau de l’espace, qui sait si ma boulimie ne me reprendra pas…
- Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ?
Oui, il suffit d’aller faire un tour sur ma galerie. C’est par ici
- Q : Des photos sur plusieurs années de certains d’entre eux ?
Juste pour exemple les deux ormes de mes débuts…


- Q : Ca t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?
Le bonsaï m’a permis de passer des caps difficiles de ma vie et entre autres pour ne citer qu’un : j’ai travaillé comme responsable technique d’un patrimoine de logements HLM (3000 logements dans les quartiers nord de Marseille) où j’étais constamment agressé et oppressé. Il faut dire que, dans ces quartiers, nous étions à l’époque les seuls représentants des « institutions ». Il ne se passait pas un jour sans avoir une grosse boule à l’estomac et des envies de meurtre plein la tête. Le bonsaï me permettait de me retrouver et de reprendre pied en faisant mon petit tour d’arrosage en fin de journée avant de pouvoir m’occuper de ma famille. A l’époque, c’est moi qui m’occupais de faire l’apprentissage de lecture à mes trois garçons ; ceux qui ont connu cela savent que la pratique du zen est très importante dans ce cas.
- Q : Que préfères-tu et que détestes tu dans le bonsaï ?
Ce que je préfère, c’est avant tout faire le vide pour se retrouver dans l’arbre, le sentir respirer et l’écouter.
Mais aussi tout le côté convivial que l’on retrouve à chaque manifestation, la rencontre autour d’une même passion.
Ce que je déteste, c’est tout le négatif de la nature humaine qu’on est obligé de côtoyer dans n’importe quelle société avec un plus pour ceux qui « se la pètent » (comme on dit).
- Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?
J’ai toujours ramassé des pierres mais je me suis jamais mis à les travailler et je dessine et je peints mais, par manque de temps, je ne m’y consacre pas.
J’aime en général tout ce qui vient d’Asie avec une préférence pour la culture Japonaise.
- Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?
J’en ai bien sûr beaucoup mais les énumérer ici serait trop long.
Pour en citer qu’un, habitant Bormes-les-Mimosas depuis peu je me suis mis au défi d’en créer un.
Le voici actuellement en cours de travail :

- Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? Pourquoi ?
Ma rencontre avec le milieu associatif remonte à 1998 où j’ai intégré le Bonsaï Club Sainte Victoire.
J’ai commencé à y donner mes premiers cours en 1999.
A cause de divergences de point de vue avec son président, j’ai créé ma propre structure en 2000 afin de pouvoir enseigner comme je voulais.
Outre le fait que j’adore parler de bonsaï (je suis plutôt de nature introverti et timide), donner aux autres me fait un bien fou. Voir évoluer et réussir son élève est une énorme satisfaction que je ne pensais pas ressentir avant d’avoir fait cette expérience. Deux de mes élèves ont réussi le N1 et ont fini 1er et 2ème au concours du nouveau talent régional à la dernière session en PACA.
Pour moi, rejoindre un groupe pour faire du bonsaï est une obligation dans l’apprentissage car rien de tel que de se nourrir des expériences des autres aussi bien positives que négatives et arriver à des conclusions que l’on aurait peut être cherchées pendant des années.
Maintenant c’est vrai qu’avec les moyens modernes de communication telles que les forums sur le net, l’intérêt est peut être moindre, bien que je pense qu’il manque le coté visuel du geste et la convivialité d’une rencontre.
- Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?
Comme tout le monde du temps et de l’argent.
- Q : Que serais-tu prêt à faire pour ta passion ?
J’en ai fait beaucoup et j’en ferai encore beaucoup.
Le plus grand acte a été certainement ma séparation avec la mère de mes enfants après 14 ans de vie commune. D’après elle, je passais plus de temps avec ma passion qu’avec ma famille.
Il y a dans le manuel de débutant de Joseph SOMM en dernière page un dessin qui illustre parfaitement mes propos.
Je rassure tout le monde : depuis j’ai rencontré quelqu’un de charmant, à qui je me suis présenté comme un papa de famille nombreuse de plus de deux cents arbres…
- Q : si tu avais un souhait, ou une proposition pour le développement du bonsaï en France, qu’est-ce que ce serait ?
Mes propositions je les garde pour en faire part à la Fédération dont je suis un des administrateurs.
- Q : Quelque chose à ajouter ? Commentaire ? Remarque ?
Non, simplement des remerciements à toutes les personnes qui me sont chères et qui m’ont permis de m’épanouir dans cet art.
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