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Entretien avec Mexicual
L’homme

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Entretien de janvier 2008.
40 ans, je travaille dans les ressources humaines, marié, papa d’une petite fille Anaé, qui a presque 2 ans et qui est bien entendu la plus chouette du monde !
Q : Le bonsaï t’es tombé dedans comment ?
Comme beaucoup d’entre nous : un premier arbre dans une pépinière qui vous attrape par le coude et qui vous communique le virus. Il y a déjà presque 20 ans. Par manque de place, la passion était contenue jusqu’au jour où j’ai eu le bonheur d’avoir un jardin, il y a environ 5 ans.
Ce fut un nouveau départ avec des arbres un peu plus gros et nécessitant plus de travail. Heureusement depuis un an et demi, la naissance de ma fille a calmé quelque peu cette passion et c’est bien mieux ainsi. Le bonsaï est une activité artistique qui peut être vécue sans aucune limite comme la peinture ou la sculpture... simplement la passion d’une vie.
Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?
Je fonctionne sur des coups de coeur. Je privilégie la personnalité d’un arbre et pratiquement jamais l’espèce, hormis celles qui craignent vraiment le gel. Cette démarche complique un peu les choses, car je suis obligé d’apprendre les cultures adaptées aux espèces qui rejoignent mon jardin. Cela reste néanmoins très enrichissant. Depuis peu, je m’intéresse à l’épicéa. Il y a encore quelque temps, c’est un arbre que je ne regardais pas trop, mais mon approche sur l’espèce a changé. J’aime aujourd’hui le contraste entre le port de son feuillage gracieux et son écorce très virile.
Dans le domaine du bonsaï, rien n’est figé ; nos sensations changent avec le temps, l’évolution de l’arbre, les saisons, notre état d’esprit.
C’est une des raisons pour laquelle j’aime autant cette activité.
Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?
Oui et non. Ce sont surtout les arbres qui m’inspirent !
Les professionnels mais aussi les amateurs qui savent magnifier les arbres sont aujourd’hui de plus en plus nombreux. Il me serait difficile de nommer une personne, mais il y a des personnalités qui me touchent particulièrement par leur philosophie et la manière dont elles parlent du bonsaï...
Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?
Je pense être assez sage à ce niveau-là… mais il faudrait peut-être que je relise la définition du mot « sage » dans le dictionnaire !
Aujourd’hui je cherche des arbres bruts. J’apporte un soin particulier au choix des arbres, ce qui limite considérablement l’arrivée de nouveaux sujets. Une grande majorité d’entre eux sont en cours de reprise et de culture. Je prends mon temps et cela me permet de bien réfléchir à leur futur pour imaginer leur évolution et les différentes voies possibles de travail. Il y a une part de rêve dans ce travail, ce qui est très plaisant.
Q : As-tu des photos à nous montrer ?
Voici mon jardin qui possède un bassin avec quelques kois. Le jardin n’est pas très grand et il est conçu comme une maison avec des pièces différentes. On y vit selon nos humeurs. J’ai tout fait moi-même, ce qui a demandé du temps et beaucoup d’efforts.



Voici quelques photos de kusamonos. Nicolas, adhérent du même club que moi et membre de PB, m’a communiqué sa passion pour les plantes d’accent.


Quelques arbres aboutis, enfin presque…

Un pin blanc lors de l’expo des clubs inter romands en 2006 :

Et un pin noir que je viens de mettre dans un pot très particulier :

Et d’autres en cours de travail dont un tanuki :


Q : Ca t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?
J’ai une vie stressante, celle des villes où la nécessité de performances est omniprésente. Le stress pimente la vie comme la vitesse, mais avec le temps c’est lassant et fatiguant. J’imagine que ce sont les prémices de la vieillesse ou peut être de la sagesse !
Plus j’avance et plus je suis convaincu que la vie ne se résume pas à cela. Le bonsaï et mon jardin sont aujourd’hui les seuls liens avec mes sources, celles de la campagne et des forêts de mon enfance. J’espère pouvoir un jour retourner vers un tel environnement et cette idée fait gentiment son chemin dans mon esprit et revient de plus en plus souvent.
Q : Que préfères-tu et que détestes-tu dans le bonsaï ?
J’aime celles et ceux qui ont la flamme et qui la communiquent sans restriction. C’est magnifique d’écouter un passionné.
Je n’aime pas la pensée unique, ça tue la créativité mais aussi la liberté. C’est très limitatif même si on excelle dans la voie qu’on a choisi.
Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?
J’ai un faible pour la poterie et les kusamonos. Avec le jardin, j’aime aussi la photo surtout quand cette dernière se met au service de la nature... petit exemple merveilleux ici http://www.vincentmunier.com/. J’ai envie de partager ce lien avec les membres de PB car ces photos sont pleines d’émotion.
Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? Pourquoi ?
Je fais partie du Bonsaï Club du Léman depuis sa naissance. C’est un groupe que j’aime bien car certains membres ont l’envie d’avancer et de progresser tout en gardant un esprit rock’n roll. Il m’a permis de lier des amitiés sincères même si le monde du bonsaï est peuplé de forts caractères, ce qui n’est pas toujours facile à gérer.
Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?
Aujourd’hui j’ai envie de consacrer le plus de temps possible à ma fille ! Elle pousse très vite et je n’aimerais pas me retourner sur mon passé en pensant que j’ai loupé quelque chose dans ma vie de famille. Ensuite, le reste tourne autour de mes arbres et du BCL qui a pas mal de projets dans le futur, notamment l’organisation d’un nouvel événement en 2009.
Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?
Du temps pour pouvoir travailler plus mes arbres et parfois un peu de calme pour être plus serein.
L’équipe des rédacteurs fous
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